#70 Paris – Juin 2008

9 Fév
– Un soir en me couchant je perds le eaux mais je n’ai aucune contraction.
– Je panique et on part tout de suite à la maternité.
Je sais maintenant que j’aurai pu attendre tranquillement (dans la limite du raisonnable bien sûr) que le travail commence.
– A mon arrivée, on m’allonge, on m’examine (2cm), on pose le monitoring, la perfusion et la sage femme me dit: « le liquide est teinté, il va falloir déclenché, mais sachez que si ça ne marche pas il faudra faire une césarienne ».  On ne me propose pas on m’impose. C’est notre premier enfant et nous ne sommes pas super informés donc on ne sait pas quoi faire, on acquiesce.
– La sage femme démarre la perfusion d’ocytocine de synthèse.
– Les contractions commencent, je suis toujours allongée sur le dos, moi qui ne supporte plus cette position depuis des mois.
Je sais maintenant que j’aurai pu demander à marcher pour aider le travail ou au moins à changer de position.
– On décide de me poser une péridurale.
– Pendant ce temps notre petit apprécie moyennement les contractions déclenchées, son rythme cardiaque ralentit parfois.
– L’anesthésiste arrive, tout le monde sort. J’ai des cartilages très costauds apparemment elle s’y reprend à plusieurs fois. Plus de 20 min pour poser le catheter.
– on nous laisse à nouveau seuls, on est scotché au monito, le rythme de bébé décélère à chaque contraction, on lui parle comme on l’a toujours fait. Et il remonte à chaque fois.
– Tout ça ne dure pas très longtemps, du monde revient et on ne peut plus parler à notre bébé.
– Et là tout le monde s’affole, les décélérations sont trop profondes. Césarienne en urgence.
– Beaucoup de monde s’agite, panique, une infirmière crie: « il faut lui mettre la sonde! ».
– L’anesthésiste prend les choses en main, elle fait taire tout le monde et « charge » la péridurale.
– On nous dit que le papa va me rejoindre et on m’emmène.
– Je tremble de tous les membres que je peux encore sentir, on attache mes bras. Mon mari n’est pas là.
– L’anesthésiste est la seule personne à me parler. Elle essaye de me rassurer.
– Je demande à ce que l’on me dise lorsque l’on sort mon fils. Mon mari n’est pas là.
– On sort mon fils mais je ne le vois pas, la sage femme l’emmène immédiatement, évidemment je ne l’entends pas non plus. Mon mari n’est pas là.
– On me recoud et on m’emmène en salle de réveil. Mon mari n’est pas là.
– Je n’ai de nouvelles ni de mon fils ni de mon mari pendant près de 2h je crois.
– On me dit que mon fils va bien mais que la pédiatre veut le garder un peu. Mon mari n’est pas là.
– Mon mari arrive, je lui dis d’aller voir notre bébé. L’infirmier anesthésiste l’accompagne (?)
– Il revient avec des photos. C’est la première fois que je vois mon fils et c’est une photo.
– L’infirmier anesthésiste décide qu’il faut m’apporter mon fils. Ils repartent et reviennent en poussant sa couveuse.
– Mon mari le pose sur moi, il tête ou il s’endort, je ne me souviens plus.
– Nous attendrons une chambre pendant 10h. L’hôpital a inscrit trop de patientes…
– Je serai aidée pour notre première tétée par une infirmière de la salle de réveil. Pas de sage femme disponible, quant à une conseillère en lactation, il n’y en a carrément pas…
– J’aurai des crevasses. Plutôt que de m’apprendre à bien positionner mon fils, on me dira: « vous avez les tétons qui rentrent, il vous faut des bouts de seins en silicone », je n’arriverai pas à allaiter sans par la suite.
– On me réveillera à 6h du matin pour me retirer ma sonde urinaire. Qui n’est d’ailleurs pas utilisée aux Etats Unis.
– Lorsque je demanderai à voir la pédiatre qui est restée avec notre fils pendant ces deux premières heures de vie aérienne, on me fera les gros yeux. Elle-même ne comprendra vraiment pas ce que je lui veux.
– Je demanderai à voir la psychologue car je ne me sens pas bien. Mais impossible d’exprimer ce que je ressens vraiment, je sentirai que même la psychologue ne veut pas comprendre qu’on remette en cause les décisions qui on été prises dans le service.

 
Ce premier accouchement a été une expérience traumatisante dont je ne suis toujours pas vraiment remise. 
Une césarienne est un acte si banal à l’heure actuelle que je n’ai trouvé personne pour écouter et accompagner ma peine.

 
J’ai mise au monde de mon deuxième enfant aux Etats Unis. Je suis arrivée à l’hôpital juste à temps pour que ma gynécologue l’attrape. Pas de péridurale, pas de perfusion (je l’ai refusé, juste un garde veine), à peine un monitoring. Il est arrivé, on l’a posé sur moi et on ne s’est plus quitté, à part le temps d’une pesée je crois. Pas de bain, de collyre ou autres ‘soins’… 
 
Je sais maintenant que mon premier accouchement aurait pu être différent, que j’aurais dû me battre et faire entendre nos droits comme je l’ai fait pour le deuxième.
 
Mais ce que je voudrais vraiment c’est qu’il n’y ait plus besoin de se battre pour mettre au monde nos enfants comme nous avons toujours su le faire.
 
 
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