Valérie, banlieue de Montréal (Québec, Canada) – 2011

12 Fév

Je vous partage mon second accouchement, en banlieue de Montréal (Québec, Canada)

Tout à commencé lundi matin, le 3 octobre 2011, vers 4h30, tôt le matin. Alors que le soleil n’était même pas encore debout toi tu préparais déjà ton arrivée dans le monde. En effet, une grosse contraction me réveille brusquement. J’écoute cette pluie d’automne tomber sur le toit de la maison pendant quelques secondes puis je referme les yeux. Une autre contraction me réveille 8 minutes plus tard. Le scénario se répète jusqu’à 6h30. Je reste dans mon lit, j’essaie de dormir entre les contractions et surtout je tente de calculer le temps qui sépare chacune d’entre elles. À 6h30, j’embrasse ton frère qui dort comme un ange à mes côtés (en me doutant bien que c’est aujourd’hui qu’il deviendra un grand frère) et je me lève pour aller prendre un bain.

Même après avoir pris un bain, les contractions continuent d’être aussi régulières et elles deviennent même de plus en plus inconfortables. J’avise ton papa qui se prépare à partir pour le travail. Croyant qu’il s’agit peut-être encore d’une phase de latence qui nous joue des tours en s’arrêtant après quelques heures (j’ai eu plusieurs épisodes du genre dans la dernière semaine), il décide de partir travailler en me rassurant qu’il reviendrait en 30 minutes si jamais j’avais besoin de le faire revenir à la maison.

Ta mamie monte chez nous pour m’aider à faire déjeuner Mathias. Je regarde l’heure à chacune de mes contractions… Je suis maintenant aux 5 minutes et il est 7h15. Je vais faire pipi et je perds un peu de sang. J’ai plusieurs appels à faire, je crois de plus en plus que c’est aujourd’hui le grand jour. Je commence par téléphoner ma merveilleuse sage-femme et je lui explique la situation. Elle me propose de lui redonner des nouvelles dans 2 heures ou avant si le travail s’amplifie… Ça ressemble drôlement à une latence mais cette fois-ci, puisque je perds du sang, la latence joue fort probablement sur l’effacement de mon col. Vite, je dois téléphoner à mon amie photographe qui viendra photographier mon accouchement. J’avise ensuite notre accompagnante à la naissance. Ohh… Il faut que je fasse revenir ton papa! Il aura fait un aller-retour au travail inutile ce matin là!

Je recommence à calculer mes contractions et j’en suis maintenant aux 3 minutes. Mamie se prépare à aller porter ton grand frère à la garderie à ma place. Je me sens toute émotive… Je prends mon grand garçon dans mes bras et je l’embrasse dans une pluie de larmes. Je sais que lorsque je vais le revoir, il ne sera plus mon seul bébé… Il me semblera probablement si grand à mes yeux! Dire qu’il y a presque 2 ans, c’est sa naissance à lui que j’accueillais à la maison de naissance. Mathias me fait un gros sourire pour tenter d’effacer mes larmes, me fait un gros ‘’bisou-câlin’’ et me dit au revoir. Mamie est aussi émue que moi. Ils partent donc pour la garderie puis moi, je pleure à chaudes larmes en les regardant partir du haut de l’escalier. Ton papa revient au même moment et il vient me prendre tendrement dans ses bras. Que d’émotions dans mon cœur de maman!

J’appelle de nouveau ma sage-femme et lui signale que j’en suis aux 3 minutes. Elle nous donne rendez-vous à 10h00 à la Maison de naissance. Nous remplissons la voiture sous la pluie. C’est le départ!

Nous arrivons enfin dans cette chambre où tu vas naître. Cette chambre douce et calme va si bien avec la température du temps : il pleut doucement à l’extérieur, c’est une vraie journée grise d’automne. Je suis accueillie par un gros câlin de ma sage-femme qui me propose un examen pour voir où j’en suis : ton petit cœur va bien, tu es en pleine forme! Et moi? J’en suis à 4 cm de dilatation avec un col très souple. Hourra! Cependant, depuis que nous avons quitté la maison, mes contractions perdent de leur intensité et s’espacent doucement… Le changement d’air provoque souvent cette réaction. Ma sage-femme me conseille de retrouver cette bulle dans laquelle j’étais à la maison afin que mon travail reprenne son rythme. Ton papa installe nos bagages dans la chambre. De mon côté, je saute dans des vêtements confortables et amples, je place bien à notre vue une photo de Mathias et ton papa fait jouer le CD de musique que j’avais préparé pour ta venue. Nous sommes bien, nous sommes en train de recréer notre bulle.

Ensuite notre accompagnante vient nous retrouver. Elle partage notre joie et notre excitation. Nous nous installons doucement pour notre belle journée de travail… Le plus beau travail soit dit en passant, celui de donner la vie! Peu de temps après, notre amie photographe arrive avec son beau sourire et son appareil photo. Il y a de la fébrilité dans l’air… C’est que nous sommes tellement de personnes à avoir hâte de te rencontrer petite Sofia!

Rapidement, mes contractions reprennent leur rythme et leur intensité. Je suis bien lorsque je prends mes contractions debout, accotée contre le mur. Ton papa se place derrière mois et il me masse le bas du dos. Je sens que l’intensité augmente dans mon corps mais je me sens calme et zen malgré tout. Je respire doucement en m’imaginant pousser sur la douleur avec mon souffle. Dès que je relaxe l’intensité de la douleur diminue. Mes contractions sont aux 3 minutes. Je m’hydrate bien, je tente de rester toujours en mouvement et je me sens si bien entourée… La vie est belle et toi ma petite puce, tu seras bientôt dans mes bras.

Sous les conseils de notre accompagnante, je m’installe à quatre pattes, appuyée sur le ballon, pour prendre quelques contractions. Ton papa est à mes côtés, il m’enveloppe de son amour et m’encourage doucement. De l’autre côté, mon accompagnante me guide dans mes respirations et dès que mon corps se crispe, elle me rappelle l’importance de l’ouverture. Elle me parle souvent de toi, petite Sofia. Elle me dit que tu as besoin de moi pour faire ton gros travail de descente, qu’il s’agit d’un travail d’équipe. À chaque fois qu’elle me rappelle ceci, je réussi comme par magie à détendre mon corps malgré la douleur… Puis je souris dans ma tête car j’ai l’impression de m’écouter parler lorsque moi-même j’accompagne une femme en travail! Et oui, je suis accompagnante à la naissance moi aussi!

Notre sage-femme vient régulièrement écouter ton petit cœur. À chaque fois elle me mentionne à quel point tu es en pleine forme. Il est environ midi et demi et je commence à me sentir engourdie. Je sens que les endorphines commencent leur travail dans mon corps. Je prends quelques contractions debout, dans les bras de mon amoureux. J’ai l’impression de danser avec lui car mon bassin ne cesse de se balancer entre les contractions et lorsque la douleur devient vive, je m’accroche à son cou. Je suis entourée de plusieurs personnes dans la chambre mais l’ambiance est si calme, si feutrée. Encore une fois, je me sens bien.

La fatigue commence à me gagner. Je m’installe donc dans le lit, couchée sur le côté. Ton papa me quitte pour aller dîner rapidement (c’est moi qui le force à aller manger… il ne voulait pas me laisser!). Notre accompagnante est à mes côtés. Elle me donne un massage qui me fait vraiment beaucoup de bien. Je reste bien détendue entre les contractions mais pendant, je commence à faire des sons et des grognements. Les contractions deviennent très intenses dans cette position. Ma sage-femme vient me voir et elle me propose un examen : 7 cm! Je suis encouragée par cette bonne nouvelle. Tout se déroule tellement bien et à un rythme si régulier comparativement à ma première expérience d’accouchement! On me coule un bain et moi, je me lève pour me préparer à y aller et au même moment ton papa revient de son dîner.

Je m’installe dans le bain, la chaleur m’invite à la détente et je me sens bien… Jusqu’à la première contraction dans l’eau. Outch! C’est trop fort! Je cherche de peine et de misère à sortir mon ventre de l’eau. Je prends donc les contractions hors de l’eau, à genou dans le bain et en faisant des sons. Je suis incapable d’être dans l’eau lorsque les contractions arrivent… Mais entre celles-ci je suis bien dans cette chaleur et je me ferme les yeux.
Après une vingtaine de minutes dans le bain, je décide de sortir. Je rêvais d’accoucher dans l’eau mais j’y suis finalement trop inconfortable et restreinte dans mes mouvements. De plus, je me sens si faible et étourdie! Je préfère aller m’allonger pour le moment. On m’aide donc à sortir du bain et on m’installe dans le lit.

Les contractions sont si fortes et moi je bouge beaucoup, comme pour me ‘’sauver’’ de cette douleur. Tout le monde m’encourage et souligne le travail parcouru jusqu’à présent. Je me sens si bien entourée par ton papa et tout son amour, par ma sage-femme et mon accompagnante qui sont là de leur présence si douce et par mon amie qui me sourit tendrement entre les ‘’clic-clic’’ de son appareil photo. J’ai peur car j’avais tellement oublié l’immense intensité que pouvait avoir cette douleur… J’ai beau avoir déjà accouché et avoir assisté à des accouchements plusieurs fois par mois, quand c’est nous qui navigue, c’est une autre histoire n’est-ce pas? Mais au fond de moi, je sais que je suis capable… une contraction à la fois!

Pendant une grosse contraction, j’ai l’impression que tu pousses vers la sortie ma belle Sofia. Je cris  »Elle pousse! Ça pousse! ». Ma sage-femme va vérifier avec un examen. Elle m’informe que je suis complète (déjà!). Les membranes bombent énormément pendant la contraction… Mes membranes sont toujours intactes et je n’ai pas perdu mes eaux. Peut-être que Sofia naîtra  »coiffée’’? Cette pensée me fait sourire!

Je suis complète mais les contractions continuent, une après l’autre… et toutes aussi fortes les unes que les autres. J’ai la bouche si sèche à force de respirer fortement et j’ai tellement chaud… J’ai l’impression de courir un marathon sans fin. Pourquoi est-ce qu’il ne se ‘’passe plus rien’’? Je ne ressens plus l’envie de pousser. Tout ce que je sens, c’est une immense douleur dans le bas de mon ventre à chacune de mes contractions. J’ai l’impression que mon bas-ventre va finir par exploser!

Je cherche cette force au fond de moi… Celle que toutes les femmes qui accouchent possèdent. Elle est où? Je me sens un peu perdue dans ce tourbillon et j’ai tendance à paniquer. J’ai l’impression d’être dans un train qui déraille. Mais en même temps, je sais que je trouverai le moyen de me rendra jusqu’à toi… Courage Val, courage!

Mon corps entier tremble. Je tremble de la tête aux pieds de façon incontrôlable… C’est très puissant! Je devine que ton papa est inquiet car j’entends notre accompagnante lui dire que ces tremblements sont normaux et que c’est parce que mon corps travaille très fort depuis longtemps. Je demande des explications car je ne comprends plus où j’en suis. Pourquoi ai-je l’impression qu’il ne se passe plus rien d’autre que cette douleur immense dans le bas de mon ventre? Ma sage-femme m’informe que puisque les membranes sont toujours intactes et très bombantes, peut-être que ta tête n’appuie pas assez sur mon col. Elle me propose de crever mes eaux. J’accepte en pensant à la naissance ‘’coiffée’’ qui perd toutes ses chances d’avoir lieu… Mais c’est correct aussi car l’important, c’est que tu arrives enfin.

La seconde sage-femme, arrive dans la chambre et s’installe à mes côtés pour la rupture des membranes. On me dit que le liquide est clair et que tout va très bien. J’ai alors des poussées spontanées… Enfin! Je sens que tu pousses ma chérie, je sens que je pousse aussi et j’entends un grognement qui vient bien de moi à chacune des poussées! Plus je pousse et plus je grogne. Je suis couchée sur le côté. Je sens le  »’cercle de feu’’ me brûler et je le dis haut et fort! Mon accompagnante me dit que je sais ce que ça veut dire… Je réponds que oui, c’est la fin et surtout que tu seras bientôt là!

Ma sage-femme me dit que la tête est juste là et m’invite à la toucher. J’approche ma main et je touche le dessus de ta tête… Tu sembles avoir tellement de cheveux! Je suis émue et fortement encouragée. La contraction disparaît et toi aussi car je te sens clairement remonter dans ton passage. Je dis ‘’Ahh non! Elle est repartie!’’. Ma sage-femme m’assure que tu redescendras bien vite et au même moment, je pousse de nouveau. Après quelques poussées, ta tête sort enfin. Il est 16h50.

J’entends ton papa qui se met à pleurer à mes côtés. Il est tellement ému de te voir arriver petite Sofia! J’approche mes mains tremblantes de ta petite tête. Je t’attends pour t’accueillir moi-même ma chérie. À la contraction suivante, je pousse encore et c’est ton corps tout entier qui sort de moi. J’ouvre les yeux pour la première fois depuis longtemps, je t’attrape doucement et je te dépose sur mon cœur. Sofia, ma petite poupée! Je pleure et je m’émerveille, je te regarde et je savoure ce grand moment. Je me souviendrais toujours de ta peau douce contre la mienne, de ta petite voix qui nous racontait son voyage avec émotion, de ta petite bouche qui cherchait déjà mon sein alors que tu étais parmi nous depuis quelques secondes à peine…

Puis je prends le temps de regarder autour de moi. Petite Sofia, une atmosphère si magique régnait dans la chambre lorsque tu es née. Tu es née à l’intérieur d’un cercle rempli d’amour et de respect : moi et ton papa couchés dans le lit, notre accompagnante à mes côtés, nos sages-femmes assises au pied du lit, l’étudiante sage-femme, une amie, à genou à côté du lit et mon amie photographe de l’autre côté qui immortalisait le tout sur photos… Wow!

Quelle chance j’ai eu de pouvoir réaliser mon précieux souhait d’accoucher naturellement en compagnie d’une sage-femme pour une deuxième fois. Non seulement notre sage-femme et notre accompagnante étaient là pour nous guider au fil du travail et pour veiller sur nous deux ma belle Sofia, mais elles nous ont eDSC_7996ntouré de tant de douceur lors de cette inoubliable aventure et jamais je ne n’oublierai.

Sofia, chaque seconde de ton arrivée est gravée à jamais dans ma tête et dans mon cœur.

Valérie Turcotte (Québec, Canada)

-> témoignage du premier accouchement de Valérie

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