#216 Céline, à Bordeaux en 2011

3 Mar

Notre deuxième princesse était prévue pour le 29 octobre 2011…

La grossesse n’a pas été simple, bien différente de celle de sa sœur, dès le début j’ai été fatiguée, moins d’entrain que pour sa soeur, peut être justement parce que je n’avais pas le temps de me centrer sur moi même…

Les soucis ont commencé avec la 1ère échographie où devant petit papa, la radiologue annonce une date largement différente à la présumée date de fécondation calculée part la gynécologue, date où rien n’avait pu se produire, travaillant de nuit, j’étais sure de la date de conception… je n’imagine pas si petit papa avait été jaloux ou suspicieux, ce que cette réflexion aurait pu déclencher…

La radiologue n’a jamais voulu entendre que bébé aurait pu être plus gros, pour elle, il s’agissait forcément d’une grossesse plus avancée…

A la seconde échographie, la nouvelle tombe, bébé est en plateau, elle ne grandit pas et ne grossit pas correctement, vague d’angoisse, que se passe-t-il ?? « vous verrez avec votre gyneco » a-t-on eu comme simple réponse.
Heureusement, ma gynécologue me prenait en urgence et m’arrêtait pour que je me repose.
Un peu frustrée, car le 1er trimestre terminé, je me sentais plutôt bien mais non, il allait falloir que je fasse du canapé, sans ménage, sans monter excessivement les escaliers afin que bébé reprenne du poil de la bête et remonte dans les courbes.

Je serais suivie plus attentivement jusqu’à la 3ème échographie où la même radiologue m’annonce que bébé est revenu dans les courbes et qu’elle sera un bébé de petit poids.

De nouveau, je choisis d’être suivi le reste de ma grossesse par une sage-femme libérale très chaleureuse et à l’écoute sans examen nécessaire, sauf si je le demande et fait de l’haptonomie en préparation.

J’aurais aimé un accouchement à domicile mais petit papa n’était pas pour et avait tellement peur que quelque chose se passe mal que je ne le lui ai pas imposé, donc nous avons choisi que la naissance se passe dans la même maternité que pour notre 1ère puce (on s’en félicitera par la suite).

J’ai beaucoup parlé à bébé, organisé la garde de la grande afin qu’elle ne soit pas présente au moment du début du travail pour ne pas avoir à la réveiller si cela se passait pendant la nuit… donc une fois la grande partie, j’ai dit à bébé qu’elle pouvait venir quand elle le souhaitait…

Le 26 octobre 2011, après un bon resto et un bon ciné où j’ai peu suivi le film car je sentais que quelque chose se préparait, nous nous sommes endormis sereinement.

03h45 : cela fait déjà 2h que j’ai des contractions qui vont et qui viennent, qui m’empêchent de trouver une position correcte, je somnole, m’endort, me réveille quand après un ultime retournement sur le côté, je sens un liquide chaud qui coule entre mes jambes… je me rends aux toilettes, je perds les eaux, c’est sûr…
Je réveille doucement petit papa, qui a du mal à émerger et pendant ce temps je prends une douche, prépare tranquillement mes affaires… mais ne tarde pas trop à partir car tout au long de ma grossesse, les soignants m’ont répété des dizaines de fois de ne pas trop attendre car ayant eu un 1er accouchement en moins de 5 heures, le second allait être plus rapide encore.

04h15 : Nous arrivons à la maternité, joyeux et impatients, bien résolus à ne pas prendre la péridurale et laisser faire et accompagner bébé une fois de plus… nous avions de nouveau de la musique, nous étions en condition.
Accueil par une sage-femme de nuit très désagréable et froide, qui soufflait en nous demandons ce que nous voulions « eeuuhhh accoucher ?? » « Vous êtes sure que vous avez perdus les eaux, que vous avez des contractions ?? » « euhhhh oui je n’en suis pas à mon 1er »… « Et vous êtes suivies par qui ?? » « euhhh une sage-femme libérale » « et personne de l’hôpital et vous vous présentez comme ça pour accoucher sans suivi ?? » « et bien je suis quand même suivie, mais en libéral » et ça par conseil d’une sage-femme de l’hôpital car il n’y avait plus de sage-femme dispo, il ne restait que des gynécologues et je n’en voulais pas !!

Elle nous installe dans une salle d’examen, je comprends plus tard qu’elle est peut être plus inquiète qu’agacée car se trouve dans la salle d’à côté une jeune femme en plein travail mais à seulement 5 mois de grossesse !!! :/

04h30 : Elle m’installe un monitoring, et vient m’ausculter sans un mot… ses mains sont froides, et je sens qu’elle ne fait pas que regarder mon col, elle va nettement plus loin et c’est douloureux, je comprend alors que j’ai seulement fissuré la poche des eaux et que sa manœuvre consiste à la rompre totalement, elle ne m’a rien dit !!!!

Au moment où elle retire sa main, elle blêmit, appelle sa collègue qui tarde à venir, lui hurle de venir avec le téléphone et d’appeler le bloc en urgence, elle ne nous dit toujours rien, je comprends que quelque chose ne tourne pas rond, je n’ose pas poser de question sur le moment… Petit papa est pétrifié à côté de moi sur une chaise, mes affaires sur les genoux.

Sa collègue arrive et elle lui dit qu’elle a le cordon entre les mains… bien documentée sur le sujet, je sais ce que cela signifie, en dehors du liquide amniotique, en quelques minutes à 1/2 heure, le cordon va cesser de battre, c’est une urgence vitale, j’apprendrai plus tard que j’ai fait une procidence du cordon.
Moi qui voulait que le cordon soit coupé que lorsqu’il cesserait de battre, j’espère fortement qu’il batte le plus longtemps possible.

04h45 : On joue un remake d’URGENCES, voilà la sage-femme à cheval sur le brancard, moi les jambes écartées, sa main dans mon vagin empêchant le cordon de sortir un peu plus et bébé de s’engager, l’aide-soignante pousse le brancard à vive allure, et je vois petit papa tout blanc courant devant nous et ouvrant toutes les portes sous les directives de la sage-femme..

Une équipe nous attend, l’interne de chirurgie est là, une autre sage-femme, plusieurs infirmières, plusieurs aide-soignantes, je compte 10 personnes au total, la sage-femme sur le brancard, cède sa place à une autre sage-femme qui essaiera de refouler le cordon puis c’est autour du chirurgien, tous veulent éviter la césarienne, ils me font mal, tous s’excusent et l’interne finira pas me demander si j’ai compris ce qui se passe et quelle va être l’issue…
Pendant que certains s’affairent entre mes jambes, on me déshabille, on me perfuse, on me retire ce qu’ils peuvent de mes bijoux, je suis entre deux portes du couloir à la vue de tous, pas le temps de me mettre dans une salle et j’avoue que déjà que je ne suis pas pudique, c’est le dernier de mes soucis, j’ai hâte que ma fille soit née et que je sois sûre qu’elle aille bien.

Pas le temps de pratiquer une préparation à la chirurgie, pas de dépilation, toujours le piercing au nombril, ça urge visiblement, je pense que mon cœur bat à 100 à l’heure et d’une voix blanche, je m’entend leur dire « sortez la vite » car je ne la sens plus bouger depuis un moment..

04h55 : Je part pour le bloc, je ne vois plus mon mari, quand je passe dans le couloir, j’entends une voix qui demande à petit papa s’il se sent bien, s’il veut un jus de fruit, je tourne la tête et je le vois assis par terre, blanc comme un linge, dernière image que je verrais.

Dans le bloc, on me transfère sur une table froide, on me demande de respirer dans un masque, je sens une pression sur mon ventre et une voix de l’anesthésiste qui demande d’attendre que je ne suis pas encore endormie et trou noir.

Ema est née à 05h03, un peu sonnée par l’anesthésie et un petit déficit en oxygène, elle passera 1h de peau à peau avec son petit papa.

06h00 : Une voix lointaine et douce me parle, me dit de me réveiller, j’ai du mal à revenir, j’ai mal partout… j’entends que l’on me parle de ma princesse, qu’elle est belle, en parfaite santé, qu’elle n’attends que moi… on me demande si je veux l’allaiter ou si on lui donne un biberon car elle pleure de faim et ça fait tilt, les premiers mots que je peux dire c’est allaiter, allaiter, allaiter puis la douleur m’envahit, j’ai une barre sur le ventre… On me soulage enfin avec un peu de morphine, je me sens mieux…

Je me suis endormie pleine, je me réveille vide, vide de sa présence, vide de ce bébé qui bouge, j’ai hâte de la voir, de la tenir, de la sentir et enfin voilà petit papa et ma pucette qui arrivent, je la met au sein, elle est déjà goulue…

Les infirmières en salle de réveil sont supers, attentionnées, chaleureuses, à l’écoute, elles ne cessent de me dire à quel point elle est belle et que j’ai été courageuse.

Les suites de la césarienne ont été horrible, je ne digère pas cette naissance à laquelle je n’ai pas assisté, j’ai mal supporté ce séjour en maternité, même si les soignants ont été présents et pleins d’empathie… j’ai l’impression que ce j’ai vécu a été banalisé, et je déteste cette phrase « Vous et bébé allez bien, c’est le principal »…

Comme si ce que j’avais vécu n’avait aucune importance, comme si bébé n’avait pas risqué sa vie, comme si ça arrivait tous les jours.

Ema a aujourd’hui 16 mois et j’ai toujours les larmes qui me viennent quand je pense à ce moment passé…

Pour cela, je pense que je n’aurais pas d’autres enfants, j’ai tellement eu peur de la perdre !!

ema

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