#162 Morgane – Isère – 24 décembre 2010

25 Fév

Après rupture de la poche des eaux à 4h du matin, nous voici partis, mon homme et moi, tranquillement et sereinement, pour notre maternité de rattachement. Arrivés sur place, examen et TV qui constate que la poche des eaux est bien rompue, et nous nous installons donc en salle en attendant que le travail se déclenche, avec un avertissement: si dans 12h rien en se passe, on passera en mode déclenchement.
J’ai de la chance, pendant cette journée, on me donne tout de même à manger et à boire, mais on ne me parle pas…
Vers 18h, les 1ères contractions se font sentir. je ne souhaitais pas avoir recours à la péridurale. j’évite donc le déclenchement, mais pas les antibios… et je demande à aller marcher pour sortir de ce lit dans lequel la position allongée sous monito est juste insupportable.
Le travail est de suite très violent et me laisse peu de répit. Vers 20h, je demande à une SF si elle a un ballon pour que je puisse faire mes petits exercices dessus… elle me répond « oui », mais ne reviendra jamais. je commence à perdre pieds dans cette douleur. je tente de respirer mais me bloque, la seule question que l’on me pose c’est « bon euh, pour la péridurale, c’est maintenant ou jamais »… je craque ne sachant plus vers qui/quoi me tourner. Nous sommes tout seuls en chambre tout le tps, aucun accompagnement proposé ni alternative (douche, bain, ballon, massage…. rien de rien).
une fois la péri « acceptée », on me transfert en salle de naissance. arrivée de l’anesthésiste, pas un mot, pas d’explication rien. on m’annonce alors que je suis à 7cm de dilatation, le plus dur était fait, je ne le savais pas…
la pose se passe bien, mais le produit est trop dosé, je perds complètement toute sensation dans le bas du corps, on me sonde.
Il doit être 2 ou 3h du matin, je suis à dilatation complète, mais ma petite ne s’engage pas. je demande à changer de position, mais on ne m’entend pas, et je ne peux le faire seule ne sentant tjs rien. je me sens inutile, spectatrice, je dois simplement attendre…
Un peu après, une SF et son élève (oui, double TV à chaque fois hein…) rentre en trombe dans la salle et me « réveille » de ma torpeur en criant presque que je dois les « alerter » quand je vois que le coeur de ma fille ralenti sur le monito (??????), le papa et moi sommes juste ébahis de la situation….
Tombe ensuite un « bon, c’est pas tout ça mais si dans 30 min elle descend pas, faudra qu’on aille la chercher »… on me demande de pousser pour faire un essai. Je ne ressens toujours rien, pas de sensation.
les poussées semblent fonctionner donc on m’installe. Je précise qu’à aucun moment mon homme n’a été invité à participer ou à prendre part à quoi que ce soit, pas une parole ou presque autre que « vous avez les affaires du bébé ? »
On me demande donc de pousser au rythme du monito, pas de poussées réflexes car je ne sens pas du tout ma fille descendre ou quoi que ce soit d’autre.
Finalement, après 20 min de poussées, la voilà notre poussinette toute jolie. Le cordon a été coupé avant même qu’elle soit sur mon ventre, sans explication, sans demander au papa. et le papa de me dire « je suis désolée, ils ont « coupé », sous entendu ils m’ont coupé moi, cette épisio que je ne voulais pas. je n’ai rien senti ni entendu…

Ce récit peut être banal, malheureusement banal. Il n’est en rien dramatique: pas de césa, pas d’outillage… juste une absence complète de dialogue, d’explication, d’humanité, de respect.
J’ai eu tout ce que je ne souhaitais pas: une péridurale hyperdosée, un accouchement en position gynéco forcée, une épisio d’une douzaine de points (pour quelles raisons on n’en saura jamais rien, ma puce faisait 2,7kg et je n’ai pas eu d’explication). des SF formées à la technique qui considèrent presque qu’une naissance hors MAP ou préma ne présente aucun intérêt.
Je ne reviens pas en longueur sur les suites de couches, des conseils sur l’allaitement complètement contradictoires, une épisio hyper douloureuse, et pendant lgts, une descente d’organes…. bref que du bonheur. Mais ce sont surtout les difficultés d’attachement à ma fille qui font qu’aujourd’hui j’en veux au personnel, aux personnes pour ce qui s’est passé, ou non, pour ces explications que j’ai demandé et jamais eues. Cela m ‘a valu une prise en charge psy pendant de longs mois, et malgré cela, je n’accepte tjs pas qu’un acte si naturel soit tellement controlé et médicalisé au mépris de la femme, du papa et de l’enfant.
J’attends mon 2ème enfant, qui arrivera dans moins d’un mois maintenant. A la maison. Par choix. Et par refus des protocoles. J’ai été obligée de m’inscrire à la maternité en cas de transfert, j’en suis ressortie en pleurs… bcp trop d’angoisses et de traces dans cet environnement anxiogène.
je n’espère par réparer cette première naissance que l’on m’a volé, mais au moins me dire que j’ai fait mon maximum pour que ce petit bout à venir arrive dans les meilleures conditions. J’espère pouvoir digérer cette première naissance, pour pouvoir la raconter sereinement à ma fille un jour, quand elle le demandera, et j’espère vraiment, un jour, pouvoir reparler de ce jour sans avoir au fond de la gorge une grosse boule, et au bord des yeux ces grosses larmes de regret.

Morgane F.

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Une Réponse to “#162 Morgane – Isère – 24 décembre 2010”

  1. Héloïse 14 décembre 2013 à 11 h 30 min #

    J’ai exactement le même ressenti que vous concernant mon accouchement, j’espère que votre deuxième a été davantage respecté ! Pour ma part, ce sera en janvier 2014 ! …

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