# 168 Anonyme_ Bastia

26 Fév

Pour rappel voici le projet de naissance que nous avions rédigé et soumis au gynéco et à la SF de l’hôpital, et qu’elle a agrafé au début de mon dossier médical, et qui ne leur posait aucun problème.

Citation:
Pour la naissance de notre fils, nous souhaiterions que la physiologie de l’accouchement soit respectée le plus possible.

Nous aimerions avoir une chambre individuelle si disponible.

Le papa souhaite être présent à tout moment.

De manière générale nous souhaitons être consultés et informés avant tout acte et intervention sur la maman ou le bébé.

Pendant le travail:

La maman souhaite pouvoir être libre de ses mouvements, marcher, éventuellement prendre un bain, grâce à l’utilisation d’un cathéter souple bouché et d’un monitoring discontinu ou ambulatoire.

Dans l’optique d’un accouchement naturel, nous ne souhaitons pas de déclenchement, de rupture artificielle de la poche, ou de décollement de membrane, sauf en cas de souffrance fœtale.

Toujours dans une optique naturelle et afin de favoriser la montée de lait, nous ne souhaitons pas avoir recours à des médicaments accélérant tels que Syntocinon ou Ocytocine.

Nous avons préparé une péridurale, mais nous voudrions essayer au maximum de ne pas y avoir recours. Dans ce sens, nous comptons sur le soutien de l’équipe médicale afin d’aider et soulager la maman par d’autres moyens, notamment grâce à diverses positions (accroupie, sur le côté…)

Par respect pour son corps, la maman préférerai éviter de trop nombreux touchers vaginaux, et ne veut pas d’épisiotomie, même en cas de déchirure.

Après la naissance:

Nous souhaiterions attendre la fin des pulsations avant de couper le cordon ombilical et procéder au peau à peau et à la tétée de bienvenue immédiatement.

Afin de favoriser l’allaitement, le bébé ne recevra aucun complément alimentaire ni biberon.

En cas de césarienne:

Le papa sera présent si il le souhaite et prendra le relai pour les soins du bébé et le peau à peau.

Si complications, la maman préfère qu’on tire son lait et qu’on le donne à la pipette.

Bien entendu, nous nous remettons à l’expertise de l’équipe médicale et sommes à son écoute pour toute suggestion visant à accueillir notre enfant dans les meilleures conditions.

Vendredi 14 décembre:

Nous avons rendez-vous à 11h à l’hôpital de Bastia pour la visite du terme. Nous prenons toutes les affaires avec nous au cas où ils me garderaient. Nous quittons l’Ile Rousse vers 9h. RAS

On monte en salle des naissances comme convenu, les SF me font entrer en salle d’examen seule. Prélèvement d’urine, mesure du ventre, monitoring. La SF vient contrôler le monitoring: j’ai des contractions irrégulières que je ne sens pas. Elle contrôle mon col, toujours mou et ouvert à 2, comme depuis le mois dernier. Elle me dit qu’il est « favorable ». Me demande où j’habite, et me dit que vu que j’ai des contractions elle va peut-être me garder. Elle est toujours en train de m’examiner, et me dit qu’elle va « être vilaine », qu’on va le « titiller un peu pour voir ». Dans ma tête j’ai un gros doute, j’ai peur de comprendre. Elle enfonce un peu plus ses doigts. puis elle ressort et retire son gant. Elle appelle mon homme pour qu’il entre, et lui dit qu’elle va me garder, qu’il va falloir qu’il descende faire les papiers d’hospitalisation. Elle sort et revient quelques minutes plus tard avec mon dossier médical pour faire la paperasse. Elle m’avoue qu’elle n’avait pas lu notre projet de naissance…

On m’installe dans une chambre double avec une jeune maman qui a accouché 2jours plus tôt. Je demande si je peux être inscrite sur la liste d’attente pour une chambre individuelle, mais on me répond que je ne pourrai m’y inscrire que quand j’aurai accouché.

Mon homme et moi passons l’après-midi à déambuler dans l’hôpital pour faire démarrer le travail. Je ne sens rien, j’ai juste mal aux reins, d’avoir marché et d’être restée debout toute la journée.

20h mon homme doit partir, je suis dégoutée. Il n’a pas le droit de rester puisque je suis en chambre double. Je me dit que tout ça est ridicule, j’aurai très bien pu rentrer chez moi et attendre tranquillement que le travail commence tout seul. Si ça se trouve il va falloir attendre encore 2 jours, mais comme ils m’ont hospitalisée, y’a peu de chance qu’ils me laissent sortir demain si rien ne se passe d’ici là.

Je passe la soirée à papoter avec ma voisine de chambre qui est bien sympa. On essaye de dormir un peu.

Samedi 15 Décembre:

1h du matin: je sens couler quelque chose entre mes jambes, me demande si c’est du liquide amniotique. J’appelle la SF qui me fait retourner en salle d’exam pour contrôler: monitoring, prélèvement vaginal, toucher. c’est pas du liquide, la poche n’est pas rompue, le col n’a pas bougé. Alors que j’attends que le monitoring se fasse, je commence a avoir très mal aux reins, de manière discontinue. Je me demande si c’est pas une contraction. Pourtant mon ventre ne se contracte pas, j’ai pas mal à l’intérieur ni dans le vagin. Je test l’appli Babybump sur mon Iphone qui permet de chronométrer les contractions et leur intervalle. Je constate avec étonnement que ces douleurs durent 1min toutes les 4 minutes. On dirait bien que ce sont des contractions. Et ça a démarré d’un coup comme ça, super régulières et rapprochées. Je vais garder le même rythme pendant les 5 heures à venir. On me renvoie dans ma chambre en me disant que maintenant il faut attendre que le col s’ouvre.
Je panique un peu en me demandant si ça va aller vite, quand est-ce que je dois appeler mon homme pour qu’il vienne, il a au moins 1H30 de route pour venir, peur qu’il ne soit pas là à temps, peur de le faire venir et qu’en fait le travail n’avance pas et qu’il doive attendre dehors dans la voiture, peur de devoir faire tout le boulot sans lui.

Je ne trouve pas de position confortable sur le lit, mes exercices de yoga ne me soulagent que faiblement, par contre je gère plutôt bien ma respiration. J’ai mal au dos et dans le haut des cuisses. J’ai peur de plus souffrir de mes jambes que d’autre chose, et surtout de ma mauvaise jambe. Toujours pas de contraction du ventre ni à l’intérieur.

On me propose un ballon, j’essaye et ça me soulage bien.Je ne vais plus pouvoir le quitter, pas même pour faire le tour du lit et attraper la sonnette pour appeler de l’aide. J’essaye de ne pas faire de bruit, ma voisine essaye de dormir, son bébé est sage. Je respire fort, mais mon rythme régulier a dû la bercer, elle ronfle un peu. J’attends, ça parait interminable.

3h : j’envoie un texto à mon homme, qui me demande si je veux qu’il vienne. Je lui explique que je voudrai bien mais que de toute façon il pourra pas rester avec moi dans la chambre. J’attends que ma voisine se réveille pour nourrir son bébé, elle va le changer et me demande si ça va, je lui demande d’appeler la SF. La SF me répète que même si mon homme vient il devra attendre dehors, ou dans le hall de l’hôpital. Je lui fait bien comprendre qu’il en a pour minimum 1H30 de route, que je voudrai qu’il soit là, que j’ai peur qu’il n’arrive pas à temps pour la naissance de son fils. Je suis super angoissée. Je peux pas bouger du ballon. J’insiste en demandant si il n’y a vraiment pas un endroit où on pourrait être tous les deux. Elle me dit qu’on pourrait rester en salle d’examen mais qu’il faudra qu’il sorte à chaque fois qu’une autre patiente se fera examiner. Je dis banco et j’appelle mon homme, dès qu’il arrivera on ira en salle d’examen. Je reprends courage, je me reconcentre sur ma respiration, j’ai 1H30 à tenir et il sera là… entre deux contractions je manque plusieurs fois de tomber du ballon, je tombe de fatigue.

4H45: Il est toujours pas là. Je recommence à paniquer. Qu’est-ce qu’il fout? Je l’appelle, il arrive, il roule doucement, il est prudent, il est à 10min.

5h: Je vais en salle d’exam, mon homme est au bout du couloir, j’ai du mal à marcher. Il doit encore attendre hors de la salle le temps qu’on m’examine.
5h30: mon col est à 6cm. Ouf! j’ai pas souffert pour rien. Mon homme me rejoint dans la salle. Les contractions s’enchainent toujours au même rythme, mais j’ai perdu ma concentration. Mon homme ne sait pas comment m’aider. Je reste sur mon ballon, mais je suis épuisée. La SF passe nous voir et nous annonce: « pour la péridurale, si vous la voulez c’est maintenant. Je vous laisse réfléchir, je repasse dans 15 min. »
Je suis désemparée, je voulais tellement être forte, faire ce qui est le mieux pour mon bébé, j’étais sure d’être capable de le faire… mais j’en peux plus, j’ai mal, peut-être même que je gère moins bien depuis que mon homme est arrivé, je me suis relâchée. Je lui demande son avis, mais bien sûr il me répond qu’on fait comme je veux, il me demande si j’aurai la force de tenir encore 3h comme ça, avec des contractions plus fortes encore. Il me dit que ça ne fera pas de moi une mauvaise mère si je prend la péridurale, qu’il faut peut être que je garde des forces pour pousser, mais qu’il ne veut pas que je regrette après… Je lâche prise. En fait je capitule avec moi-même. Je suis épuisée.

6h: Je suis donc en salle d’accouchement, les SF et l’anesthésiste me préparent. L’effet est quasi immédiat, je ne sens plus les contractions, la peau de mon bas ventre et de mes cuisses commencent à se désensibiliser, puis au cours des heures, c’est toutes mes jambes qui vont devenir mortes.
6h30: Je souffle enfin, l’équipe de jour arrive, je reprécise à la nouvelle SF que j’ai un PdN, elle me dit qu’elle l’a lu. Elle forme une apprentie SF qui va également assister à l’accouchement, et m’examine aussi à chaque fois avant ou après la SF qui contrôle. Elles sont douces et prennent soin de me demander la permission de m’examiner à chaque fois. De toute façon maintenant je sens plus rien. Elles me tournent sur le côté avec un coussin entre les jambes, et m’expliquent que cette position va aider le bassin à s’ouvrir et aider le bébé à descendre (méthode Gasquet).
Elles nous laissent, mon homme porte une belle blouse et un joli bonnet. Il s’assoit en face de moi, on discute tranquillement. Je me repose, peut-être même que je dors un peu.

Après j’ai un peu perdu le fil de la montre. Les SF viennent régulièrement contrôler mon rythme cardiaque, ma tension (je suis toute branchée d’électrodes) et mon col. Au bout d’un moment, elles me disent que les contractions ne sont plus assez efficaces. Il faudrait rompre la poche des eaux pour que ce soit la tête du bébé qui appuie sur le col. Alors pffff ! je me dit au point où on en est… Elles me remettent ensuite dans la position sur le coté et on attend encore.
Peut-être une heure plus tard ou plus, elles me rééxaminent et cette fois elles me disent que le col est à 9cm qu’il ne manque plus grand chose mais que ça fait un moment que ça n’a plus bougé, il faudrait faire un peu de Syntocinon… Je proteste, lui dit que j’ai peur pour mon allaitement tout ça, elle me rassure, que c’est vraiment une petite dose, que mon corps ne sera pas gavé de Synto, qu’il a déjà commencé à en produire grâce au travail déjà accompli… bref…

Vers 11H elles reviennent, mon col est complètement effacé, on va commencer à pousser. Je ne sens absolument pas les contractions, j’attends que la SF me dise quoi faire. Mon homme est près de moi, il doit soutenir ma nuque quand je pousse. Il m’encourage. Je pousse de toutes mes forces, mais je ne sens rien, alors j’ai du mal à évaluer ma force, j’essaye de me rappeler le yoga, la bascule du bassin, l’abaissement du diaphragme. j’agrippe mes jambes puis mes chevilles, comme une grenouille. D’après mon homme j’ai du pousser une bonne trentaine de fois.

12h: mon bébé sanguinolant est sur mon ventre, j’arrache la blouse et retire les capteurs de l’electrocardiogramme, et le place entre mes seins. La SF appuie sur mon ventre, les autres essayent d’essuyer Elio. Son cordon est déjà clampé et coupé, tout va très vite, il y a plein de monde dans la salle. On emmène mon bébé pour le mettre en couveuse, il n’a pas pu téter. J’envoie mon homme surveiller ce qu’il font à notre fils, il ne veut pas me laisser, y’a du sang partout et je suis très blanche. Il demande à la SF si ça va aller pour moi, elle le rassure. Je vois l’aiguille courbe dans sa main et je pense « Oh Putain elle m’a coupée!!!  » (j’apprendrai plus tard que la tête était passée, c’est son bras replié qui bloquait les épaules, fuck!)

Mon homme sort, une femme apparait dans l’encadrement de la porte, elle commence à engueuler ma SF comme quoi on peut pas monopoliser tout un service pour un seul accouchement, l’autre répond qu’elle a appelé personne, la première insiste, l’autre répète 4 fois qu’elle a appelé personne. Moi saoulée, en train de me faire recoudre les jambes en l’air, je remballe celle qui doit être la chef de service je suppose: « elle vous a dit 4 fois qu’elle a appelé personne ! » fin de la discussion.

Mon homme revient, la pédiatre avec lui me dit qu’on va laisser le petit en couveuse pendant un moment « si vous êtes d’accord » non je suis pas d’accord, mais apparemment personne ne me demande mon avis. On ne peut pas non plus amener la couveuse dans ma salle. Je ne sais pas ce qu’il lui on fait, mais probablement une aspiration et tout. Il a pleuré pendant les 2h où on m’a gardé en observation et lui en couveuse. Mon homme n’a même pas pu le toucher. On me débarbouille un peu et on m’installe un peu plus confortablement. J’ai froid, je demande une couverture. On me dit de me reposer.

Les deux heures d’observation sont passées. On m’amène enfin mon bébé, mon grand et gros bébé de 4,400kg. Il porte le petit pyjama rouge qu’on avait choisi pour son 1er jour, pas de peau à peau. Il se calme enfin dans mes bras et tète pour la première fois. La chef de service désagréable vient me voir pour s’excuser pour tout à l’heure. Elle me dit que comme j’ai eu un accouchement difficile on va me mettre en chambre individuelle. Tiens donc ! y’en avait donc une de libre! Ils auraient pas pu me la donner direct au lieu de me priver de la présence de mon homme, et me stresser qu’il ne soit pas là à temps !! Grrr!! C’est peut-être une compensation pour n’avoir pas respecté mon PdN de bout en bout ?
On nous emmène dans la chambre et on essaye de se reposer. Le lendemain on me fait une perf de fer, je suis anémiée (fer à 7 au lieu de 10, on me dit que j’ai de la chance, la limite pour une transfusion sanguine c’est 6 )

Toujours est-il que notre petit est magnifique, il est gentil, ne pleure pas beaucoup, et tète bien. Mes seins vont s’en souvenir d’ailleurs, et si je ne m’étais pas bien informée par moi-même avant la naissance, j’aurai certainement accepté le biberon qu’on m’a proposé dès le 2ème jour, vu que ma montée de lait n’est arrivée qu’au 4ème jour, mais j’ai tenu bon malgré la fatigue, malgré la douleur des tétons, malgré le stress qu’on m’a donné parce qu’il ne reprenait pas de poids assez vite selon eux. J’ai tenu bon et mon petit à regrossi, et finalement il a pris 500gr par semaine en ayant été nourri exclusivement au sein. Aujourd’hui il a 10semaines et pèse déjà plus de 7kg, ses pyjamas taille 6mois sont déjà trop justes mais c’est une autre histoire. Il est juste exceptionnel et magnifique.

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2 Réponses to “# 168 Anonyme_ Bastia”

  1. melody nao loann 26 février 2013 à 17 h 12 min #

    C est fou sa! Projet de naissance NON respecté a 95% à croire qu’ils l’ont fait exprès!

  2. Héloïse 14 décembre 2013 à 12 h 39 min #

    Votre projet de naissance n’a quasiment pas été respecté ! Ce n’était pourtant pas compliqué, le personnel fait comme cela les arrange; sans tenir compte de nous !

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