Anonyme – Juin 2012, accouchement à domicile

26 Fév

Lundi 25 juin
J’ai été très active durant cette grossesse et ce dernier jour n’y déroge pas : passage dans différents magasins, ménage dans la maison puis je ressens le besoin de terminer (une bonne fois pour toutes) le rangement de la salle de bains, monter des cartons au grenier, etc…
Contrairement à mes 2 grossesses précédentes, j’ai ressenti quelques contractions par jour à partir de 6 mois de grossesse environ, et donc bien avant l’accouchement. Lorsque j’en ressens donc en fin de la journée, peut-être un peu plus douloureuses que ces dernières semaines, je me dis que c’est peut-être
lié à une activité physique excessive aujourd’hui. Ces contractions, régulières mais peu fréquentes, continuent durant la soirée, et en couchant les enfants, on leur dit que si ça se trouve, la petite soeur sera née demain matin lorsqu’ils se lèveront.
Je vais donc me coucher vers 23h30, je fais un sudoku avant de m’endormir, les contractions sont environ toutes les 10 minutes, pas très douloureuses mais je les sens quand même. Je m’endors mais à chacune d’elle, je me réveille, puis me rendort ensuite.

Mardi 26 juin
Cela ne fait pas très longtemps que les contractions ont commencé, mais vers 1h45, je ne suis vraiment pas à l’aise en restant allongée, il va falloir que je me lève pour qu’elles soient plus agréables à supporter. J’essaie de ne pas faire de bruit en me levant pour que mon mari puisse dormir encore, mais
il se réveille et descend avec moi en bas, avec le « matériel » pour faire le lit en bas (couette, housses de couette, drap), et drap de protection pour le sol.
Même debout, les contractions font super mal, alors que je pense n’être qu’au tout début du travail.
Même penchée en avant contre le mur ou une commode, j’ai déjà besoin de souffler pour l’aider à passer et envie de me mettre à 4 pattes. Avec l’expérience des 2 accouchements précédents où je n’avais eu besoin d’être à 4 pattes qu’en fin de travail, cela me paraît tôt et je me demande même si j’arriverais aussi « facilement » à gérer cet accouchement si j’ai déjà aussi mal à ce moment-là (puisque je pense n’en être qu’au début). A chaque contraction, je me dis que je vais être obligée d’appeler ma sage-femme beaucoup plus tôt que pour mes accouchements précédents, parce que vu la puissance des contractions, je vais avoir besoin d’elle pour m’aider à les supporter. Et entre les contractions, tout va bien, alors je retarde un peu le moment de l’appeler.
Finalement je l’appelle à 2h45, elle me dit qu’elle sera là dans 45 mn, le temps de se préparer et de faire la route. Je pense immédiatement que j’ai bien fait de l’appeler, je suis toujours à 4 pattes pour « prendre » la contraction, et je commence à ressentir comme une sensation de poussée. J’en parle à
mon mari pour qu’il se prépare psychologiquement à ce qu’il accueille le bébé avant que ma sagefemme ne soit arrivée.
Les contractions continuent, elles doivent se rapprocher mais on ne chronomètre pas. Je souffle longuement à chaque contraction, toujours à 4 pattes, c’est incroyable cette sensation de vague qu’on ressent, on la sent doucement arriver, grossir, être au sommet de sa puissance, puis doucement
retomber et s’éloigner… jusqu’à ne plus rien sentir, en attendant l’arrivée de la suivante. Cette sensation est vraiment particulière, c’est génial de sentir son corps à ce point, sentir qu’il aide doucement le bébé à progresser vers la sortie. Moi je ne fais rien à part souffler pendant les
contractions, et me reposer entre elles en m’allongeant sur le sol.
Mon mari a fait un grand feu dans la cheminée, et il commence à bien chauffer. Le sol a été recouvert d’un drap, le lit est fait dans la banquette BZ qui est ouverte.
A chaque contraction, je sens le bébé qui progresse vers la sortie, toujours cette sensation de poussée,finalement je comprends mieux pourquoi les contractions faisaient déjà si mal il y a à peine 2 heures,car le travail devait déjà être bien avancé.
A 3h30, ma sage-femme arrive, et même si nous aurions pu accueillir le bébé en son absence, sa présence est rassurante. Elle demande à écouter le coeur du bébé (tout va bien), et à vérifier s’il se présente bien par la tête, tout est OK. Je souffle longuement à chaque contraction, et entre elles, j’ai
l’impression de m’affaler comme une loque sur le bout du lit. Quelques contractions plus tard, je ressens la sensation d’étirement caractéristique de la tête du bébé, Ma sage-femme et moi appelons mon mari qui est parti à l’autre bout de la maison. Ouf, il arrive et à la contraction suivante, la tête du
bébé sort, je continue à souffler. C’est incroyable la sensation de puissance qu’on ressent lorsqu’on laisse son corps expulser tout seul le bébé, sans pousser. La contraction s’arrête, seule la tête est sortie, le reste de son corps est encore à l’intérieur ! Je demande à ma sage-femme s’il faut que le reste du
corps sorte maintenant, elle me dit que je peux pousser si je veux. Sauf que je n’y arrive pas (vu que je n’ai pas poussé de l’accouchement), alors elle me dit que ce n’est pas grave, qu’on attendra la contraction suivante. Celle-ci arrive et hop, le reste du corps sort d’un coup, mon mari l’attrape à la sortie. Il dit immédiatement : « qu’est-ce qu’elle est belle ! ». Je la prends contre moi, elle est toute mignonne et calme, qu’est-ce qu’elle ressemble à ses frères ! Je suis très heureuse d’avoir une fille après nos aînés. Il est 3h50, effectivement, il était temps que ma sage-femme arrive ; a posteriori, j’ai compris pourquoi les contractions du début de la nuit étaient déjà si fortes, c’était parce que le travail était déjà bien avancé.
Je me sens vraiment en forme. Le placenta sort 20 à 30 minutes après la naissance, ma sage-femme l’examine attentivement. On entend des petits pas qui descendent l’escalier, c’est notre cadet qui s’est réveillé, apparemment il a fait un cauchemar, s’est levé et a vu la lumière en bas, donc il est descendu
(c’est « étonnant » d’habitude il ne se lève jamais la nuit). Il a donc la chance de découvrir sa petite soeur à peine 30 minutes après sa naissance. Mon mari va réveiller aussi notre aîné qui dormait, et ils l’admirent et la trouvent belle. Ils assistent ensuite au coupage du cordon, puis la pesée. Ensuite notre
aîné se met à table, prend un papier et un crayon, et il commence à faire une « carte de naissance » pour sa petite soeur, en notant son nom, prénom, date et lieu de naissance, taille, poids, etc…

Le placenta du bébé sera enterré quelques jours sous le gros chêne à côté de celui de son grand frère.

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