#56 Accouchement déclenché – maternité en Belgique

7 Fév
J’ai longtemps hésité avant de vous conter la venue de la Perlette sur Terre. D’un côté par soucis de pudeur, et de l’autre, parce que je n’avais pas fait le deuil de cet accouchement.

Ce qui va suivre est digne d’un scénarios de film chatte’astrophe (huhu).

Si je décide aujourd’hui de partager ce moment intime avec vous, c’est d’une part pour accompagner d’une certaine manière les mamans qui comme moi ont eu un accouchement rude et compliqué, et d’une autre part afin de tourner la page.

Ne pas oublier, non, mais passer à autre chose. D’ailleurs, je vais bientôt faire ma demande auprès de la maternité dans laquelle j’ai accouché afin de recevoir mon dossier d’accouchement. Car on ne m’a pas tout dit sur cette épreuve, et maintenant je suis assez forte que pour en connaitre tout les points.

Je préviens, certains passages sont durs à lire pour des nullipares non averties. Viendez pas vous plaindre après.

Ceci est l’histoire d’un accouchement. Le mien. Le sien. Celui qu’on nous a volé.

 ******************************

 La Perlette devait naître le 17 mai 2011, mais le travail ne se décidait pas a commencer, la demoiselle était bien dans le ventre maternel. Le 18 mai (un jeudi) , je vais à mon rendez-vous chez ma gynéco, qui me dit en souriant qu’on va devoir nous provoquer, mais pas demain, parce que pouhlalala, elle a déjà une césarienne… Du coup, on prévois de me déclencher le lundi 23 mai.

Je suis lourde, trop lourde, j’ai du mal à me déplacer. Je ne dors plus, je ne mange plus, je n’ai même plus d’histoire, et même mon lit ressemble à un quai de gaaaaaaaaare… Hum. Bref, c’est pas la joie.

Le dimanche 22 mai 2011,  je rentre a 17h à la maternité pour mon déclenchement. On m’installe dans une chambre, on me donne de quoi faire mon lavement (oui parce que même les blogueuses font caca, si, si.) , je range mes affaires et celles de mon futur bébé dans une armoire de la chambre. On rigole, on se marre, on fait les malins.

20h, le Cheum Grognon s’en va, on se dit à demain les yeux humides…

22h une infirmière me visite, j’ai déjà 2 cm d’ouverture, on avance alors le déclenchement. Il se fera plus tôt dans la nuit, contrairement au lundi matin de prévu.

Dans la nuit, vers 3h du mat, on vient me chercher pour poser l’ovule. Je retourne alors dans ma chambre, j’ai de petites contractions mais gérables, et pas tellement douloureuses. Je prends même le temps d’aider ma voisine de chambre avec sa petite poupette née la veille, je gère plutôt bien, mais je ne dors pas d’un sommeil de plomb pour autant.

Vers 6h du mat on revient me chercher. On me dit de prendre ma douche, faire mon lavement et de venir dans la salle d’accouchement. Là je me dit « quoi déjà ?? » , le Cheum n’était pas encore arrivé, j’angoissais un peu à l’idée d’accoucher toute seule.

Je prend alors des petites affaires pour la Perlette et le sac que j’avais préparé pour l’occasion. Je fais un message au Grognon en lui disant que je serai en salle d’accouchement quand il viendra, dans la salle Emeraude. Super, j’adore le vert.

Les heures passent, je suis toute seule dans cette chambre, je craque un peu, les larmes me montent au nez. Puis je me ressaisis, rondidju, c’est pas le moment.

Les contractions sont bien là. Je suis a 3cm. 8h30 le Grognon arrive, les contractions se font plus fortes encore, la sage femme lance les paris que j’accoucherais vers midi car le travail avance bien.

9h on me visite, je suis déjà à 5cm.

10h. Les contractions sont fortes, mais on gère avec le Grognon, moi assise sur le ballon, lui appuyant sur les points stratégiques dans le dos, on s’en sort comme des chefs : trop fastoche ! Hum.

10h45, l’anesthésiste arrive pour ma péridurale.  Il  s’y reprendra à deux fois : la première fois qu’il m’a piqué j’ai eu mal jusque dans la cheville gauche. Après 10 minutes de la première injection de 20ml je loue l’inventeur de la péridurale.

Midi, le travail ralentit, je ne suis qu’à 6. 14h je suis à 8cm.

vers 15h/ 15h30 je suis totalement ouverte. On commence alors à appeler sage femme et gynéco. Mais je commence à bien sentir les contractions, et je demande une dernière dose de péridurale qu’on me refuse. WTF ??? Accouchement sans douleurs !!! NON ?? Gnééééh…

Je commence à avoir horriblement mal, la petite pousse sur mon bassin et mon rectum, je me dit que je vais l’accoucher par là plutôt que par le passage habituel
En attendant que les gens arrivent, on m’installe le ventre sur le ballon pour tenter de soulager les contractions et de la faire descendre. Mais rien n’y fait, et je suis fatiguée.

Je commence à pleurer , je me retourne vers le Grognon et je lui dit  » c’est bon comme ça, j’en ai marre, on rentre. »

La tête qu’il a fait à ce moment, ça valait de l’or !

On m’installe pour accoucher, en position gynécologique donc, a ce moment là, je ne connaissais pas encore les autres « positions » d’accouchement nettement plus naturelle et physiologique.

La Gynécologue me dit de pousser comme pour faire caca. Euh, okay.

Alors je tente, on me dit ok c’est bon, je dit j’ai trop mal, j’aimerais qu’on me fasse la dernière dose, pourquoi on me l’a refusé? On me dit que c’est parce que alors je ne sentirais plus comment ni quand il faut pousser (hannn mais c’est pas à ça que sert le monito normalement ?)

Durant près de 1 grosse heure, je pousse, je fais avancer la tête de ma fille, et puis plus rien…. j’ai beau pousser, plus rien n’avance, et moi j’ai de plus en plus mal dans mon bassin. Je répète qu’il y a quelque chose d’anormal, je ne discerne plus les douleurs des contractions des douleurs de mon bassin.
Alors on tente de m’aider (tu parles…. ) en poussant sur mon ventre en même temps que je pousse moi, ça me fait un mal de chien !!! Je chiale de plus belle (celle qui vient me dire en commentaires que je suis une petite nature, je lui fait bouffer ses dents.)

Je dis de faire quelque chose, que ça peut plus durer,  j’ai trop mal, quelque chose est pas normal, c’est pas possible !

Je me tourne vers mon Cheum qui est blanc comme un mort. Il me dit que je vais y arriver, que je suis la meilleure. A chaque contraction il me dit allez mon coeur tu peux le faire, mais non bordel !!!!! JE PEUX PAS !!!!

Bref, on sort l’appareil à ventouse,  mais oh surprise, pas de taille de ventouse appropriée pour la tête de ma fille. Qu’à cela ne tienne,  on en place une quand même, quitte à s’y prendre à plusieurs fois et tant pis.

Là les choses se sont précipitées. Après je me suis souvenue dans des bribes de souvenirs, que la sage-femme avait baissé le son du monito…  ça voulait tout dire.

Je pousse, on place la ventouse, on me dit que maintenant je dois pousser le plus longtemps que je peux car il faut sortir ma fille très vite. D’ailleurs c’est pas le dire qu’elles ont fait, c’est me le gueuler à la figure :  » FAUT SORTIR VOTRE BÉBÉ MAINTENANT MADAME ALORS VOUS POUSSEZ !!!! »

Alors je pousse et on pousse sur mon ventre, j’ai mal, je vais mourir !

On tire sur la tête de ma fille, sa tête sort, on sort vite son corps, ses petites jambes et on me la met sur le ventre.

Le Cheum éclate en sanglots, ça y est elle est là, elle est bien là !!!! Il est 17h42.

Et la tête de la gynécologue quand elle voit ma fille. Je pense que je m’en souviendrais toute ma vie.
Elle est grosse. Ma fille est une petite boule. Les premières paroles de ma gynéco : « Oh , on a merdé quelque part. »

On la pèse : 3kg 940 ! Rien que ça. ( Pour te situer, je faisais 48kg toute mouillée au début de ma grossesse, j’avais pris 18 kilos, et je mesure un petit mètre 60.)

La Perlette était prévue pour un petit 3.300 kg. Tout petit.

J’ai eu droit à une épisio, mais dans la précipitation, cette épisio a continué en déchirement, jusqu’à l’anus. (désolée pour les détails, mais j’avais prévenu.)

Je perdais énormément de sang.

On me laisse malgré tout ma fille, pendant qu’ on éponge le sol, et qu’on jette a grande brassée les serviettes mouillées dans la grande poubelle

On me recoud, et on me recoud encore, ça n’en finit plus. La sage-femme me prend ma fille pour lui faire les premiers soins et l’aspirer un peu car elle avait fait caca dans mon ventre comme elle était restée plus longtemps que prévu.

On me la remet sur le ventre, et elle commence à fouiner. On est dans notre bulle à 3, mais je sent tout. Les piqûres de l’aiguille, le fil qui tire sur mes chairs. Mais je ne dit rien, je subis. Je pleure, je regarde mon trésor qui ouvre ses yeux, au chaud, peau contre peau.

Comme ça me parait quand même long et que j’aimerais qu’on foute la paix à mon intimité, je me risque de demander ce qu’il se passe, on me dit qu’il faut me reconstruire au niveau de l’anus… C’est donc ça,  la douleur que j’avais ressentie lorsqu’elles ont arraché ma fille à mon antre.

On éponge encore, on fait vite, je n’existe plus, tout le monde est affairé autour de mon intimité.

Ensuite grosse contraction, on me fait éjecter le placenta ( cette sensation bien que non douloureuse, est assez…. erk…)

Je pense être enfin libérée, mais même pas. C ‘est long !!!

Enfin ça se termine, on reste seuls avec la sage-femme qui donne ma fille au Cheum car je commence à décliner.

Je me plains que j’ai envie de vomir, je me sens pas bien, je suis fatiguée. Puis je n’entends plus rien, je pars.

Je faisais une chute de tension, on m’allonge les jambes en l’air, je n’arrive pas à revenir toute seule, je m’endors. J’entends le Cheum crier après moi, j’ouvre alors les yeux,  je reprends un peu mes esprits.

La sage-femme part et revient, je refais une chute de tension, je n’arrive décidément pas à remonter, elle me fait une perfusion pour m’aider un peu.

On nous laisse dans la salle Emeraude, ma fille, mon Cheum et moi pour la nuit, on me garde de ce fait sous le coude au cas où. Pas de visite de la famille le jour-même, j’ai dû froisser quelques amis car pas de sms envoyés directement non plus pour annoncer la bonne nouvelle.

C’est le Grognon qui téléphona à quelques membres de la famille et envoya des sms aux personnes clefs qui devaient dispatcher l’information.

Quelques jours plus tard, le 25 mai 2011, après une prise de sang, on emmènera la Perlette au servie de Néonat, pour une durée de 6 jours. Suspicion d’infection.

Les 6 jours les plus longs de toute ma vie.

Blog de l’auteure, Lyn : http://fricadelleandco.wordpress.com/a-propos/il-etait-une-perle

Publicités

Une Réponse to “#56 Accouchement déclenché – maternité en Belgique”

Trackbacks/Pingbacks

  1. Et si on en parlait ? | Fricadelle And Co ! - 11 février 2013

    […] seulement en retranscrivant mon témoignage sur le blog du défis, mais aussi en proposant mes services de graphiste (en perdition) afin de […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :