Naissance respectée dans le Rhône

19 Fév

Naissance de notre fille en France, dans le département du Rhône. Merci aux sages-femmes qui nous ont écoutés, respectés et accompagnés avec bienveillance dans cette naissance.

Je suis enceinte de mon premier enfant. J et moi avons choisi de faire naître notre fille à la maison, avec notre sage-femme. Pour tout accouchement à domicile, il est conseillé de choisir un hôpital de repli (si la sage-femme n’est pas disponible le jour J ou transfert en cours de travail). J’ai donc également été suivie dans un petit hôpital que j’ai choisi pour les naissances physiologiques qu’il propose. La grossesse se déroule parfaitement, et je me prépare à l’accouchement avec joie et motivation : sophrologie, lectures, homéopathie, tisanes, massages,… Le terme arrive et je ne ressens toujours aucune contraction. Notre sage-femme nous laisse jusqu’à 41 SA + 6 jours pour accoucher à la maison. Je dois tout de même me rendre à l’hôpital tous les deux jours pour surveiller que tout va bien.

Les jours passent et je redoute le déclenchement imposé par l’hôpital si bébé n’est pas venu d’ici 41 SA+6. L’après-midi des 41SA+4, nous allons donc à la maternité faire un dernier contrôle avant un éventuel déclenchement deux jours après. La sage-femme, A, m’examine pour voir où en est mon col : ouvert à 3! C’est déjà ça de fait pour l’accouchement! On décide de faire un décollement des membranes suivi d’une séance d’acupuncture pour donner un petit coup de pouce à la nature. Le monitoring montre que les contractions sont plus rapprochées et plus importantes qu’une heure avant… moi je ne sens rien. A nous conseille de nous coucher tôt ce soir et de nous reposer, car cela pourrait selon elle se déclencher durant la nuit.

Nous rentrons et mangeons un peu pour se remplir l’estomac sans le brusquer, car la veille, nous avons eu une intoxication alimentaire dans un restaurant qui nous a valu une nuit sans sommeil ponctuée de vomissements. Le soir, je commence à sentir quelques contractions, mais rien de très douloureux. Je vais prendre un bain pour les calmer un peu. Je prends aussi du spasfon. Nous allons nous mettre au lit et regarder un épisode de série. Mais la fatigue et les contractions m’empêchant de me concentrer, je préfère interrompre l’épisode et dormir.

De minuit à 2h du matin, je vais somnoler, dormir avec des phases de réveil le temps des quelques contractions. Vers 2h, celles-ci commencent à être plus intenses et plus fréquentes, mais je les pense encore trop éloignées pour envisager que l’accouchement est imminent. J propose de les chronométrer. Elle reviennent toutes les 5 minutes et me demandent de respirer profondément pour me soulager. Malgré cela, je me demande encore si cela annonce vraiment l’accouchement, ou si c’est seulement l’utérus qui travaille suite au décollement. La réponse ne tarde pas à se faire savoir : vers 3h du matin, je sens un craquement dans mon ventre et me vois alors commencer à mouiller abondamment le lit. La poche des eaux s’est rompue.

J appelle la sage-femme et lui laisse un message pour la prévenir de la situation. En attendant qu’elle rappelle, J s’occupe de préparer le lit pour l’accouchement. Pendant ce temps, je prends mon homéopathie pour l’accouchement et gère mes contractions. Je redoute que celles-ci deviennent plus difficilement supportables en raison de la perte des eaux mais finalement, j’ai l’impression que celles-ci sont moins fortes. La sage-femme rappelle pour nous dire qu’elle est actuellement chez un autre couple pour un accouchement, à 1h de route de chez nous. Elle me conseille de prendre un bain et de la tenir au courant de la suite. Elle en a pour minimum 4h, le temps de terminer l’accouchement, de rester pour surveiller et de rentrer. Elle dit à J que de mon côté, cela risque d’être un peu long pour un premier bébé. Je vais prendre un petit bain, mais je ne suis pas bien installée dans la baignoire. Je gère mes contractions comme je peux, un peu sur le ballon, un peu debout ou accroupie. S’en suit un deuxième appel de la sage-femme pour savoir si tout se passe bien et nous informer que de son côté, l’accouchement ne progresse pas beaucoup. Je sens à ce moment-là mon bébé bouger et cela me rassure, car j’angoissais jusqu’ici de ne plus le sentir. Peu de temps après, je dis à J que je veux aller à la maternité, que je ne veux pas rester seule car je sens que ça va aller vite.

Nous prenons la voiture. Je m’attends à ce que le trajet soit pénible, et à ma grande surprise, je ressens plutôt un soulagement. Peut-être que les vibrations soulagent mon utérus, ou bien aident mon col à se dilater. Arrivés à la maternité, je passe en salle d’examen où on me pose un monitoring quelques minutes. La sage-femme m’examine et m’annonce que je suis dilatée à 8. Au moment de descendre de la table d’examen, je craque, pleure et dis que je n’en peux plus. Je me sens exténuée de n’avoir presque pas dormi depuis deux jours. Je demande à J de me donner une grosse dose de chaque tube de granules pour accélérer le travail et diminuer la douleur.On passe en salle nature (salle réservée aux naissances physiologiques). Une deuxième sage-

femme nous rejoint. Je sens mon bébé qui descend dans le bassin. Je dis aux sages-femmes que je ne sais pas comment me mettre. Je m’installe sur le lit dans une sorte de 4 pattes avec des oreillers pour m’appuyer, ou un ballon, je ne sais plus. Je ne ressens plus vraiment les contractions, j’ai juste envie de pousser.

Une des sages-femmes me masse le bas du dos, et cela me fait du bien. Je ne sais plus bien où est J à ce moment-là. Je crois qu’il me tient la main, me masse aussi un peu le dos. Je prends conscience que la travail de dilatation est en fait terminé depuis que je suis entrée dans la salle d’accouchement, puisque je ne ressens plus les contractions comme avant mais seulement des envies de pousser. Chaque poussée est difficile. Je n’arrive pas à pousser longtemps. Je suis fatiguée, je craque. Ce que je ressens dans mon bassin est très douloureux. Je sens que cela appuie sur mes os. Une sage-femme me demande si elle peut me poser un cathéter : je dis que je n’en veux pas. Ce n’est pas le moment, je veux qu’on me laisse tranquille. Après une hésitation, elles acceptent de ne pas me l’installer. Je me mets sur le côté gauche avec la jambe droite en l’air tenue par les sages-femmes pour pouvoir me reposer entre les poussées. J’ai l’impression que je n’y arriverai jamais. Sentir qu’après chaque poussée le bébé remonte me décourage. Je répète que je veux dormir. Je suis si fatiguée : je n’ai pas dormi depuis deux jours. Les sages-femmes m’encouragent à continuer, à tenir la poussée plus longtemps. Elles me rassurent en me disant que le bébé descend bien.

Je change de côté et me mets sur le côté droit. Une des sages-femmes part dans une autre salle d’accouchement. Le temps me paraît long, je suis épuisée, j’ai mal, je veux dormir. La sage-femme me redonne du courage quand elle me dit qu’elle voit les cheveux. Je commence à sentir mon périnée qui s’étire, j’ai la sensation que c’est trop serré, que ça ne passera pas. Je dis à la sage-femme que je sens que la peau bloque le passage. Elle me propose des massages du périnée. J retire sa main que je tenais fermement durant chaque poussée pour venir remplacer la sage-femme qui commence les massages. C’est lui qui me tient maintenant la jambe. Il voit ma fille progresser et je trouve ça beau qu’il soit le premier à la voir naître.

Je ressens le bienfait du massage, mais je répète que ça ne va pas passer. La sage-femme a cette parole qui va vraiment m’aider : il faut que je « lâche » ce bébé. J’arrête alors de me contracter, de me bloquer à l’approche de la douleur que je ressens quand la tête tire sur mon périnée. Je me mets à pousser plus fort, plus longuement, j’essaie de lâcher prise et de ne plus penser à cette peau qui pourrait se déchirer. C’est alors que ma fille vient. Je me sens écartelée, j’accompagne la poussée autant que possible et je sens la tête passer. Je bascule alors instinctivement sur le ventre et dis « elle est sortie? Il faut qu’elle sorte ». La sensation de tiraillement est insoutenable. Je pousse encore et je sens le corps qui glisse à l’extérieur de moi puis entends mon bébé qui pleure. Il est 7h25 et ma fille est née.

Les souvenirs se brouillent un peu, je suis sur une autre planète, mais je me souviens que l’on m’aide alors à m’installer sur le dos, couchée ou semi-assise je ne sais plus, on me couvre le bas du corps avec un drap, et on me pose ma fille dans les bras. Une fois sur moi, je la découvre, elle sent si bon, sa peau est toute douce et chaude, elle me paraît tellement bronzée. Je la mets ensuite au sein pour la première tétée. Vient ensuite le pénible moment de la délivrance : il faudra l’aide d’A, la sage-femme de la veille, pour faire sortir le placenta. Ensuite, les sages-femmes l’examineront et nous le montreront. Mon périnée est intact, j’en suis à la fois fière et rassurée, moi qui redoutais tant une déchirure.

Après une heure passée tous les trois, une puéricultrice vient pour peser ma fille et nous aider à l’habiller. Elle pèse 3 kg 980! Je n’aurais jamais cru pouvoir mettre au monde un tel bébé, moi qui suis toute fine! Nous apprendrons le lendemain que sa taille est proportionnelle à son poids puisqu’elle mesure 52 cm! Lorsque nous l’habillons J et moi, je découvre mieux son visage et ses grands yeux noirs qu’elle entrouvre. Elle est belle et paisible. L’odeur de sa peau chaude et veloutée imprègne déjà ses petits vêtements. Nous nous préparons maintenant à quitter la salle nature pour rejoindre une chambre et commencer une nouvelle vie à trois…

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