#04 Ju

28 Jan

Je suis maman de 3 enfants, je vais vous raconter l’expérience de mes trois accouchement en France.

Pendant mes grossesses je n’ai pas eu de soucis particuliers, rien ne me vient à l’esprit si ce n’est ce fameux test du glucose qui est juste à vomir et que j’ai supporté difficilement.

Mon premier, mon petit garçon, j’étais renseignée, j’ai assisté aux cours mais j’étais franchement pas rassurée du haut de mes presque 19 ans, alors je me suis laissée guider, je n’ai pas trop de regret si ce n’est que de ne pas avoir eu la sensation d’être intégrée, je me suis laisser couler. Alors je ne sais pas du coup ce que l’on m’a injecté ou si j’avais d’autre possibilité.

Je pense que le fait que je sois sous péridurale arrangeait la sage-femme car elle était débordée ce soir-là, mais je garde tout de même un doux souvenir de me sentir malgré tout en sécurité.
Je ne sentais pas mes contractions, je ne savais pas quand ni comment pousser, ce moment était très insécurisant pour moi

J’ai eu une hémorragie suite à mon épisiotomie, on m’a dit que c’était parce que j’étais très vascularisée (sauf que pour mon deuxième j’ai re-eu une épisio pas d’hémorragie, bizarre bizarre …)

Pour le séjour, je suis ravie de ne pas allaiter. J’entends la dame de la chambre d’à coté pleurer tout ce qu’elle peut et se faire disputer par-dessus le marché.

Moi je me suis faite envoyée paître dans le champs d’à coté, parce que je ne pouvais pas faire pipi tout seule et que c’était dans ma tête (bhé oui on aime tous se retrouver par terre les pieds en l’air parce qu’on est encore tombé dans les pommes) donc j’ai appuyé la sonnette jusqu’à voir quelqu’un de compatissant et c’est une puéricultrice qui m’a accompagnée jusqu’à que je puisse me déplacer seule et quel soulagement qu’elle soit venue m’appuyer car non je ne faisais pas de « comédie ».

Pour mon deuxième petit garçon je voulais être maîtresse de mon accouchement mais la première sage-femme ne m’a même pas écouté, j’ai besoin de bouger, de marcher mais non il faut que je reste allongé pour le monito, je me sens contrainte et absolument pas en droit de dire quoi que ce soit et je n’ose vraiment pas.
J’ai senti mon accouchement s’envoler sous mes yeux et j’ai répondu « oui » à la péridurale alors que je voulais essayer sans et je me laisse couler là aussi…
Changement de sage-femme, elle m’écoute et me dit tout ce qu’elle fait (oh tu pouvais pas prendre ton service plus tôt non ?) mon accouchement est allé vite, je me retrouve encore une fois frustrée; je n’arrive pas à sentir comment pousser.

Le placenta ne se décolle pas donc le médecin décide d’aller le chercher et du coup merci la péridurale car même avec, ce moment était brrrr affreux et désagréable.

Et si ils avaient attendu ? Est ce qu’il serait sortit seul m’évitant cette désagréable expérience ? Je sais pas.
Pour mon allaitement, j’essaie de me débrouiller seule, étonnée que personne ne vienne m’aider. J’ai su par la suite qu’ils pensaient que je connaissais et que visiblement je me débrouillais bien, informée que ce soit mon premier allaitement, le personnel se montre plus vigilant. Un séjour au top avec une bonne ambiance.

Pour mon troisième, je me sens armée jusqu’aux dents je veux cet accouchement sans péridurale, et « armée jusqu’aux dents » va prendre tout son sens.

J’attends le max pour pouvoir faire une bonne partie de mon travail au calme à la maison à pouvoir bouger, manger comme je l’entends.

Avec mon bol incroyable je tombe sur une sage-femme de la très très très vieille école.

J’arrive et direct je demande si je peux faire le monito debout ou même ne pas le faire et la réponse « bah vous allez faire quoi ?? »

Donc ok ça me met de suite dans l’ambiance, j’ai qu’une envie c’est de m’enfuir et accoucher chez moi mais c’est pas possible donc je réponds que j’aimerai marcher. La sage-femme n’a pas l’air de l’entendre de cette oreille et commence tout de même à préparer le monito, là j’ai qu’une envie c’est pleurer, mon assurance et ma force semblent s’envoler.

Elle regarde, je suis à 5 large donc elle me garde. Je suis contente de moi d’avoir fait le début à la maison.
La sage-femme insiste encore dans la salle d’accouchement pour que je fasse monito, je repousse et fais mine de faire mille et une chose, puis j’ai un gros coup de barre donc je cède et cherche une bonne position pour me sentir bien, tant pis si je bouge le monito.

La sage-femme ne trouve pas mes analyses, chouette !, le labo ne leur a pas envoyer le double comme ça je garde mon accouchement sans péri en tête, ils me font tout de même la prise de sang avec la laborantine de la mater mais je sens ma détermination revenir peu à peu.

Vient le moment où elle veut me perfuser, « qu’est ce que c’est ? » elle me répond « une perfusion » (bah oui prends moi pour une gourde aussi !) donc j’insiste en disant que je vois bien mais que j’aimerais savoir ce que c’est qu’il y a dedans « c’est pour ouvrir une voie veineuse » et moi, comme je me dis que quitte à être considérée comme une gourdasse autant la faire hein « ah oui et c’est quoi du coup comme produit ? » elle s’agace et me répond qu’elle vient de me le dire.

Elle continue et me pose le cathéter et moi je continue en lui disant, « c’est mon bras, madame, j’ai le droit de savoir » et elle me répond « oui oui et je vous ai répondu » et elle s’en va. Je suis scotchée, j’ai une perfusion, j’ai absolument pas dit oui et en plus je sais pas ce que c’est. Le comble c’est que plus tard je me rend compte qu’une perfusion surprise s’est incrusté, je l’ai même pas vue me la mettre, on ne m’a rien demandé ni même avertie.
J’ai pas le temps d’en placer une qu’elle veut me percer la poche des eaux et là, élan de déterminisme je dis un NON bien ferme. Décontenancée, elle me dit qu’elle me laisse maxi une heure, je vais devoir faire avec elle de toute manière donc j’essaie de m’apaiser un peu pour ne pas me gâcher le jour de la naissance de ma fille. Donc j’accepte quelle attende le max (pour elle) pour me la percer. Finalement, elle me laissera une heure et trente minutes pour la percer, je demande à voir avec quoi elle percera et elle me montre. Je suis bien contente d’avoir attendu pour percer car le début du travail, c’est de la gnognotte à coté de ce déferlement de contractions, je sens que je vais bientôt pousser, je me sens dans tout mes états et en attendant de finir le bout de dilatation qu’il me reste je demande le gaz.

Le médecin (qui à l’air aussi fin que la sage-femme, chouette comme je suis bien entourée !) arrive.

Il y a deux jeunes sages-femmes qui demandent si elles peuvent rester, elles ont l’air tellement adorables que j’accepte; ça me changera un peu des deux vieux coucous.

Et comme si on ne m’avait pas imposé suffisamment, je DOIS accoucher allongée avec les jambes sur des repose jambe où je n’ai aucun appui sur mes pied, j’ai beau leur dire que ça n’ira pas, que je veux pas accoucher comme ça, personne ne m’écoute alors je les préviens qu’ils risquent de se prendre tous mes pieds dans leurs tronches à la prochaine contraction, c’est pas faute de les avoir prévenus, ils ont l’air étonné de mon balais de jambes !

Tout le monde tente de me donner des conseils, je suis dans un gros brouahaha incompréhensible qui me stresse alors je balance un gros « chut ! » de colère, tout le monde se tait, je place mes mains sur ma vulve et me concentre, JE prend le contrôle de MON accouchement et en deux poussée ma fille sort en remerciant le médecin avec un gros jet de liquide. (oui je savoure !)

Le médecin et la sage femme se félicitent (houhhhhouuuu je suis là !!!!)

A peine le cordon coupé, le médecin commence à appuyer sur mon ventre et à tirer sur le cordon, on ne me prévient pas donc ma réaction est virulente, je saisis sa main et la jette, il comprend qu’il va falloir me ficher la paix.
A son retour je lui explique que je veux que l’on me prévienne et que je ne veux pas que l’on me sorte le placenta ou que l’on me fasse mon point avec ma fille dans les bras, il acquiesce.

J’ai gardé ma puce tout contre moi en peau à peau.

Puis la sage-femme me dit « et bien voilà vous l’avez eu votre accouchement sans péri, un bel accouchement ». Jusqu’aux changement d’équipe, elle s’est occupé de moi, elle est resté douce et respectueuse, j’aurais voulu qu’elle se comporte comme ça dès le début…

La suite de mon séjour se passe très bien j’ai même un berceau de cododo.

Ca fait un peu tableau noir là mais je suis fière de mes accouchements qui restent, malgré ces petits points négatifs, les plus beaux moments de ma vie.

Je déplore juste ce manque d’écoute et cette impression de se faire accoucher à la chaine.

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