#108 Marie, en juin

14 Fév

Petite explication: j’ai fait une pré éclampsie à terme pour BB1 et j’ai un très mauvais souvenir de mon accouchement avec une péri surdosée (fallait que BB sorte vite, PE + eaux kaki + détresse foetale), les forceps et une épisio de malade, mais bon, quand même une voie basse… Donc, je voulais un accouchement le plus nature possible pour BB2 sans péri… J’ai parlé de l’accouchement à domicile à mon mari qui, s’il y a réfléchit, n’a jamais voulu sérieusement l’envisager du fait, selon lui, de notre trop grande distance de la mater (35 km avec de la 3 voie…)!

Tout commence lundi 4 juin (terme le 22). Visite de contrôle à la maternité car la protéinurie est un peu haute. La tension est bonne, le monito aussi! Bonne nouvelle: le col est ouvert à deux doigts large et est mou. Mauvaise nouvelle: il est encore un peu long et le bébé est haut, donc il n’appuie pas sur le col. Conclusion, le col est favorable donc si bébé se décide à descendre, ça peut partir vite.

Retour à la maison, je prends la décision de marcher plus et de faire beaucoup de ballon. Mardi: augmentation des contractions mais elles sont toujours irrégulières et non douloureuses. Mercredi: pareil mais en plus nombreuses encore, elles sont en moyenne toutes les 10-15 min toute la journée. Le soir, elles commencent à se faire plus sentir. On appelle mes parents qui récupèrent Lilou vers 22h, Rudy est prêt à partir à la mater mais je suis pas sûre. Je lui dis d’aller se coucher qu’il soit en forme si c’est le bon moment. Minuit, je suis prête à partir, les contractions sont plus fortes et régulières mais à minuit et demi, tout s’arrête d’un coup!

Jeudi: Revisite de contrôle à la mater! Le col n’a pas bougé malgré toutes ces contractions. Par contre, la protéinurie a beaucoup augmentée. Le personnel sait que j’aimerais un accouchement naturel donc il me laisse 48h pour que j’accouche sinon rendez vous est pris samedi pour un déclenchement. L’estimation du poids du bébé (plus de 4,5 kg à terme), le fait qu’il soit haut et la protéinurie (couplée à une forte prise de poids rapide) importante les a vite décidé! L’après midi, ça contracte toujours et de plus en plus fort. Rendez-vous chez la sage femme pour le dernier cours de prépa, elle me dit que ça a l’air pas mal ces contractions!

Vendredi 4h30: je sens un ploc qui me réveille! J’ai tellement lu de récit que je sais! Je fais un roulé boulé dans le lit pour ne pas le tremper, mais la quantité de liquide n’est pas très importante. Je file aux toilettes, encore un peu de liquide rosé mais pas des quantités. Je me dis que j’ai peut-être seulement fissuré la poche des eaux, donc je descends, fais du ballon et attends. Je n’attends pas longtemps, 10 min plus tard, les contractions arrivent, tout de suite différentes et régulières toutes les 7 minutes. Je réveille Rudy, téléphone à la maternité qui me dis d’attendre toutes les 5 minutes pour venir. J’appelle mes parents qui viennent récupérer Lilou vers 5h. Les contractions sont déjà douloureuses, je me suspends aux barreaux de l’escalier. Elles sont toujours aux 7 minutes mais je ne me vois pas attendre encore pour faire 30 min de voiture! Je m’assois à l’arrière et à chaque contraction, je me mets à genou tête vers l’arrière et je souffle! Arrivée à la mater, je suis attendue! Monito et examen, bébé toujours haut et col ouvert à 4! La poche des eaux est intacte, c’est la première membrane qui s’est rompue. La sage femme m’installe en salle nature et m’explique qu’il faut que je rentre le ventre en soufflant à chaque contraction pour espérer faire descendre bébé! Très vite, les contractions deviennent très douloureuses, je fais des sons graves en soufflant comme aux cours de prépa en me mettant à 4 pattes mais, soit la douleur est trop forte pour moi, soit le fait de me concentrer sur mon ventre m’empêche de rentrer vraiment dans ma bulle. Les contractions sont toutes les 3 minutes, ça devient très difficile!

Changement de sage femme et premier bilan, il est 9h (déjà 3h de contractions très intenses), mais le col est toujours à 4 et bébé toujours haut! Plusieurs possibilités: je continue à douiller en priant que ça vienne… on part en césa… ou on pose une péri, on tente de percer la poche des eaux pour que bébé descende en espérant éviter la procidence du cordon (le cordon passe devant la tête et se trouve coincé entre la tête et le col) et le départ en césa d’urgence! On se décide (dans les larmes pour moi) pour la péri mais mini dosée! On passe en salle d’accouchement. La péri est posée 20 min plus tard après quelques retournements de gymnaste (passage du dos à 4 pattes à chaque contraction en 2 secondes au grand dam de l’anesthésiste!) sur la table pas si large que ça! 15 min après la pose de la péri, le col est passé à 7!!! On attend ensuite que le bloc se libère (au cas où) et que le gygy de garde soit dispo!

Midi et demi: La SF et le gygy se prépare à percer la poche (chéri et moi prions – façon de parler – pour éviter la césa, j’en veux tellement pas que je suis au bord des larmes) et je comprends pourquoi il faut la péri pour cette manip! Gygy appuie de toute ses forces sur le haut de mon ventre et la SF a une main dedans pour percer et une main qui appuie aussi fort que gygy pour guider la tête. Je sens tout mais n’ai pas mal par contre sans péri ça doit être intenable!!! La manipulation réussit! Cool, on se sent mieux. On m’installe dans plusieurs positions, le col passe vite à 10 et bébé descend doucement. On me laisse jusqu’à 15h30 max et après je devrais pousser même sans les poussées réflexes. Heureusement, elles arrivent un peu avant, je me remets à 4 pattes, j’accoucherai bien ainsi mais la SF ne sait pas faire. On me remet sur le dos, l’équipe s’installe et je pousse en tirant les bras de chéri les bras à l’arrière au dessus de ma tête. 20 minutes de poussées très très intenses, pas de forceps, une petite déchirure et bébé sort. Il est tout bleu mais respire! On me le met sur le ventre, Rudy coupe le cordon et on emmène bébé pour des soins (il est très faible) pendant 30 min dans la salle d’à côté mais toujours en présence du papa! Le verdict tombe: 4 kg 450, belle bête!!! Sûr, sans les poussées réflexes, il ne sortait pas tout seul!

Après deux bonnes heures, la sortie du placenta (de belle taille apparemment 1 kg 420), la suture de la déchirure, on me monte en chambre.

Après réflexion, je m’interroge sur cette SF prétendument « nature ». Et sur mes décisions qui ont été surement mauvaises…

D’abord, à 5h du matin, j’aurais du rester chez moi et avancer un peu le travail, mais j’avais tellement peur de me faire « piquer » la salle nature que j’ai couru à la mater. Et pareil là bas, je n’ai pas voulu en sortir…

Ensuite, pendant 3 heures, personne n’est venu nous voir. J’aurais aimé que quelqu’un vienne voir si tout allait bien et si mon mari savait quoi faire… Ce qui n’était pas le cas, il était en panique totale face à ma douleur et n’osait pas me toucher. L’information donnée sur le fait de rentrer le ventre pendant la contraction était peut être bonne mais en fait, avec du recul, je me dis que je n’aurais pas du en tenir compte. Comment est-il possible de rentrer dans cette fameuse bulle si on est concentrée sur un exercice pareil… Bref, mieux accompagnée, je crois que le choix que la SF m’a laissé aurait vraiment eu trois possibilités, de la façon dont elle l’a présenté, il n’y en avait que deux. Et j’ai lu beaucoup de récits où le bébé ne descend qu’à la dernière minute, alors qu’elle m’a fait comprendre que ce n’était pas normal et que je risquais une césa à chaque minute qui passait…

Ensuite, au moment de la poussée, je n’ai pas eu le choix de la position car elle disait ne pas savoir faire ni le 4 pattes, ni celle sur le côté… Je crois surtout que l’estimation du poids de mon bébé a traumatisé l’équipe qui était plus de deux fois plus nombreuse que pour la pré éclampsie de mon premier accouchement!!! Et du coup, la SF ne voulait pas que je prenne une autre position que cette si bien aimée position gynéco!

Entre mes deux accouchements, je n’ai plus aucune confiance dans le personnel de ma mater (ou d’un autre d’ailleurs), je sais que certaines SF sont excellentes, mais je n’ai jamais eu de chances au jeu et je suis tombée à chaque fois, sur une équipe qui n’a pas voulu entendre mes demandes…

Le personnel a-t-il conscience que pour certaines d’entre nous, l’envie d’accoucher naturellement est viscérale. J’essaie actuellement de décider mon mari pour un petit dernier. Si je n’ai pas la chance de pouvoir réaccoucher, je crois que j’aurais toute ma vie ce vide en moi, ce manque, c’est un trou sans fond et un regret immense qui me mange chaque jour. Peu de gens le comprennent, mais moi, je le ressens, non pas comme un échec, mais comme quelque chose qui fait que je ne serai jamais entière. Je ne suis pas une Femme, mais une personne qu’on a fait accoucher!

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Une Réponse to “#108 Marie, en juin”

  1. Héloïse 24 novembre 2013 à 19 h 28 min #

    Comme je vous comprends, et je suis tout-à-fait d’accord avec le dernier paragraphe de votre témoignage qui décrit très bien ce que je ressens également. Je vous souhaite un jour de connaître l’accouchement de vos rêves !

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