#164 Chambéry, Octobre 2011

26 Fév

J’ai fait une fausse couche en Octobre 2011, un dur souvenir encore aujourd’hui, malgré la naissance de mon 2ème enfant en Juillet 2012.

Cette fausse couche a été un évènement traumatique pour mon corps, mon mari et moi. C’est d’ailleurs parce que j’ai eu le bonheur de donner la vie une 2ème fois que je peux désormais revenir sur ces instants affreux.

Enceinte de 9SG, un 2ème enfant très attendu, un ventre déjà rond…puis des saignements rosés, sur plusieurs jours, puis rouges…une consultation aux urgences, pour m’entendre dire que mon bébé va bien, que son coeur bat bien, que je dois avoir une infection urinaire. Je repars avec ordonnance et antibio….mais l’échographie endovaginale prolongée a causé des saignements plus importants, je n’arrive pas à me raccrocher à ces faibles informations « votre bébé va bien », je ne ressens pas les choses comme ca, j’ai un mauvais pressentiment, je suis obsédée par des pensées noires…la journée avance, mais rien ne va mieux.

Ce soir là, ce que je pressentais arriva…les contractions s’intensifient, les maux de ventre avec, je finis par expulser…quelque chose. Mon monde s’écroule, la douleur m’envahit, je pleure toute les larmes de mon corps. C’est fini, le doux rêve d’agrandir la famille s’effondre, mon corps vient de rejeter ce bébé, malgré moi, malgré nos désirs, malgré tout…La douleur est si vive, le malheur est immense, la nuit fut difficile, mon mari est là, près de moi, tout autant affecté par ce drame…Heureusement, notre fille de 2 ans est en vacances chez ses grand-parents, je n’aurai pas eu la force de l’affronter, lui expliquer, moi qui lui avait tant parlé d’un petit frère ou d’une petite soeur.

Le lendemain, consultation aux urgences oblige. J’arrive en salle d’attente, au milieu de toutes ces femmes enceintes, que je déteste tant depuis cette nuit là…quelle indélicatesse, mais c’est comme ca. On m’ausculte au bout de 2h d’attente, je ne cesse de pleurer, je n’arrive pas à m’arreter, la douleur est bien trop vive. Mais pas un mot, pas une attention envers tout ca, on ne fait QUE m’ausculter.

« Vous avez fait une fausse couche, oui, mais l’oeuf n’a pas été expulsé, on va vous donner un traitement pour aider votre corps et accélérer le processus »

Quelques brèves infos, personne ne me demande si ca va, on me dit que « ça arrive », que c’est « 1/4 des grossesses »….

Et puis on me donne ces fameux 2 cachets…et on me dit (NE LISEZ PAS SI VOUS NE VOULEZ PAS ETRE CHOQUES DE LA NATURE HUMAINE): « ne vous amusez pas à disséquer l’oeuf quand vous l’aurez expulsé, parce qu’à ce stade là, ca ressemble vraiment à un tout petit bébé »…..je n’en suis pas revenue et je n’en reviens toujours
pas qu’on ait pu me dire ça…aujourd’hui j’en suis même navrée.

La suite est tout aussi cataclysmique, ma fausse couche s’est avérée hémorragique, j’ai dû etre hospitalisée 4 jours car mes pertes de sang étaient si intenses que je faisais des malaises…jusqu’à perdre connaissance une nuit, à l’hopital, dans les bras d’une infirmière qui m’aidait à aller aux toilettes…sans mon mari ce jour là qui avait été autorisé à dormir ici, je me serai certainement fracassée la tête par terre…Et ce n’est seulement qu’une heure avant ma sortie (soit 5 jours après ma FC), qu’une nouvelle infirmière venant de prendre son service, a pris 1/2h pour s’asseoir sur mon lit et me demander comment j’allais…

Après ca, j’ai encore dû subir des actes chirurgicaux en simple salle d’auscultation 3 jours plus tard car j’avais encore des caillots, en entendant parler de mon utérus et de ma grossesse comme de simples objets et faits d’une banalité navrante…

J’ai honte de cette prise en charge, de cette aventure et je crois que sans le soutien de mon mari et le fait d’avoir déjà un enfant, j’aurais sombré inévitablement dans une dépression profonde et intense. Ces épreuves m’ont mis une vraie claque, ce manque de tact, de discernement et d’empathie m’ont permis de me détacher de tout ca sur le plan affectif et de rebondir pour leur prouver à quel point ils ne savent rien, qu’ils ne savent pas et qu’ils ne se rendent vraiment pas compte…quelle honte, mais quelle honte de traiter les femmes ainsi !

Nous n’avons pas remis notre projet à plus tard, nous nous sommes recentrés sur notre amour et notre cellule familiale déjà existante et 4 semaines plus tard je commençais une nouvelle grossesse, que j’ai très mal abordée compte tenu de cette expérience et qui m’a coûté 2 mois de bonheur, 2 mois mis de coté de peur de revivre une telle épreuve.

A quand une écoute et une prise en charge de la douleur, à quand un corps médical qui ne considère pas le corps comme un simple objet…?

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