# 174 – Samrun – La Réunion, 2002

26 Fév

Pour mon 1er bébé, » grâce » à la gynécologue et à ses drôles de méthodes, j’ai mis 3 jours à reprendre mes esprits et donc 3 jours avant de réaliser vraiment et de me sentir maman… Pas merci donc, Mme la gynéco.
J’ai toujours cette tristesse et cette amertume quand j’y repense parce que j’ai loupé mes premiers instants en tant que maman. Pendant 3 jours mon fils a eu droit à un zombi. Je le nourrissais, le changeais mais j’étais ailleurs. Tellement éprouvée nerveusement, physiquement que j’étais là sans l’être.
D’ailleurs mon récit ne sera peut-être pas très respectueux de la chronologie de l’évènement, vous m’en excuserez mais j’étais dans un tel état qu’il m’est difficile maintenant de m’en souvenir précisément (voilà 10 ans qu’il a eu lieu en plus).
Mon petit bout, au bout de ses 9 mois règlementaires, n’était pas décidé à sortir, il était bien, au chaud, tranquille… Mais bon, il fallait bien quand même qu’il pointe le bout de son nez, vu qu’il continuait à grandir et grossir et que mon bassin lui, n’était pas extensible… Décision fut donc prise de déclencher l’accouchement… Ok.
A 6H du matin, on m’injecte donc le produit qui doit favoriser les contractions. Ensuite, de façon brutale, sans vraiment d’explications, la gynéco me perce la poche des eaux…super douloureux et déjà ce manque de dialogue….
Les contractions arrivent, la douleur avec elle, de plus en plus de contractions, le col s’ouvre, ça démarre bien. Les contractions continuent, une heure, 2 heures, 3, puis 4… Je ne sais plus à quel moment mais tout de même j’ai eu droit à une péridurale, au bout de très longues heures….Trop tard.
Mais voilà, le col ne s’ouvrait plus, bébé ne pouvait descendre plus, bref, gros blocage….
La sage-femme m’annonce que pour elle, il faut faire une césarienne. « Non, non, non, favorisons les voies naturelles, changez de position, essayez donc le ballon, et blabla » serine la gynécologue.
…bon… moi je suis perdue, j’ai mal, super mal et de toute façon on ne me demande guère mon avis. Naïvement, j’écoute donc, je roule du bassin sur leur boule… je pousse, j’ai mal, je vomis, je suis épuisée, je vomis encore. A jeun depuis la veille, on est en fin d’après-midi, il ne se passe toujours rien, la péridurale n’a agi que quelques temps, la gynéco passe de temps en temps, ne se met toujours pas d’accord avec la sage-femme, qui semble dépitée pour moi…
Enfin, elle constate la réalité qui est la même depuis des heures : le col ne s’ouvrira pas plus que ça, il faut faire la césarienne… Oui mais moi je suis déjà complètement exténuée, j’ai eu mal tellement longtemps que mes nerfs lâchent, je ne contrôle plus mon corps et je tremble de partout. Pourtant, je n’ai pas peur, au contraire, j’attends effectivement qu’enfin mon bébé arrive. Arrivée au bloc, l’équipe s’affaire et enfin la charmante dame m’entaille.
« Non, là c’est trop haut » dit une voix masculine.(l’anesthésiste?)… Bon, vas-y pour une mini cicatrice gratuite, on est plus à ça prêt…. ».
Elle replace donc son bistouri plus bas. Une partie de l’équipe s’emploie soudain à faire tout un boucan, genre des casseroles sur lesquelles on taperait…Pourquoi? Qu’est-ce qu’il se passe ? Et n’y a-t-il pas plus agréable comme procédé?… Ou peut-être que j’étais déjà tellement « dans les vapes » que je l’ai ressenti comme une agression auditive… Toujours est-il que je me souviens vaguement qu’on m’a présenté mon bébé, quelques secondes. Il est 19h48…Voilà 14H que le déclenchement a été mis en branle…Après, je ne sais plus. Je me suis retrouvée en salle de réveil, toujours incapable de contrôler mon corps tremblant et apeurée par ce phénomène… L’anesthésiste, alerté par mon mari, ajoute un calmant à la perfusion et je me rendors donc. Je me réveille avec le besoin de voir mon fils, mon esprit est tellement embrouillé que je ne sais plus trop si je l’ai vu déjà ou non…Mon mari, lui, est aux anges, il a assisté au 1er bain de notre fils, a pu le porter, pendant que je « récupérais ». Je ressens déjà cette douleur avec l’impression d’être passée à côté de quelque chose de fort. Mais je suis encore trop dans les vapes.
Ensuite, le lendemain et pendant 2 nuits, lorsque mon fils pleure, je le change, le nourris. Je le regarde, je le baigne. J’écoute les conseils complètement décousus de l’équipe sur l’allaitement (faites comme-ci / Ah non pas du tout il faut faire cela/ Mais Madame, que faites-vous ?….) Et, ENFIN, le 3ème jour, je sors de mon état d’hébétude et je prends conscience : « j’ai un fils, il est dans mes bras, c’est merveilleux ! Je suis maman ! »…3 jours, c’est long, très long et ça pèse lourd dans la culpabilité que l’on ressent ensuite…
Est-ce que la gynéco s’est inquiétée ou excusée ? Non, pas du tout.
Bien sûr, elle ne m’a plus revue.
Heureusement, et preuve qu’il ne faut pas généraliser, mon deuxième accouchement s’est extrêmement bien passé et l’équipe était adorable, et bien formée à l’allaitement qui, du coup, s’est également nettement mieux passé, là aussi.
Comme pour tout, je crois qu’il s’agit surtout d’une affaire de personne et là, j’étais tombée sur la mauvaise personne, très mauvaise….

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