Fanny, Quimper

26 Fév

Cette 1ere  grossesse a été difficile, des vomissements du début à la fin, deux hospitalisations…inutiles. Mes 1ers contacts avec les équipes de l’hôpital s’étaient plutôt mal passés. La première fois, j’ai signé une décharge pour sortir, car après 3 jours enfermée sans avoir le droit aux visites, aux appels, à la télévision, ni même voir la lumière du jour, j’étais toujours aussi malade. La 2ème fois, ils m’assuraient que mon problème était psychologique, et m’envoyaient les psys quand je demandais un médecin… J’ai découvert bien après l’accouchement que ma vésicule biliaire étaient défaillante, et que c’est elle qui me provoquait ces nausées qui me poursuivent encore aujourd’hui…

Aussi, si j’avais pu j’aurais préféré accoucher chez moi, en compagnie de la sage-femme libérale qui me suivait depuis le début de la grossesse.

Avant le jour J, j’ai eu le droit à 2 fausses alertes. Plusieurs heures de contractions régulières, qui se rapprochent. Je me rappelle avoir réveillé chéri pour lui dire que j’allais prendre une douche et qu’on partirait après. Quand je suis sortie de la douche, les contractions s’étaient arrêtées.

Et puis est venu ce jour. J’étais en pleine forme. Cette journée là, j’ai fait plus de 3h de marche. Vers 19h, j’ai ressenti de nouveaux ces contractions. Nous avons mangé, puis je suis sortie marcher encore. Je savais que ça serait la bonne. J’ai fait des allers et retours dans le jardin jusqu’à ce que l’obscurité la plus complète m’empêche de poursuivre. Nous étions le 22 juin, les journées étaient longues…

J’ai pris une longue douche, puis une bonne collation, et vers minuit nous avons pris la route. Nous étions tout excités.  Après la demi-heure de route, nous avons pris le temps de faire quelques photos sur le parking, devant l’hôpital, avec le néon « urgences » en arrière fond. Nous nous sommes présentés à l’accueil des urgences, comme c’est la procédure pendant les heures de nuit. Mon conjoint a fait un peu d’humour : lorsque la femme nous a demandé si nous voulions le bloc obstétrique, il lui a répondu que nous venions pour son doigt, cassé.  Nous étions vraiment étonnamment détendus. Nous sommes arrivés au bloc vers 1h du matin. Après examens, mon col était ouvert à 5 cm, j’avais mon ticket pour la nuit ! Je suis la seule patiente qu’ils ont gardée cette nuit là. Toutes les autres ont été renvoyées chez elles. J’avais donc toute l’équipe pour moi toute seule, toutes les infrastructures aussi. J’ai joué un peu sur le ballon, j’ai été prendre un bain, mais en fait, je n’étais bien que debout. J’ai donc poursuivi ma marche à pied dans les couloirs de l’hôpital.

Chéri, lui, dormait dans le lit qui m’était réservé. Plusieurs fois j’ai été tentée de le réveiller, mais dans le fond, je savais que je le préférerai reposé le lendemain.

A 8h du matin, j’étais a 6cm seulement, j’ai perdu les eaux, et les contractions ont commencé à être de plus en plus douloureuses. J’ai demandé la péridurale. L’anesthésiste est parvenu à me stopper la douleur des contractions avec les poings, dans mon dos. J’ai tenté de le convaincre de me servir d’alternative à la péridurale.

A 11h, j’étais à 8 cm. Ce n’était plus qu’une question de temps. La fatigue, l’anesthésie, l’impatience nous rendait nerveux, mais nous étions sereins. On n’arrêtait pas de rire…

L’horloge tournait encore et encore.  Avec l’anesthésie, les contractions n’étaient plus douloureuses. A chaque contrôle de la sage femme, elle me disait encore une petite demi-heure, et puis une autre, et puis une autre… Dans les salles à coté, j’entendais des bébés naitre. Je me disais quelle injustice, c’est moi la première arrivée !

Pour finir, à 15h30, on m’a fait une injection pour aider le travail. A 16h, le sage-femme de l’équipe du soir m’a dit que nous allions pouvoir commencer à pousser. Il a d’abord fallu installer la table. La maternité de Quimper était en pleins travaux d’agrandissement. Les laboratoires prêtaient du matériel à l’essai dans l’espoir de décrocher un contrat. Ma table d’accouchement faisait partie de ce prêt. C’était drôle de les voir s’agiter autour, je sentais la table bouger. Pour me rassurer et détendre l’atmosphère, le sage-femme a fait un trait d’humour : « vous inquiétez pas, je suis pas très doué pour le bricolage, mais il y a un truc pour lequel je suis bon, c’est les accouchements, sur la table, par terre si il faut : ce soir vous dormirez avec votre bébé dans les bras.

A 16h15, j’ai commencé a pousser. En 4 poussées mon bébé était dans mes bras. Mon amour a fondu en larme à la vue de cette petite chose si fragile et si belle que nous avions réussi à concevoir ensemble. Un beau bébé de prés de 4kg. C’est en le voyant si ému que j’ai choisi le prénom. Celui qu’il souhaitait. Nolan.

L’équipe de la maternité était vraiment formidable. J’ai dormi toutes les nuits avec mon bébé contre moi, et le papa a pu rester avec nous. Je ne pense pas faire d’autres enfants, mais si tel était le cas, je voudrais que ça se passe ainsi. C’était long et fatiguant. Mais tellement chaleureux…

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