#24 Naissance d’Ariane – Canada

29 Jan

Curieusement, ce n’est pas mon premier accouchement à l’hôpital qui m’a déçue, mais plutôt mon deuxième, dans une maison de naissance. J’ai été respectée dans mes choix et je me suis sentie soutenue lors de cette fin de nuit où tout s’est déroulé à la vitesse de l’éclair. Lorsque je suis arrivée à la maison de naissance, c’était le petit matin, mon travail était déjà commencé depuis quelques heures, mais je me sentais bien. En fait, j’étais complètement stone. J’étais entièrement dans mon corps, baignée par mes hormones à un point tel que ma sage-femme m’a questionnée sur ma consommation potentielle de drogue! Pourtant, ce n’était que les hormones! Le travail était déjà très avancé. On a discuté, rit dans une atmosphère calme et détendue…quoi que la sage-femme avait très hâte que sa seconde arrive car elle sentait que ça allait se passer très rapidement.

J’ai passé quelques temps dans le bain où je souhaitais accoucher, mais au moment de pousser, les conditions requises pour le faire n’étaient plus là. Et c’est là que tout semble avoir basculé. Aidées de mon chum, les sages-femmes et aides natales m’ont sortie du bain et je me suis écroulée à genou près du lit. Ma fille est née là, quelques minutes plus tard. Elle n’était pas pressée de respirer la cocotte. Pas du tout même. Alors que je rêvais de cette rencontre intime, elle a rapidement (peut-être trop?) été oxygénée. Je comprends que les circonstances pouvaient l’exiger et, de toute façon, je l’avais encore dans mes bras. On nous a transférées sur le lit où mon chum lui a donné quelques puffs d’oxygène pendant que je savourais ce premier tête-à-tête. Puis, quelques minutes (trop courtes) plus tard, elle m’a été enlevée pour se faire examiner et rester sous surveillance. Elle est demeurée dans la chambre, au pied du lit. Son père était à ses côtés et j’en ai profité pour me laver un peu et me faire recoudre. Et c’est là que ça m’a frappé. La place de ma fille ne devait pas être là-bas, loin de moi, toute seule sur une table inerte (pleurait-elle? Je ne me souviens pas, je me souviens seulement de la douleur, de la déchirure que j’ai ressenti à cet instant). Oui, son père était près d’elle et ça n’a pas été très long. Mais pour moi, ces moments furent perdus. Ces premiers instants de vie m’ont été volés.

Je ne dirai pas que les sages-femmes ont mal fait leur travail, loin de là, mais peut-être aurait-il été possible de la surveiller sur moi? Peut-être pensaient-elles me rendre service en me permettant de faire une toilette pendant leurs examens? Je ne sais pas, je n’ai jamais questionné. D’ailleurs, ça m’a pris du temps à réaliser que cette déchirure avait un impact aussi important sur moi et sur la relation que j’ai avec ma fille. J’ai l’impression que celle-ci ne s’est pas installée aussi facilement qu’avec mon aîné, qu’il y a un manque à combler.

Anonyme!

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :