# 136 Camille_ Toulouse

22 Fév

Voici mon témoignage.
Cette initiative me touche beaucoup car j’ai gardé une frustration immense suite à mon premier accouchement.

J’avais 23 ans, peu sure de moi, je n’étais pas prête à affronter les sage femmes et les médecins donc je me suis laissé faire… et je le regrette !
Mon premier accouchement a eu lieu à la clinique S. T., à Toulouse.

J’avais eu une péridurale dés le début, disons que c’était une évidence, personne ne m’a expliqué qu’on pouvait attendre un peu.
Le travail a été normal, sans douleur, plutôt serein, jusqu’à la dernière heure.
Au bout de 8 ou 9h d’attente, je savais qu’on était presqu’au bout, et j’ai recommencé à avoir des sensations dans le ventre. Je me suis un peu inquiétée et j’ai posé la question à la sage femme :
« ce n’est pas grave de recommencer à sentir la douleur maintenant ? Est ce que je ne vais pas avoir trop mal pendant l’accouchement ? ».
La sage femme a marmonné je ne sais quoi et est partie chercher l’anesthésiste. Ce cher monsieur arrive en trombe, agacé, et me fait comprendre que je suis bien pénible (et douillette surement…) et me met une grosse dose d’anesthésie sans rien me demander. Je n’ai pas eu le temps de comprendre… et moi qui voulais juste être rassurée !
Suite à cela, je n’ai plus rien senti… mais rien de rien ! En fait je ne pouvais plus bouger mes jambes. Je me suis retrouvée paralysée pour la naissance de mon premier bébé que j’attendais si impatiemment.
Mais ce n’est pas tout…
Enfin le moment arrive où bébé est prêt à sortir. La sage femme me demande de pousser une fois pour voir comment je me débrouillais.
Je ne sens rien, et apparemment, je pousse très mal car elle se lève en se moquant (en tous cas c’est comme ça que je l’ai ressenti) et lance « ho à ce rythme là, y en a pour un bon moment », puis elle sort téléphoner au gynéco (on était dans une clinique donc le medecin doit venir pour la naissance) pour lui dire de prendre son temps sans doute.
Cinq minutes plus tard elle revient et me redemande de pousser. Cette fois (elle m’a vraiment vexé) je pousse super bien.
Elle est prise de cours et me dit « stooop on voit les cheveux, votre bébé est là, mais il faut attendre un peu ».
Et voila un des moments le plus long de ma vie. Mon bébé est là mais je n’ai pas le droit de le faire sortir. Je n’ose rien dire, mon mari non plus. On attend. Je ne sens rien du tout donc je n’ai aucune envie de pousser, je suis à la merci de cette sage femme.
Je me souviens vaguement que la sage femme essayait de discuter pour passer le temps. Mais moi, je ne pensais qu’à une chose : mon bébé est là, il doit attendre, c’est affreux.
Puis enfin, le gynéco arrive et j’ai la permission de finir mon accouchement.
La suite n’est pas mieux. Ils partent rapidement avec mon fils pour le nettoyer, et je me retrouve seule avec mon mari, baignant dans mon sang, les jambes écartées, paralysée du bas. Il a été obligé de me porter pour me remettre dans une position un peu plus confortable. En plus, notre fils a eu la tête très déformé, surement à cause du temps d’attente où il est resté coincé, compressé. Mon mari n’a rien osé dire mais il a pensé que cette déformation était définitive. Il a mis du temps à m’en parler mais il a été vraiment traumatisé par ça.

Mon fils est un garçon merveilleux mais il a pleuré pendant 6 mois, a fait ses nuits à 3 ans, il est très agité, très sensible, très angoissé. On ne sait pas du tout pourquoi mais je me demande souvent : est ce que le tout début de sa vie a joué un rôle dans tout ça ?

Quoi qu’il en soit je vois toujours le visage de cette sage femme ! Mon mari et moi lui en voulons tellement d’avoir gâché ce moment.
Le pire c’est qu’elle ne doit même pas avoir conscience de ça… elle fait son boulot, mais ne voit même plus qu’elle a des femmes, des hommes, des familles face à elle. Des femmes qui pensent, qui ont des idées, des envies. C’est leur corps ! Leur accouchement ! Leur bébé !

Heureusement, j’ai depuis eu deux autres accouchements qui se sont bien passés. Le troisième notamment, a été parfait; j’étais à la maternité J. D. à Toulouse, et les sage femme nous ont vraiment respecté. Je me suis sentie écoutée, comprise et surtout, c’est moi qui maitrisais mon accouchement

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