#55 Bretagne

6 Fév

Naissance ayant eu lieu en France, en bretagne, déclenchement au terme de la grossesse suite à une pré-éclampsie.

Le 27, 7h00, je me souviendrais toujours de la sensation en refermant la porte de l’appartement, la fin d’une vie à 2, le début de notre famille. Il fait nuit, les rues sont calmes, nous prenons la route pour la maternité. Je suis émue et angoissée, ça y est je vais rencontrer mon bébé, c’est sûr je ne ressortirai pas d’ici sans lui.
Arrivés là-bas on se présente au bureau des entrées, c’est pour le déclenchement ? on me reconnait tout de suite. Et c’est parti pour une journée de va et vient entre la salle de travail où l’on me pose le tampon, le monito et l’appareil à tension, et notre chambre. ça fait bizarre d’avoir une chambre à la maternité mais pas de bébé, d’ailleurs la sage femme enlèvera vite le petit berceau en plastique car je ne le quitte pas des yeux. Contrôle toutes les 2h en salle de travail, mais rien, ça n’avance pas, on m’a dit que ça pouvait prendre jusqu’à 48h, gloups… mais vu la tension je sais qu’ils n’attendront pas si longtemps, la trouille de la césarienne commence à m’envahir.
Toute la journée, chéri, ma maman et ma sœur, viennent m’accompagner dans cette longue journée. Nous allons marcher dans les couloirs, quand soudain, enfin, vers 16h, une première contraction, une vraie, une qui fait mal, je suis stoppée net. Puis elle passe et ensuite plus rien. Bon c’est surement signe que ça démarre, en tous cas je l’espère.
On vient me servir mon repas du soir dans ma chambre, je mange de bon appétit mais peu de temps après je vomis tout (désolée pour le détail), et direct elles arrivent les contractions, toutes plus fortes les unes que les autres, dès le départ elles sont très douloureuses. Quand chéri revient après être aller prendre l’air et manger dehors, il me retrouve à genoux par terre, entrain d’essayer de gérer comme je peux, il m’aide à respirer mais je ne tiens plus, direction la salle de travail, le chemin jusque là-bas sera long, et difficile.
C’est bon, installation du monito, ça y est ça bosse dur là dedans. Puis soudain je sent comme si bébé mettait un gros coup de pied et voilà le liquide qui coule entre mes jambes, j’appelle la sage femme, elle fait le test, c’est bien la rupture de la poche des eaux, mais ouille ouille ouille la douleur est encore plus forte, je pensais pas qu’on pouvait faire pire ! direction la salle d’accouchement pour la pose de la péridurale, il est 21h30.

Arrivée en salle d’accouchement, je me dis que ça y est, c’est ici que va avoir lieu LA rencontre, mais j’ai mal, j’ai mal, j’ai mal… l’anesthésiste ne tardera pas à rappliquer, un homme assez âgé, pas du tout souriant… je suis mal à l’aise, chéri doit sortir, puis ça commence, 1ère pose, aucun effet, quelques minutes plus tard, une 2ème pose et toujours rien, il m’annonce que j’ai trop d’œdème, mon dos est gorgé d’eau, il ne pourra pas faire mieux que ce qu’il n’a fait, c’est à dire rien, je souffre toujours autant.
La nuit va être rythmée par la venue de la sage femme qui me surveille de près avec ma tension, de plus à chaque venue elle essayera de tourner bébé qui est bien engagé mais n’a pas la tête dans le bon sens, je ne vous raconte pas la sensation, c’est juste, ouaaaah, horrible.
Chéri arrivera, malgré sa détresse et son impuissance à me voir souffrir de la sorte, à s’assoupir un peu, ils ont tamisé la lumière, moi mes yeux resteront rivés sur cette horloge en face de moi où les minutes défilent doucement, et sur le monito et l’arrivée des contractions. L’appareil à tension, fait un vacarme de tous les diables à chaque poussées, ça me stresse 15 fois plus…
Vers 6h, je me sent juste lessivée, fatiguée, mais la sage femme, toute souriante me dit que l’on va passer aux choses sérieuses, installation des étriers… chéri est tout près de moi, prêt à intervenir avec son brumisateur (il a été briffé!), faut savoir qu’à un moment il l’utilisera pour lui tellement il n’en pouvait plus. Il me dira plus tard, que ce fut atroce pour lui de me voir souffrir si fort et si longtemps.
Les poussées vont s’enchaîner, je suis incapable de dire combien de temps cela a duré, je suis dans un autre monde, je surveille le monito et je pousse, j’ai l’impression que ça fonctionne pas, que je ne vais pas y arriver, mais heureusement les 2 sages femmes, forment une équipe de choc, elles courent un marathon, elles sont au taquet et m’entraînent avec elles ! elles me disent que je suis forte, que je vais y arriver, et là… incapable de dire, comment, quand, pourquoi à cette poussée… mais il est là sur moi…il est 7h05… je n’ai pas été le chercher, pas la force, mais je ne vois qu’une chose… son regard, il ne nous quitte pas des yeux, nous on pleure, et là j’oublie tout, la douleur, la durée… je ne fais que remercier ces 2 femmes qui m’ont aidé à le mettre au monde, elles ont été super !
On m’enlève bébé car il faut l’aspirer, j’ai la trouille, il quitte la pièce, quelques temps après, l’élève sage femme homme qui s’apprête à faire mes soins, voit mon inquiétude, il me rassure en me demandant d’écouter les sages femmes rigoler entre elles dans la pièce d’à côté, c’est déjà un clown, votre fils, NOTRE fils.
Il revient et c’est parti pour 2h de peau à peau et la tété de bienvenue. Je suis dans un autre monde. Je vous passe les détails de l’épisiotomie, recousu à vif, car pas de péri, juste un spray anesthésiant, gloups.
Ensuite la sage femme apprend à mon chéri à habiller bébé, sous mes yeux, c’est juste délicieux, il se débrouille comme un chef, je l’aime à la folie, il a été juste le meilleur pendant cette nuit difficile, body, chaussettes, pyjama, bonnet, ma crapouille est prête pour découvrir le monde du haut de ses 51 cm pour 3k525g.
Un des plus beaux moments sera celui-ci, le retour dans notre chambre, ils me ramènent en poussant le lit, mon fils est sur ma poitrine au chaud sous la couverture, le papa marche près du lit, et nous traversons les couloirs, tous les 3, je suis juste trop trop fière de MA famille !

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