#170 Cécile – 22 août

26 Fév

Voici le récit de mon accouchement écrit une dizaine de jour après la naissance de mon fils. Un texte que je m’étais senti obligée d’écrire à l’époque afin d’évacuer tout ce que j’avais vécut pendant ces heures douloureuses et dont je n’arrivais pas à parler avec mon mari. Pourtant il fallait que j’en parle, puisque le souvenir de cet accouchement perturbait ma relation avec mon bébé:

Je suis arrivée à la maternité le matin du 22 août vers 11h30, accompagné de mon mari, suite à de légère perte de la poche des eaux. En arrivant une sage femme me met sous monitoring et m’examine, elle ne reviendra qu’une heure et demi plus tard! Et nous savons toutes combien il est agréable de rester allongée avec ce truc sur ventre quand on est en fin de grossesse. Finalement elle m’annonce que la poche des eaux est fissurée : « Madame on vous garde, plus le droit de manger ou boire, et on attend que le travail commence où alors dans 24h on vous déclenche ». Cette phrase était tout sauf rassurante, et là je me dis  » Ok, super, on aurait eu mieux fait de venir après manger …  »
Bon, de toute façon c’est comme ça, on y est, le grand jour est arrivé!
On m’installe dans ma chambre (point positif de l’histoire j’ai pu avoir une chambre individuelle) et là une longue attente commence… Sans voir personne, avec tout le temps qu’il faut pour s’inquiéter, se demander comment ca va se passer et surtout penser que j’ai faim et soif !

17H – La poche des eaux se perce complément. J’appelle une sage femme pour leur signaler.
20H – Le gynécologue passe me voir, me demande comment je vais (enfin quelqu’un qui s’en inquiète) et demande quand même à ce qu’on me donne quelque chose à manger, car selon lui le bébé n’arrivera pas avant le lendemain et il me faut des forces.
21H – les vraies contractions commencent et se régularisent -j’appelle à nouveau une sage femme pour le signaler, elle me met encore sous monitoring (décidément je déteste ça ! ) – Le col est ouvert à 3, elle me propose la péridurale, alors que depuis le début je dis à tout le monde que j’aimerai essayer sans.
C’est qu’elle me fait peur cette péridurale avec sa grande aiguille, me rappelant le mauvais souvenir d’une ponction lombaire et surtout la crainte de tout ce que l’on entend : un accouchement plus long, plus aucune sensation, ne pas vivre véritablement son accouchement.

Pour l’instant les contractions sont encore gérables alors je refuse, la réponse de la sage femme est des plus agréables : « réfléchissez l’anesthésiste est là pour l’instant après ce sera trop tard », sous entendu si vous changez d’avis ce n’est pas dit qu’il daigne revenir vous voir !

Pourquoi toujours cette incompréhension face au refus de la péridurale? pourquoi au lieu de me soutenir et de m’aider dans mon choix, tout le monde fait tout pour me faire peur et me faire prendre cette foutu piqûre? Déjà lors de la visite avec l’anesthésiste pendant la grossesse, j’étais tombée sur un machiste qui m’avait fait passer pour une idiote : « vous les femmes vous ne savez pas ce que vous voulez de toute façon, vous ne voulez pas avoir mal, mais vous voulez pouvoir sentir l’accouchement, il faut choisir ! ». Ah oui j’oubliais toi Homme, qui n’a jamais eu à accoucher, ni même sentit un bébé bouger dans ton ventre sait mieux que quiconque ce qu’il me faut et ce que je dois faire !!!

3H (le 23 août) – les contractions sont de plus en plus douloureuses, la nuit est longue, je suis fatiguée. en plus il fait chaud dans cette chambre, il n’y a pas de clim, j’étouffe, je ne sais pas dans qu’elle position me mettre pour me soulager.
Je ne tiens plus, je sors prendre un peu l’air sur le devant de la clinique, il fait si bon dehors, je respire enfin, les contractions sont bien plus supportable ainsi. Je n’ai qu’une envie faire une promenade !? seulement je n’ai pas le droit et il faut déjà retourner à l’intérieur.

Nouveau monitoring – encore plus insupportable que les autres – mais le col est toujours à 3 – m**de !!! En plus la sage femme se fou de moi quand je lui demande comment ca se fait que les contraction soit si rapprochées (environ toutes les 5mn) et que le col ne soit pas plus ouvert? évidemment comme je suis gentille et que je le lui demande entre deux contractions, elle me répond que tant que je peux sourire c’est que ce ne sont pas de vraies contractions…

7H – je n’en peu plus, je suis fatiguée, je n’ai pas fermé l’oeil de la nuit, chaque contraction est pire que l’autre et avec la fatigue, je tremble et claque des dents à chaque contraction … j’appelle la sage femme qui me met en salle de travail … selon elle je suis toujours dilatée à 3 … on attend le gyneco pour voir ce qu’on fait …

9H – le gyneco arrive enfin et m’annonce que mon col n’est ouvert qu’à 5 !
Ok j’ai fait la moitié c’est super, mais je ne tiendrais comme ça pour faire l’autre moitié … Fortement influencée par tout le personnel je finis par demander la péridurale. Dans ma tête je me dit, et voilà ils ont gagnés et moi je n’ai pas été assez forte pour résister à ces contractions.
L’anesthésiste qui est arrivé était très bien, heureusement, pas celui que j’avais vu lors de la visite de grossesse. Il a pris le temps de m’expliquer, de me rassurer et surtout à permis à mon mari de rester dans la pièce. Car je n’en parle pas beaucoup, mais mon mari est resté avec moi du début à la fin, m’a accompagné pendant toutes ces heures d’attentes et de souffrances et surtout à été le seul à me soutenir et m’aider, puisque le personnel de la clinique ne le faisait pas.
Une fois la péridurale posée, je dois avouer que c’a été magique, plus aucune douleur ! Et pourtant je sent mon bébé qui descend tout doucement. J’arrive même à dormir un petit peu ! Je suis juste réveillée toutes les 20 minutes par le brassard qui me prend la tension.

Le temps passe, toutes les heures la sage femme revient m’examiner, le col s’ouvre doucement … petit hic, plus les heures passent et plus mes jambes s’engourdissent. Je suis mal installée, j’en ai assez d’être couchée, mais je n’ai pas le choix.

12h – le col est enfin ouvert à 10, mais le bébé est encore trop haut dans le bassin. Et moi je ne peux plus soulever mes jambes seules, elles tombent lourdes, toutes seules. Je ne sent plus du tout mon bébé descendre.
13h – le bébé est un peu descendu mais pas encore assez.
14h- « allez encore une heure madame et il devrait être totalement descendu … »
14h10 – « Oups, je lui ai un peu gratté la tête, il a pas l’air d’apprécier, son rythme cardiaque à chuté, va falloir commencer l’accouchement dès maintenant madame!  » Là cette phrase, elle sonne encore dans ma tête sans que je puisse l’interpréter, je ne sais pas ce qui c’est passé, je ne sais pas ce que « gratter la tête » signifie, je sais juste que je suis inquiète pour mon bébé.

La sage femme me mets en position gynécologique, installe mes jambes sur les étriers, car moi je ne peux plus bouger ni les jambes ni les fesses. Je suis complètement paralysée. Du coup pour pousser et ben c’est la galère, j’ai du mal, en fait je crois surtout que je ne pousse pas, malgré mes effort, je ne sent pas où pousser, ni comment. La sage femme m’appuie sur le ventre à chaque contraction pour « m’aider » en fait elle me fait surtout mal, car à cet endroit là ce n’est pas vraiment anesthésié. Finalement le bébé à doit être aidé avec les forceps et moi j’ai le droit à une épisio ! Décidément j’aurais eu tout ce que je ne voulais pas, tout ce que j’avais essayé d’éviter pendant ma grossesse. La tête finie par arriver … soudain des cris, puis les épaules passent à leurs tours et là le gynéco me demande de me redresser et de l’attraper sous les bras, pour finir de le faire sortir et l’installer sur moi.

Ce moment là, je m’en souviens comme si je sortais d’un cauchemar, c’est merveilleux de pouvoir l’attraper, le tenir, le voir – je pleure, de joie, de frustration, de honte de n’avoir pas réussit vivre cet accouchement comme je l’avais imaginé. Mais bon il est là, c’est fini!
Enfin presque, le bébé et mon mari partent dans la salle d’à côté, pendant qu’on me retire le placenta et recoud l’épisio.
Puis ils reviennent, on me met le bébé au sein, et tout contre moi, enfin un moment de calme, un moment où je peux vraiment décompresser, évacuer tout ce qui c’est passé avant.
Et là c’est deux heures de bonheur, qui passent à une vitesse fulgurante, mon bébé, mon mari et moi, personnes d’autre, rien que nous trois.

Ce bébé tant attendu et espéré pendant 9 mois est enfin là, tout le monde va bien et pourtant cet accouchement a laissé des traces difficiles à effacer. Je n’arrive pas alors à accepter ce bébé comme étant MON bébé, c’est un très beau petit garçon, dont je m’occupe, que j’allaite (et là encore pas grâce au conseil de l’équipe de la clinique, mais bien grâce au cour de préparation à l’accouchement), mais je n’arrive pas à me sentir sa maman. Je pense plus qu’aux douleurs de l’épisio et aussi une brûlure au niveau de l’urètre (suite surement aux sondages), à mon poids, mes vergetures …

Aujourd’hui mon bébé à 6 mois, avec le recul il m’aura fallut 1 mois pour commencer à regarder ce bébé comme étant le mien et à me sentir maman et 2 mois pour ne plus ressentir les douleurs liées à la cicatrice de l’épisio. Pour un second enfant, je ne sais bien évidemment pas comment ca se passera, mais je sais que j’essaierai un autre établissement et tenterait de mieux me préparer pour éviter la péridurale.

Cécile HA

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