Marie, Naissance (AAD ) de Paul le 28 novembre 2011 à Gênes (Italie)

23 Fév

Les sages-femmes qui ont suivi cette naissance et toute la grossesse sont les même qui ont suivi la grossesse et la naissance de notre fils aîné Raphaël, (15 mois au moment de la naissance). Elles sont rattachées à une maison de naissance à Milan où nous habitions au moment de la naissance de notre fils aîné.

 Le terme c’était le 20 novembre.

Nous évidemment, trop impatients de rencontrer ce nouveau bébé, on s’est dit : « il va arriver avec le changement de lune, en avance, comme Raphaël, donc plutôt autour du 10 ».

Eh bien oui, il est arrivé avec le changement de lune, mais pas celui du 10, celui du 28…

 Donc fin octobre, je piaffe, et le 31 je raconte à mes amies sur facebook « Ca y est, les sages-femmes ont déposé leur matériel à la maison, Bébé tu peux venir quand tu veux! On est prêts! »

Début novembre, je suis sur les starting blocks, je me dis c’est bon, il va arriver d’un jour à l’autre, tous les soirs, je ressens des contractions, plus ou moins fortes, et à chaque fois je passe 1h à me demander si c’est ça ou non ; dans ma tête : « T’es sure, la poche des eaux est pas un peu fissurée ? Elles ne sont pas plus douloureuses que d’habitude là ? »

 Bref, ca dure 2 semaines.

Le soir du lundi 14 novembre, j’ai des contractions plus fortes que d’habitude, mais aucune douleur.

Les sages-femmes m’avaient dit de les prévenir au moindre changement, parce qu’il y a 2h de route entre Milan et Gênes, sans compter le temps de préparer quelques affaires et de se retrouver pour venir nous voir. Donc je leur envoie un texto très zen en leur disant que j’ai des contractions plus fortes que d’habitude, mais aucun autre changement, et qu’on les tient au courant si ça évolue.

Elles rappellent direct « on vient tout de suite, tiens nous au courant de l’évolution ». Bon. On est un peu étonnés avec Jean-Baptiste, mais bon, elles doivent savoir ce qu’elles font… Et puis le fait qu’elles viennent, moi je me dis que ça doit être ça, et je me prépare dans ma tête.

Les contractions continuent, mais rien de sérieux, elles arrivent vers 00h30, et tout s’arrête. Super ! Elles se couchent dans le salon en se disant que ca va peut être repartir, mais rien. Elle reparte pour Milan à 5h du mat.

 Rebelote le 21 novembre en fin de matinée. Je les préviens, elles veulent venir. Elles viennent. La maman de Jean-Baptiste est aussi avec nous depuis 2 jours et pour 1 semaine encore, en espérant que ce soit la bonne ! On passe l’après-midi ensemble, on discute un peu, les contractions diminuent, elles me font un massage du bassin « rebozo » avec l’écharpe, je prends de l’huile de ricin pour essayer d’accélérer les choses, le soir toujours pas de douleur, même si les contractions continuent. On dine tous ensemble, on arrose le diner d’une bonne bouteille de vin pour me détendre, et on va se coucher avec l’espoir qu’on va être réveillés cette nuit.

Elles viennent me voir à 5h… J’ai dormi comme un loir, j’étais bien détendue, très détendue… trop détendue ? Je désespère. Je n’en peux plus d’attendre.

 Eleonora et Illaria me disent qu’on se tient au courant évidemment, et que s’il ne se passe rien d’ici samedi, il faudra que j’aille faire une échographie de contrôle, pour vérifier que le bébé est en pleine forme et surtout qu’il a assez de liquide amniotique pour rester bien au chaud.

Samedi toujours rien. Dimanche 27 dans l’après-midi, nous laissons Raphaël à sa Bonne-Maman et allons faire l’échographie à l’hôpital. En y allant Jean-Baptiste me secoue un peu dans la voiture, et j’en redemande ! A l’échographie évidemment tout va bien, le médecin plaisante même en disant qu’il a tellement de liquide que je pourrais en faire don… Ha ha (rire jaune).

Dans la voiture j’appelle Eleonora qui me dit que puisque tout va bien, on attend encore et on se rappelle mardi. Je commence à redouter un accouchement à l’hôpital… On est déjà à 1 semaine après le terme !

A la maison Jean-Baptiste me refait la manipulation avec l’écharpe.

On dîne, enfin ils dînent, moi je n’ai pas très faim, un peu mal au cœur. Les contractions continuent, et deviennent légèrement douloureuses. Mais je ne veux pas nous faire de fausse joie… Je vais m’allonger.

Puis Anne s’en va prendre le train pour rentrer à Paris… Jean-Baptiste couche Raphaël.

Je patiente, j’essaie de dormir les contractions s’intensifient. Vers 22h30, Jean-Baptiste envoie finalement un message à sa maman :

« Merci d’avoir passé ce long temps avec nous pour nous soutenir et nous aider dans cette attente ! Il semble d’ailleurs qu’elle va bientôt prendre fin… Les « dames » sont à nouveau en route et Marie à de plus en plus mal ! On commence à y croire sérieusement pour cette nuit… Et dire que tu viens de nous quitter…»

 Raphaël est couché, on a diné on est relax. Evidemment il n’y a rien à préparer depuis le temps qu’on l’attend !

Les sages femmes me demandent de rester allongée en attendant qu’elles soient là pour ne pas faire avancer le travail trop vite et qu’elles n’arrivent pas à temps vu qu’elles sont à 1h30 de route.

C’est sûr maintenant, plus aucun doute, Bébé va arriver cette nuit, je supporte de moins en moins la position allongée, et j’ai hâte qu’elle arrivent pour pouvoir bouger !

Finalement vers 11h30-00h00 Eleonora et Illaria sont là. Enfin ! Je les accueille avec d’autant plus de joie que leur arrivée signifie mon « autorisation » de me lever et de faire ce que je veux ! Ouf !

Avant que je me lève, on écoute le cœur de Bébé qui est plein de vigueur. Tout va bien.

 Je me promène dans la chambre, elles s’assoient près de moi à tour de rôle quelques minutes pour parler si j’en ai envie, ou bien simplement pour être avec moi, pour me soutenir silencieusement.

Quand une contraction arrive, j’attrape la poignée de la fenêtre avec les 2 mains, et je me balance de gauche à droite.

 Le temps passe, je dis à Ele et Illaria d’aller dormir un peu, je les appellerai si besoin. Vers 1h00, Jean-Baptiste, s’endort à son tour, sur notre lit.

Un peu plus tard, Illaria vient me voir pour faire un petit check, voir comment le travail avance, puis retourne se coucher.

Puis c’est au tour d’Eleonora, on papote un peu, et elle retourne dormir.

 Tout d’un coup je me sens seule. C’est le milieu de la nuit, tous dorment, et moi je suis là, seule avec Bébé, seule avec les contractions qui me font de plus en plus mal. Pendant quelques instants je me sens triste, découragée. Et puis le sentiment part aussi vite qu’il était venu, je réalise que justement, je ne suis pas seule, je suis avec Bébé, qui travaille avec moi. Et puis je me dis que c’est peut être bon signe ce sentiment de découragement, c’est peut-être signe qu’il va bientôt arriver…

 Vers 3h20 je réveille Jean-Baptiste et je lui demande de me couler un bain, pour me soulager un peu.

Il allume des bougies dans la salle de bain, et quelques minutes plus tard je me glisse dedans avec délice.

Les sages-femmes sont debout, également.

Jean-Baptiste et Ele s’installent par terre à coté de moi, et me donnent des forces quand j’ai l’impression que je ne vais pas y arriver. Jean-Baptiste me donne à boire, me passe un gant frais sur la figure quand j’ai trop chaud, me tient la main…

 Et puis soudain je ressens le besoin immense de pousser.

Je me tourne sur le côté, une jambe en dehors de la baignoire, car je ne suis pas bien sur le dos.

Eleonora reste à coté de moi. Illaria et Jean-Baptiste s’activent pour préparer les dernières affaires, notamment faire chauffer les serviettes pour accueillir Bébé.

Plusieurs contractions passent, Bébé avance, avance, avance… et repart à l’intérieur. J’essaye de ne pas pousser, de le laisser gérer lui, de l’encourager à prendre son temps, je respire avec mon ventre, je me détends. Avec ma main je sens son petit crâne tout mou, ses cheveux tout doux… et je réalise qu’il va être dans nos bras dans quelques instants.

Je trouve que ça dure, je voudrais le voir, je me décourage un peu. Eleonora m’encourage à lui parler, alors en caressant le sommet de son crâne, je lui dis que je suis prête à l’accueillir, que j’ai envie de le voir, qu’il peut venir maintenant.

Et puis 3 poussées après, voilà sa tête qui sort. Eleonora appelle Jean-Baptiste pour qu’il vienne vite, et il est à peine arrivé dans la salle de bain que Bébé sort ses épaules, je l’attrape sous les bras et hop le voilà sur mon ventre.

Jean-Baptiste est surpris, il pensait que ça prendrait un peu plus de temps !

On pleure tous les 2, on le regarde, il est beau, tout petit, et il a une voix très forte. Illaria qui était dans la pièce à côté sait que c’est un garçon avant même de le voir !

 On reste un peu dans la baignoire, il pleure toujours et nous dit tout ce qu’il a à nous dire, on l’écoute ébahis. Au bout de 20 min le placenta sort, et puis Bébé se met à promener ses lèvres sur ma peau, et finit par trouver mon sein. Après cette première tétée toute douce, Jean-Baptiste prend notre petit garçon dans ses bras et l’emmitoufle dans une des serviettes qu’il avait mis à chauffer au four.

Les sages-femmes préparent le lit et je m’y glisse. Puis Jean-Baptiste coupe le cordon qui ne bat plus désormais, Ele et Illa pèsent notre Bébé et le mesurent, (54cm 4kg) et puis elles me le tendent et je le glisse sous la couette tout nu contre moi.

 Il est 6h00, je suis morte de faim et j’accueille le plat de pâtes préparé par Jean-Baptiste avec joie !

Je me régale, tout en admirant notre petit garçon avec Jean-Baptiste et en lui cherchant un nom parmi les 6 qu’il reste sur notre liste de noms masculins, pendant que les sages-femmes mettent de l’ordre dans la salle de bain. Et tout d’un coup on entend des petits pas dans le couloir…

Jean-Baptiste va chercher Raphaël qui s’est réveillé un peu plus tôt que d’habitude (il a du sentir quelque chose…), et l’emmène rencontrer son petit frère, Paul. Notre vie à 4 commence là.

PS : La prochaine fois, on se détendra pour l’accueillir vraiment quand il veut et pas quand on veut… Il a peut-être pris son temps pour nous dire que c’était bien lui qui décidait quand il arriverait, pas nous ! Message reçu !

 milan1

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