Aline – La naissance de Joséphine en Maison de Naissance, Suisse

23 Fév

Ma 2ème petite fleur

Samedi 22 mai 2010 :

Il est 5h du matin et je me fait réveiller par une contraction douloureuse mais je ne me focalise pas là-dessus car cela m’est déjà arrivé très régulièrement ces dernières nuits.

Je suis à terme +10 soit 41 SA 3/7 et je serais provoquée le mardi suivant si bébé n’a toujours pas pointé le bout de son nez. Franchement je n’y croyais pas et je m’étais fixée dans ma tête que j’allais passer par la case provocation et oublier mon accouchement en maison de naissance.

5h30, de nouveau des contractions douloureuses qui m’obligent à contrôler ma respiration. La position couchée ne me convient pas du tout, du coup je décide de me lever. Je bois un peu de thé mais je ne mangerais rien par précaution, de toute façon je n’avais pas du tout faim. Je fais les 100 pas dans notre corridor et je regarde mon natel à chaque contractions pour voir si elles se régularisent et se rapprochent. Mais que neni ! Une fois c’est 7mn, 3mn, 15mn, 2mn, rien du tout de régulier. Mon espoir s’envole rapidement et je laisse tomber l’heure…

8h, mon mari et ma fille se lève, je leur fait à déjeuner. J’ai toujours des contractions donc je pense à un faux travail et j’appelle ma sage-femme à 9h30. Elle me dit qu’elle pense que cela se prépare et que je peux prendre un bain pour voir si ça passe ou si les contractions se rapprochent. Je reçois un sms 20mn plus tard comme quoi s’il devait se passer quelque chose, la maison de naissance à Lully-sur-Morges était disponible pour moi.

Mon mari décide d’aller faire les courses avec notre grande puce. Je me dis que c’est l’occasion de faire le ménage tranquillement à mon rythme… Je passe donc la poussière, l’aspirateur et la panosse avec des contractions douloureuses à intervalles irréguliers. Je ne me focalise pas dessus mais il me semble qu’elles se rapprochent et deviennent difficiles à gérer malgré la respiration abdominale (après coup je me dis que j’étais totalement folle car l’intensité était quasi la même que les dernières contractions, mais ça je ne le savais pas à ce moment-là).

En finissant de laver le sol, je fais couler le bain.

10h50 je rentre dans le bain, 10h55 énorme contraction avec un gros CRAC à l’intérieur de mon ventre. La poche est rompue. Et là je réalise que ça va être pour dans pas longtemps…. Heureusement j’avais mon natel au bord de la baignoire, j’appelle de suite ma sage-femme qui me dit de sortir du bain pour éviter d’accélérer encore plus le travail. Elle me dit quand même que si je la sens pas de venir à Lully, elle peut venir à domicile. J’hésite mais je viens de faire le ménage et je veux pas de chenis chez moi !

J’appelle mon mari qui n’avais même pas commencé à faire les courses, Juliette était toute déçue et ne comprenait rien… Je lui dit, en pleurs, de venir tout de suite et de déposer notre grande chez mes beaux-parents. Il me rappelle 5mn plus tard pour me demander de préparer un sac pour elle et là je hurle dans mon natel que j’ai autre chose à penser et que j’ai perdu les eaux, cela peut donc aller très vite ! Là il a bien compris et s’est dépêché…Pour une fois !

11h20 on part de l’appartement, je suis avachie sur la banquette arrière en position semi-assise mais tout de même avec la ceinture. Il y a du soleil, il fait beau, les gens roulent pépére et je prie pour qu’on aie le temps d’arriver car je sens mon bassin se remplir du corps de mon bébé… J’ai peur de ne plus gérer ces contractions qui me semblent durer une éternité. Sur l’autoroute j’appelle ma sage-femme et lui demande de faire déjà couler le bain. Heureusement que les trois voies sont ouvertes entre Crissier et Morges, surtout que l’on n’est jamais allés à cette maison de naissance donc mon mari a le plan dans la bouche. Pourvu qu’on trouve rapidement…

11h45 on arrive, il a trouvé du premier coup, je ne lui en serais jamais assez reconnaissante ! J’ai déjà envie de pousser un peu…et je sens que mon bassin est bien rempli.

Je descends les marches, m’appuie sur le lit pour me déshabiller, ma sage-femme m’aide puis je rentre dans le bain, il est 11h50. Ma sage-femme me fait un toucher et la tête est déjà au bout de ses doigts, dans 10mn bébé sera là. Je suis en position semi-assise avec un coussin d’allaitement exprès pour l’eau qui me soutiens le dos et les bras, l’eau m’arrive jusqu’aux seins. J’ai chaud mais j’ai encore le temps de respirer entre chaque douleurs. Je me dit que cette douleur sera bientôt terminée et que mon bébé sera là, qu’on pourra enfin savoir si c’est un garçon ou une fille. J’ai plein de pensées qui me traversent l’esprit, j’ai très peur du passage de la tête, est-ce que je vais être déchirée, est-ce que le cordon ne sera pas autour du cou ? Je cogite mais je me centre sur ma respiration et la sensation de l’eau. Il y a des bougies, la lumière est faible et j’entend uniquement mon mari et ma sage-femme. Elle écoute le cœur du bébé régulièrement qui ne faiblit pas d’un pouce et restera stable jusqu’à l’expulsion.

Je commence à avoir besoins de pousser, elle me dit que je peux accompagner gentiment la contraction en poussant. La tête revient en arrière entre-deux mais elle me dit que ce n’est pas perdu car le bébé se remet directement là où il était allé à la dernière poussée, donc je ne perds pas mon énergie pour rien. Et là j’ai une contraction qui m’oblige à pousser plusieurs fois et reprendre ma respiration au milieu pour repousser de plus belle, je gémis et serre la main de mon mari aussi fort que je pousse, la tête sort puis la sage-femme me dit qu’elle a encore besoins de moi, que je dois pousser une dernière fois. Le corps sort vite, très vite et mon bébé est sur mon ventre. Il est 12h05, je pleure et tremble de partout, je suis fière d’y être arrivée mais je ne réalise pas du tout ce qu’il vient de se passer, s’est allé tellement vite.

Mon mari regarde le sexe et c’est une magnifique petite puce, Joséphine est arrivée.

Elle pleure contre moi, il faut dire que j’ai encore très chaud et elle a froid car l’eau n’est plus que tiède. On la réchauffe avec le tuyau de douche en attendant que le cordon aie fini de battre puis c’est mon mari qui la prend pendant que le placenta sort sans problème, toujours dans l’eau.

Elle avait le cordon autour du cou et ma sage-femme l’a dégagé sans soucis une fois la tête dehors (il faut dire que le cordon mesurait 100cm donc il y avait de la marge).

Joséphine reçoit ses premiers soins, elle mesure 52 cm pour 3kg310. Elle a du tonus et obtient 9/10/10 au test d’Apgar. Je n’ai eu aucune déchirure, mon périnée est intact.

On mange mais je n’ai pas vraiment faim puis nous sommes rentrés chercher notre grande fille à 15h30. Mon mari a pu aller finir de faire les courses avec Juliette, tranquillement cette fois-ci 😉

Je précise que c’était obligatoire car le frigo était vide et que les magasins seraient fermés 2jours pour la pentecôte, sinon il serait resté avec moi.

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