#29 Mélanie – Février 2012

30 Jan
Je voulais un accouchement physiologique et naturel.
Je me suis donc renseignée sur l’accouchement à la maison et vu plusieurs sage-femmes. Non, pour un premier bébé, on ne le fait pas.
Tout était prêt dans ma tête, je savais à la seconde près ce que j’allais faire le jour de mon accouchement. La musique était prête, la lampe de chevet était prête, j’entrainais mon corps en faisant du yoga, de la danse du ventre et j’entrainais mon souffle avec une sage-femme.
Pour moi il suffisait de marcher, de danser, de m’accrocher à des liens et d’attendre que ce bébé surprise sorte de lui même en lui parlant doucement et en lui faisant connaitre mes sensations, ainsi qu’en écoutant les siennes.
Il faudra accoucher à la maternité. J’ai choisi celle qui avait la meilleure réputation dans les 100km, après tout un premier accouchement est long, on a bien le temps d’y arriver.
Là bas il y a une baignoire, des ballons et des liens pour s’accrocher. J’accoucherais donc debout ou accroupie.
Le jour j, j’ai eu de la chance, aucun faux travail, les contractions étaient les bonnes tout de suite. Moi je me disais que ça allait passer alors j’ai attendu deux heures avant d’appeler la maternité. Ils m’ont dit de prendre un spasfon et d’aller sous la douche. Pas d’amélioration deux heures après, mon homme était reveillé et on est partis.
J’avais tellement mal depuis six heures que j’ai voulu demander la péridurale. Heureusement, ils font des péridurales courtes avec injection à la demande. Je pourrais très bien expulser sans.
Arrivée à la maternité ils m’ont directement branchée au monitoring. Ils ne me l’ont enlevé que pour le bain mais me l’ont remis après ! Ca me génait énormément d’autant plus qu’on entendait pas mon bébé qui bougeait beaucoup. Pour eux c’était direct sentiment de souffrance foétale donc ils ont paniqué. Ils ne me l’ont pas fait sentir tout de suite, espérant comme je leur disait que j’avais un asticot dans le ventre (ce qui s’est révélé exact au fur et à mesure qu’elle a grandi !), en effet je bougeais et dansais beaucoup, donc j’avais un asticot !
Les 6 premières heures de contractions, je les avais gérées en yoga, en me repliant  sur moi-même, le ventre entre les cuisses et les bras vers l’avant. Je gérais très bien comme ça. Avec le monito, ceci était impossible. D’autant plus que cette position avait ouvert mon col à 4 en 5 heures, et avec le bain il était ouvert à 7. Il n’y avait plus qu’à attendre deux heures et le tour serait joué ! Seulement, allongée sur le dos je ne supportais plus les contractions et je voulais me reposer pour avoir la force de pousser. 8 heures avaient passé et on m’a fait la péridurale. Si j’avais su que mon bébé serait venu trois heures après, aurais-je demandé la péridurale quand même ? Avec le recul je me dis que non, mais sur le coup j’étais épuisé et je pensais que je n’aurais pas la force de pousser. Je ne voulais ni forceps, ni ventouses, ni épisio, ni rien.
J’ai demandé du sucre dans ma perfusion car j’avais très faim. J’ai réussi à en avoir. La perfusion avait été un peu ratée et je regrette que celle ci soit obligatoire en cas de péridurale car elle m’a également beaucoup gênée, placée ainsi dans le creux de mon bras.
Le sucre m’a permis de tenir. Deux heure après la pose de la perfusion j’ai pu m’accroupir et utiliser le ballon.Ils m’ont laissé seule et j’ai mis ma musique en dansant. Quand la sage femme est revenue, elle paraissait gênée de cette musique, comme si elle avait l’habitude d’accouchements silencieux ! Moi qui avait cru qu’on respectait les désirs des mères !
Mon bébé poussait, je le sentais et je commençais à pousser. C’est là que tout s’est compliqué. Madame a voulu que je me mette sur le dos pour regarder ma dilatation. Je n’en avais rien à faire puisque moi, je savais que bébé sortait et que c’est lui qui l’avait décidé donc elle n’avait rien à dire. Je n’ai rien dit et elle a pu constaté qu’en effet, on voyait les cheveux. Tu m’étonnes !
Je me suis ré-accroupie contre son accord parce que moi, je voulais accoucher accroupie et là j’ai réussi à le dire, seulement elle se trouvait bien embêtée parce qu’elle n’avait pas les yeux dans mon vagin. Justement, c’est MON vagin.
Au fur et à mesure que bébé poussait, je ne sentais plus aucune douleur malgré la fin de la dose de péridurale, que j’avais décidé de ne pas renouveler.
Tout ça parait à première vue être un accouchement respecté, plus que d’autres en tout cas. Mais c’est à la suite qu’on ne m’a pas respectée.
Voilà que ma petite princesse entrant sa tête dans mon périnée pour en sortir doucement, me fait souffrir le martyre. J’avais été quelque peu maltraitée sexuellement par deux ex et ça m’a rappelé ces souvenirs. Ce n’est que deux jours après que la psychiatre, que j’ai eu du mal à voir, m’a expliqué que même si ce n’est pas la même chose (un viol étant une horreur et une naissance le plus beau jour de la vie), les deux passent par le même périnée qui se met à souffrir de la même façon. A ça personne ne m’avait mise au courant et je n’avais donc pas fait de thérapie pour pouvoir supporter mon propre accouchement. Bien sûr puisque tout le monde s’attend à ce qu’on accouche avec la péridurale et qu’on ne sente rien !
Voyant que je criais et que je ne poussais plus, la sage femme et la puéricultrice ont paniqué ! Vite, en plus le liquide amniotique était teinté alors elles étaient à deux doigts d’aller chercher des forceps ! Alors là je n’ai pas aimé et malgré la douleur j’ai exigé qu’on ne me force pas. Seulement mesdames n’ont jamais vu d’accouchement autrement que sur le dos alors on m’a retournée. Je suis de nature cambrée et quand je suis sur le dos, mes lombaires se creusent, empêchant le bébé de passer. Du coup ça a été encore plus douloureux. Je criais que je n’y arriverais pas, pourtant, leurs quatre mains dans mon vagin me juraient que ça passait nickel. Et là, alors que je poussais en soufflant doucement comme j’avais appris, elles m’ont demandé de pousser comme si j’étais constipée. J’ai dit que je souffle aussi quand je suis constipée, pour éviter les hémorroïdes. Elles m’ont dit de me dépécher de pousser sans respirer sinon re forceps. Ce qu’elles m’énervaient avec leurs forceps ! Si j’avais eu la force je me serais levée, j’aurais bravé la douleur et j’aurais accouché debout toute seule, mais je ne l’ai pas fait, alors j’ai poussé fort, plus je poussais plus elles me faisaient comprendre que j’étais nulle car bébé avait du mal à sortir (normal sur le dos…). Je n’en pouvais plus, mon homme ne savait plus quoi faire à part dire « vas y pousse » et moi je hurlais de douleur (mais je ne m’en souviens plus) et le pauvre a surement été traumatisé. Enfin j’ai poussé sans attendre la poussée à leur demande et ma fille est sortie en boulet de canon. Elles ont coupé le cordon vite fait, alors que j’aurais voulu qu’elle y soit encore rattachée pour les soins, afin de garder le placenta relié à elle le plus longtemps possible, mais ça aussi, chez nous, dans nos hôpitaux, ce n’est pas possible. Le temps de voir que j’avais uen fille et ils sont allées l’aspirer. Je l’ai allaitée avant qu’elles ne la pèsent et l’habillent, donc j’ai eu la chance d’avoir mon peau à peau. Par contre comme elle avait un petit poids on voulait me la réveiller pour lui donner des compléments alors qu’elle était très bien avec mon colostrum. Elles ont insisté un peu mais mes parents et beaux parents étaient là la journée, et la nuit elle têtait très bien.  Du coup elles n’ont pas eu grand chose à me dire à part me culpabiliser comme beaucoup le font, tout ça parce que le bébé doit se reposer après l’accouchement et se rattrape bien après, et puis ma fille s’est éveillée au monde plkus vite que d’autres bébés parait il, il n’y avait vraiment pas lieu de s’inquiéter.
Ce que j’aurais voulu c’est qu’on me mette au courant que l’expulsion sans péridurale faisait souffrir, et qu’on me laisse choisir ma position, même si j’avais du mal à pousser, quelqu’un pour me rassurer et me tenir par la main aurait amplement suffi, plutôt qu’une intrusion et une mauvaise position, absolument pas adaptée à ma morphologie. Et j’aurais voulu qu’on ne me menace pas de forceps à tout va parce que moi j’étais en confiance et en harmonie avec ma fille, et je savais bien qu’à force de se parler elle serait sortie sans problème. J’ai toujours cru en son intelligence et je ne sais pas si c’est parce que je suis la mère ou parce qu’on n’apprend pas aux sage femmes à faire confiance aux mères et leurs enfants, ou alors parce qu’elles ont peut être vu des accouchements naturels virer au drame (mais là encore une autre mère, un autre bébé, dans d’autres conditions…) La psychologie est une science très complexe et je pense que les sage femmes et puericultrices des maternités devraient en connaitre des rudiments, et surtout apprendre le respect pour une mère qui a appris comment bien dérouler elle même son accouchement. Si ma fille a un petit frère ou une petite soeur, sans hésiter j’accoucherai à la maison avec une sage femme qui comprend mon point de vue, et je ménerai moi même la naissance de mon enfant en lui parlant. Je pense qu’un deuxième enfant étant plus rapide à venir, il est possible que je  gère mieux vu que je souffrirai moins longtemps. Et j’aurais plus de force et l’appui des personnes que je demanderai pour supporter la douleur du passage. Une thérapie sera envisagée avant de toute façon
Publicités

3 Réponses to “#29 Mélanie – Février 2012”

  1. Marine 30 janvier 2013 à 18 h 47 min #

    Ton récit sur l’expulsion me fait penser au mien .
    Je n’ai pas pris de péri et au bout de mes 10h de travail ( plutôt bien géré ) j’avais surtout très peur de l’expulsion …
    Je voulais accoucher accroupi mais elles m’ont mis en poulet de bresse et je n’arrivais a rien ( forcément ) .
    BB ne descendait pas, du coup, ventouse, sans anesthésie aussi et par leur faute car ils ne m’ont pas permise d’accoucher comme je le voulais .
    Quand j’en ai discuté avec ma SF libérale, elle était sur a 99% que si j’avais accouché dans une position physio, alors aucun besoin de la ventouse !
    Alors oui l’expulsion sans péri fait mal, mais avec une ventouse, c’était horrible !

    Heureusement que l’on souffre pour du positif … C’est ce que je me disais pour me rassurer .

    Marine

  2. garcia 30 janvier 2013 à 22 h 28 min #

    « Ce que j’aurais voulu c’est qu’on me mette au courant que l’expulsion sans péridurale faisait souffrir »

    c’est bien connu qu’accoucher se fait sans douleur !

    • Celine 15 mars 2013 à 23 h 20 min #

      Tres constructif comme commentaire ça Garcia…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :