# 182 A., un déclenchement raté

27 Fév

A presque 39 semaines, je passe une échographie de contrôle programmée sur demande de la maternité où je dois accoucher de mon premier bébé, en raison du grand gabarit de mon bébé à l’écho des 32 semaines. Mon bébé surprise n’a à priori pas ralenti sa courbe de croissance et est estimé à 4.200 kilos, 20 jours avant le terme.

Un déclenchement est programmé. J’hésite avant d’accepter, je n’ai pas envie que mon bébé soit délogé avant qu’on ait décidé du moment de sa naissance. L’interne argumente, et m’explique qu’un déclenchement permettrait d’éviter un accouchement traumatique pour moi et le bébé en raison de son poids important à terme. Mon conjoint et moi acceptons le déclenchement est programmé quelques jours plus tard.

Avant l’échéance, je tente l’ostéopathie, l’acupuncture, un long trajet de voiture, la marche à pied, les courses, rien, bébé est bien au chaud, ce n’est tout simplement pas le moment pour lui. Je doute de plus en plus de l’efficacité de ce déclenchement.

De plus, du fait de nos naissances difficiles à mon conjoint et moi, j’appréhende l’accouchement. J’ai tenté de parler de mes craintes à la visite du neuvième mois, tout ce qu’on m’a dit c’est que j’étais dans une maternité de niveau 3, que l’obstétrique avait évolué en 30 ans et que je ne devais pas m’inquiéter. Ce que je sais déjà… Je demande juste qu’on prenne le temps de m’écouter, pas qu’on me donne des réponses bateau…

Arrive le jour J, à 13 heures pose du tampon de prostaglandine sur un col pas vraiment favorable qui n’est ouvert qu’à 1. L’effet est là, s’en suivent 18 heures de contractions violentes et douloureuses, un monito de plus de deux heures sans pouvoir bouger, une perfusion de morphine que j’accepte devant la douleur en priant pour que ça ne fasse pas de mal à mon bébé. Tout ça pour passer d’un col ouvert à 1, à une ouverture à 2 (et encore !). J’ai mal, la douche chaude, le ballon, les massages de mon homme me soulagent à peine. Au bout de 18 heures de contractions j’ai l’impression d’être un zombie.

Le lendemain on me propose un deuxième tampon, je le refuse, je n’ai pas une vocation de martyr, je ne veux pas souffrir pour rien. J’ai l’intime conviction que ce déclenchement ne mènera à rien, et je crains que toutes ces contractions qui durent fassent souffrir le bébé. Mes angoisses de la souffrance fœtale reviennent. Je demande une césarienne, pour ne pas prendre le risque de faire souffrir le bébé, pour ne pas m’épuiser par de longues heures de travail, et parce que intimement, je sais que d’une façon ou d’une autre ça se terminera comme ça.

Ma demande ne rentre pas dans le cadre des protocoles de la maternité, on me fait comprendre que je demande une césarienne de « confort ». Pour me laisser un peu de répit, on ne me pose pas de deuxième tampon, on voit si le travail avance de lui même ou pas, pour décider le lendemain d’un déclenchement à l’ocytocine si le col est favorable, ou d’une césarienne dans le cas contraire. Je profite de cette pause avec des contractions minimes et supportables pour reprendre des forces.

La nuit, je perds le bouchon muqueux, je me dis que ça travaille. La sage femme de nuit m’encourage, et me dit que c’est bon signe pour tenter d’accoucher par voie basse. Je me laisse convaincre, et à 9 heures je pars en salle de naissance pour cette seconde partie du déclenchement.

Je demande la péridurale, par craintes des douleurs des contractions, celles que j’ai eues avec le tampon m’ont fait tellement souffrir, je ne me sens pas prête à revivre une telle violence. Le travail du col se met en place, mais la dilatation est poussive. Il me faut 3 heures pour passer de 3 à 4, tout autant pour passer de 4 à 5, 4 heures pour passer de 5 à 6… Au bout de 3 heures dilatée à 6, le travail n’avance plus malgré les doses maximum d’ocytocine.

Depuis la pose du tampon il s’est passé 58 heures. Je suis épuisée, je me sens à bout psychologiquement, cet accouchement n’en finit pas. Je ne me sens pas la force d’attendre plus que mon col veuille bien s’ouvrir, ce n’est pas le moment pour bébé de naitre, quand ce n’est pas l’heure ce n’est pas l’heure, et ça bébé l’a bien compris.

Devant ce travail qui n’avance pas l’équipe (au moins la 4eme équipe que je vois depuis le temps que je suis là !) fini par décider ENFIN la césarienne. Depuis le temps que je dis que ça se finirait comme ça, je suis contente qu’enfin on m’écoute. La gynéco de garde me fait remarquer que je ne suis vraiment pas motivée pour la voie basse… Je viens de passer 58 heures à tenter d’accoucher par voie basse, je ne sais pas ce qu’il lui faut de plus pour prouver ma motivation… Cette réflexion me reste en travers de la gorge, et j’espère que j’aurais le cran de dire à cette gyneco lors de ma visite post natale que sa réflexion était déplacée.

Malgré une hémorragie et le fait d’avoir frôlé la transfusion, la césarienne s’est bien passée, l’équipe a respecté mon souhait de ne pas me dévoiler le sexe de bébé, de façon à ce que mon conjoint me l’annonce à mon retour de bloc. Avec les doses anesthésie et de morphine, je suis à l’ouest quand je retrouve mon homme qui me présente mon petit garçon, la mise au sein est un peu laborieuse, et j’ai du mal à réaliser que je suis maman. Heureusement, mon homme assure, et les jours suivant se passeront bien et me permettront de me lier et de m’attacher à mon fils.

Pour un deuxième grossesse, gros bébé ou pas, en accord avec mon mari, nous refuserons toute proposition de déclenchement, sauf impératif médical avéré. Je reste convaincue que si j’avais laissé la nature faire elle même les choses, la naissance de mon fils (qui finalement ne pesait que 3.600 kilos, soit une erreur d’estimation de 600 grammes !) aurait été moins traumatisante que ce déclenchement raté.

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