#211 Angélique – accouchement prématuré – Lyon, 2008

2 Mar

La naissance date un peu, ma fille a 4 ans passés et les souvenirs s’estompent peu à peu…

Aussi je vais m’aider des récits que j’avais posté sur un blog à l’époque pour vous retranscrire avec beaucoup plus de recul la naissance et l’arrivée d’A.

Une arrivée mouvementée…
Déjà la surprise de ma grossesse nous a déjà bien secoués, nous étions en pleins préparatifs de mariage et nous vivions chez mes parents, mais dès que j’ai appris son existence au creu de moi… Je l’ai AIMEE ce petit bébé… cette petite fille.

Bref …

Octobre, 28 SA écho du second trimestre, tout va bien, seulement ma gynécologue repère des oedemes importants sur mon corps, je suis déjà bien en sur-poids à la base, moi je pensais que c’était normal du coup, elle me dit de repasser 15jours après, entre deux de ses rendez-vous elle prendra ma tension.. pour voir.

13 Novembre 2008.

Je suis en route pour le gynéco, je commence mon travail à 13h, je passe chez elle vers midi, j’attends pas mal de temps dans la salle d’attente, tant pis je serai en retard…
Et je n’ose pas m’imposer entre les patients…

Du coup quand elle m’aperçoit elle me fait un peu la morale «  mais fallait me dire que vous étiez là ! »

Prise de tension : 17 !

Je vois de la panique dans ses yeux…

Elle me fais une écho pour voir, bébé estimée à 1,650kgs…

Le verdict est sans appel : Vous allez à la clinique, de suite.

Paniquée… Je sors, j’attends mon bus, j’appelle mon mari «  je dois aller à l’hôpital quelque chose ne va pas bien »

Je suis à 30SA… Je ne sais absolument pas ce qui cloche.

J’ai vaguement reçu un e mail, style suivi de grossesse la semaine d’avant qui parlait de pré éclampsie… Ah tiens … c’est peut-être donc ça !?

Je panique, je pleure…

Arrivée à l’hôpital, j’appelle une amie, j’appelle ma mère, mon homme est au travail.

Ils m’installent en salle de pré accouchement, me font faire pipi dans un bocal, me posent une perfusion, font des prélèvements sanguins, me mettent un brassard qui prend ma tension toutes les dix minutes et m’arnachent à ce truc qu’ils appellent monito… J’entends le cœur de ma princesse, elle va bien, elle bouge bien…

Et ils s’affairent autour de moi, ma mère me rejoint, ça dure plusieurs heures…

Je ne sais pas ce qui se passe.

Au bout d’un moment une SF répond enfin à mes questions « on attend vos résultats et si ça ne va pas on on vous transfère en maternité de niveau 3 et on va EXTRAIRE le bébé »

Comment ça EXTRAIRE le bébé !?!? Sera-t-elle vivante ? Ou morte ? Qu’est ce qui se passe ?

Je lui parle de pré éclampsie du bout des lèvres… elle acquiesce.

J’attends… des heures, j’ai mal de partout, j’en ai marre, on ne me dis rien…

Dans ma perfusion j’ai un médicament pour faire baisser ma tension, et au fur et à mesure elle descend, mon mari me rejoint.

Nous sommes le 13 novembre 2008, elle est prévue pour le 27 janvier 2009… C’est bien trop tôt… J’ai peur .

19h30 les résultats arrivent. Ils ne sont pas catastrophique mais on m’hospitalise.

Je n’ai pas de valise, pas de sac, rien j’envoie mon homme chercher quelques petites choses.

Les jours qui suivent se ressemblent.

On me distille les infos au compte goutte, mon albumine augmente de jour en jour.

Je vis attachée à ma perfusion, monito 3 fois par jour et prise de tension toutes les 3h.

J’en ai marre, le personnel soignant ne prend même pas le soin de m’aider à changer de vêtement, bah oui avec la perfusion, je ne peux pas le faire seule.

Mon homme m’aide à me laver.

La tension diminue, on me parle de tenir jusqu’à 35SA.

Le 18 novembre on me retire enfin la perf je suis a 31SA.

Je passe aux comprimés, je revis un peu. Hier la gynéco est passée et elle envisageait même une sortie de la clinique avec une HAD (hospitalisation à domicile).

Mais je gonfle et mon albumine augmente encore ( plus tard mes amis et ma famille me diront que je faisais vraiment peur à voir!)

Toujours ce même mutisme de la part du personnel soignant, depuis que je suis arrivée j’ai vu qu’une fois ma gynéco, et je me pose mille questions. J’ai accès à internet et je commence à psychoter, j’ai peur, je panique et ça ne m’aide pas dans ma situation.

C’est à ce moment là qu’on me confirme que peu importe le terme j’aurais une césarienne… A ce moment là je suis déçue mais je n’ai pas spécialement peur…

Le 19 novembre voilà ce que j’écris sur mon blog : « En plus j’ai l’impression que nous nous accrochons a des fausses idées, puisque rien d’officiel nous a été donné…
On se base sur des infos distillées par les infirmières, mais si ça se trouve je vais rester des semaines ici, et je ne pourrais pas ! c’est plus fort que moi , je sais que c’est pour ma fille et moi, mais je ne suis pas assez solide pour ça ! Si encore j’étais a la maison, avec la même surveillance, alitée peut être mais chez moi… là non, je suis vraiment mal, ce milieu médical, tout ça, très peu pour moi ! »

Toujours ce mutisme médical…

Les jours passent encore, interminables, j’ai les yeux qui gonflent et une douleur aux poumons qui commence à me gêner.
J’en ai marre, tous les jours on me prend du sang je fais pipi dans des bocaux, on me pique les cuisses de corticoïdes pour faire mûrir les poumons du bébé … Mais tout reste flou, j’ai pas les résultats, on me réveille tous les matins à 7h45 pour les monitos, je ne comprends rien… Je m’énerve.

22 novembre, ma gynéco refait une écho, elle estime A à 2kgs.. et me confirme : à 34SA tout pile, on césarise. Il me reste donc un peu plus de 15jours de grossesse, et je vais les vivre hyper médicalisés.

Mais dans la nuit du 22 au 23, tout se gâte, ma barre aux poumons est une barre épigastrique, m’empêche de respirer, mon mari revient en urgence à la clinique, et l’infirmière ne veut me re perfuser, mais on ne peut plus me piquer mes bras sont noirs, mes veines ne sont plus visibles, je hurle elle ne m’écoute pas, j’en peux plus. Elle prend ma tension : 18.

C’est là aussi que les céphalées commencent, insupportables, douloureuses… horribles, j’avais envie d’en finir.

La gynéco me rend visite le lundi 24, elle me dit que la césarienne aura lieu mercredi 26 novembre, les résultats sont mauvais, et mon état s’empire.

Quelques heures plus tard, elle revient dans ma chambre,mon albumine est à 3g, mes céphalées ne passent pas, ma tension reste à 16…
La césarienne aura lieu le lendemain matin, 8h, le 25 novembre 2008. à 32SA pile poil.

Ce matin là , réveil à 5h pour prendre une douche à la bétadine (Berk) et me préparer: blouse blanche, etc. pour l’accouchement.
Mon homme est arrivé vers 6h30, on a attendu qu’ils me descendent au bloc…

7h24 précises, ils me descendent. Là le stress commence à être palpable… je me mets d’ailleurs à pleurer.
Mon chéri me console comme il peut mais on vois bien qu’il est aussi stressé que moi.

On installe mon homme dans la salle vidéo et moi je rentre au bloc. Là, les sages femmes sont super adorable, elle font de l’humour pour me détendre et il y en a besoin car ma tension est remontée a 17.

Ma gynéco arrive, ambiance détendue car c’est le jour de sa fête (Sainte Catherine). je lui explique que c’est mon troisième prénom et que tout devrais bien se passer même si je stresse et que je tremble de peur.
Ensuite, ils me font asseoir sur la table afin de m’asperger le dos de Bétadine etc. Et la on attend l’anesthésiste.
Il arrive vers 7h45 et il commence à me faire la rachi qui me fais souffrir à cause de mes oedemes dans le dos. Il a du mal à me piquer. Mais il est adorable et très rassurant, j’ai une équipe de choc!

Là je commence à sentir des décharges dans les jambes, ils me font m’allonger et me pose une sonde urinaire. L’anesthésiste reste à mes cotés et me rassure en me disant que je vais sentir qu’on me touche mais que je n’aurais pas mal. Il est d’ailleurs resté tout le long à côté de moi durant l’accouchement pour me rassurer en me disant que j’étais courageuse, que je devais souffler et que tout se passais bien. Moi les sensations étaient vraiment bizarre parce que je sentais vraiment qu’on me tripotait et ça me faisais vraiment paniquer. D’ailleurs j’ai paniqué… Je n’ai vraiment pas aimé cette sensation !

Puis l’anesthésiste m’a dit: « ça y est on vois la tête » et 10sec après j’ai entendu des petits pleurs tout mignon.

Je n’ai rien vu parce que j’avais un champs chirurgical qui me recouvrais jusqu’au dessus de la tête. Une sage femme m’a dit de suite qu’elle allait voir le papa pour le rassurer, ce que j’ai trouvé super!! et ils m’ont bien confirmer que c’était une petite fille.

Pendant qu’ils enlevaient tout le placenta, ils ont fais les soins de la petite que j’entendais pleurer, c’était trop émouvant.

Une fois les soins terminé, le pédiatre est venu me la montrer quelques secondes et m’a permis de lui faire 3bisous. Il l’a vite ramenée en néonat ensuite.

Moi j’étais ailleurs, j’avais hâte qu’ils finissent de me recoudre, j’étais submergée par l’émotion.

Puis ils m’ont remontée en chambre, mon homme m’a montré des photos, mes parents sont arrivés et j’étais encore sur mon nuage, submergée par l’émotion d’être …MAMAN !

Même si ma fille n’était pas avec moi j’étais heureuse.

Seulement vers 14h mon mari est revenue de néonat pour me dire qu’elle avait du mal elle gémissait à chaque respiration, du coup ils l’ont placée sous oxygène.

Vers 16h une infirmière est venue m’annoncer que vu sa détresse ils la transféraient vers une réa-néonat…

Ils m’ont mise sur un brancard et m’ont emmené la voir, 10 petites minutes où je l’ai vue, de dos, je l’ai touchée… elle a sursauté. Si petite.

1,690kgs – 40cm 32 SA ma princesse A. … petite préma.

Mon récit est long mais mon calvaire n’était pas terminé.

A ce moment là, malgré la douleur de la cicatrice, malgré tout je n’imaginais pas ce que j’allais vivre ensuite.

Le lendemain mon mari est parti la voir, a 100km, il m’a ramené des vidéos.

Le manque a commencé à se faire sentir, de plus en plus fort.
Moi , dans cette satanée chambre.

Mon ventre vide.

Des pleurs de bébés dans les couloirs.

Et moi… Seule dans ma chambre, pas de petit berceau.
Cette cicatrice très douloureuse.
Ces gens qui s’affairent autour de moi mais qui ne me disent rien.

Alors j’appelle l’hôpital où elle est , plusieurs fois par jours «  elle va bien on l’a ex-tubée »
« elle a perdu du poids elle fait 1,5kgs »
« elle n’a plus d’oxygène elle récupère »
Mon mari me ramène des vidéos.
Et le personnel de ma clinique reste muet.
Pourquoi ne m’ont ils pas transférée ? Même les aides soignantes ne comprennent pas….

Et le manque se fait insupportable.

Je pleure, je pleure en silence pour ne pas montrer que je souffre comme jamais je n’avais souffert.

J’ai failli y passer.
Mais je ne m’en rend pas compte.
Je veux mon bébé… Je veux ma fille !

J’ai mis au monde A le mardi.
Le vendredi, le pédiatre passe, et me dit qu’elle reviendra probablement aujourd’hui.

Je suis aux anges !
Je pleure de joie, je ris, j’ai hâte.

Les heures passent… Rien…

Alors on appelle l’hôpital où elle se trouve, et là stupeur : Aucun transfert n’est prévu !

J’en ai marre d’être gentille, j’en peux plus… pourquoi m’avoir fait cette fausse joie ?

Tant pis pour ma cicatrice, demain j’irai la voir !

Samedi matin, je signe une décharge et je descend en néonat donner mon bib de lait maternel fraîchement tiré.

Et là le pédiatre me dit «  mais vous allez vous faire sauter les points, il neige, 100km ! Faut pas risquer non non j’appelle je la fait transférer ici »

Et là… je ne remercierai jamais assez ce médecin… qui m’a fait le plus beau cadeau en ce 29 novembre… le retour de ma princesse auprès de moi.

Le 30 novembre a été le jour de notre premier peau à peau.

Depuis… nous sommes hyper fusionnelles.. je ne peux m’éloigner d’elle trop longtemps, plus jamais on ne se mettra entre elle et moi !

Voilà mon récit, long … et pourtant j’ai écourté.
Mais voilà mon expérience.

Entre un corps médical muet.

Une naissance surmédicalisée.
Une séparation mère/enfant cruelle…

Je rêve un jour d’une grossesse normale, et d’un accouchement serein.

alors… Si un jour ça recommence ou ça vous arrive, je n’ai qu’une chose à dire : « Rebellez vous, tenez tête au personnel et ne vous laissez pas faire. »

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