#12 Adeline – 2006

29 Jan

Bonsoir,

Voici mon témoignage pour une naissance non respectée en France en 2006.
J’essayerais de vous envoyer également un autre témoignage de naissance respectée.

Adeline

Enceinte de mon aîné, j’ai découvert tout du monde de la maternité.
Je suis un bon petit mouton, je fais tout ce qu’on me demande, je me plie aux prises de sang, toucher vaginaux, et échographies mensuelles.
Je quitte confiante ma gynécologue de ville pour m’enregistrer à la maternité. Elle me fait un dernier prélèvement vaginal lors de notre dernière entrevue. Une ou deux semaine plus tard, la veille d’un faux-travail, elle m’appelle pour me dire que je suis porteuse du streptocoque B. Elle me rassure, il suffit que je le dise au moment de la transmission du dossier, pas besoin des résultats, l’hôpital à l’habitude de ce genre de chose. Je note consciencieusement en rouge sur mon enveloppe d’échographie « Streptocoque B ». Le lendemain, faux travail à 35 SA, je me rends aux urgences de la maternité. Je signale la bactérie, je montre mon enveloppe, je suis confiante. La nouvelle gynéco choisira de refaire un prélèvement. Les contractions s’interrompent.
37 SA +4, je perds les eaux à 3h17. J’ai en tête les recommandations de ma gynéco de ville : me rendre en 1h à la maternité. L’hôpital est à 10 min, je prends rapidement une douche, boucle la valise, tente de joindre mon homme et finalement sonne chez les voisins. Je me rends dans les temps à la maternité.
Je suis rapidement prise en charge par une sage-femme, on m’éxamine, je demande une première fois mes antibiotiques. Elle me répond qu’elle va regarder dans le dossier. Je patiente. L’heure est écoulée, le travail n’a pas commencé, mon fiancé m’a rejoint, je n’ai toujours pas ma perfusion et on me mets dans une chambre avec un très vieux lit, trop haut pour que je puisse m’y installer sans effort. Lors d’une visite d’une sage-femme, je redemande cette perfusion. Mon homme finira par rentrer pour se reposer car il a travaillé tout la nuit. Pendant ce temps je redemande une 3ème fois la perfusion. Je trouve ça bizarre, de ne pas la recevoir. Une élève sage-femme passe, je redemande encore une quatrième fois, elle va se renseigner. A son retour, elle m’apprend que LEUR prélèvement n’a pas montré de streptocoque. Je suis surprise et je n’insiste plus, après tout c’est eux les professionnels, moi je n’y connais rien. Le travail se fait tout doucement.
A 13h, je ne supporte plus les contractions et je rappelle mon homme. Je veux la péridurale, c’était mon souhait ! Je la réclame, mais elles doivent demander à l’anesthésiste car je fais de la fièvre. A leur retour, elles m’annoncent que je ne pourrais pas l’avoir à cause de mon état. Je suis anéantie, je ne savais pas qu’il y avait des contre-indications à la péridurale ! L’anesthésiste, les sages-femmes ne m’en avaient pas parlé lors de nos rendez-vous. Je gère très mal les contractions, je n’ai qu’une envie me mettre en position foetale, mais je n’arrive plus à grimper sur le lit. Elles refusent de m’en donner un autre, un récent, plus bas, à commande électrique pour le monter. Elles me fournissent un escabeau, mais je n’arrive pas à monter les 2 petites marches. Je passe mon temps entre la chambre et les toilettes, qui sont dans le couloir des salles de naissances. Je dois sans cesse passer les nombreuses portes qui me sépare de ma chambre. Je croise une autre future maman dans ces toilettes, elle aussi n’a pas le minimum.
A 21h, on part en salle de naissance, je suis enfin suffisamment dilatée. Elles me donnent – enfin ! – une perfusion d’antibiotique, mais à cause de ma fièvre, qui est redescendu entre temps. Je n’en peux plus, je réclame une césarienne, je veux en finir. L’une me répond sèchement « Vous voulez souffrir maintenant ou après ? ». Mon fiancé est totalement oublié, il ne reçoit pas de quoi s’assoir.
Arrive la dilatation complète, mais ma fille se présente mal, une autre me propose enfin une autre position que couchée sur le dos ou le côté. Je me mets à quatre pattes le temps que ma puce rectifie d’elle-même la position de sa tête. L’expulsion peut enfin commencer, au bout d’un moment ça coince. Pendant une contraction, je sens une violente douleur, comme un profond coup de rasoir, je crie encore plus fort que je ne le faisais déjà. C’était l’épisiotomie, elles ne m’ont pas demandé mon avis, ni celui de mon ami. L’une me nie « mais non, vous n’avez pas mal, j’ai fait ça pendant une contraction ». Mon homme me racontera plus tard qu’il a été choqué, que les ciseaux étaient énormes.
Notre fille naît enfin, je suis choquée, je ne sais pas ce que c’est cette chose gluante sur moi. Je ne ressens pas ce coup de foudre. Ma fille gémit, elles lui mettent un tuyau d’oxygène devant le nez. Puis elles me la prennent pour l’habiller, pour qu’elle se réchauffe. Mon homme a oublié les habits dans la chambre, elle portera ceux de la maternité. Elles la mettent dans un lit puis finalement dans une couveuse, toujours avec ce tuyau d’oxygène, elle continue sa plainte presque inaudible. Elle est si loin de moi, je demande à l’aide-soignante si elle peut me l’approcher, j’ai besoin de prendre contact avec ma fille. Elle fera mieux, je pourrais l’avoir quelques minutes dans mes bras, le temps que le pédiatre de garde descende pour la prendre.
Finalement nous sommes séparés, je retourne dans ma chambre, une future maman me rejoint. Je suis encore sous le choc, mais inquiète pour ma fille, que se passe t’il ? Je n’aurais pas le droit d’aller la voir seule, pas le droit non plus de la nourrir pendant 36h, elle est sous perfusion de glucose en attendant de connaître les résultats des examens qu’ils lui font subir : prise de sang, radiographie… Finalement j’apprendrais qu’elle a été infecté le streptocoque B. Je suis folle de rage, je leur avais pourtant dit, si souvent réclamé les antibiotiques ! Je vais râler, les sages-femmes bredouillent des choses que je ne comprends pas, mais aucunes excuses ne sortent de leur bouche. La gynécologue de la maternité ne pouvait-elle pas téléphoner à ma gynécologue de ville pour avoir les résultats du prélèvement vaginal au lieu d’en refaire un ? Ne pouvait-elle pas, tout simplement m’écouter ?

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2 Réponses to “#12 Adeline – 2006”

  1. Adeline HB 8 février 2013 à 17 h 03 min #

    Je pense que vous pouvez taguer « streptocoque », « épisiotomie », « séparation précoce », et tellement d’autres…

Trackbacks/Pingbacks

  1. Adeline France – 2010 « Mon corps, mon bébé, mon accouchement ! - 8 février 2013

    […] fév Un an après la naissance de ma fille (voir témoignage #12), je suis enfin prête à vouloir un deuxième enfant. Je le cache aux autres, mais je voudrais que […]

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