#84 Anonyme, Mars 2012

11 Fév
« Je devais accoucher d’une petite fille la veille de mon anniversaire, le 21 mars 2012. Mais le 14 au réveil je constate que j’ai perdu les eaux ; ayant suivi des cours de préparation à la naissance je ne panique pas et file me faire un brin de toilette. Ne constatant pas de contraction et sachant que je n’aurai pas le droit de manger lorsque je serais à la maternité, je décide de déjeuner tout en prévenant « délicatement » mon conjoint que le jour J sera pour aujourd’hui.
En m’habillant je perds une nouvelle fois les eaux, je prends tout de même le soins de vérifier mes affaires avant de partir.
N’habitant qu’à5 minutes à pied de la maternité nous y allons (avec le papa) tranquillement. Toujours pas de contraction.
Nous arrivons à la maternité, nous montons dans l’ascenseur, nous sonnons à l’interphone prévu pour prévenir les sages-femmes de notre arrivée. Rien. Deuxième tentative plus insistante. Rien. Evidemment la situation nous fait sourire puisque « pas d’urgence » toujours aucune contraction. Je sonne une troisième et une quatrième fois. Toujours personne.
Nous décidons d’aller trouver l’agent d’accueil, mais pour cela il nous faut reprendre l’ascenseur, traverser un long couloir ainsi que le hall pour enfin trouver la personne. Qui une fois mise au courant de ma demande, me regarde avec de gros yeux et nous dit d’y retourner et d’insister quitte à tambouriner la porte. Nous nous exécutons et après avoir sonné encore trois ou quatre fois; une sage femme daigne venir me trouver en me demandant c’est pour quoi…..
Après lui avoir indiqué avoir cru perdre les eaux deux bonnes heures plutôt, elle m’installe et m’explique qu’elle va m’occulter et me faire un monitoring, ainsi qu’une bandelette urinaire. On me donne une blouse à enfiler, deux pressions dans le dos, donc intimité zéro. Pas de serviette hygiénique alors que je perds encore les eaux.
Après examen, elle m’explique que Oui j’ai perdu les eaux et que Non je ne vais pas repartir.
On m’installe dans une salle d’accouchement et l’on me met sous monitoring alors que je n’ai toujours pas de contraction. On indique au futur papa qu’il doit ce changer; il me rejoindra quelques minutes plus tard.
La sage femme prend auprès de moi les informations nécessaire à mon dossier. Et me demande une première fois si je souhaite allaiter ou non.  Elle le fera ensuite quasiment toute les heures.
On m’enlève le monitoring, et je peux marcher un peu. Une deuxième femme entre sans frapper et me fait remplir et signer des documents.
Une fois sortis, on nous laisse environ 20 min seul dans la chambre.
La sage femme revient pour m’examiner. Monitoring, toucher et repart sans rien me dire. Une bonne heure plus tard , il doit être 15/16h; elle revient et me dit que je n’ai toujours pas de contraction et que ci d’ici 1h je n’en ai toujours pas il faudra me les déclencher et me donner des antibiotiques. On ne m’explique rien et surtout on ne me demande pas mon avis.
Evidemment une heure passe et toujours aucun changement. Donc tampon d’hormone pour déclencher le travail.
Une demi heure passe et quelques contractions arrivent. Une heure plus tard. Il est donc 18h30, de bonnes contractions arrivent et l’on me garde en observation. A 19 ou 20h on me dit que le travail avance et que l’on va me placer en chambre…. Donc sans contraction on me garde et avec on me met en chambre…j’avoue ne pas avoir compris la logique.
Donc on nous installe en chambre et une demi heure plus tard on m’apporte un « repas léger’ : une bonne assiette de poêlée fromagère puante et à l’aspect douteux. Pas géniale avec les nausées… Bref je grignote quelques morceaux de poire (n’ayant mangé qu’a 11h le matin même donc j’avais très faim) avec beaucoup de difficultés étant donner l’intensité de mes contractions. Je part aux toilettes et une sage femme arrive au même moment pour m’occulter. Je fais vite et me remet sur le lit. Et là elle me demande avec un sourire pour me faire l’examen. Cela me surprend puisque c’est la première fois de la journée. J’accepte et elle me dit que l’on va pouvoir y aller. Je m’installe sur un fauteuil roulant et l’on me reconduit en salle d’accouchement.
Monitoring de nouveau, et demande pour la péridurale. Que j’accepte. On l’appelle l’anesthésiste. Qui arrive quelques minutes plus tard. Sans un bonjour pour personne, sans se présenter. Ordonne à mon chéri de sortir, et crache les ordre à la gentille étudiante sage femme. Qui elle me rassure comme elle peut. Je m’installe comme elle m’explique, et sous la douleur je me met à fredonner pour me soulager et me rassurer. J’entends ‘c’est quoi ce bruit de merde!!! » … Il m’installe la péridurale et s’en va..sans fermer la porte….sans un mot et en me laissant les fesses à l’air.
Mon chéri revient et demande si tout cela est normal… pas vraiment de réponse. La sage femme de nuit me ré-examine et m’annonce que le travail avance bien. On me laisse le monitoring et un peu seul avec le futur papa. 20 minutes plus tard, on me dit que ma fille ne supporte plus trop les contractons et que si cela dure trop il faudra procéde à une césarienne.
Dans le minutes qui suit, mon gynécologue arrive et me dit qu’il laisse un quart d’heure. Grosse contraction à ce moment là et là il me dit que l’on attends plus.
On me met sur un autre lit, et comme je pense n’importe quelle autre personne à ma place je me mets à pleurer. On ne m’explique quasiment rien.
On met dans le bloc opératoire sur le lit d’opération, on m’installe les bras en croix. Et comme je pleure encore, l’anesthésiste me gueule « C’est bon maintenant on arrête de chialer et on se concentre sur sa respiration ». J’ai été tellement choqué que je n’ai pas su répondre. On me met un champ opératoire, et tout commence. Personne ne me dit rien, pas même l’infirmière à côté de moi. On sort ma fille et on me la montre quelques secondes, à peine le temps de lui faire un bisou et même pas la possibilité de la toucher puisque je suis attachée.
Une grosse demi-heure passe pendant qu’ils finissent mon opération. Je pense revoir ma fille mais non, on m’installe sur un autre lit et on met dans une grande pièce vide avec personne autour, hormis un homme qui fait de brèves apparition. On me laisse comme ça une heure.
Ensuite on vient me chercher et comme je demande où il m’emmène puisque la personne ne parle pas. On me dit qu’on m’emmène en suite de couche et qu’on m’amène ma fille et le papa.
Je suis toujours sous perfusion, mais contente car je peux enfin prendre ma fille sur moi, Elle est déjà habillée tant pis pour le peau à peau. Elle va bien.
La puéricultrice nous dit qu’il va falloir lui donner à manger. Part chercher un biberon, revient installe le papa avec le bébé dans un fauteuil, donne le biberon au papa et s’en va… Pas d’explication. La papa me demandera comment faire.
Après une bonne heure, on nous remonte dans l’étage des suites de couches des césariennes.
Le séjour dans le service des césariennes, tous ce passera un peu près bien. Mais puisque l’hôpital est en sous effectif, arrivé le vendredi après midi, tous le monde est obligé de redescendre avec berceau, bagages et cadeaux, au service maternité.
Et là pour moi, çà été l’enfer, du bruit sans cesse, un personnel qui n’en à rien à faire des patientes et de leurs bébés (passage des machines à 5h avec grandes discutions), les puéricultrices qui ne vous donne jamais les même réponses….
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3 Réponses to “#84 Anonyme, Mars 2012”

  1. Emilie Oum Kalthoum 11 février 2013 à 14 h 46 min #

    « Et comme je pleure encore, l’anesthésiste me gueule « C’est bon maintenant on arrête de chialer et on se concentre sur sa respiration ». J’ai été tellement choqué que je n’ai pas su répondre. »

    Je n’ai pas réussi à aller plus loin dans la lecture de ce témoignage… C’est vraiment horrible la façon dont le personnel médical peut traiter les gens…

  2. Isabelle Challut 11 février 2013 à 14 h 56 min #

    C’est en effet scandaleux… quoi dire de plus. Je suis touchée profondément par ce que vivent tant de femmes dans notre société occidentale. cette violence à peine voilée et acceptée par les professionnels… beaucoup d’amour pour vous toutes

  3. Hulin 7 avril 2013 à 22 h 56 min #

    La puéricultrice n’a pas fait de « marche automatique » à ma fille à la naissance…dommage elle avait une luxation des hache non détectée par le pédiatre de l’hopital mais par mon pédiatre 4 mois plus tard.
    1 an après je reste encore choquée par mon expérience et pense accoucher à domicile pour le prochain.

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