#81 Elisa – 2007 et 2011, Gironde

11 Fév

Malgré deux accouchements qui n’ont rien à voir entre leur durée et leur confort, j’en garde un très bon souvenir à chaque fois. Je me suis sentie à chaque fois très bien entre les mains des sage femme en salle de travail et d’accouchement. Bichonnée et chouchoutée comme si j’étais la seule du service à accoucher.

C’est plutôt lors du séjour après que c’est plus compliqué.

Pour mon premier bébé, j’ai été prise de crise de larmes 12 h pile après avoir accouché. Des larmes d’une immense tristesse, c’était incontrôlable, un beau baby blues en quelque sorte, sauf que cette émotion terrible ne m’a pas lâchée pendant près d’un mois. Impossible de me sentir bien seule avec ma fille, j’étais incapable de bien faire et je paniquais dès que j’étais seule avec elle. Un fiasco qui m’a empêchée de nouer des liens fort avec elle. Je pense que lors du séjour il devrait y avoir la visite de quelqu’un de compétent qui serait en mesure de déceler les symptômes de la dépression post partum… Tous les soins étaient là, j’ai eu un suivi médicale irréprochable, il y avait tout le temps quelqu’un dans ma chambre pour voir si le bébé mangeait dormait bien. J’ai trouvé que les puéricultrices n’étaient pas les dernières pour culpabiliser les mères. Quand c’est le premier on ne sait pas s’il faut le réveiller ou non pour le nourrir, si on doit le nourrir quand il pleure, s’il pleure parce qu’il a faim ou mal au ventre. Chacune m’a donné un avis différents si bien que j’ai été complètement dépossédée de mes moyen. J’étais très fragile émotionnellement à ce moment-là, je n’avais pas confiance en moi tout simplement, mais personne du service ne m’a demandé si j’allais bien et si je me sentais bien dans mes pompes. On ne m’a jamais parlé du baby blues ni ce que c’était ces crises de larmes (ça va passer dans quelques jours) c’est tout ce que j’ai eu… J’ai quand même l’impression d’avoir fait une belle dépression post partum mais que je m’en suis aperçue des années après en voyant des émissions sur le sujet et en me disant que j’avais sûrement gâché les premières années de complicité avec ma fille aînée avec qui j’ai des relations parfois très conflictuelles. Comme si j’avais raté le début de l’histoire et je m’en veux d’être passé à-côté parce qu’à l’époque je n’avais pas osé dire la tristesse qui me submergeait sans raison. Maintenant ma fille aînée à bientôt 6 ans, nous nous aimons très fort mais il y a toujours ce truc de manque de confiance en moi avec elle.

Pour mon deuxième accouchement, tout a été très rapide et la petite est arrivée comme une lettre par la poste. C’était facile, tout était facile, l’allaitement impeccable, les soins aucun problème j’étais en forme et je connaissais le mode d’emploi. Je comprenais mon bébé et mon séjour a été un rêve. Je n’étais pas fatiguée et surtout pas de larmes, pas de baby blues, j’étais soulagée.
C’était l’été et ils étaient en sous effectif. Un soir mon lit se bloque plus moyen de la baisser. L’infirmière de garde qui était là a essayé pendant 5 min de comprendre le problème puis m’a dit je reviens dans 5 min et puis plus rien.. Au bout d’une demie heure j’ai vraiment sommeil et je vais la chercher, elle réessaie et comme rien ne fonctionne elle me dit: ah va falloir dormir assise madame ! Et attendre que les techniciens embauchent demain matin.
Moi incrédule je répond : ah je ne peux pas avoir un autre lit ? Il y avait deux chambres sans personnes à côté de la mienne.
Elle me répond : ah c’est embêtant vous n’avez vraiment pas l’habitude de dormir assise ? Mais c’est quand même pas compliqué enfin !

Voilà comment je me suis retrouvée à dormir en boule sur la moitié du lit, heureusement que je n’avais plus mal à l’endroit de la péridurale. Mais j’ai été soufflée sur place. À 6h, j’attends le changement de service et je retourne voir les infirmières, la chef des infirmières levé les yeux au ciel en se demandant comment on avait pu ne rien faire et me demande pourquoi je n’ai pas dormi dans un lit de camp, alors là stupeur j’ignorais qu’on pouvait en avoir un. J’ai cru que j’allais tomber en larmes de colère tellement je me suis sentie prise pour une idiote avec mon bébé dans les bras. Bref, cette infirmière de nuit était une intérimaire et s’en secouait complet que je « dorme » pliée en 4, elle ne s’est pas excusée par la suite, je ne l’ai jamais revue. Pendant toute la matinée, tout le monde a essayé ce fichu lit, un défilé mais aucun technicien, on était dimanche…
Pour la fin de l’histoire, c’est une dame qui m’a apporté mon plateau repas qui m’a réparé mon lit; je précise en débranchant et rebranchant la télécommande !!!! J’aurais pu y pensé moi même mais c’est quand même hallucinant que personne, à part cette gentille dame des plateaux repas, n’y ait pensé. Elle s’est excusée au nom de la clinique qu’on ait pu me laisser dans cet état. Le technicien je l’attends toujours et plusieurs personnes de l’administration sont venues s’excuser ensuite. Mon lit était réparé et j’étais sur un nuage de bonheur avec ma fille, je ne suis pas allée chercher plus loin que ça et je suis rentrée chez moi en ayant oublié cette histoire.

Je ne suis pas sûre de rentrer dans les témoignages que vous recherchés, mais peut être par manque d’effectifs qualifiés, mes larmes ont été sous estimées… Et par sous-effectifs j’ai passé une nuit pourrie, une sorte de violence qui m’a été imposée par quelqu’un qui était seule à gérer le service de nuit.
Voilà pour ma participation…
Elisa

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