# 198 France – Pas de Calais, 2009

28 Fév

Un petit bébé est arrivé sans prévenir dans mon ventre. Mon mari était comblé, moi très anxieuse… Les 9 mois de grossesse se sont bien passés (abstraction faite des malaises vagaux dès qu’il me fallait visualiser l’accouchement lors des séances de préparation en sophrologie).
On avait choisi une sage femme libérale pour le suivi de la grossesse puis la clinique de proximité pour les 3 derniers mois et l’accouchement.
je n’avais pas d’idée très préconçue : pas de péridurale, ça oui… mais je n’avais aucune idée de mon seuil de résistance… l’allaitement j’en avais envie, mais aurais-je une montée de lait???
on avait investit dans une écharpe de portage, on avait participé à un atelier…
Les jours se sont étirés, allongés jusqu’à la date du terme… et mon bébé n’avait semble-t-il aucune envie de quitter mon petit nid douillet.
Passage à la clinique pour la visite de contrôle. Impression mitigée : c’est long d’attendre le temps du monitoring, et franchement le stress d’un déclenchement n’était pas très aidant… Retour à la maison.
Le soir, ça y est, ça commence… notre bébé se décide à nous rejoindre!
petit à petit les contractions arrivent, s’intensifient… on part à la maternité en pleine nuit.
l’accueil est froid, long… et en plus je suis encore en pré-travail… mais comme je suis à terme, on nous met dans une petite chambre. »maintenant il faut dormir…. et si vous n’y arrivez pas, on vous fera une piqûre…  » les contractions se rapprochent, sont de plus en plus douloureuses, je lutte… je me mets en boule dans un petit coin… je lutte pour pouvoir dormir….
bien évidemment, je n’y arrive pas, je finis par essayer de voir quelqu’un (mon mari dort sur le lit)… elles me donnent des cachets et je reprends le lit.
avant le changement de poste, on me met un monitoring et à l’auscultation, je ne suis toujours pas « ouverte ».
le monitoring dure, dure… et quand enfin quelqu’un arrive et regarde le tracé, je me fait eng***** comme jamais : « quoi!!!! me faire ça à moi? moi qui ai des enfants!! mais pourquoi moi??? »
je suis bouche bée, interdite… infantilisée… j’ai bien du mal à comprendre ce qui est en train de se passer… elle me met sur le côté et s’en va.
j’ai mal, je commence à avoir des fourmis dans les bras et les jambes, j’ai besoin de bouger.
quand elle revient (longtemps après), je découvre qu’à chaque contraction le coeœur de mon bébé chute et que cette position atténue cet effet… quand je lui demande de pouvoir trouver une autre position, elle me dit cash que c’est moi ou le bébé… donc je n’ai pas le choix, je dois rester ainsi…
évidemment c’est insupportable…
à 10h, on me dit que l’anesthésiste arrive, c’est maintenant ou jamais…
j’abdique.. mais j’ai abdiqué depuis longtemps…
il me pose la péri, on me rallonge, je suis incapable de bouger, je suis même sous oxygène car j’ai peine à respirer. je ne sens plus les contractions, plus du tout… je ne sens plus rien.
une c** essaie de percer la poche des eaux mais n’y arrive pas : la tête de bébé fait bouchon. (on découvrira plus tard que bébé a la tête toute griffée et fortement griffée)
à chaque pic sur le monitoring, mon mari fonce chercher une sage femme car le coeœur de bébé chute, et même s’il reprend ensuite c’est long et angoissant et le bébé fatigue…..
le col s’ouvre lentement, très lentement…
je ne suis plus là…. je n’existe pas… je suis un ventre…
à midi, le gynéco arrive et annonce la césarienne, mélange de soulagement et d’inquiétude, de stress et de déception…
goût amer de l’échec et espoir de voir la fin se dessiner….
je suis obligée de dire au revoir à mon mari, on m’emmène au rez de chaussée…
arrivée au bloc, l’anesthésiste enlève la péri et me pose une rachi… quelqu’un me dit que j’ai de la chance que ce soit cette madame machin…
je suis allongée, les bras en croix.
le gynéco demande si je sens, il commence son « travail »
moi, je ne sais plus respirer
j’essaie d’attirer l’attention
on me rétorque que je dois respirer en respiration « haute » (et ça, je maitrise la respiration mais là, vraiment, ça marche pas)… je me concentre, j’essaie…. je n’y arrive pas
je commence à paniquer, je ne peux pas parler non plus…
quelqu’un finit par me demander de bouger mes mains… une fois, deux fois et là, enfin, une voix semble inquiète et annonce que je ne bouge pas les mains… la rachi est « remontée », je suis paralysée… ils me « soufflent » de l’oxygène et m’annoncent qu’il faudra m’intuber et donc je vais devoir avoir une anesthésie générale mais que là, pour l’instant, il faut sortir le bébé….
c’est long, je n’arrive pas à respirer, et là, il n’y a plus que ça qui compte…
le gynéco finit par me montrer « mon bébé », « c’est une fille »… mais mon regard est voilé, je me sens mourir… je m’en fou…
enfin, ils m’endorment. Il est 13h…
je me réveille j’ai mal. ils finissent par s’apercevoir je j’essaie de recracher le tuyau.
j’ai une dose de morphine.
quand j’arrive à parler, je dis que je veux allaiter… mais ça ne change rien pour eux. je demande des nouvelles de ma fille, je réussi uniquement à savoir que c’est un gros bébé de 4kg 450 (ben oui l’anesthésiste voulait savoir : elle était tellement surprise…)… mais personne ne peut me dire si elle va bien ou quoi ou qu’est ce….
j’attend là 3 heures dans cette « salle de réveil » avec mes appareil qui clignotent (parce qu’ils ne marchent pas), clouée au lit.
au moment de remonter dasn la chambre, un brancardier « m’oublie »…
une fois dans la chambre, on me dit qu’on va voir si ma fille peut sortir de couveuse pour que je puisse la voir… je m’effondre.
elle finit par arriver, installée dans son petit berceau poussée par mon mari. elle va bien, elle a passé tout ce temps dans les bras de son papa…. (j’ai découvert bien plus tard que mon mari n’avait pas été mis au courant de cet épisode. le gynéco lui avait dit qu’il y avait eu un tout petit souci mais que tout allait bien….!!!!!!)
moi j’étais seule…
je l’ai mise au sein de suite.
une ** l’a collée au sein de manière rude, et pas du tout bien positionnée…
crevasses… heureusement une tante de passage le 3ème jour m’a montré comment les lèvres de ma fille devaient être positionnées…. ça nous a beaucoup aidées
le séjour à la maternité a été horrible…
coincée dans mon lit, je n’ai assisté ni à son premier bain, ni à ses soins, ni à ses piqûres (dextro car gros bébé), ni à ses changes…
quand le 3ème jour mon mari est parti travailler, les aides soignantes ont été désagréables, je me suis sentie humiliée, incompétente… la nuit a été horrible…
une stagiaire m’a obligée à sortir de ma douche en plein milieu, encore « savonneuse » pour lui signer un papier pour qu’elle puisse emmener ma fille pour le test de guthrie…
l’horreur….
je me suis sentie déshumanisée, dépossédée… le pire, c’est encore que je leur ai dit merci….

et puis j’ai tout enfoui… et j’ai essayé de continuer de « vivre' »… l’allaitement exclusif à tenu jusqu’à 4 mois et demi… (15 jours de tirage de lait, mais mon bébé avait besoin d’être au sein trèèès souvent, (mauvaise prise? ou autre raison, je ne sais). j’ai continuer à l’allaiter matin, soir et nuit jusqu’à ses 6 mois et puis elle n’a plus « voulu »… )
la réussite de cet allaitement me tenait à coeur… au moins ça, on ne pouvait pas me le « piquer »… j’étais la seule à pouvoir la nourrir… j’avais au moins une compétence…

lorsque deux ans plus tard j’ai demandé mon dossier médical, il était nulle part mentionné cet épisode de l’anesthésie. c’était écrit RAS…..!!!!!!! il n’y avait pas non plus d’explication quant au pourquoi de ce deuxième geste médical : la pose d’une rachi alors que j’avais une péri qui fonctionnait…

– Gabrielle

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