#07 Lauriane – Hérault

28 Jan

Maman d’une petite fille de 2 ans et demi, j’ai eu un accouchement difficile.

Je suis arrivée à la clinique, une semaine avant terme, le dimanche à 20 heures, perdant les eaux en franchissant la porte du service maternité. Dilatée qu’à deux, je savais que la nuit serait longue….. Un peu paniquée la sage-femme m’examine, me disant que mon bébé est encore haut et qu’il fallait que je marche et fasse du ballon pour la faire descendre. J’écoute et m’attèle à la tâche tant bien que mal, car il m’est très dur de marcher longtemps du fait de l’ampleur des contractions. J’ai mal, très mal mais je sais que je ne peux rien faire de plus qu’attendre. On me laisse dans une chambre double, qui à la base ne l’est pas car faute de travaux dans la clinique le service maternité a été réduit. On est fin mai, il fait déjà très chaud. La sage-femme me dit de compter mes contractions, mais elles ne sont pas assez rapprochées pour elle…. J’attends. J’ai mal, je ne sais plus quoi faire, je me tords de douleur. Vers trois heures, elle revient et me fait un monitoring, les contractions se rapprochent mais je ne suis pas encore assez dilatée. Heureusement que ma mère est à mes côtés car je suis perdue. Je pleure, je crie. Puis je sais que mon gynécologue ne m’accouchera pas car en arrivant je l’ai vu, il était de garde cette nuit-là, et vu la lenteur de la progression de la dilatation, je savais que je n’accoucherais pas avec lui et cela m’a beaucoup déstabilisé et déçue. Un stress supplémentaire se rajoute, qui va m’accoucher? Serais-je en confiance avec cette personne? Dur de savoir. Je vais dans l’inconnu, avec un personnel que je ne connais pas…. Vers six heures du matin, la sage-femme revient me faire un monitoring et cette fois-ci c’est la bonne! Dilatée à six, et tordue de douleur, je me rends, en marchant, en salle de travail.

Ma mère laisse la place à mon copain, qui vient d’arriver, en salle d’accouchement. Quelques minutes après, on lui demande de sortir pour me poser la péridurale. Je n’ai pas trop bien compris pourquoi il ne pouvait pas rester mais bon, je n’ai rien dit et n’ai pas cherché à comprendre. Voilà, la péri est posée. Ça ne m’a pas fait mal. Mon copain me rejoint. J’attends qu’elle fasse effet. Le temps passe et toujours aucun effet, toujours ces mêmes douleurs intenses qui me font très mal, je crie, j’en peux plus. Est-ce normal que je n’en ressente pas l’effet? Est-ce normal d’avoir toujours autant mal une demie-heure après sa pose? Je n’en peux plus, je crie de douleur. Allongée sur le côté, et perfusée, je suis comme prisonnière, non libre de mes mouvements et ça me dérange. Je demande à mon copain d’appeler la sage-femme car je n’en peux vraiment plus. A ce moment-là, mon copain voit du liquide couler de la péri le long de mes fesses…. Paniquée, j’appuie sur la sonnette d’alarme en criant qu’il y a un problème. Paniquée à son tour, l’équipe médicale s’affole, essayant de comprendre ce qui c’était passé. Je suis maintenant dilatée à presque huit, la tête de mon bébé est visible, enfin ses cheveux et je les vois se demander si une pose d’une seconde péridurale serait efficace ou pas… L’anesthésiste me demande alors si je ne peux pas continuer le travail naturellement, mais crevée, tordue de douleur et maintenant anesthésiée au niveau des reins et sur les fesses, je crie lui disant que j’en veux une seconde ! Je n’en peux plus de cette douleur, je souffre.

La pose de la deuxième péridurale se fait avec succès. On me dit d’attendre à nouveau qu’elle fasse effet, mais mon bébé n’en a pas décidé ainsi et voilà qu’il me faut pousser. Affaiblie, j’ai du mal à pousser alors la sage-femme décide de m’aider. Elle se met à m’appuyer fortement sur le ventre à la vue de la venue d’une contraction sur le monitoring, et ça me rajoute une douleur supplémentaire. J’aimerais que ma fille arrive vite, et que cet instant de souffrance cesse au plus vite. Un peu cruel à dire mais je suis tellement déçue à ce moment-là par la pose de la péri et pour le fait d’avoir fait sortir mon conjoint, pour la non présence de mon gynéco, par cette sage-femme qui me fait un mal de chien, puis par le fait qu’on m’ait interdit de boire alors que bon sang j’ai soif, donnez-moi de l’eau !! Que de protocoles ridicules ! Midi, ma fille arrive enfin ! A peine posée sur moi, la gynécologue me dit qu’elle vient de me pratiquer une épisiotomie et qu’après l’expulsion de mon placenta, elle me recoudrait. Quoi? Qu’ai-je entendu? Une épisio? Sans que l’on m’ait demandé mon avis? Mais à l’époque, naïve et complètement ignorante de mes droits, je n’ai rien dit. Mais aujourd’hui en écrivant mon histoire je suis révoltée !

Je suis restée une semaine à la clinique, mon Dieu que ce fut long! Je pleurais tous les jours, me sentant pas écoutée, délaissée…. J’ai allaité ma fille, pensant que je serais aidée, mais non personne ne m’est venue en aide.

Ma fille pleurait beaucoup et dormait peu. J’étais exténuée et mon conjoint absent, je devais tout gérer. Le deuxième soir j’ai appelé pour qu’on vienne chercher ma fille pour que je puisse dormir un peu. J’ai eu une réflexion de la part d’une auxiliaire de puériculture, mais j’ai insisté ! Puis ma fille a eu la jaunisse, et là encore j’ai les nerfs! Non pas parce qu’elle a eu la jaunisse, la pauvre chérie mais par le côté directif du service. Ma fille a eu des séances d’UV à hauteur de deux séances de trois et quatre heures par jour, ce qui est assez lourd. Lors de la première séance du matin, on me disait que la seconde serait dans la soirée, que je recevrais un coup de téléphone dans ma chambre. Mais attendre, ne pas fermer l’oeil alors qu’on est épuisée, c’est juste très dur surtout quand le téléphone se met a sonner à deux heures du matin quand on s’est enfin endormi! Voilà que ça réveille tout le monde, y compris la maman et son fils à côté de moi…. Je suis gênée par rapport à elle mais tellement furieuse contre l’auxiliaire qui m’appelle à cette heure-là ! Puis elle me rajoute qu’il faut que ce soit moi qui mène ma fille, et que dans la nuit elle me rappellerait pour la tétée ! Je n’avais qu’une seule hâte, rentrer chez moi et oublier tout ça.

Un retour à la maison heureux mais aussi angoissant car j’étais lessivée et il fallait que je surveille la jaunisse de ma fille….. Puis un allaitement difficile, ou je ne savais pas quoi faire pour l’améliorer. Je ne connaissais pas le métier de consultante en lactation, je n’en parlé pas à mon gynécologue… j’étais stressée et j’avais peur de mal faire. J’ai arrêté d’allaiter au bout d’un mois, faute d’avoir été aidée…. Puis vient le jour du premier rapport sexuel post-natal, et je ne vous décris pas ma souffrance ! La pénétration est quasi impossible, je ressens à ce moment là une forte douleur et des démangeaisons. Je décide de stopper et de reporter à plus tard. Entre temps, voilà venues des fuites urinaires, une vraie incontinence où je me devais de mettre une protection périodique. Je me suis posée pleins de questions, pourquoi tous ces changements dans mon organisme? Et j’ai vite compris que tout venait de l’épisiotomie ! Que ça m’avait complètement déglinguée ! Tout comme les deux péridurales qui m’ont provoqué pendant des mois des douleurs lombaires, et m’empêchaient de me baisser. Dur dur de voir ce que de telles interventions peuvent provoquer sur notre corps…..

Je garde un mauvais souvenir de mon accouchement, et de l’année qui l’a suivi. Je sais pertinemment aujourd’hui, que pour ma prochaine grossesse je ferais les choses autrement, en me renseignant sur mes droits, en élaborant un projet de naissance, en demandant conseil et en faisant appel à des professionnels… et que ce sont toutes ces raisons qui m’ont poussée et motivée à devenir moi-même doula, pour accompagner de futurs parents et les rendre acteurs dans cette merveilleuse aventure….

Lauriane, accouchement dans l’Hérault (34)

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