#89 Katarina – Naissance de Lily à Liège 2008

12 Fév
Le 19 novembre 2007, grand bouleversement, le généraliste au téléphone :
 » Pas de carences
Pas d’anémie
Une hypothyroïdie, prenez rendez-vous chez un endocrinologue
Pas de cholestérol
Ah tiens vous êtes enceinte
Pas de… »
Quoi? Je suis enceinte?
Je ne mesurais pas encore l’ampleur de cette nouvelle, j’avais alors 16 ans et trois mois..Grossesse angoissante pour moi, pas de problèmes majeurs, mais la peur au ventre depuis l’annonce du décollement du placenta au premier trimestre. (Qui s’est, fort heureusement, vite résorbé)
39SA, dernier rendez-vous chez le gyné, le lendemain d’un épisode de 3 heures de contractions.
Col légèrement modifié (ramolli et ouverture a un doigt). Le gynécologue me demande quel date nous choisissons pour le déclenchement, si ma fille ne venait pas naturellement. Je lui demande ce que ça implique, il me dira « plus de sécurité, la certitude que je suis sur place pour vous accoucher, .. » Et moi, toute impatiente que je suis de découvrir ma fille, j’accepte le déclenchement pour le 22 juillet, a 40 SA + 2.Le soir même, je perds le bouchon muqueux, mais je sens que ce ne sera pas pour maintenant. Durant la semaine qui suit, je me pose beaucoup de questions, je doute de l’utilité du déclenchement, je dois faire le deuil de l’accouchement tel que je le voyais (partir précipitamment à la maternité avec des contractions régulières ou suite a la rupture de la poche des eaux), je décrète que je n’irais pas! Sauf que.. Je sais qu’en cas de grossesse prolongée on multiplie les monitos pour s’assurer que les échanges entre la maman et le bébé.. Et je n’ai plus de rendez-vous monito prévus.A l’époque je ne savais pas qu’au delà de 40 semaines on ne parle pas de grossesse prolongée.
Et si mon bébé décédait suite à mon inconscience?
Le 21 au soir, en bonne élève, je me rend a la clinique pour l’induction. Dernier acte de « rébellion », je m’y rendrais à 21 heures au lieu de 20heures 😉

Arrivée sur place, monito de 45 minutes (si je me souviens bien?) qui montrera des légères contractions, rien de fabuleux. 22 heures, on m’enlève le monito, TV, il s’avèrera que je suis a deux doigts d’ouverture. Mais ce n’est pas encore le travail.

Minuit, reprise du monito, ovule pour la maturation du col, c’est « douloureux ». Le papa trouve le sommeil, moi pas. Je vais me promener,  les allers-retours me soulagent un peu, je m’assieds, m’allonge, me relève, un lion en cage quoi 🙂

6 heures du matin, re TV, toujours a deux, col un peu plus favorable. Perfusion d’ocytocines, les contractions deviennent ingérables. Je réveille l’homme, c’est trop douloureux. 10heures du matin, re TV, toujours a 2. 11, heures, je demande la péridurale, « l’anesthésiste va arriver, madame ». 12h, je la supplie, même réponse.

14heures, je vomis tellement j’ai mal, l’anesthésiste arrive enfin! Re TV, je suis encore a deux. Jamais on ne me dira que l’induction ne fonctionne pas. Jamais on ne me propose de rentrer chez moi! La péridurale est posée, sans douleurs. Soulagement après vingt minutes. A 15 heures30,  le gynécologue arrive, je suis a 3 cm, il me perce la poche des eaux. On parle vaguement d’episio, je lui demande son avis,  il m’explique qu’il la fait lorsque c’est indispensable

En sortant de la chambre, il me dit ces mots:
« Vu que vous avez pris la péridurale, je ne peux pas vous renvoyer chez vous, c’est pour ça que je ne peux plus vous renvoyer chez vous. Soit le travail s’accélère, soit si a 20heures vous n’avez pas accouché, césarienne ».

Aie, le mot que je ne voulais pas entendre!
Je m’endors, me réveille après une heure car le coté droit s’est réveillé. J’ai mal, je sonne la Sf qui m’expliquera que je dois me remettre sur le dos sous peine que la douleur se réveille. Je me remet sur le dos, les douleurs partent enfin. On ne contrôlera plus mon col et j’angoisse a l’idée de la césarienne.

18heures, besoin impérieux de pousser. Je bippe la Sf, verdict.. Dilatation complète! Youhou, je vais accoucher. Pas de césarienne!
On attend le gynécologue, me transfère en salle d’accouchements, je pousserais cinq fois, aurais une petite épisio (deux points car je commençais une déchirure) et on me posera ma princesse dans les bras.

Et là.. Rien. Il ne se passe absolument rien.
Ou est cette vague d’amour maternel sensée me submerger? Pourquoi papa pleure et pas moi? J’ai un bébé sur moi, et alors?

Pendant deux jours je m’en occuperais consciencieusement, les SF m’aideront a allaiter, merci à elles. Il me faudra deux jours pour embrasser ma fille. Deux longues journées avant de lui dire « je t’aime » pour la première fois. Et sans le ressentir totalement.

Il m’a fallu huit mois pour me sentir maman. Et trois ans pour assumer pleinement ce rôle. Trois ans de DPP, en partie à cause de cette naissance ÉDULCORÉE sous péridurale!

Depuis. J’ai mis au monde un petit garçon, naturellement, a l’hôpital un très bel accouchement. Me voilà réconciliée avec la maternité, prête à me battre pour qu’on nous informe des conséquences médicales ET psychologiques de chaque acte posé. D’ailleurs, je vais reprendre des études pour devenir sage-femme.

Avec des SI on pourRAIT changer le monde..
Sans « si », on peut le changer.

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