Katia – Montréal – 2006

12 Fév

Naissance de mon fils, dans notre nid d’amour

Depuis ma toute première grossesse, je rêvais de donner naissance à mes enfants, dans la douceur de mon foyer. C’est avec l’arrivée de mon premier fils et troisième ange que cela se concrétisa enfin.

Une phrase m’avait beaucoup marqué en cette troisième grossesse : c’est celle que Mélanie disait après la venue de sa dernière : je me sentais trahie par mon corps, suite à plusieurs fausses alertes. Je me disais qu’elle n’avait pas été chanceuse et je me fiais que je saurais reconnaître le vrai travail. Mais moi aussi j’ai finalement compris le vrai sens de cette phrase : Je me croyais capable de reconnaître un vrai travail et ce fut le cas, mais je ne savais pas qu’il pouvait s’arrêter, même lorsque le col avait commencé à s’ouvrir! Alors, lorsque le grand jour est arrivé, je n’osais plus y croire, de peur d’être déçue. Surtout que l’intensité des contractions avait diminuée en début de matinée. Mais j’ai tout de même décidé de joindre ma sage-femme, au cas où… J’espérais… Et après qu’elle m’ait dit qu’elle arrivait, le travail s’est vraiment installé : ça ne pouvait pas être une fausse alerte! Je rappelle mon accompagnante pour qu’elle me retrouve et m’aide à passer au travers.

J’avais ce désir et ce besoin d’être soutenue par une femme qui avait accouché et c’était encore une aide plus précieuse du fait qu’elle aussi avait donné naissance à la maison. Pour ce troisième accouchement, la douleur me faisait un peu plus peur. Je trouvais cela absurde en me disant que j’avais bien vécu les deux autres naissances et que c’était certain que j’y arriverais. Et pourtant, j’avais de la difficulté à me résigner à la subir. Pendant cette grossesse, j’ai beaucoup lu sur le sujet, sur les façons de se préparer… Et pourtant, dès les premières contractions, je devenais tendue et essayais de me calmer en pensant au bébé. Mais je me demandais comment j’allais faire pour vivre les dernières contractions intenses… Surtout que les positions que j’utilisais pour Myriam ou Ada ne me soulageaient pas. Je ne savais plus comment me placer, comment éviter de paniquer pendant les contractions… Puis, Mélanie m’a guidée et aidée à m’installer sur le ballon, en faisant des pressions dans le dos. Elle m’a murmurée de relâcher mes jambes sur lesquelles je m’appuyais. Et oh! Surprise! La douleur semble moins pire. Je m’encourage et essaie de me concentrer sur le bébé. Ma sage-femme m’examine : 5cm!!! Encore encouragée, je m’accroche à cette force bien encré en moi de vouloir bien vivre mon accouchement et je fais finalement le vide dans ma tête. Les paroles des gens qui m’entoure deviennent floues, je ne comprends rien et m’en fou complètement. J’arrive à me placer de façon à diminuer considérablement la douleur. Je me sens seule et étrangement, je me sens bien. J’arrive à relaxer entre les contractions. Puis je lâche le ballon pour m’allonger sur mon lit, entourée de coussins, je me sais entourée de mon conjoint, de ma sage-femme, de mon accompagnante, mais ma bulle m’éloigne de tout, j’arrive à me détendre PENDANT la contraction!!!!! (C’est par après que je réalise à quel point j’ai su me laisser aller avec la vague!!!)Je me laisse flotter, entre ciel et terre, avec mon corps qui traverse la tempête… J’ouvre les yeux : mon bébé! Je vois la photo de l’écho, tout est flou… Mais je me sens bien et je crois que je peux vivre cela encore pendant des heures!

L’arrivée de la deuxième sage-femme : Mejda et Danielle (étudiante) viennent me dire bonjour. Ça me prendra plusieurs secondes ou minutes pour réaliser ce bonjour. Puis, je sors de ma bulle : je vois mon homme à mes côtés, je lui prends la main. Je sens une main chaude dans mon dos qui soulage la pression. Et je ressens cette envie de pousser. Juste avant d’en faire part à ma sage-femme, je me dis que ça y est, que je vais pousser et j’en suis sure car je sens cette montée d’adrénaline qui me connecte un peu plus avec le monde. Je me rappelle ce que Michel Odent disait. Puis je me rappelle ce que Mélanie m’a dit en début de travail : Les femmes ont commencé à enfanter dans la douleur lorsqu’elles ont eu des connaissances, ou un truc de ce genre. Alors j’efface toute pensée et dit à ma sage-femme que j’ai envie de pousser. Je suis à 9 et demi et je peux me laisser aller avec mon corps.

Étrangement, je n’ai pas envi de pousser de toutes mes forces et cela me surprend. J’ai juste envi de donner de petites poussées. Mais oh! Quel soulagement! Les contractions me dérangent beaucoup moins! Et je continue de faire confiance en ce que je ressens et je pousse doucement. Les eaux coulent à chaque poussée. Puis je sens la tête descendre et là, l’envie de pousser plus fortement me prend. Je me rappelle avoir pensé que cette fois-ci, je poussais avec mon homme près de moi, je le sentais avec moi. Je n’avais plus l’impression d’être seule, comme ce fut le cas avec Adélaïde. Les sons me viennent naturellement et m’encouragent.

Puis, je sens la tête de mon fils et enfin je le tiens dans mes bras! EUPHORIE! Larmes de joie, rire, bonheur! Je ne saurais pas rendre l’âme à comment je me suis sentie à ce moment avec les mots, mais cela restera toujours graver au fond de moi, en attendant la quatrième naissance… Pour la première fois de ma vie de mère, je suis capable d’imaginer avoir un autre enfant, pas tout de suite, mais un autre, et ce même si je viens juste d’accoucher! Les deux autres fois, j’avais besoin d’oublier les sensations dans mon corps vécu lors de la naissance. Mais là, je ne veux pas oublier! Et je sais que je vais me rappeler comment c’est beau et riche de donner la vie, comment ça peut être merveilleux quand on se laisse vivre et emporter dans un autre monde et que les gens que l’on choisit pour nous accompagner respectent cela. On m’a laissée aller, on m’a laissé dire non à des examens que je ne voulais pas immédiatement, on m’a laissé pousser quand j’en avais envi. On m’a respectée, on a fait confiance à ce que je disais, vivais, à mon corps. On m’a laissé accoucher de mon fils comme je le voulais, sans aucune perturbation, aucune bousculade. Cette fois-ci, je n’ai pas été accouché. Cette fois-ci, j’ai été bien, même dans les dernières contractions. Cette fois-ci, aucun regrets : que de beaux souvenirs, de belles émotions, une intensité que je désire revivre au moment opportun…

Bienvenu mon fils, Louis-Philippe. Ta naissance aura été douceur, dans l’amour, dans le nid d’amour que je t’aurai préparé, accueilli comme tous les bébés devraient l’être : avec le respect de la nature et de la capacité des femmes à enfanter, à souffler la vie avec leur corps, leur cœur, le monde caché en elle, ce monde amour pour toi mon trésor.

Maman qui t’adore xxx

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