# 193 Maryline 2010

28 Fév

Quelques mois après l’arrêt de ma contraception, je me sens bizarre, nauséeuse, fatiguée. J’essaie de me souvenir de la date de mes dernières règles, je ne me souviens plus exactement, mais j’ai du retard. Je suis sûre que je suis enceinte, je fais un test, il est positif. J’avais une prise de sang à faire je ne sais plus pour quelle raison, je demande au labo d’en profiter pour confirmer que je suis bien enceinte, et je prends rendez-vous avec la gynéco de ville qui me suit habituellement. Je ne l’aime pas trop, elle n’est pas très aimable, mais c’est la seule gynéco du coin qui donne des rendez-vous dans la semaine (les autres que j’ai essayé de contacter, de toutes façons, ils ne prennent pas de nouvelles patientes). Elle me demande la date de mes dernières règles, je lui donne une date approximative (en fait, je me souviens que c’était un lundi, mais j’hésite entre 2 semaines), mais je lui explique que de toutes façons, j’ai toujours été irrégulière, et qu’à mon avis, cette date ne sert pas à grand chose. J’ai eu l’impression que du fait que je ne sâche pas cette date, elle m’a prise pour une espèce de « cassos », irresponsable, analphabète ou je ne sais quoi. Elle regarde le résultat de ma prise de sang, et râle parce qu’ils n’ont pas fait de dosage pour tenter de dater la grossesse. On prend alors rendez-vous pour une échographie quelques jours plus tard. Je fais donc une première connaissance avec ma crevette ce matin là. Elle détermine en fonction de la taille de l’embryon que la date de début de grossesse est le 27 octobre 2009. Un mardi donc. Sur le coup, un mardi, je trouve ça bizarre. Car si je ne connais pas la date de mes règles, je sais avec certitude (en fonction du programme TV…) que la date du rapport fécondant, c’était la nuit du dimanche au lundi (monsieur n’était pas en forme en octobre, donc on n’a pas eu 36 rapports, c’est forcément ce jour là. Et je me souviens que le lundi, j’ai ressenti une légère douleur côté gauche il me semble, comme cela me le fait parfois autour de l’ovulation (pas à chaque cycle, mais cette fois là, je me souviens l’avoir ressenti). Après, que la fécondation n’ai eu lieu réellement que le lendemain, c’est pas impossible, mais sur le coup, je penche plutôt pour un début de grossesse le lundi 26 octobre. Bon tout ça, la gynéco ne me laisse pas le temps d’en parler, c’est du genre pressée.

Arrive ensuite le jour de l’échographie officielle du 1er trimestre. Elle fait ce qu’elle a à faire, me renvoie chez moi, et là, en classant mes papiers, je constate qu’elle a changé la date de début de grossesse au vendredi 23 octobre. Curieux, elle a rien dit, je me demande si c’est une erreur ou si c’est fait exprès. Surtout que le 23, c’est pas possible étant donné que le rapport fécondant a eu lieu après (et que je ne suis pas la vierge Marie). Je n’ai pas pensé que cette date aurait une incidence sur la suite du déroulement de ma grossesse, je me suis naïvement dit que comme ça, je serais en congé mat quelques jours plus tôt, donc je n’ai pas relevé.

Sauf que dans la clinique où je me suis inscrite (il y en a 3 dans le coin : une clinique privée, une clinique mutualiste et un hôpital, j’ai choisit la plus près de chez moi, c’est la clinique privée), le protocole, c’est d’essayer de déclencher dès le jour J.

J’arrive donc là-bas pour un contrôle le vendredi 23 juillet 2010, je vois d’abord une sage-femme qui me fait un monito, puis un gynéco. Ayant entendu parlé du décollement de membrane, je lui précise bien que je ne veut pas qu’il le pratique. J’ai entendu dire que pas mal de gynécos le pratiquaient au cours d’examen sans même demander l’avis de la maman. Il me répond une fois que je suis installée en position gynécologique avec son doigt dans le vagin qu’il va regarder mon col, et que si c’est « favorable », il va déclencher. Je refus catégoriquement l’idée d’un déclenchement, il répète inlassablement « si le col est favorable, il va déclencher ». Je me sens prise au piège avec les quatre fers en l’air et un doigt dans le vagin, puis il finit par dire, que « le col est long et tonique », donc il déclenche pas aujourd’hui.

Je suis plutôt outrée de son comportement, et j’ai surtout très très mal. Je ne peux quasiment plus marcher, je marche comme un canard en fait. Je me demande qu’est-ce qu’il a bien pu faire pour que j’ai mal comme ça: il a dû enfoncer son doigt dans mon col comme un forçat ! Je me sens un peu perdue, humiliée aussi, avec le sentiment de m’être laissée faire…

D’après le protocole de la clinique, j’y retourne 2 jours plus tard pour un nouvel examen (la douleur est partie). Cette fois, je suis bien décidée à ne pas me laisser faire ! Mon compagnon qui ne peut pas venir avec moi m’encourage par un « cette fois, les laisse pas te défoncer le cul ». C’est un autre gynéco qui me reçoit. Je suis sur la défensive, je lui explique que la dernière personne que j’ai vue m’a fait mal, qu’il me parlait de déclenchement, et que c’était hors de question, j’essaie de lui expliquer pour la date qui n’est pas bonne, mais il ne prend pas le temps de m’écouter. par contre, il est beaucoup plus sympa que l’autre, et il commence à me dire que de toutes façons, il connaît une méthode de déclenchement totalement bio. Il a piqué ma curiosité, je me dis qu’il va peut-être me parler du fameux « déclenchement à l’italienne » qui consiste à faire un câlin avec le papa, ce qui a parfois pour conséquence de démarrer le travail. Je baisse la garde, je m’installe sur la table d’examen, il met son doigt, et il dit « bon vous voyez, là je suis en train de faire un décollement des membranes, ça va déclencher spontanément le travail ». Là, je suis carrément dégoûtée, je me sens trahie, bernée, bref totalement écoeurée.

Dans l’après-midi, j’ai quelques douleurs, de légers saignements, mais pas de réelles contractions.

2 jours plus tard, donc à officiellement J+4, je retourne de nouveau à la clinique, mais cette fois, je prépare un « projet de naissance express »: je prend le 1er que je trouve sur internet du style : « je ne veux pas de péri, pas de déclenchement, pas d’épisio etc. » et je signe. J’ai trouvé un texte qui n’est quand même pas trop extrémiste non plus, je ne suis pas anti-médecin, mais je veux être respectée et pouvoir disposer de mon corps.

C’est encore une autre personne qui me reçoit, une femme cette fois. Elle regarde le résultat du monito que je viens de faire et me dit :

« Votre fils va très bien »

Moi : est-ce que vous avez pris connaissance de mon projet de naissance ? (j’avais donné le document à la sage-femme qui lui a transmis)

– ah, c’est vous … (avec un ton qui veut tout dire…) Mais votre fils, il est en souffrance foetale !

– vous venez de me dire qu’il va bien

– oui, mais on voit pas tout sur un monito

Après, elle commence à me dire « vous savez, j’ai fait option éthique dans mes études, ne pas déclencher par convenance pour la mère, bla, bla, bla » (bon, là, elle inverse un peu les rôles je trouve).

Bref, je reste catégorique, pas de déclenchement, je tente vainement de lui expliquer pour les dates, que je ne suis pas vraiment à J+4 en plus, mais elle ne me laisse pas. Elle refuse donc de m’examiner, et elle me dit d’aller dans une autre clinique (elle m’indique la clinique mutualiste et me fait un plan sur une ordonnance pour m’expliquer l’accès).

J’arrive là-bas, j’ai une petit peu envie de rigoler quand j’explique que je viens de me faire virer de la maternité. Au début, ils ne veulent pas de moi non plus, je fini par pleurer, et ils acceptent finalement de m’inscrire.Ils m’expliquent que d’après leur protocole à eux, ils déclenchent systématiquement à J+5 dernier délai, par mesure de sécurité, j’ai beau raconter mon histoire de date, ils m’expliquent qu’ils ne veulent pas déroger à leur protocole.

Je finis par rentrer chez moi en fin d’après-midi. Je vais me coucher le soir comme d’habitude. J’ai en principe rendre-vous pour un déclenchement le lendemain matin à 8h. J’essaie un peu de réfléchir aux conséquences de na pas y aller et d’attendre que bébé pointe le bout de son nez quand il aura décidé… Vers 2 h du matin, des contractions de plus en plus fortes, bon ben finalement, il n’y aura pas besoin de déclenchement, c’et parti ! J’arrive à la clinique vers 5 – 6 heures, je ne sais plus trop. Une sage-femme avec une aura que je ne saurais décrire m’accueille (j’ai su plus tard que cette femme là avait mis au monde son dernier à domicile). Par contre, elle m’explique qu’elle finit bientôt sa garde et elle me présente la sage-femme qui va prendre le relais. Ce n’est pas le même profile: beaucoup plus jeune, très scolaire. je comprend assez vite qu’il n’y aura pas de place pour la physiologie avec elle. Je demande à pouvoir marcher, le seul moyen pour moi de calmer mes contractions de plus en plus douloureuse (je ne suis que à 3). Elle me dit OK, mais faut passer un monito d’abord, en principe 20 minutes. Mais je ne sais pas pourquoi, elle fait durer le monito « 20 minutes encore ». Mon col progresse un peu, 1 cm par heure. Il est 10h environ, je suis toujours sous monito, je commence à plus supporter, mon col est à 5. Je réitère ma demande de marcher « oui, oui, tout-à-l’heure », je n’en peux plus, une heure plus tard, toutjours le monito, toujours à 5, un heure après, idem. Je commence à craquer, je redemande à marcher, je lui dit que la douleur est insupportable. Elle me répond « Il n’y a plus que la péridurale maintenant, et on va mettre une perf d’ocytocyne ». C’est tout ce que je ne voulais pas, mais j’abandonne, je n’en peux tellement plus que je finis par réclamer cette p… de péri. Il me faudra quasiment 2 heures de « torture » avant d’y avoir droit, le temps de refaire une prise de sang vu que le terme est dépassé. Gros soulagement quand l’anesthésiste arrive, j’aurais vendu mon âme au diable à ce moment là (j’en ai encore honte d’ailleurs). Après, c’est assez logiquement que j’ai eu droit à la perf d’ocytocyne (finalement pas longtemps car le bébé supportait pas trop), rupture des membranes, poussage en force et en position gynéco (« inspirez, bloquez, poussez »), et poussage quand la sage-femme a décidé (le gynéco était dans le coin, donc c’était le moment, car à son avis, il y aurait besoin des ventouses pour finir). Finalement, il y a pas eu besoin des ventouses ni du gynéco (j’ai poussé comme une malade, merci le hémorroïdes après), et dans la suite logique de cette façon de pousser, épisio.

Aujourd’hui, je n’en veux pas à cette petite sage-femme, elle a fait comme on lui a appris, et elle m’a toujours expliqué ce qu’elle comptait faire avant de le faire, et d’attendre mon accord.

J’en veux aux gynécos de la 1ère clinique, j’hésite aujourd’hui à entamer une procédure contre eux (j’ai déjà fait la liste des articles du Code de la Santé Publique qu’ils n’ont pas respectés).

Et je m’en veux surtout à moi-même, de ne pas avoir suffisamment défendu mes convictions.

Maryline

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Une Réponse to “# 193 Maryline 2010”

  1. Héloïse 20 décembre 2013 à 11 h 33 min #

    Vous n’avez pas été respectée et cela est profondément scandaleux, avez-vous finalement entamé une procédure ? Bonne continuation à vous !

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