Césarienne respectée

6 Fév

Mon deuxième accouchement s’est déroulé dans une autre maternité. J’avais fait un projet de naissance qui a été écouté. Je vous le met en pièce jointe car en fait il s’agit sur quatre pages d’une plaidoyer: celui du droit à être considérée comme une personne. Je l’ai été, comme quoi dire les choses peut servir de temps en temps…

En le lisant à ma sage-femme trois jours avant l’accouchement, j’ai fondu en larmes tant le souvenir du premier était douloureux. Ça m’a permis d’évacuer et d’aborder plus sereinement cette naissance. Cette sage-femme était une pionnière de l’accouchement physiologique à l’hôpital, elle a contribué à faire changer les mentalité dans le sien. Cependant elle-même avait eu une césarienne en urgence pour son unique enfant. Je lui ai demandé comment elle avait fait pour le vivre bien, ça me semblait impossible! Elle m’a répondu du tac au tac: « Bah! faut penser à votre bébé! »

J-2, je commence à avoir des contractions, pas très fortes mais douloureuse et plus rapprochée. J’ai commencé par me mettre sur le canapé mais c’était l’horreur, alors je me suis mise au fameux grand nettoyage de ma maison, et j’ai commencé à faire du bruit avec ma bouche. Le lendemain, j’ai passé ma journée sur mon ballon en faisant des sons de plus en plus graves, le bruit qui partait des lèvres la veille était maintenant situé au niveau du plexus. Minuit, décollage pour l’hôpital, j’ai pu continuer le travail dans une chambre douillette équipée d’une sangle au plafond. J’ai pu emmener mon ballon, ma musique, une petite lampe de chevet pour éclairer la pièce doucement. La sage-femme présente n’a pas abusé des examens. Le son descend encore, il est maintenant dans le bassin.
5h du mat’, je m’endors entre deux contractions et je ne veux pas re-subir d’examen du col, trop douloureux: je demande la péridurale.

Aparté: c’est marrant, je voulais accoucher sans péridurale mais une semaine avant j’ai oublié pourquoi… alors je l’ai prise.

Bref, le travail se fait jusqu’à dilatation complète, j’ai pu dormir. J’ai une furieuse envie de pousser, mais j’ai aussi super envie de me mettre accroupie pour le faire. Péridurale oblige, je ne peux pas. La poussée est correcte mais le bébé ne descend pas. J’ai un utérus cicatriciel, l’obstétricienne décide d’opérer. Chose incroyable, elle me dit tout ça comme si je pouvais comprendre et me demande même mon assentiment!!! Elle m’appelle par mon prénom comme je l’avais demandé dans mon projet de naissance, elle l’a LU! Je me concentre sur mon bébé, je lui parle, lui dit qu’on va bientôt se rencontrer, je maintiens le lien.

Quand le bébé est sorti elle a immédiatement baissé le champ opératoire pour que je puisse le voir. J’ai fondu en larmes en disant « mon bébé…! »
Il s’est mis à pleurer tout de suite, alors elle a fait quelque chose de formidable, elle l’a collé contre la joue: c’était un vrai premier peau à peau. Je lui ai parlé et il s’est tout de suite arrêté de pleurer, c’était magique. Puis quand elle a sentie que J’ETAIT prête à le laisser partir, elle l’a repris pour l’habiller. Il n’a subit aucun geste invasif.

Voilà donc le récit d’une césarienne en urgence qui fût pour moi un véritable accouchement, et non pas un accident. Une naissance respectée.

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