#71 Angélique, Aquitaine – Juillet 2012

9 Fév
Jeudi 12 juillet 2012, 12h : je sent les premières contractions douloureuses,  loin d’être régulières. Il faut qu’on aille acheter de quoi faire les faire part dans une papeterie, rien n’est prêt!
15h : dans la papeterie, je sens une « fuite », les contractions deviennent plus rapprochées.
20h30 : deuxième « fuite », les contractions sont régulières, toutes les 6minutes. Nous décidons d’aller faire un contrôle à la maternité mais avant ça je prend le temps de me doucher et nous mangeons. J’ai dû mal à m’imaginer que c’est le moment, je me prépare en pensant qu’ils vont me renvoyer à la maison
22h : Arrivés à la maternité, je suis placée sous monito. La sage femme me fait le test pour voir si c’est bien du liquide amniotique qui à fuit. Positif, j’ai bien eu une fissure de la poche! Elle m’annonce qu’à partir de ce moment je ne ressortirais pas de la maternité sans ma fille dans les bras. Au monito, les contractions sont bien régulières, et « efficaces », mon col est ouvert à 3cm. La sage femme me propose donc la péridurale que je refuse, je souhaitais un accouchement sans aucune anesthésie. Elle me dirige vers la salle de travail/naissance qui m’est attribuée, me donne le numéro de ma chambre à la maternité et m’explique que je suis libre d’aller et venir, et que le personnel soignant reste à ma disposition, qu’il suffit que je revienne les voir pour faire un nouveau contrôle. C’est tout excité qu’avec mon homme nous allons dans la chambre avec un ballon et une galette, en comptant mettre à profit les exercices fait durant la préparation à l’accouchement.
vendredi 13 juillet, 4h : bien que je me sois allongée, je n’ai pas pû dormir une minute à cause des contractions. Je retourne voir la sage femme pour faire un contrôle : contractions toujours régulières, toujours dilatée à 3cm… Je fait des allers venu dans les couloirs, puis retour dans la chambre.
8h : J’ai l’impression que les contractions sont moins fortes, et moins douloureuses. J’arrive à dormir un peu.
12h : Nouveau contrôle avec la nouvelle sage femme de garde : dilatée à 3cm, contractions plutôt irrégulières. Je désespère.
Toute l’après midi j’attend que ça reparte. Je marche, je fais des mouvement de bassin mais à chaque contractions déception, ce n’est pas aussi fort que la veille au soir. tout le service me voit continuer de marcher, la mine fatiguée.
19h30 : ça y est, ça revient! je suis presque contente d’avoir mal! Vite chéri, nous allons voir les sage femme!! Nouvelle équipe, nouveau contôle : 3,5cm pour me donner un peu d’espoir. La sage femme nous accompagne dans la salle de naissance et prend le temps de trouver des positions pour me soulager pendant les contractions suivant mes douleurs. Si les 2 sage femme précédente ne me mettaient pas en confiance, cette 3ème me rassure, je veux que ce soit elle qui m’accouche.
22h: Nouveau contrôle, je suis dilatée à 4cm. La sage femme m’explique que la poche des eaux n’a toujours pas percée, qu’elle a dû fissurée en haut ce qui explique que les contractions ne font pas travailler le col très vite. Je lui demande ce qu’il est possible de faire, elle me dit qu’à ce niveau il est possible de poser une péridurale, puis si besoin déchirer la poche des eaux, mais elle a bien compris que je désirais un accouchement physiologique et que ceci irait à l’encontre de mes attentes. Nous décidons d’y réfléchir avec chéri. Lui me laisse le choix, il me soutiendra dans tous les cas. Je suis partagée, mais après 1 journée et demi à avoir plus ou moins des contractions, avec très peu de fatigue je commence à angoisser de ne pas avoir la force d’aller jusqu’au bout si ça continue à s’éterniser comme ça… Je vais attendre au maximum mais je n’exclut pas l’hypothèse de prendre la péridurale.
23h : La sage femme vient nous voir et nous dit que l’anesthésiste doit venir pour une autre femme, et donc si je veux une péridurale il faudra la poser en même temps car on ne va pas lui faire refaire le déplacement à quelques heures d’intervalles… Ok, on la pose.
samedi 14juillet, 0h : l’anesthésiste arrive, la salle d’accouchement devient en un instant un vrai bloc opératoire, je stress, je m’en veux d’avoir pris cette décision. La sage femme voit bien mon état, elle se place devant moi et me tiens les mains. Une contractions arrive, je ferme les yeux et me laisse guidé par sa voix rassurante. C’est bon, l’anesthésiste peut poser la péridurale. Je garde les yeux fermés, m’efforce à respirer calmement. J’entend les monito s’exciter, j’entends dans la voix de la sage femme de l’inquiétude. Je respire encore plus fort, j’angoisse, quelque chose ne va pas, j’en ai les larmes aux yeux. une fois la péri posée, la sage femme m’explique que moi et bébé étions en tachycardie assez importante. Chéri peut revenir, et moi je ne doit plus bouger de cette table. 
0h30 : la sage femme à appeler mon gynécologue pour lui parler de cette tachycardie et de la durée du travail, il préconise qu’on me perce la poche des eaux. Elle me montre l’instrument et m’explique comment elle va faire. Je ne sent plus rien, j’en avais oublier la sensation de ne pas avoir mal! Elle déchire la poche, je sent et surtout j’entend du liquide couler, couler, j’ai l’impression que ça ne va jamais s’arrêter!
1h: Je sent une pointe de douleur à chaque contraction au niveau de l’aine. J’appelle la sage femme, elle me dit de me tourner pour que le produit aille dans cette zone. rien n’y fait, la douleur est de la taille d’un oeuf, c’est comme si la douleur que je ressentais jusque là qui était diffuse dans tout l’utérus se concentrée dans cette zone. Je regrette d’avoir pris cette fichue péridurale!
3h : la douleur est insupportable, je suis dilatée à 6cm. La sage femme augmente la péridurale et met le produit pour accélérer les contractions. Dès lors, elles sont un peu plus espacées mais plus forte. A partir de ce moment là je ferme les yeux et je ne les rouvrirais que pour voir mon bébé. je profite de l’espacement des contractions pour faire des micro siestes.
6h : je suis exténuée, je pleure, j’ai mal et j’ai envie de mourir. Chéri n’en peux plus de me voir dans cet état en étant complètement  impuissant. J’ai comme envie d’aller à la selle, ça me tiraille. Je suis dilatée à 9cm, ce n’est pas le moment de pousser!
6h30 : je refais venir la sage femme, je ne tiens plus! Elle est en train d’accoucher une autre femme alors c’est une autre qui vient, elle m’examine : dilatation totale! ENFIN!! Elle me dit de ne pas pousser pour le moment, pour attendre que la sage femme revienne.
Une fois arrivée, je l’entend échangé avec une collègue, je comprend que c’est l’heure de la relève mais la sage femme qui m’a suivi toute la nuit tiens à m’accoucher, ouf!! J’entend que ça se bouscule autour de moi, des bruits de métal, des blouses qui s’enfilent. Et chéri épuisé est toujours là, à me tenir la main en m’encourageant. Elle m’explique comment il faut faire, et c’est parti. Malgrès la péridurale je ressent les contractions avant qu’elle ne s’affichent sur l’écran du monito. Je pousse 2 fois, la tête est sortie. Une fois de plus et je hurle (le mot est faible!) de douleur, c’est horrible! Une épaule est restée coincée, il faut attendre la contractions suivante pour pouvoir la dégager. Chéri lui se souviendra longtemps de ce cri! Une dernière poussée et je la sent sortir, je peux enfin ouvrir les yeux. Il est 7h06, je peine à croire que c’est fini, qu’elle est là, sur mon ventre. 50cm, 3kg880 et pas une déchirure pour moi! Je demande à voir mon placenta, la sage femme parait étonnée de cette demande mais s’exécute, et me montre les différente parties.
J’ai remercié énormément cette sage femme qui a était très à l’écoute du début à la fin. Après 2heures en observation, je fait la tétée de bienvenue dans la salle d’accouchement. c’est un pur bonheur de la sentir blottie contre moi.
Le point noir de ce séjour à la maternité viendra lors de la montée de lait, à J+3. Mes seins étaient de la taille d’un obus, très douloureux malgrès les douche chaude à répétition et l’extraction manuelle. Une sage femme m’avait dit que si ça me faisait vraiment mal alors je pourrais mettre de la glace pour les faire diminuer de taille. Après une tétée, je sonne et je fais ma demande à une auxiliaire de puériculture. Elle me dit qu’il ne faut pas mettre de la glace, qu’il faut mettre bébé au sein. Elle me dit de m’installer, ce que j’exécute. Elle prend bébé qui s’était endormie dans son berceau et me la colle au sein. La puce ne veut pas téter, elle ne cesse de lui remettre la bouche sur le téton, et fini par m’appuyer sur les seins de façon à extraire du lait. Ce manège durera près de 45minutes, moi en pleurs, incapable de dire quoi que ce soit tellement je suis épuisée. Quand chéri revient il me trouve dépitée. La chef de service viendra me voir pour vérifier que je ne fais pas de dépression post partum, je peine à expliquer que c’est cette auxiliaire qui m’a traumatisée, je lui dit que je n’ai qu’une envie c’est de rentrer chez nous.
Une fois rentrés à la maison, la vraie vie à 3 à pu commencer, sereinement.
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