# 143 Anonyme – Bruxelles – 2011 & un accouchement respecté en MdN en 2012

23 Fév

Bruxelles-Belgique

En novembre 2011, suite à une fausse couche, je me réveille un matin perdant énormément de sang. Après avoir eu ma gynécologue au téléphone, elle me conseille d’aller à l’hôpital pour voir une de ses collègues car elle a peur que je fasse une hémorragie. Mon mari est en France, je dois alors prendre un taxi pour me rendre à l’hôpital. Je me sens seule…je me présente aux urgences et là, une dame pas très agréable me demande si c’est vraiment urgent. Je suis en train de me vider de mon sang mais hésite à lui répondre tant son ton est peu engageant.

Bref, on me fait attendre puis on vient m’installer une perfusion en me demandant si ça m’ennuie que ce soit la stagiaire qui le fasse. Pas convaincue qu’en pleine hémorragie, ce soit la meilleure idée de servir de cobaye mais soit. On me met dans une chaise roulante et on me fait traverser le service pédiatrie (gloups vu le contexte) puis on m’installe dans une chambre sans rien me dire de plus.
Des infirmières rentrent et me demandent « qu’est-ce que vous faites là, vous ? » puis m’expliquent que l’aile est fermée dès le soir parce que c’est férié et que je n’ai rien à faire là.

Welcome.

Plusieurs heures passent, j’attends toujours de voir la collègue de ma gynéco et là, surprise un brancardier arrive et m’embarque sur mon lit pour me descendre au bloc.

Suis en panique, je me sens terriblement seule, pas du tout informée, pourquoi m’emmener au bloc alors que je viens voir un médecin ?

On m’explique qu’on va me mettre un anésthesiant dans la perfusion pour procéder à un curetage. Je n’ai pas la moindre idée de ce qu’il y avait dans ma perfusion jusqu’à ce moment-là. J’ai l’impression qu’on peut me mettre tout et n’importe quoi sans même m’en informer.

Suite à cette expérience traumatisante où je me suis sentie tellement seule, très mal informée, pas du tout considérée, je me suis jurée que jamais aucun de mes enfants n’arriverait sur terre dans un environnement pareil.

D’autant plus que j’avais vécu cette première « grossesse » de manière complètement dépossédée. Gavée à la progestérone parce qu ‘on appréhendait une fausse couche, j’ai fait ce que ma gynécologue me disait de faire. Avec du recul, je me demande pourquoi je n’ai pas écouté mon instinct qui me disait que ce petit œuf n’était pas en forme et qu’il ne fallait pas s’acharner.

Quand j’apprends que je suis de nouveau enceinte un an plus tard, c’est donc tout naturellement que je cherche des alternatives à tout : au suivi par ma gynécologue ultra anxiogène qui voit des complications partout, forcément, c’est son boulot de traiter les maladies donc elle a un prisme qui l’aide à les chercher pour les soigner, à un lieu pour accoucher où je me sens respectée et où je n’ai pas l’impression qu’on me colle tout un tas de produits dans ma perfusion sans même me demander mon avis. Un endroit cosy où mon bébé pourra se sentir en sécurité pour ses premiers moments sur la planète.

A force de fouiner sur internet, j’ai finalement trouvé les coordonnées d’une toute petite maison de naissance à Bruxelles.

En visitant cet endroit pour la première fois, j’ai su que c’est là que j’allais accoucher. J’ai été suivie par un binôme sage-femme formidable.  Tout s’est merveilleusement bien passé.

Le travail a été un peu long mais je me sentais comme à la maison dans cette maison de naissance. J’ai pu alléger la douleur des contractions dans la baignoire et sur les genoux de mon mari.
Nous avions branché notre mp3 dans la chambre pour avoir une musique douce et la lumière était ultra tamisée.

La poussée a été un peu longue (22h30-0h45), j’avais sans doute des choses à accepter avant de devenir mère…Je sais que si j’avais été à l’hôpital, j’aurais eu le droit à une épisiotomie, à la ventouse pour mon bébé voire même à une césarienne.

Mon petit bout est arrivé tout en douceur, il est resté collé à nous dès les premiers instants de son arrivée et ne nous a pas quittés. Il n’y avait que mon mari et les 2 sages-femmes dans cette petite chambre. J’étais en confiance et en sécurité. Nous avions beaucoup discuté de mes appréhensions à devenir mère et donc elles savaient que le travail allait peut-être durer un peu.

J’aimerais avoir un 2ème enfant. Nous avons prévu de retourner nous installer en France et je me demande où je vais pouvoir accoucher…j’espère que la loi pour autoriser les maisons de naissance va passer le 28 février prochain.

La version du père de cet accouchement en maison de naissance est ici

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  1. Version du père #143 | Mon corps, mon bébé, mon accouchement ! - 2 mars 2013

    […] Après lecture des différentes expériences d’accouchements respectés (ou non), je souhaite témoigner en tant que papa. Je suis de Bruxelles et accessoirement le mari du témoignage n°143. […]

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