Marie – 2009 et 2011, Haut-Rhin

28 Fév

On pensait rêver ce bébé pendant 9 mois.
Yasmine ne devait arriver que le 13 janvier.
La nuit de Noël, on a fêté en famille et je suis rentrée chez mes parents un peu plus tôt que les autres. La nuit, impossible de dormir, impossible de trouver une position agréable. Je suis descendue dormir sur le canapé.
Réveil à 8 heures. Je me sens mouillée. Un doute… je sens comme un léger filet de liquide qui coule. Je décide de monter réveiller mon mari qui est un peu malade, a trop fait la fête la veille. Je lui dis : »Je crois que c’est pour aujourd’hui »…
Puis je réveille mes parents pour demander à ma mère où je pourrais trouver une protection, a-t ‘elle une culotte de rechange à me prêter?
Petit déjeuner tranquille en famille, tout le monde partage ce moment (mes parents, mon frère, sa femme et ses 2 enfants). On prend le temps. J’appelle la maternité quand-même qui me dit qu’en cas de rupture de la poche des eaux, il vaut mieux venir au plus vite.
A 10 heures, mon père nous emmène à la maternité. Sur le parking, juste à côté de la voiture, traîne une tétine rose et je me dis que c’est un signe… certainement une fille!
La maternité est déserte. Quelle femme aurait l’idée d’accoucher le jour de Noël ? …
La sage-femme nous accueille très bien, avec des petits fours de Noël traditionnels de notre région. Mon col est à peine ouvert, je reste en observation. La sage-femme, constatant l’état de mon mari, lui conseille de rentrer se reposer. « Pour un premier enfant, pas de naissance avant le lendemain » nous annonce-t ‘elle.
De mon côté, je monte en chambre et j’attends… Pas de douleur, pas de contraction. C’est une belle journée froide et ensoleillée. La sage-femme me dit de redescendre si j’ai des contractions. A vrai dire, je n’ai absolument aucune idée de ce qu’est une contraction.
Vers 16h30, je commence à ressentir de légères douleurs. Je descends et la sage-femme m’annonce que le col est ouvert à 5 cm. Finalement, le bébé arrivera probablement le jour de Noël. Il faudrait mieux que je dise à mon mari de nous rejoindre.
Il arrive vers 18h30 et me trouve accroupie devant le radiateur. Là, je commence à comprendre ce qu’est une contraction. Vers 19h30, j’ai une folle envie de pousser en allant aux toilettes. Branle-bas de combat. Mon mari appuie sur la sonnette. J’entends de petits pas très rapides et affolés dans le couloir. Une sage-femme m’assoit précipitamment sur un fauteuil roulant. Direction l’ascenseur. Je hurle de douleur, je ne veux pas rester assise. « Madame, arrêtez de pousser où vous allez accoucher dans l’ascenseur! ».
Nous arrivons en salle de travail dans mes cris. La sage-femme qui nous avait accueillis finit bientôt son service mais décide de rester. Bonheur!
J’ai si mal que je serre les jambes en criant « Laissez-moi tranquille ». Je crie, je frappe en tous sens, je ne vois plus rien. Mon mari tente de me calmer. La sage-femme en appelle deux autres en renfort pour m’immobiliser. Dans mon agitation, je fais valdinguer le plateau de perfusion. Les sages-femmes me maitrisent avec professionnalisme, force, mais respect.
Tout se passe très vite. Je pousse alors que l’on vient à peine de me mettre en blouse d’hôpital. La sage-femme me dit « Je vois ses cheveux, ils sont tout noirs » pour me donner de la force mais je prends ça comme une phrase toute faite. Comme si mon bébé avait des cheveux, et noirs en plus!
Mon mari est d’une grande aide pour l’équipe et pour moi. Il me calme, me recentre et aide à m’immobiliser.
Yasmine sort précipitamment à 20h37. Un joli petit bébé de 2kg880, avec de beaux cheveux épais et noirs.
Je suis la première à découvrir que c’est une fille parce que la sage-femme me propose de venir la chercher toute seule. C’est donc moi qui annonce à son papa que c’est une fille, puisqu’il est trop absorbé par ses grands yeux noirs déjà ouverts sur le monde. Yasmine restera en peau à peau sur mon ventre pendant presque une heure et fera sa première tétée dans la foulée. Ensuite, elle est partie avec son papa pour les premiers soins et ces 40 minutes seule m’ont paru une éternité.
J’avais rêvé d’accoucher sans péridurale et je m’étais préparée à un travail de 12 à 14 heures comme c’est souvent le cas pour un premier enfant. Finalement, je n’ai eu que deux heures de vraie contractions et la question de la péridurale n’a même pas eu le temps de se poser. Le séjour à la maternité s’est particulièrement bien passé. Les sages-femmes et auxiliaires de puériculture ont toujours été à l’écoute et ont pris le temps qu’il fallait. L’allaitement s’est mis en place avec quelques angoisses mais un vrai plaisir parce que le personnel a toujours été là. J’ai allaité Yasmine pendant 9 mois.
Dès sa naissance, nous avons envisagé un deuxième bébé tant l’accouchement s’était fait dans le plaisir et le respect.

Je suis tombée enceinte alors que Yasmine allait sur ses 13 mois. Là encore, nous n’avons pas souhaité connaître le sexe de l’enfant. Pour moi, il était évident que le bébé naîtrait dans la ville de naissance de sa sœur.
Deux semaines avant le terme, je m’endors en ressentant quelques douleurs à peine perceptibles. Vers minuit, les douleurs se font plus claires mais je ne souffre pas. Je vais voir mon mari qui me dit: « Tu devrais partir à la maternité, tu as la même tête que quand tu as accouché de Yasmine ». A 1h25 du matin, je prends ma voiture mais pas la valise. Aucune certitude que ce soit vraiment le travail qui commence. Je m’arrête parfois aux feux orange clignotants pour souffler, je commence à ressentir de vraies douleurs. A 1h39, j’arrive à la maternité pour un contrôle, je n’arrive même plus à marcher. Le col est déjà ouvert à 4 cm. J’appelle mon mari qui doit appeler ma mère pour qu’elle vienne garder Yasmine. Elle en a pour 20 minutes, cela devrait aller…
Après le monitoring, la sage-femme prévoit de me monter en chambre (je ris intérieurement). Précisons que cette fois la maternité est pleine à craquer et que les femmes se suivent sans arrêt dans les salles d’accouchement. Tout se précipite, la sage-femme le comprend. Elle me laisse néanmoins bouger, m’accroupir, danser, chanter et je me sens libre de faire le travail dans la position et au rythme qui me convient.
A 2h30, je sens du liquide couler. Je lui dis « je crois que je perds les eaux » et me rends compte qu’en fait il y a quelques gouttes de sang sur le sol (je suis à 4 pattes). Elle m’installe avec précipitation sur la table d’accouchement, appelle une autre sage-femme en renfort, probablement surprise par la rapidité du travail. Cette deuxième sage-femme me tient la main. J’ai à peine la sensation de pousser. Drisse est là, à 2h39. Son papa arrive essoufflé et nous découvre déjà en peau à peau. « C’est un garçon! ».
Depuis nos deux bambins ont grandi et tous les moments n’ont pas été faciles mais c’est avec nostalgie, bonheur, émotion et respect pour l’équipe et son écoute, que je repense à ces deux naissances et que je conseille l’établissement à toutes les femmes enceintes qui m’entourent.
Je me rappellerai toujours de G., la sage-femme qui m’a aidé à mettre au monde Yasmine et de A., celle qui m’a tenu la main avec dévotion à la naissance de Drisse.
Chaque accouchement est différent, c’est vrai. Mais la femme est la mieux placée à ce moment pour ressentir ce qui se passe et comprendre ce qu’il y a à faire. C’est ce sentiment que m’ont donné les sages-femmes en respectant mes choix et ma gestion du travail, tout en étant tout-à-fait là quand il le fallait. Je ne prévois pas pour l’instant d’avoir un troisième enfant, mais si c’était le cas, c’est sans aucun doute que je choisirai la même maternité qui a rendu ces moments magiques inoubliables.

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