#220 Jovanka – juillet 2009

3 Mar

Lors de mon premier accouchement je me suis laissée portée par le personnel médical, par peur de ne pas supporter la douleur. Après avoir eu l’impression d’être une baleine échouée pendant 6 heures et d’être une piètre pousseuse pendant 30 minutes, ma décision était prise : cette deuxième naissance se passerait de péridurale !
J’établis un projet de naissance en me renseignant sur Internet. Mon compagnon n’est pas chaud, lui le fils d’infirmière habitué à faire confiance au corps médical. Il a quand même le projet en tête et en poche lorsque nous partons pour la maternité.
Dans ce projet, entre autres : pas de rupture artificielle des membranes, pas d’expression abdominale et la volonté de pousser sur l’expir, au moment où j’en ressentirai l’envie. La sage-femme qui nous accueille est plutôt froide mais bon… on fera avec.
Je gère les contractions sur le ballon avec les mains de mon compagnon posées sur mon ventre. Nous invitons le bébé à descendre.
Puis vient un moment où je n’en peux plus, il est 4h du matin. Je le dis à la sage-femme (grave erreur!) qui me répond que je suis fatiguée et qu’elle peut percer la poche des eaux pour accélérer le travail. Oui, oui ! Faites quelque chose ! Mon compagnon est confiant et moi, je dois être dans la phase de désespérance (dont je ne connais pas l’existence à l’époque).
Je me retrouve donc en position gynécologique à devoir gérer des contractions rendues plus intenses par la rupture de la poche et… la position.
Je crie, je souffle, je souffre.
La sage-femme revient m’examiner et me dit « Vous êtes dilatée à 9. Vous allez pousser et je vais finir la dilatation manuellement (sic). Votre bébé sera là à 5h. »
Commence le cauchemar : la douleur de la « dilatation manuelle », la sensation de ne pas savoir pousser puis le supplice de l’expression abdominale.
Évidemment, je ne suis dilatée qu’à 9, bloquée sur le dos et mon bébé n’est pas prêt à naître. Le réflexe de pousser n’est pas installé et je n’arrive pas à pousser en bloquant ma respiration. C’est donc moi qui demande de l’aide, qui se matérialise par une expression abdominale !
Enfin, une sensation de déchirement, de douleur épouvantable et voici mon petit garçon… que je ne parviens pas à regarder tant je suis envahie par un sentiment d’échec : je ne sais pas donner naissance seule !
Le lien avec mon deuxième enfant mettra un peu de temps à s’établir.
Mon sentiment d’échec se transformera en colère lors de ma troisième grossesse, à l’occasion de mon accompagnement par une sage-femme pratiquant les AAD. Je comprendrai alors qu’on ne m’a pas laissée accoucher comme j’en étais capable. Pire, qu’on n’a pas laissé naître mon enfant comme il en était capable.
Mon compagnon et moi avons pu nous préparer pour accueillir notre troisième enfant différemment, dans la même maternité, persuadés que nous savions faire : moi, accoucher ; mon enfant, naître et mon compagnon, nous accompagner ; et déterminés à faire respecter nos choix.
C’est ainsi que j’ai mis au monde notre troisième garçon sur le côté et qu’il est né coiffé.
Quel dommage que mes deux aînés n’aient pas pu profiter eux aussi d’une venue au monde sereine et respectée !

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