#99 Annie – Québec

13 Fév

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C’était le 27 avril 2011. J’étais à 40 semaines de grossesse, fatiguée, et impatiente de sortir ce petit être de mon corps endolori à cause d’une diastasis de la symphyse pubienne qui me suivait depuis le 4ème mois de grossesse. Je venais de me coucher, quand j’ai soudain crevé mes eaux. Lorsque nous sommes arrivés à la maternité vers 1h15, je ne ressentais que quelques crampes, similaires à celles que j’ai lors de mes menstruations. Mon conjoint et moi étions relativement calmes et surpris de la façon dont tout se déroule. On dirait qu’on s’attendait à quelque chose de plus « spectaculaire » ou je ne sais trop. Mais, à notre grand étonnement, nous étions zen. Bien sûr, il y avait de la fébrilité dans l’air. Mais nous avions le temps de réaliser que LA rencontre approchait. Nous étions heureux comme jamais.

Donc, dès notre arrivée à l’hôpital, l’infirmière nous amena dans une chambre, m’installa le moniteur afin de surveiller l’intensité et la fréquence des contractions ainsi que le rythme cardiaque du bébé. Elle m’examina afin de voir à combien de cm j’étais dilatée et recueillir un peu du liquide que j’avais perdu pour s’assurer qu’il s’agissait bel et bien du liquide amniotique. Positif : j’avais bel et bien crevé mes eaux et j’étais dilatée à 3 cm, effacée à 75%. Comme les contractions étaient régulières mais très faibles et que nous étions en pleine nuit, on me conseilla de me reposer car je risquais d’avoir une longue journée devant moi le lendemain. Wow! Comme si j’étais capable de dormir!!! J’étais bien trop excitée à l’idée de savoir que j’aurais mon bébé dans les bras d’ici quelques heures… J’ai donc passé la nuit à tourner de tous bords tous côtés, en essayant de me lever le moins possible pour ne pas accélérer le travail, tel qu’on me l’avait demandé.

Puis, tel que je l’avais appris dans la formation Hypno-Vie que nous avions suivi au cours des semaines qui avaient précédé l’accouchement, je profita de ces longues heures pour écouter le CD de relaxation qui avait été spécialement conçu pour le moment de l’accouchement. (Pour celles qui ne connaissent pas la formation Hypno-Vie, il s’agit d’un cours qui nous apprend la technique de l’accouchement sous hypnose, dans le but d’accoucher naturellement et avec beaucoup moins de douleur. C’est génial… je vous le recommande chaudement!)

À 7h30, après avoir passé la nuit avec des contractions régulières aux 6 minutes qui n’avaient pas fait progresser le travail, on me transféra dans la salle d’accouchement et on m’administra de l’ocytocine pour stimuler les contractions et accélérer le travail. Eh oui, lorsqu’on crève nos eaux, le protocole veut que l’on accouche dans les 18 heures suivantes pour limiter le risque d’infection. Dans mon cas, il fallait donc que j’accouche avant 18h le soir. Le médecin a donc jugé nécessaire de m’administrer des drogues pour faire accélérer le tout, au cas où. ERREUR!

Vers 9h00, le médecin de jour m’examina et j’étais encore à 3 cm, mais les contractions commençaient sérieusement à être plus fortes. On me dit que le bébé est très bas et qu’il était donc normal que je ressente beaucoup de pression dans le bas du ventre, mais que je ne devais pas m’inquiéter… On m’expliqua que, selon leurs statistiques, un premier accouchement dure entre 12 et 15 heures, ce qui voulait donc dire que je n’accoucherais pas avant la fin de l’après-midi. Je regardai le médecin avec des yeux remplis de terreur et elle me regarda à son tour avec un air qui semblait dire : « Ben, à quoi tu t’attendais ma grande? C’est ça accoucher! ». Je voulais la tuer. Dans ma tête, c’était impossible que ça fasse si mal, si vite. Mais bon, après tout, ils en voient à tous les jours… ils doivent bien connaître leur affaire. Je les ai donc crus sur parole et je les ai laissé m’administrer tout ce qu’ils voulaient. À ce moment, les contractions étaient intenses, mais j’arrivais encore à les « contrôler » grâce à la méthode Hypno-Vie.

À 9h30, je voulais mourir. Je n’avais plus du tout de repos entre les contractions, même pas 15 secondes. Je n’arrivais plus à respirer normalement, ni à parler, ni à marcher. Alors inutile de vous dire que j’avais mis l’hypnose de côté. J’avais totalement perdu le contrôle de mon corps. Je ne supportais plus qu’on me touche, je vomissais, je tremblais de partout… Je décidai donc de déclarer forfait… Moi qui voulais un accouchement naturel, là, je VOULAIS la péridurale, et que ça saute! À mes yeux, JAMAIS je n’aurais pu endurer ça jusqu’à la fin de l’après-midi, comme ils n’avaient cessé de me le dire. Quelques minutes plus tard, le médecin repassa pour m’examiner avant que je reçoive la péridurale. Oh, tiens donc… J’étais à 6 cm. Une progression de 3 cm en 1/2 heure, c’était vraiment excellent selon le médecin. Habituellement, on parle de 1 cm à l’heure. On me demanda donc si je voulais toujours la péridurale, vue l’étonnante progression que j’avais faite. Selon elle, ça irait plus vite qu’elle ne l’avait prédit. J’accoucherais peut-être en début d’après-midi finalement. Mais rendue à ce stade, je n’arrivais plus à réfléchir. Je lui dis de faire comme je l’avais demandé, et de me donner la péridurale. Je ne pouvais plus supporter ça plus longtemps. Elle me dit donc d’aller aux toilettes avant que l’anesthésiste arrive. Ouf… ça me pris tout mon petit change pour réussir à me lever du lit, avec toutes ces contractions qui ne cessaient pas. À 9h55, j’ai réussi de peine et de misère à sortir des toilettes en panique. J’avais un intense besoin de pousser. Je me suis accrochée au cou de mon chum et j’ai poussé, comme ça, debout. Incapable de m’en empêcher. Là, l’infirmière me regarda et me répéta que c’était normal que je ressente une pression car le bébé était bas. Là, ce fût vraiment trop. Je me suis fâchée et lu ai crié que ça poussait vraiment et que j’avais peur que mon bébé sorte et tombe par terre! Elle alla donc chercher le médecin et lui demanda de venir vérifier le col, mais celle-ci refusa en prétextant qu’elle venait de vérifier et que je n’étais qu’à 6 cm. L’infirmière est alors revenue et a décidé de vérifier par elle-même, car elle trouvait que j’avais vraiment l’air d’une fille qui allait accoucher sous peu. Ahhh, encore une fois, surprise! J’étais dilatée à 10 cm et le bébé était juste là… Là, ce fût la panique dans la salle. Il était 10h00. On m’installa pour pousser, le médecin arriva stupéfaite et s’installa immédiatement. On me demanda de faire quelques poussées, ce qui, honnêtement, n’était pas très difficile car mon corps le faisait tout seul! Je ne le contrôlais plus. L’anesthésiste apparût soudain au bout du lit et s’excusa d’être arrivé trop tard. NON!!! Je ne voulais pas qu’il parte! Je voulais ma péridurale! Mais il était trop tard… Le travail était déjà trop avancé. À 10h10, j’ai commencé les « vraies » poussées. Je n’y croyais pas, ça allait trop vite, j’avais peur qu’il y aie une déchirure et j’étais tellement fatiguée de toute cette douleur. Je ne contrôlais plus rien. Puis, à 10h40, après 5 séries de poussées, Zack est né! Pile à la date prévue de l’accouchement. Il avait 2 tours de cordons, mais comme tout s’était déroulé rapidement, aucune séquelle. Il bougeait beaucoup mais ne pleurait pas. Ils l’ont donc amené sous la lampe chauffante et ont aspiré le surplus de sécrétions avec un petit appareil spécial. Moi, j’étais complètement ailleurs. J’avais presque perdu connaissance dans les secondes qui avaient précédé la sortie du bébé. Mais maintenant, je ne ressentais plus rien. Quel soulagement incroyable. Je me sentais à la fois si fatiguée, mais si satisfaite de ce que je venais d’accomplir. Tout s’était tellement passé vite. J’avais l’impression d’avoir rêvé.

Mais soudain, mon bonheur s’est assombri lorsque j’ai constaté l’arrivée d’un spécialiste pour me recoudre… Il semble que la déchirure était si « délicate » que le médecin préféra confier la tâche à un spécialiste. Hum… ça s’annonçait bien. 😦  En plus, on m’informa que je saignais plus que la normale et qu’on devait m’administrer 3 sortes de médicaments pour que ça arrête, en plus de me faire un super massage de l’utérus à toutes les 5 minutes jusqu’à ce que ça soit réglé. Ayoye! J’avais juste hâte qu’on me laisse tranquille, avec mon chum, et notre petit bébé. Heureusement, tout est rentré dans l’ordre rapidement.

Aujourd’hui, tout va bien. Zack aura bientôt 22 mois, et c’est un petit garçon souriant, énergique et très expressif. Il fait le bonheur de tous ceux qu’il côtoie.

Si j’ai voulu raconter l’histoire de mon accouchement, c’est évidemment pour partager avec vous LE moment le plus important de ma vie. Mais SURTOUT, c’est pour que vous reteniez un message très important : votre accouchement vous appartient. Si on vous propose de vous administrer des substances pour accélérer le travail alors que vous n’êtes pas à l’aise avec l’idée, dites-le. Il existe une panoplie d’autres méthodes pour tenter de faire accélérer les choses. Et il faut au moins donner la chance à notre corps de nous prouver ce dont il est capable « tout seul »… Pour ma part, je vous garantie que la prochaine fois qu’on me dira de me reposer parce que c’est la nuit, je me lèverai et j’irai monter et descendre des escaliers pour faire accélérer le tout. Je refuse qu’on décide à quel moment mon accouchement doit avoir lieu et qu’on m’administre des drogues avant même d’avoir essayé autre chose. Dans mon cas, j’ai fait une réaction d’hyper sensibilité à l’ocytocine. C’est ce qui a provoqué une augmentation d’une rapidité inhabituelle de la fréquence et de l’intensité des contractions. Certaines me trouvent peut-être « chanceuse » d’avoir accouché en moins de 3 heures de travail actif. Mais je vous jure que j’aurais de loin préféré que ça prenne 12 heures, mais que j’aie le temps de « vivre » mon accouchement, de mettre en pratique ce que j’avais appris dans mes cours d’auto-hypnose et de partager avec mon chum ce que je vivais. J’avais l’impression que quelqu’un d’autre avait pris le contrôle de mon corps. Un accouchement si intense et rapide, c’est irréel et anormal, tant qu’à moi. Je n’ai pas eu le temps d’apprivoiser les contractions et de « m’habituer » à leur intensité. Elles sont arrivées d’un coup sec, comme un bloc de ciment qui me tombe sur le corps. Bref, posez des questions, exprimez-vous et écoutez votre feeling. Ne soyez pas gênée d’insister. C’est VOTRE corps, et vous êtes la mieux placée pour savoir ce que vous ressentez, même si c’est un premier accouchement. Les statistiques, c’est bien beau, mais à un moment donné, il faut décrocher de cela et écouter notre corps. La preuve : moi, si je ne m’étais pas écoutée, j’aurais accouché carrément debout, accrochée au cou de mon chum, sans médecin. Pourtant… les statistiques disaient que j’accoucherais en après-midi… C’est n’importe quoi! Faites-vous confiance, et tout ira bien! 🙂

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2 Réponses to “#99 Annie – Québec”

  1. Mathilde Rembert 13 février 2013 à 13 h 12 min #

    Bonjour

    Je ne comprends pas… On vous dit de ne pas marcher pour ne pas accélérer le travail et ensuite on vous l’accélère avec des ocytoicines de synthèse ??? Dont on sait pourtant qu’elles favorisent l’hémorragie de la délivrance…

    • Annie 13 février 2013 à 16 h 28 min #

      Eh oui, c’est ainsi que ça s’est passé. En fait, je me rappelle très bien que l’infirmière m’aie dit qu’elle avait appelé le médecin et que c’est ELLE qui avait demandé que je ne bouge pas. J’ai bien l’impression que le médecin qui était de garde cette nuit là espérait que je tienne le coup jusqu’au matin pour ne pas avoir à interrompre son sommeil pour se rendre à l’hôpital pour l’accouchement… Quand j’y repense, c’est insultant. Qui est-elle pour « décider » que mon bébé et moi devons attendre que son quart de travail finisse et que le médecin de jour prenne la relève!?

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