Anonyme – voie basse après césarienne – 2011

19 Fév

Mon accouchement voie basse après césarienne en 2011
La fin de grossesse commençait vraiment à me peser. Pourtant, j’étais encore à une dizaine de jours du terme. J’avais donc commencé en plus des tisanes de framboisier, à prendre des gélules d’huile d’onagre.
J’étais dans l’attente du début de travail surtout que j’avais des contractions de préparation (du « faux travail ») depuis une semaine. J’espérais toujours que mon fiston se déciderait pour arriver un weekend pour que son papa soit là.
Donc, le vendredi j’étais ravie d’avoir pas mal de contractions, mais comme le weekend précédent, elles se sont nettement calmées le samedi. Encore un coup pour rien…
Pourtant le samedi dans la soirée, elles reviennent avec une intensité nouvelle. Elles me serrent vraiment très fort le bas du ventre. Je ne m’emballe pas et j’attends toujours que ça se régularise parce que ça reste très anarchique.
Le dimanche midi, j’en suis toujours au même point. Mon mari reprend le train. L’après-midi passe. En début de soirée, je commence à avoir des contractions plus régulières. Je vais prendre un bain avec mon fils en espérant calmer ce faux travail.
Une fois sortie de l’eau pourtant, elles sont toujours là, mince ! Je surveille l’heure dès que j’ai une contraction, aïe, ça se rapproche en plus ! Dans le doute, je vérifie toutes mes affaires pour la maternité. Puis au bout d’1h30 de contractions tous les quart d’heure, je vais reprendre un bain. Il faut que je sois sûre de moi. Là, non seulement ça ne se calme pas, mais ça paraît s’accélérer. Je suis déjà à une contraction toutes les 5 min ! Au bout d’une heure, après avoir beaucoup tergiversé, je me décide : il faut aller à la maternité. J’ai peur parce que ça va trop vite et que je ne peux pas gérer un début de travail seule à la maison avec mon fils (pourtant endormi dans le canapé). Il est déjà tard, 23h à peu près et je préfère partir maintenant que de devoir réveiller tout le monde plus tard dans la nuit.
Je préviens ma doula, on en discute, je suis toujours décidée à aller à la maternité. Je réussis à avoir l’amie qui doit me garder mon fils (elle rentre à peine de weekend). Tout le monde doit arriver dans moins d’une demi-heure.
Je ne préviens pas encore mon mari (il m’a envoyé un sms à 22h30 pour me dire qu’il était bien arrivé à Strasbourg), je veux être sûre que c’est bien le début du travail pour éviter qu’il ne s’inquiète pour rien.
Tout le monde arrive, on met mon fils endormi dans la voiture, il se réveille un peu, je lui fais un câlin et lui explique la situation. Il commence à pleurer, donc mon amie se dépêche de partir. La seconde voiture est chargée, on se met en route.
Sur le trajet de 35 min, les contractions s’espacent (j’en ai à peine 3 ou 4). Je préviens, non sans mal, la maternité de mon arrivée par téléphone. Dans la voiture, on discute et on plaisante. J’indique la route à la conductrice (on est quatre avec le fils de ma doula).
Une fois arrivés, après une bonne contraction qui me plie en deux devant l’accueil de la maternité, nous sommes accueillies par une SF très gentille, que je n’ai encore jamais rencontré. Elle me dit qu’elle a commencé à lire mon PDN après mon appel et me propose de m’examiner. Je suis dilatée à 1 cm et mon col est raccourci. Elle m’emmène faire un monito. Elle me propose un ballon pour m’installer. Je suis super bien assise dessus pour gérer les contractions. La SF revient assez vite, elle a fini de consulter mon dossier. Elle va aussi me poser une perfusion d’antibios comme je suis porteuse du streptocoque B. Elle me dit qu’il vaut mieux que je reste à la maternité du coup. Ma doula va donc installer toutes mes affaires dans une chambre.
J’ai toujours des contractions toutes les 5 min, mais je suis bien sur mon ballon à faire tourner mon bassin. La maternité est calme cette nuit-là. Je suis zen. J’attends ce moment depuis longtemps, je suis centrée sur moi. Je fais les sons graves que j’ai appris en chant prénatal pour accompagner chaque contraction. C’est très efficace.
Nous partons ensuite nous installer dans ma chambre. On propose un lit d’appoint à ma doula. J’ai emmené le gros ballon avec moi (mon meilleur ami pour cette longue nuit).
Il est 1h30, j’appelle (et je réveille) mon mari. Il me dit qu’il va prendre le premier train pour revenir. J’envoie un sms à mes parents dans la foulée.
La nuit passe doucement. Je prends des douches bien chaudes, je bois de la tisane, je me suspends au lit avec un rebozo. On discute avec Aurore, elle prend quelques photos. Je ne vois pas le temps passer, je suis entièrement concentrée sur le moment présent. De temps en temps quand même je demande l’heure à ma doula. Et si pour moi, le temps est arrêté, l’horloge continue à tourner. J’ai un nouveau monito/ perfusion au milieu de la nuit. Mon bébé bouge et le capteur n’arrête pas de perdre son coeur. Le col est dilaté à 2 cm, tout va bien.
Je commence à être très crispée dans le bas du dos. Chaque contraction entretiens cette douleur. Aurore me masse le dos longuement. Je suis toujours sur mon ballon.
Vers 6h, je me décide à aller prendre un bain. L’eau chaude me relaxe, j’arrive presque à somnoler. Mais les contractions sont difficilement supportables allongée. Je reste quand même un long moment dans la baignoire.
Je retourne dans ma chambre, réveille Aurore qui s’était assoupie. On ouvre le volet de la chambre, l’aube point à peine. J’ai moins mal au dos, je me sens mieux.
J’ai encore droit à un ou plusieurs monitos (?). On m’en refait un notamment parce que bébé bouge beaucoup et que le temps de surveillance de son coeur est trop court. Je refuse un toucher vaginal. Je suis sûre que ça n’a pas ou peu progressé et je ne veux pas me décourager. On me remet aussi la perfusion. Qui ne passe pas… Ca traîne en longueur (normalement 10 min, là, je reste plus d’une heure avec la perf). On rappelle la SF, qui envoie l’étudiante, parce que débordée. La pauvre galère… Je me retrouve avec le pantalon de pyjama mouillé par une poche d’antibios tombé par terre… Je commence à avoir du mal à gérer les contractions sur le ballon, je reste debout.
Lorsque je suis enfin libérée du monito et de la perfusion, j’ai très mal et je perds pied à chaque contraction.
Je suis seule à présent. Mon fils est là à l’hôpital en train de manger avec ma doula et une amie. Je suis complètement dépassée par la douleur. A chaque contraction, je me dis que je n’en supporterai pas plus et je rêve de la péridurale. Je me plie en deux en m’accrochant au lit ou au lavabo et je hurle. Dès que c’est passé, je retrouve un peu mes esprits et me résous à attendre encore.
J’appelle finalement une SF, je n’en peux plus. Elle m’examine, je suis à 4 cm. J’abdique, je veux qu’on me pose la péridurale. J’ai dépassé le cap fatidique des 3 cm. C’est une espèce de renoncement pour moi, je laisse l’équipe médicale me prendre en charge, je perds la maîtrise de la situation.
Mais, je veux voir mon fils avant d’aller en salle de travail. Dès que j’y serai, je ne pourrai plus le voir. J’essaie de joindre ma doula avec difficultés, mais elle revient enfin avec mon fiston. Il n’est pas spécialement enthousiaste de me retrouver, plutôt intrigué. Je lui fais un gros bisous, avant d’avoir une nouvelle contraction. J’ai de nouveau très mal dans le bas du dos.
Je pars en salle de travail. Je mets la blouse de la maternité (au moins celle-ci est en tissus et pas en papier comme pour mon premier accouchement). Ma doula m’amène ma musique, mon appareil photo. La SF appelle l’anesthésiste. Le temps me paraît bien long en l’attendant.
Il arrive finalement, exige un infirmier anesthésiste pour l’aider. On doit donc encore attendre. Et enfin, ils commencent à tout préparer pour poser la péridurale.
Là, je dois dire, ça a été très dur pour moi. Dès que l’anesthésiste essayait de prendre ses repères (et donc appuyait sur mon dos avec ses doigts), j’avais terriblement mal. C’était plus fort que les contractions, c’était insoutenable. Du coup, je me crispais et l’anesthésiste râlait parce que bien sûr, il ne pouvait rien faire. La SF en face de moi, me parlait, essayait de m’aider à me calmer, mais rien n’y faisait. J’essayais de prendre sur moi, d’arrondir mon dos, mais c’était plus fort que tout cette douleur dès qu’il me touchait. Je pleurais à chaudes larmes, j’avais trop mal. Je commençais même à me dire qu’il allait finir par repartir sans me poser la péridurale.
Finalement l’infirmier m’a prise dans ses bras en me maintenant. Je me suis cramponnée à ses bras de toutes mes forces. Et enfin, la péridurale a pu être posée.
J’étais bouleversée, mais soulagée que ce soit fini. Je me suis excusée auprès de l’infirmier de lui avoir fait mal, qui m’a répondu avec le sourire, qu’il avait l’habitude puisqu’il avait accompagnée sa femme lors de ses 4 accouchements.
J’attends impatiemment que le produit fasse effet. Je subis encore 4 ou 5 contractions. Puis, ça se calme enfin. Je suis maintenant branchée de partout (tensiomètre, monito, perfusion…), allongée sous de grosses couvertures polaires, mais je n’ai plus mal. On M’a enfin posé un nouveau cathéter pour la perfusion, ça marche bien mieux. Je sens encore les contractions, ce qui me rassure. La SF me perce la poche des eaux pour aider le travail à continuer sa progression. Elle me parle aussi d’un appareil de mesure qu’elle a l’intention de mettre sur mon col (?). Je pose des questions, ça m’inquiète un peu (surtout l’appareil de mesure), mais je n’ai plus l’envie/le courage de contester l’utilité de ses gestes.
Un homme « inconnu » entre dans la salle de travail : « Bonjour, je suis le Dr …, je viens me présenter, je suis le gynéco de garde. Tout se passe bien ? Vous en êtes où ? 4 cm ? C’est bien, la dernière fois le travail s’était arrêté à 3, n’est-ce pas ? Super, bonne continuation alors ! » On s’est regardé avec Aurore. Ouf, ce n’est pas la gynéco que j’ai vu à mon dernier RDV. Et en plus, il a l’air cool et confiant.
On me laisse un peu tranquille et je me repose allongée sur le côté. J’écoute ma musique, mon CD préféré je crois bien. Je suis un peu seule, je somnole.
Mon mari, enfin revenu, vient me voir en début d’après-midi. Je suis très émue de le retrouver. Je suis aussi très déçue. Je n’ai plus de contractions du tout. Je lui explique donc que je suis très heureuse de tout cette nuit de contractions et que peu importe maintenant la façon dont ça finira. Il ne comprend pas trop mon défaitisme. Je lui dis alors que je n’ai plus aucune contraction depuis un long moment.
« Ben, si je les vois sur le monito ! »
Incrédule, je regarde avec lui. En effet, j’ai toujours des bonnes contractions, elles se sont même encore rapprochées. Je suis soulagée, tout va encore bien. Je peux continuer d’y croire. Je félicite mon pitchoune qui appuie fort sur mon col et qui fait tout pour sortir « du bon côté ».
Nouvel examen, je suis à 5 cm. Ca me conforte encore plus. La SF ne me parle plus de l’appareil de mesure interne des contractions, tant mieux. Je commence à ravoir des douleurs du côté droit (dans la hanche, puis la cuisse). Mon mari me conseille de me retourner. L’anesthésiste repasse justement un peu plus tard et confirme que se mettre sur l’autre côté aidera le produit anesthésiant à se diffuser partout. Effectivement, ça marche bien.
La fin d’après-midi est là. On commence à se poser des questions d’organisation. Qui reste avec moi pour la fin de l’accouchement ? Qui s’occupera de mon fils pour la soirée et la nuit ?
Je ne veux pas imposer à mon mari de rester (je suis heureuse et soulagée de l’avoir vu avant d’accoucher) et j’ai aimé l’accompagnement d’Aurore jusqu’à présent. J’en parle avec lui. Il a envie de rentrer avec son fils. Il est fatigué et se sent inutile près de moi. Il préfère me confier à Aurore. Nous sommes donc d’accord. Il m’offre la soirée en tête-à-tête avec le bébé, lui qui a eu les premiers instants de notre aîné. Il reviendra le lendemain matin avec notre fils.
J’ai de nouveau mal au dos et un peu dans le ventre à chaque contraction. Nouvel examen et fausse joie : dilatation complète, euh, non, en fait, mais ça avance, donc tout va bien.
Par contre, elle me dit que le bébé regarde vers le ciel (il n’a pas fléchi la nuque, donc, ce sera plus dur pour lui de sortir). Elle me parle d’injecter des hormones (?) pour l’aider à bouger. Je lui demande si je ne peux pas commencer par me mettre à 4 pattes pour qu’il ait la place de bien se positionner. Elle est d’accord et m’aide à bouger. Je parle à mon bébé et lui explique qu’il devrait fléchir la nuque pour faciliter sa sortie.
Je commence à avoir presque aussi mal que lorsque j’ai demandé la péri. Je recommence donc à crier (hurler ?). Je me fatigue, le répit entre les contractions est trop court pour récupérer. Je pleure, je suis désespérée. On appelle la SF. Nouvel examen, c’est presque la fin. On parle de l’utilité ou non de remettre une dose d’anesthésiant. On décide d’attendre un peu. Mais je n’en peux plus. L’anesthésiste (un autre plus sympa) me fait finalement un « bolus ». Je peux enfin arrêter de crier.
Nouveau toucher vaginal, ça y est : dilatation complète !!
La SF me dit : « Vous allez pouvoir commencer à pousser, dans 2 h, votre bébé sera là ! »
Elles ramènent le nécessaire pour le bébé, démonte le bas de la table pour la poussée.
Je suis assommée (encore/seulement 2 h ?!). Je me remets à pleurer, de soulagement cette fois. Je sens la tête de mon bébé qui descend et pousse. Je suis dans un état second, je pousse de toutes mes forces (c’est une poussée dirigée, j’ai les jambes sur les étriers). J’entend les encouragements de la SF et d’Aurore. Je ne sens plus la douleur des contractions. Je dis plusieurs fois : « Il est là ! » d’une voix incrédule et étonnée, lorsque je sens sa tête pousser. Lorsque la SF et la puéricultrice me disent qu’elle voit ses cheveux, je touche son crâne pour constater qu’en effet il est presque là.
La SF commence à m’expliquer qu’elle va faire une épisiotomie. Et là, je m’entends répondre simplement : « Non. » Une autre personne parle de vaseline. Ok, on tente d’en badigeonner mon vagin pour faciliter la sortie. (Je n’ai finalement eu que quelques point pour une toute petite déchirure.)
Et quelques poussées plus tard, on me dit de pousser encore une fois pour sortir les épaules. On me donne enfin un petit bébé tout blanc (de vernix?). Je pleure de plus belle. Nous avons réussi ensemble. Je l’aime de toutes mes forces ce petit « warrior ». Il est calme, il ne pleure pas. Je l’embrasse, le sens, me remplis de lui.

Anonyme

Lien vers 1er accouchement: https://moncorpsmonbebemonaccouchement.wordpress.com/2013/02/19/128-anonyme-finistere-2009/

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