#215 Céline, à Bordeaux en novembre 2007

3 Mar

La naissance de notre première petite puce était prévue pour le 24 novembre 2007, la grossesse s’est déroulée comme un charme, tellement bien que j’ai même travaillé jusqu’à mon congé maternité, je me sentais en forme et bien dans mon corps…

Ces neufs mois ont été rythmés par les rendez-vous médicaux, les auscultations, les tests en tout genre (quel souvenir le O’Sullivan)… bien qu’un peu rébarbatifs, je me rendais, insouciante et confiante à tous ces moments qui faisaient que je pouvais rencontrer mon bébé…

Mis à part, une expérience très désagréable et douloureuse lors de l’échographie morphologique, je n’ai pas eu à me plaindre des personnels de santé (excuses présentées de la part du radiologue qui n’arrivait pas à voir la face de notre fille car il avait déjà eu de très mauvaises nouvelles à annoncer et ne voulait donc pas nous en annoncer une aussi mais qui au final n’excuse pas la façon dont il a pu nous parler ou nous traiter et la douleur qu’il m’a fait subir).

Par choix, j’ai voulu accoucher dans le service public et surtout parce que la maternité était une maternité de niveau 3 et que je me disais que quoi qu’il pouvait se passer, nous serions sur place et surtout, nous ne serions pas séparées toutes les deux…

J’ai aussi choisi de me faire suivre par une sage-femme de l’hôpital plutôt qu’un gynécologue, ne voulant pas subir les visites avec X internes et externes, le ton supérieur ou faussement paternel que peuvent avoir les médecins, le peu de temps qu’ils peuvent nous consacrer et le peu de cas qu’ils peuvent faire de nos ressentis ou de nos désirs.

Je n’avais pas connaissance des projets de naissance à cette époque mais je savais de quoi j’avais envie et ce que je ne voulais absolument pas, nous avions choisi de faire de l’haptonomie pour accueillir notre petite puce.

J’avais des contractions depuis les 4 mois de grossesse, à 7 mois j’étais déjà dilatée à 2 doigts mais ayant un col rétro-versé, il était encore long et dur donc pas de soucis à se faire…

Le matin du 23 novembre, j’étais debout à 7h, petit papa me demandant fébrilement si je voulais qu’il reste car je suis plutôt du genre marmotte, si ça allait, mais en lui disant de bien garder son tel sur lui, je lui ai dit d’aller travailler mais que c’était pour aujourd’hui…

A 14h, bébé qui s’agitait en fin de matinée et l’après-midi était d’un calme olympien, je ne la sentais plus bouger et même à la stimulation, pas de mouvements… Etant infirmière, j’ai été prise d’une vague d’angoisse et si il se passait quelque chose ???

Nous nous sommes donc rendus aux urgences de la maternité, histoire de nous rassurer… sur place, les urgences étaient encombrées, des femmes prêtes à accoucher partout, dans toutes les salles, certaines installées dans le couloir, partout sur des chaises, ça criait, ça râlait, je commençais à m’inquiéter un peu plus… et si on me recevait à la légère et ne prenait pas mes inquiétudes en considération ??

J’ai été reçue par une sage-femme très accueillante et respectueuse, qui ne m’a examinée qu’avec ma permission et m’a de suite installée dans une salle quand je lui ai dit que je ne sentais plus le bébé, j’ai été soulagée, elle prenait mes craintes au sérieux… elle m’envoie alors l’aide-soignante pour me poser le monitoring où j’allais devoir appuyer dès que je sentirais le bébé bouger.

Quelques minutes de panique, je voyais l’aide-soignante blêmir, en déplaçant à plusieurs reprises les capteurs sur mon ventre, elle ne trouvait pas le cœur de bébé… j’ai bien cru que le mien allait s’arrêter, la sage-femme alertée, le trouvera en quelques secondes.

17h : Nous sortons rassurés, bébé bouge bien, mais je ne la sens plus car ses gestes sont minimes car elle est déjà en position pour naitre, la sage-femme m’informe également, que la naissance n’aura pas lieu avant le lendemain donc il fallait que nous nous présentions le samedi matin à 8h pour voir s’il y aurait déclenchement ou si on attendait encore quelques jours… je refusai d’emblée le déclenchement.

Nous rentrons à la maison et nous faisons un bon goûter, il ne faut pas se laisser abattre…

19h : je suis fatiguée, encore des contractions, un peu plus intenses que d’habitude mais bien supportables, je prend un bain, je n’en sortirais que 1h30 plus tard avec des contractions intensifiées…

21h : Nous voilà de nouveau aux urgences, et reçus de nouveau par la sage-femme de l’après-midi, les urgences sont vides, il y règne un calme trop calme, elle nous demande pourquoi nous revenons et je lui explique alors que mes contractions sont limites supportables, que le bain les a accentuées, elle mise, elle, sur un faux travail, je lui dit que je sens bien que non, elle me demande si je veux qu’elle m’ausculte, j’accepte.

A l’auscultation, je suis toujours à 2cm, mais la rétroversion du col est trompeuse, elle attend une contraction et sur la contraction, le col se rétrécit, et je suis alors à 4cm, je passe en salle d’accouchement.

Nous somme fébriles, nous sommes euphoriques, elle sera bientôt parmi nous, même si la sage-femme qui nous prend en charge à ce moment là, nous dit que c’est un 1er, que mes contractions ne sont qu’espacées de 10mn, qu’on en a pour la nuit…

Petit Papa prend son air le plus sérieux et lui dit qu’elle sera ponctuelle notre fille, elle doit naitre le 24, après minuit elle naitra… la sage-femme se moque un peu de lui et sur le ton de la plaisanterie, lui dit qu’il ne va pas lui apprendre son métier.

On lui sert un repas de fortune pour passer la nuit.

22h : Je demande la péridurale, la douleur n’est plus supportable, je pensais pouvoir la gérer comme je l’avais appris en haptonomie mais je me laisse déborder et je suis très sensible de la sphère abdominale, ça n’aide pas… je fais des exercices sur le ballon… on me la posera que plus tard, le temps de refaire une carte de groupe sanguin car je me suis mariée entre temps et si problème la carte doit être à mon nom d’épouse, ça me fait une belle jambe, je n’ai pas tellement envie d’attendre !!

J’ai une perfusion de spasfon rien n’y fait… je me balade, je m’enferme dans ma bulle, je n’entend plus très bien ce que petit papa me dit… il me met de la musique, tamise la lumière, ça m’aide.

23h : l’anesthésiste vient me poser la péridurale, je demande qu’elle soit ambulatoire, il refuse, un seul de ses collègues, un peu fou, la pratiquait, mais il est parti à la retraite et tant mieux nous dit-il… il me malmène un peu, me demandant, moi femme enceinte de 9 mois avec un ventre comme une montgolfière, de mieux faire le dos rond… les femmes rondes ne plaisent pas aux anesthésistes… il me houspille un peu plus quand au moment de la pose, ma jambe part toute seule, je ne sais pas ce qu’il a touché, mais bon.. je lui demande juste des bolus, pas de débit continu… je ne veux pas être shootée, juste un peu soulagée… seule l’induction au moment de la pose suffira, je ne ferais aucun bolus…

Je suis obligée d’accepter le monitoring de contrôle lié à la péridurale bon gré mal gré… les contractions sont plus intenses suivant la machine mais toujours à 10mn !!

J’apprendrais plus tard, alors que j’étais contre, que l’on m’aura posé de l’ocytocine pour accélérer les contractions, manque de bol, ça restera à 10mn, la sage-femme se complait à dire en rigolant que nous devrions dormir, la journée du lendemain serait fatigante… si elle savait… elle avait aussi tenté de rompre la poche des eaux, mais rien n’est sorti, car la tête de bébé faisait bouchon, et la sage-femme pestait gentiment en disant qu’elle allait encore se faire inonder les pieds.

Je passe 2h assise sur la table à onduler du bassin, à bouger comme je peux, je ressens bien mon corps, les contractions, mais je n’ai pas mal, on écoute de la musique, on regarde une vidéo montage que j’avais fait pour petit papa…

01h15 le 24/11 : Nous appelons la sage-femme, j’ai besoin de pousser… elle vient avec son étudiante qui verra pour la 1ère fois un accouchement, nous demande si on lui fait une blague, et petit papa de se moquer d’elle, en lui disant qu’il l’avait prévenue…

elle me demande si elle peut regarder, et elle voit déjà les cheveux…. branle bas de combat, tout le monde est appelé, l’ambiance est festive, joyeuse… nous apprenons que je suis la seule pour accoucher ce soir et que donc toute l’équipe est dispo pour moi…

je demande à être assise, la sage-femme accepte et me demande à son tour si elle peut faire un accouchement à 4 mains avec son étudiante très émue, j’accepte, j’ai hâte, plus rien ne compte que la rencontre avec bébé…

« Quand je vous le sentez, poussez… »

– je commence

« non non arrêtez, je dégage la tête… à la prochaine on dégage les épaules… allez y »

– je m’apprête à pousser

« non non stop c’est bon »

et j’attrape ma fille pour finir de l’aider à sortir et la pose sur moi, impressionnée par la capacité qu’ont les bébés à naitre tous seuls … larmes de bonheur… défilé de soignants pour nous féliciter et admirer la merveille et ensuite 2h de peau à peau en tête à tête à 3.. elle est née sur « elle a les yeux revolver » de Marc Lavoine loolll

Pas de déchirure, pas d’épisiotomie, j’étais contre… la sage-femme a bien voulu attendre que le placenta sorte tout seul, mais au bout de 2h, j’ai eu droit à une révision utérine… je ne savais pas vraiment si c’était necessaire, personne ne m’a informée si je pouvais attendre encore…

Un de mes regrets, ne pas avoir pu faire le don de cordon, pas d’équipe préleveuse le week-end et la nuit…

A 8h, j’étais debout, habillée, et j’attendais de monter en chambre… ce qui ne se fera qu’à 16h car pas de place… Elle ne m’a pas quittée une minute, que ce soit pour les différents examens que les nuits et les jours…

L’allaitement a été épique car bébé n’a pas tété pendant 48h tellement elle avait de glaires et j’ai eu le bonheur de tomber sur une sage-femme horrible et odieuse avec mon mari et ma famille, qui m’a pincé les seins à m’en faire pleurer, les a fourrés dans la bouche de ma fille et quand je lui ai demandé de sortir avant que je ne la sorte moi même de la chambre, m’a dit que si elle n’avait pas tété une heure après, elle lui donnerait un complément, ma réponse l’a choquée et déplu mais elle n’a pas osé se refrotter à moi…

L’équipe de nuit a été formidable, elles m’ont aidée à démarrer mon allaitement en tirant mon colostrum, en le donnant à la cuillère à ma puce… j’ai allaité 14 mois…

Un accouchement merveilleux pour petit papa et moi… nous l’avons super bien vécu…

2007-11-24-03h13_02

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