#202 Anonyme

28 Fév

J’ai eu une grossesse difficile,stressante et très stressée de par ma situation personnelle, le papa de mon fils m’en faisant voir de toutes les couleurs et étant quasiment totalement absent de cette grossesse…c’était très compliqué et c’est à de nombreuses reprises que je me suis retrouvée aux urgences obstétricales de l’hôpital, durant ma grossesse.
Parfois cela suivait une énorme crise d’angoisse, et j’avais extrêmement peur des conséquences que cela pouvait avoir sur mon bébé, et parfois je m’y retrouvais pour des douleurs abdominales, j’avais comme une barre qui traversait mon ventre de part et d’autre et bien sûr là aussi je me demandais ce que mon bébé pouvait ressentir alors que j’étais si mal.
De manière générale ces fois- là je me suis sentie écoutée et accueillie par l’équipe hospitalière, il m’ont très vite proposé la mise en place de la PMI et j’ai alors été suivie par une psychologue très attentive et très douce, ainsi que par une sage- femme PMI également très gentille, puis dans mon « malheur » j’ai également eu la chance de faire la connaissance d’une sage- femme libérale, qui m’a prise en charge du cinquième mois jusqu’à la fin de ma grossesse et qui a effectué tous mes monitorings prescrits principalement par rapport à mon stress et ma fragilité émotionnelle je crois, bref, qui m’a chouchoutée et rassurée tout du long, je pense que je lui dois beaucoup, elle était comme ma soupape de sécurité… c’est ce que j’imagine que font un peu les « doulas », je me trompe peut-etre?…
Bref, je suis à quelques jours du terme, toujours des monitos, de plus en plus rapprochés, mais pas de grandes contractions, pas de perte des eaux même si avec ma grande facilité à stresser, j’ai plusieurs fois cru que c’était ça…bien que, quand ça arrive, on se dise « ah oui difficile de confondre!! »
J’ai rdv à l’hôpital le 26 septembre, le jour présumé de mon terme, là je me retrouve en consultation avec environ 20 futurs mamans éparpillées dans le couloir qu’on tente plus ou moins de faire asseoir en attendant de les ausculter, une sage femme à peine aimable vient me chercher pour m’installer dans un lit,me pose le monito, questions habituelles puis elle disparait…longtemps!!
Heureusement j’ai un peu l’habitude des monitos maintenant je constate qu’il y a des petites contractions mais rien de transcendant…au bout d’un moment elle revient, me débranche et me dit vaguement qu’il vont me poser des aiguilles d’acuponcture, pour ça elle doit vérifier si mon col commence à s’ouvrir.
Elle m’emmène dans leur bureau où elle regarde les plannings, je me dis qu’elle va me faire revenir…mais non! Au fond de la pièce il y a un rideau qui « cache » une table gynéco!!elle m’y emmène, il y a trois autres sages-femmes au bureau en train de dire; « bon Mme une telle on la fait revenir dans deux jours, Mme Ci, demain et vous Mme, en s’adressant à moi, c’est quoi votre nom?? »
Bref je suis la première sage-femme derrière le rideau, le verdict tombe, mon col est totalement fermé, postérieur et long??? c’est mauvais?! apparemment… je n’aurai pas plus d’explications…
Je me rhabille et elle me fait attendre de nouveau dans le couloir…enfin plutôt entre deux portes dans un couloir d’1,50m avec 4 chaises, 5 femmes enceintes et 3 maris!…
J’ai attendu une bonne demi-heure, pour que la même sage-femme revienne me chercher m’installe à nouveau sur un lit et me pose une dizaine d’aiguilles d’acuponcture, sans même me regarder en me faisant mal pour deux d’entre elles et sans aucune intention ni conscience de ce qu’elle faisait, en apparence en tout cas…ce n’est pas exactement l’idée que je me faisais de l’acuponcture…mais je dois être trop idéaliste parfois…
Je reste dix minutes comme ça, elle revient me les enlever comme elle me les a mises et me donne un papier avec un rdv, je dois revenir le lendemain à 16h…Je lui demande; « je reviens demain pour voir où ça en est ou quoi? » elle me répond naturellement, comme si c’était évident; « ah mais après vous ressortirez avec votre bébé Madame! »…
Ok!! je repars perplexe et un un peu paniquée, j’appelle directement « ma » sage-femme et lui raconte, elle me dit; « ah ben il vont très certainement te déclencher!! »
J’ai donc à peine 24h pour me préparer à un déclenchement et pour tourner 1000 questions dans ma tête, même en ayant assisté à tous les cours de préparation à l’accouchement, même deux fois car je les ai refais à la Pmi, là pour le coup je me sens totalement perdue et dans un flou artistique absolu!!

Le lendemain 10h, je ressens que j’ai des pertes, je me demande à nouveau si je perds les eaux…du coup ayant rdv à 16h pour rentrer à la mater, je m’y retrouve vers 12h…pour rien mais bon…vous aurez compris que j’étais angoissée et sûre de plus grand chose à ce moment là.
Une longue attente commence, avec des ballades régulières même si j’ai beaucoup de mal à me déplacer, de par le poids que j’ai pris mais aussi de par la chaleur qu’il fait, dans ma région, même fin septembre c’est encore l’été!!mais bon il faut tenter de faire avancer tout ça…

Ils me mettront un pro-pesse le lendemain matin vers 10h alors que j’ai été réveillée; tenue de me doucher, habillée en blouse blanche bien trop petite pour ma taille de femme enceinte et sur le qui-vive, depuis 6h du matin…j’ai du dormir 3h en tout et pour tout cette nuit là!
mais bref!!
Aux urgences obstétricales, ce matin là je me retrouve en pleurs, car mon mari de l’époque est odieux ce matin là avec moi, encore une fois…Une sage-femme entre et me voit en pleurs; « ça va Madame? ben faut pas pleurer! »!!!!!……..
Je remonte dans ma chambre, encore beaucoup d’attente, passons, rien de passionnant, l’équipe où se trouve ma chambre à ce moment là, en grossesse pathologique est correcte avec moi et fait en sorte de me transférer côté maternité, en chambre seule.
C’est le cas en fin de journée et là la sage-femme de service de nuit est un homme…on dit que les hommes sont souvent plus doux dans ce milieu professionnel…et ben pas dans son cas, il est froid et fermé, il ne me regarde même pas quand il se présente et reste le moins de temps possible même quand il me pose des monitos.
Nous sommes à ce moment là le 28 septembre au soir…Je fais une dernière ballade vers 23h30 avec le père de mon enfant et mon mari à l’époque.
Je remonte et regarde un programme télé qui me fait rire, j’ai des contractions un peu plus fortes mais toujours rien d’insupportable.
Vers 00h30, 1h je ris à un squetch et là je sens comme une grosse quantité d’eau couler dans ma culotte, là je me dis que je viens de me faire pipi dessus en riant ou que pour le coup c’est bien la rupture de la poche des eaux et que dans ce cas oui c’est bien différent de tout ce que j’ai eu comme « perte ou fuite » jusque là!!
J’appelle la sage-femme homme…il me fait un toucher vaginal et ressors avec une substance jaunâtre sur les doigts, je m’inquiète, il me dit; « c’est du méconium, ça veut dire que le bébé est peut être en souffrance!il faut faire vite » et rajoute qu’ils vont me descendre au bloc obstétrical rapidement et s’en va……………
Je vous dit même pas comment cette phrase à raisonner en moi; »ça veut dire que le bébé est peut-être en souffrance, il faut faire vite »…c’était ma hantise et lui il ne me dit pas plus!!!
Il revient rapidement avec une autre personne, ils me descendent et mon ex-mari suit sagement.Ils plaisantent lui et sa collègue au dessus de moi, tout en allant assez rapidement et donc en ne faisant aucunement attention aux bosses, trous, portants et autres obstacles sur le chemin…alors que moi je ne supportais quasiment aucun accoups depuis mon 5ème mois de grossesse et que je galèrais trop à me déplacer, notamment en voiture à cause de ça!

Me voilà au bloc…une sage-femme que j’avais vu durant ma grossesse à l’occasion d’un de mes passages après une crise d’angoisse ou douleur abdominale, me prend en charge, accompagnée d’une étudiante sage-femme, très gentilles toutes les deux.
On me pose monito, électrode ,perf du produit pour accélérer ouverture du col, je me souviens plus du nom…bref tout le toutime!!
Premier examen du col DE LA NUIT, verdict; mon col est dilaté à 1,5cm….
Rien de très prometteur à leur visages mais bon elles sont tout de même rassurantes et me disent que mon bébé n’est pas en souffrance pour le moment…
Les contractions sont de plus en plus fortes et douloureuses…heureusement on me pose la péridurale pas très longtemps après, environ 45min je dirais.
On m’avait prévenu pour la pause de la péri que c’était pas une partie de plaisir et qu’il fallait que j’arrête de respirer, etc…
ça se passe « relativement » bien, l’anesthésiste me félicite même de mon « calme »…j’en suis contente.
Après ont suivi examens du col, augmentations de la perf, consultations avec le gynécologue de garde, pendant plus de 5h…vers 6h30 du matin mon col était toujours à 2cm de dilatation…Les sages-femmes avaient commencé à me préparer à la possibilité d’une césarienne une heure avant environ… Je priais donc dans mon fort intérieur pour que mon col se dilate miraculeusement…Elles m’avaient tout de même fait allusion à quelques passages de souffrances cardiaques de mon bébé…j’étais de plus en plus angoissée…
7h, le gynécologue de garde à peine réveillé entre dans ma chambre, on allume les lumières, réveille mon ex-mari, le gynécologue me dit; « on va faire une césarienne Madame, le col ne bouge pas, on ne peut plus attendre, ça serait trop risqué pour votre enfant. »
Je m’effondre… il me dit juste; »il ne faut pas pleurer, ça va aller. »
Pas pleurer pas pleurer…facile à dire, j’avais « vu » théoriquement ce qu’était une césarienne d’urgence en cours de préparation, et même si j’avais pas mal d’appréhension à l’idée d’accoucher par voie basse, j’avais encore plus peur de la césarienne, et je ne m’y étais pas du tout préparer psychologiquement.
A ce moment là tout va très vite, je n’ai presque plus le temps de penser à quoique ce soit, beaucoup de gens entrent et sortent de la pièce, on demande à mon ex-mari s’il veut être présent, il accepte, ils l’emmènent se préparer. On me prépare, anesthésiste, sages-femmes, infirmières, certains se présentent, d’autres pas, une sage-femme très speed et à peine aimable, me pose deux cathéters et décrète que c’est parce que le premier qu’on m’avait posé était mal posé et que le produit n’avait pas été bien diffusé et que c’était ça qui avait fait que mon col n’avait pas bougé que ça n’avait pas marché!!!
J’étais super énervée contre elle, de quel droit elle mettait en doute le travail de ses collègues et ça avait très bien diffusé selon moi car après mon accouchement j’ai eu des cathéters qui ont mal diffusé et ben je m’en suis bien rendue compte, ma main doublait de volume et ça faisait très mal!! mais j’étais difficile à piquer donc pour elle c’était ça!!
Ils m’ont transférer dans le bloc chirurgicale et là les nouvelles sages-femmes, celles de jour m’ont souhaité bon anniversaire…et oui mon fils est né le même jour que moi, 28 ans après!
Elles me disent; « c’est un beau cadeau d’anniversaire, votre fils! »
Moi je souris et dis « oui » timidement, et pense à l’intérieur, « une césarienne, tu parles d’un cadeau d’anniversaire »…
Évidemment, j’allais voir mon fils quelques minutes plus tard j’aurai du être la plus heureuse des mamans je suppose, mais j’étais terrorisée par cette césarienne et effondrée que ça se passe comme ça et je réalisais à peine que mon fils allait naître quelques minutes plus tard.
L’équipe préparait le champs stérile, et j’ai entendu l’anesthésiste dire au gynécologue « Putain on nous réveille à 6h30 pour être ici que maintenant »…il devait être 7h30!

Bref, on m’a opéré…et le seul moment agréable et de sérénité a été l’instant où j’ai entendu le premier cri de mon fils et où on me l’a montré, quelques minutes après….c’était hors du temps, hors du moment de douleurs extrêmes que

j’ai traversé, c’était très émouvant et ça m’a fait tout bizarre, c’était trop court, j’aurai aimé qu’on me l’amène, que je puisse le toucher, le sentir, le voir un peu plus, réaliser….
ça n’a pas été le cas…l’opération a continué, je sentais beaucoup, beaucoup trop, je me plaignais de la douleur, je criais régulièrement…mon ex-mari me tenait la main et l’anesthésiste se trouvant derrière moi, dont j’avais une vue partielle et à l’envers, jouait sur son portable je crois puis s’est approché de moi et m’a dit; « -Qu’est ce qu’il se passe Madame, pourquoi vous criez comme ça?
– Parce que j’ai mal! je réponds
– C’est pas normal que vous criiez comme ça, vous devriez pas avoir mal, me dit-il!
– Ben écoutez j’ai mal, vous avez déjà eu une césarienne? je lui demande, légèrement agacée par son ton supérieur et totalement détaché!!
– Non mais j’en ai fait suffisamment pour savoir que c’est pas normal que vous ayez mal comme ça!!! me dit-il!! »
J’avoue être restée un peu bouche bée…
Il reprend; « Si vous voulez je vous endors mais il y a des risques pour vous!! »
……………………………….
« Ben non alors, je préfère pas!! » et là je prends mon mal en patience pendant qu’on finit de me triturer le ventre, que l’anesthésiste reprends tranquillement son activité, que l’étudiante sage-femme qui est restée jusqu’à la fin au delà de son service, me soutient gentiment du regard, que mon ex-mari me tiens la main et essaye de me soutenir comme il peut lui aussi, cette fois il était présent pour le coup, et je pense avait autant envie que moi de tuer l’anesthésiste qui en plus, ironie du sort s’appelait « Jésus »!!!Je vous avoue que j’avais bien envie qu’il soit crucifier à ma place sur la table de césarienne, pour le coup!!!

A un moment, ça se finit…
Je sors du bloc et on me pose mon fils sur moi…peut être une minute peut être trois, le temps pour son père de prendre deux photos…pour moi ça a duré une micro seconde…et on m’emmène en salle de réveil…. je crie à son père tout en partant un faible « fais du peau à peau avec le bébé »….

Je suis triste d’être séparée de mon fils mais le sommeil prend le dessus, j’ai mal moralement et physiquement, mais je m’endors…j’entends des bruits des équipiers, « Jésus » revient!
il est là à un moment, ce fichu anesthésiste, j’aimerai lui parler, lui crier dessus mais je suis dans le coltar…je dors une petite heure…

Quand je remonte l’équipe me dit…il a faim votre fils! je culpabilise de pas avoir pu lui donner le sein avant et de pas avoir fait de peau à peau avec lui…Je suis inquiète qu’il ait vraiment trop faim…
J’arrive dans la chambre…il dort tranquillement, son père et sa grand-mère;ma mère sont là et l’admirent…
Il va bien, heureusement, je peux souffler un peu.

Je vais m’arrêter là pour ce témoignage…j’aurai encore tellement de choses à dire par rapport à mon séjour à la mater mais je n’en n’ai plus le courage pour cette nuit et je suis prise par le temps pour la fin du défi…ainsi que par mon bébé de cinq mois aujourd’hui qui va bientôt demander sa tétée de la nuit!;)

Merci à toute l’équipe de nous avoir donner un espace pour nous exprimer, pour témoigner et espérons le pour peut-être changer les choses…

Et merci à vous qui m’aurez lu je l’espère avec pas trop d’ennui…

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