#229 Morgane 2009 + accouchement respecté 2012

6 Mar

Lilyan (2009):
Dimanche 1er novembre 09 à 7H, suite à l’insertion du tampon Propess la veille au soir, le travail se lance enfin de façon irrégulière. Les contractions sont espacées de 2 minutes et bien douloureuses.
On me propose la péridurale…je refuse. Besoin de savoir si je peux encore tenir un peu la douleur (bien que je sois hyper douillette en temps normal !).
Je me dis que le fait de bouger pour me soulager ne peut qu’aider Bibou à se frayer son chemin. Donc je m’applique scrupuleusement à faire les exercices appris en cours de préparation à la naissance (rotations du bassin, respiration…).
L’équipe de nuit s’en va, la sage-femme qui m’a suivie cette nuit m’explique qu’une de ses collègues viendra surveiller.

9H : la collègue en question vient me mettre sous monito…les contractions sont fortes, « Papa » hallucine de voir la hauteur des courbes et la durée.
Là, à l’entendre commenter mes contractions j’avoue que je l’ai un peu haï ! Chéri-chéri, aide-moi plutôt que de jouer au commentateur comme si tu étais devant un match de foot à la TV !!!!
Heureusement, il lui est venu à l’esprit que oui, ça faisait mal et qu’un tit massage pouvait peut-être m’aider !

9H15 : je monte à 4 pattes sur le lit pour faire le dos rond et tenter de me détendre entre 2 contractions…et là je sens un liquide chaud couler tout seul le long de mes jambes !
J’en ris et dis à « papa » que je suis en train de me faire pipi dessus de douleur ! Je lui demande alors de sortir des sous-vêtements propres et une serviette de mon sac.
Je bouge un peu pour m’asseoir sur le lit, mais à peine ai-je eu le temps de bouger mon genou gauche que du liquide coule encore…là j’ai un doute quand même !
Je continue de me faire pipi dessus ?! Quelle digoulasse je suis !
Je le dis à Chéri-chéri…et là une 3ème giclée coule…plus de doute, je perds les eaux !
« Chéri, tu peux appeler la SF…bébé ne devrait plus tarder, c’est pour aujourd’hui ! »
Mais alors dès l’instant où la poche des eaux s’est rompue, les contractions sont devenues de plus en plus violentes ! Insoutenables ! A en pleurer !

A 9H30, la SF me repropose la péridurale…cette fois j’accepte !
Alors branle-bas de combat, nous voici à suivre la SF qui nous conduit en salle de travail pour retrouver l’anesthésiste.
Pour quitter la chambre, elle me dit qu’il vaut mieux que je prenne sur moi et que j’aille en marchant jusqu’à la dite salle. Ca aidera Bibou…
« Papa » part devant avec la SF pour ranger nos sacs dans un vestiaire pendant que je suis tant bien que mal une aide-soignante à travers les couloirs de la maternité.
La douleur est tellement forte que je suis obligée de m’arrêter toutes les 3 secondes pour m’accrocher à la rampe et essayer de respirer « calmement ».
Lorsque j’arrive en salle de travail (longtemps après…bah oui, le service a été long à traverser !), le temps de m’enfiler une blouse et de me remettre sous monito en attendant l’anesthésiste, je n’en peux plus.
L’anesthésiste arrive enfin, et en voyant mes contractions sur le monito, comprend qu’il est temps de poser la péridurale.
Elle me demande si j’ai bien compris comment la pose s’effectuait. Je lui réponds que grosso modo, je dois faire le dos rond, ne surtout pas bouger même si une contraction arrive et la laisser m’embrocher d’une grosse aiguille qui permettra de laisser passer un cathéter magique. Ma réponse fait sourire…

11H : Mon chéri me tient la main, la sage-femme nous laisse gérer en restant devant moi au cas où je bougerai…la péri est ENFIN posée. Moins de 15 minutes plus tard, je souffle enfin. C’est génial ! Je ne sens plus rien mais j’arrive encore à lever ma jambe droite…la gauche suit moins bien ma tentative pour la lever…même mon cucul je ne le sens plus !
La SF qui va m’accoucher vient vérifier mon col…je suis dilatée à 4 bons cm. J’aurai quand même espéré plus !

Et là démarre une longue attente seule avec Chéri-chéri qui semble épuisé de sa nuit entrecoupée entre le lit, le fauteuil, mes pauses pipi nocturnes, les contrôles monitoring de la nuit…mais qu’est-ce que je suis contente qu’il soit là ! Comme je l’aime fort !

La sage-femme passe voir régulièrement comment je me porte et conseille vers 11H45 à « Papa » d’aller manger un morceau et fumer une cigarette pendant qu’il le peut encore.
Il s’exécute et sort pour passer quelques coups de fil à la famille.

Vers 12H45, la SF revient vérifier mon col et me demande si le papa est loin car de 11H à 13H, je suis passée d’une dilatation de 4 cm à 9 cm !!!
Il arrive juste à ce moment là.

14H : je commence à sentir à nouveau des contractions douloureuses malgré une nouvelle injection de péri que je me suis faite.

15H15 : la SF revient accompagnée d’une puer qui s’occupera des premiers soins de Bibou à son expulsion.
Et là, on m’installe en position gynécologique…c’est parti pour le grand saut !
Je sens toute la douleur de chaque contraction qui arrive (mais je remercie la péri qui doit quand même bien atténuer !)

J’inspire profondément sur chaque contraction, bloque l’air et pousse de toutes mes forces …Sur une contraction, je dois faire ça 3 fois et ne reprendre mon souffle pour respirer qu’à la fin de chaque contraction.

Au bout de 5 contractions (donc 15 poussées), ça devient difficile…les contractions sont tellement rapprochées que je n’ai plus le temps de reprendre mon souffle.
Les filles m’encouragent, Manu me soutient…mais rien n’y fait…je m’épuise et j’ai l’impression de ne plus avoir de force. Je peste contre moi-même, je me déçois. Ça semblait si facile en prépa à l’accouchement !
On me pose donc un tuyau d’air dans les narines…je dois inspirer profondément après chaque contraction et on réduit le nombre de poussées sur les contractions à 2.
Je les vois déjà échanger des regards, je les entends murmurer qu’effectivement mes contractions sont trop fortes et trop rapprochées.
Ça m’angoisse…Là-dessus arrive un médecin obstétricien de garde sorti de je ne sais où.
Alors là je panique car je sais que si les filles ont fait appel à lui c’est qu’il y a un souci (il va sûrement devoir utiliser les forceps ou la ventouse !).
Je tente de reprendre le dessus en poussant de toutes mes forces…s’il est là c’est que Bibou ne va pas bien, il doit être bloqué dans mon bassin !
« Papa » m’expliquera plus tard que le médecin rôdait d’un bord et de l’autre de la SF qui me faisait face et a discrètement incisé pour l’épisiotomie (je n’ai jamais rien senti).

Vient alors un moment où durant une contraction, alors que je poussais (tant bien que mal), le médecin a posé sa main sur mon ventre et a appuyé pour aider Bibou à sortir.

15H47 : J’ai alors senti la tête glisser, tout de suite suivie par le tit corps de mon bébé.
La SF a tout juste eu le temps de l’attraper, couper le cordon, le couvrir et s’est éloignée avec lui, la puer et l’obstétricien en nous disant qu’ils revenaient vite.

« Papa » et moi sommes restés seuls…
Même pas eu mon bébé dans les bras…qu’est-ce qui se passait ?!!!!
Chéri-chéri a eu le temps de voir que la tête de bébé était cyanosée.
On a alors réalisé qu’on ne l’avait pas entendu pleurer ou gémir.
Dans la pièce à côté, on a commencé à entendre claquer (le bruit de claques administrées sur la peau)…plusieurs fois…nous retenions notre souffle, les larmes aux yeux.
Le temps s’était arrêté…c’était trop long ! « Pleure, Bibou ! Pleure ! »
Si j’avais pu m’arrêter de respirer pour permettre à mon bébé de respirer à son tour…
Les minutes s’égrenaient et toujours aucun son de bébé.
Je me suis mise à pleurer d’angoisse, de douleur, de chagrin…Mon chéri se retenait mais je voyais bien qu’il était dans le même état que moi.

Enfin la puer est revenue nous voir pour nous expliquer que Lilyan n’avait pas respiré de lui-même, c’est pourquoi ils ont dû l’emmener rapidement dans la pièce adjacente pour le stimuler…rien n’y a fait, ils ont été obligés de le ventiler.
Ils ont fait appel à un pédiatre de garde pour les premiers soins d’urgence.
Celui-ci est alors venu se présenter pour nous expliquer que maintenant Lilyan respire de lui-même…mais il ne réagit à presque aucun stimulus du test d’APGAR qui permet aux médecins de noter sur 10 la tonicité, la fréquence cardiaque, la respiration, la couleur du teint…d’un nouveau-né à la 1ère minute de sa vie, à 5 min, puis à 10 min.
L’APGAR avait de quoi inquiéter le pédiatre qui a alors fait transférer Lilyan en néonatologie immédiatement. Lilyan était à 2/10 à 1 min, 5/10 à 5 min et 8/10 à 10 min.

J’ai alors demandé si le papa pouvait accompagner le pédiatre dans la pièce à côté pour voir notre fils, lui faire sentir qu’il n’était pas seul…
J’ai obtenu gain de cause et « Papa » a pu passer quelques minutes à côté de Lilyan sans pouvoir le toucher puisque les soins et les tests n’étaient pas terminés.
De mon côté, je suis restée attendre seule les jambes toujours écartées dans les étriers, toute sanguinolente, toute en larmes.

Pour le départ en néonat, toute une équipe est alors entrée dans la salle…que de visages inconnus ! Tous de néonat ?!
La sage-femme qui m’a aidée à accoucher a réagi rapidement avant que Bibou ne disparaisse en disant que la maman ne l’avait même pas porté dans ses bras quelques secondes ! On me pose Lilyan contre le buste l’espace de quelques secondes pendant que la SF est sortie en courant chercher un appareil photo. Lilyan m’est retiré des bras, elle est arrivée juste à ce moment là pour une photo rapide qu’elle m’a imprimée pour me faire patienter en attendant de le retrouver.

Puis, la SF est revenue suturer mes points d’épisio (plusieurs à l’intérieur et 5 à l’extérieur)…je le sais car pour m’empêcher de pleurer, j’ai préféré aborder ce sujet futile et parler de tout et de n’importe quoi.
Elle a dû comprendre…
Quand mes soins ont été terminés, « Papa » et moi avons passé 2H en salle seuls avec nos angoisses et nos larmes bien que la SF soit passée assez souvent pour vérifier comment j’allais.
Ma tension faisait yoyo, ça l’inquiétait…je m’en foutais royalement, je voulais être avec mes deux hommes ! Quelle horreur ce sentiment d’impuissance !

Vers 18H, on me ramène dans ma chambre en maternité.
Ma mère arrive les yeux rouges pour me soutenir…

Plus tard, le pédiatre revient nous voir pour nous faire un rapide compte-rendu…l’état de Lilyan est inquiétant, ce n’est pas normal qu’il n’ait pas respiré de lui-même à l’expulsion alors que le monitoring n’a apparemment rien détecté.
Son crâne est oedémacié donc il a envoyé le tit bouchon passer un scanner en urgence qui détecte une fracture de la tempe gauche avec un hématome. Ca ne rassure pas le médecin qui estime nécessaire de pratiquer une IRM dans les 10 jours. Car d’après le scanner les médecins qui ont interprété les images ne sont pas d’accord : l’un ne voit qu’une fracture avec un hématome superficiel juste derrière (donc qui devrait vite se résorber seul), un autre pense qu’une hémorragie se trouve peut-être plus loin dans le cerveau (plus grave sur le plan neurologique). Quoi qu’il en soit, Lilyan ne va pas bien, il n’a toujours aucun réflexe, n’a pas l’instinct de succion des nourrissons donc a dû être perfusé pour l’alimentation…

Une fois ma famille partie, je pleure tout mon saoûl en entendant les bébés dans les chambres voisines…la nuit va être longue !
Je bois un maximum d’eau pour me donner envie de pipi, mange un peu et appelle une SF pour qu’elle prenne ma tension et vienne vérifier que je peux aller faire pipi !
Tension haute à 15 et des brouettes !!!!
Ranafoute, emmenez-moi voir mon fils !!!
On m’y conduit alors en fauteuil roulant…

Vers 23H, je vois donc mon fils pour la première fois plus de 30 secondes…je ne peux même pas le prendre dans mes bras vu qu’il est relié à des tas de capteurs qui veillent sur son tit cœur, sa respiration, son oxygène, sa température, sa perfusion qui l’alimente…
Il est minuscule (pour ses 52 cm !), un peu jaune, il a le nez et la forme des yeux de son papa, mon menton, mes doigts, mes pieds. Il est beau, magnifique et tellement fragile !
Et là je m’effondre en larmes à nouveau…je me répète, mais la nuit va être longue !!!!

Accouchement Meyan 6 août 2012
Dimanche 5 août au soir : je me couche en me disant que c’est fichu, demain on sera à J+4 et je dois appeler dès le matin la maternité pour programmer le déclenchement…encore un déclenchement.

L’angoisse se couche avec moi. J’ai en tête l’accouchement de Lilyan et les larmes me montent aux yeux à l’idée que je ne contrôle encore rien du tout…et que ça peut encore porter à conséquences.
Alors je parle à bibou2… Je lui dis combien on aimerait le rencontrer, comme on espère arriver à l’aider à se frayer son chemin jusqu’à nos bras…

Lundi 6 août à 4h15 : en bougeant ma jambe dans mon sommeil, je sens une petite giclée d’eau couler entre mes cuisses. J’ai un doute…une envie de pipi intempestive ?!
J’émerge pour être bien consciente de mes mouvements avant de rebouger ma jambe…et là nouvelle petite giclée. Ahahhhhh ! On y est donc enfin ?! Bibou2 et mon corps se sont décidés à travailler à l’unisson ?!
Je réveille chéri-chéri en douceur en lui expliquant que je pense avoir fissuré la poche des eaux (trop peu de liquide pour que la poche soit complètement rompue) : il me demande si je suis sûre, si ce n’est pas juste une fuite urinaire (Ah ces hommes qui doutent de tout !). Je me redresse et à nouveau, une mini-giclée…cette fois plus aucun doute !

Tranquillement, on descend prendre un mini petit déjeuner avant de remonter réveiller Lilyan qui dort du sommeil du juste. Son papa lui fait de gros bisous en lui expliquant que bibou2 est décidé à venir nous rejoindre et qu’il sera mieux à faire dodo chez sa mamie pendant que maman ira à l’Hôpital voir les docteurs qui vont aider son petit frère à venir.
Vers 5h, je suis sous la douche. Celui qui était jusque là mon seul et unique bébé s’en va en pyjama avec son manteau et son petit sac en me disant « au revoir, maman ». Ça me colle le cafard de le voir partir comme ça et je l’embrasse très fort avant de le laisser partir.
Le temps de me préparer, chéri-chéri revient les larmes aux yeux…lui aussi a pris une claque en laissant son fils chez sa mère : le petit ne voulait pas retourner se coucher sans son papa et sa maman.

On arrive à la maternité mais je ne ressens presqu’aucune contraction…alors pas envie d’y entrer, on reste un moment sur le parking à discuter tous les deux pendant que je fais les 100 pas autour de la voiture.
Finalement on se décide enfin à aller sonner à l’entrée.
Une SF me pose les questions habituelles pour compléter le dossier, vérifie que c’est bien du liquide amniotique que j’ai perdu et me propose un monitoring de 30min + prise de tension. Je demande à faire le monitoring sur un ballon, ce qu’on me laisse faire sans souci. Le monitoring confirme que je n’ai que quelques contractions trop irrégulières et peu intenses pour qu’elles jouent sur le col. Au toucher, le col est estimé mou, mi-long, postérieur et ouvert à 2 doigts. Alors je suis déçue de voir que rien n’a bougé malgré tous mes efforts…je sens encore planer la menace du déclenchement si le travail ne se met pas en route de lui-même. Je demande à ressortir pour marcher avec chéri-chéri.

Au retour vers 7h15, nouveau monitoring de 30min sur le ballon : je sens un peu plus de contractions mais ça me paraît toujours un peu irrégulier. On retourne marcher…

Vers 9h15 : nouveau monitoring sur le ballon. Je sens un peu plus de contractions qui gagnent en intensité et deviennent plus douloureuses mais elles restent largement gérables. On retourne marcher et prendre les escaliers…chéri-chéri me suit mais me trouve cinglée de m’imposer ces efforts.

Vers 10h30 : nouveau monitoring.
Cette fois les contractions ont bien évolué. Elles sont toutes les 3 min, douloureuses mais encore sous contrôle et le col est effacé et ouvert à 3-4…
Chéri-chéri commence à me faire quelques points d’acupression dans le dos pour me soulager…d’ailleurs à partir de là, à chaque contraction, il m’a soutenue à fond et m’a vraiment bien aidée en me malaxant le dos (parce qu’avec les bandes élastiques qui maintiennent les capteurs du monitoring, il n’était même pas sûr de bien placer ses doigts. Mais peu importait, il y arrivait très bien).

On retourne marcher mais cette fois je sens que c’est la dernière fois que je profite du soleil matinal pour « gambader » en dehors du bâtiment. Les contractions se rapprochent et deviennent vraiment vraiment douloureuses. Les gens que l’on croise nous regardent bizarrement alors que je tente de rester « stoïque » pour ne pas effrayer les futures mamans ou les enfants que l’on croise. Chéri-chéri ne se laisse pas déconcentrer, il veille à bien me malaxer le dos à chaque contraction et moi je me concentre sur ma respiration.
Au final, on ne s’absente pas bien longtemps…15min après être sortie, je demande à remonter dans le service (toujours par les escaliers, hein !).

Cette fois, une simple vérification du col permet à la SF de me faire passer en salle de naissance…c’est fini, on ne sort plus maintenant. Mon col est ouvert à 6-7 et le travail est bien lancé.

Vers 11h, on arrive donc en salle de naissance.
J’y trouve encore un ballon et comme on me remet sous monitoring, encore une fois je demande à rester me balancer dessus. J’ai mal, chéri-chéri est assis derrière moi et m’aide à me balancer sur le ballon tout en gardant ses doigts positionnés sur mon dos pour m’aider à gérer les contractions quand elles arrivent.

Alors que je me concentre pour respirer sur une contraction, je sens un grand « splash » sur mes pieds…et je panique ! Pour Lilyan quand la poche des eaux s’est rompue, j’ai vraiment souffert et j’ai réclamé très vite la péridurale…et là j’ai vraiment très peur de ne pas tenir.
Je sonne la SF pour lui dire que j’ai perdu les eaux et que je pense ne plus tenir très longtemps, je risque de craquer…surtout si je n’en suis encore qu’à 6-7 !!!!!
Elle m’aide à monter sur le lit et vérifie mon col…avant de me dire que ce serait bien dommage d’appeler l’anesthésiste qui risque de toute façon de refuser de poser une péridurale puisque j’en suis à 9…mais c’est irrationnel, je panique à mort !
Elle me dit que j’ai réussi à faire tout le travail jusque là, il ne me reste plus qu’à pousser un peu pour être à dilatation totale et j’aurai enfin mon bébé dans les bras. Elle me rassure en me disant que je contrôle encore très bien puisque j’arrive à respirer correctement sur les contractions.
Je croise le regard de chéri-chéri qui me tient la main avec tant d’amour et de crainte dans les yeux en même temps…et je dis « ok, je suis morte de trouille mais on continue ».

Elle me dit de prendre la position qui me soulage le mieux, je tente de me mettre sur le côté mais impossible de trouver mon équilibre, je suis bien sur le dos en fait (qui l’eut cru !).
Et là je sens que ça pousse tout seul sur une contraction, alors je pousse aussi.
Je gémis fort et la SF me demande de me concentrer car je mets trop de force dans mon gémissement pour gérer la douleur et je m’épuise moi-même au moment de vraiment pousser.
Alors je contiens les sons qui veulent sortir de ma gorge pour pousser très fort (même si ça finit invariablement en gémissement, c’est mieux).
Tout à coup, la SF me dit que la tête est juste là, de pousser encore, mais je ne sens plus de contraction…il ne faut pas longtemps pour qu’une nouvelle « vague» arrive et je pousse à nouveau le plus fort possible…

Il est 12h14 : le petit corps de mon fils sort de mon corps…et on l’entend pleurer…on le voit gigoter…
Il est un peu plus de 12h14 et chéri-chéri coupe pour la 1ère fois le cordon d’un de ses fils (pour Lilyan, tout a été tellement pris en urgence qu’il n’avait pas pu le faire).
Il est un peu plus de 12h14 et on me pose pour la 1ère fois un de mes fils en peau à peau, ce petit corps tout chaud qui vient se lover contre moi, quelle sensation !
Il est un peu plus de 12h14 et mon Lilyan est devenu grand frère aujourd’hui.
Il est un peu plus de 12h14 et je suis maman pour la 2de fois…et fière de nous.
A 13h30, après les 1ers soins, on me laisse enfin offrir à Meyan sa première tétée, toujours au chaud contre mon cœur.
Et dans l’après-midi, on me laisse enfin retourner en chambre et me restaurer…avec mon bébé.

Voilà.
Deux accouchements vécus vraiment différemment dans une même maternité.
Avec une première expérience de l’accouchement qui nous a tellement marqués que cette fois j’ai pris le temps de me préparer à vivre un accouchement dans de meilleures conditions, le plus naturellement possible mais tout en restant dans un milieu médicalisé, plus sécurisant pour moi.
J’ai eu la chance d’être très bien conseillée par une jeune maman infirmière qui a vécu 3 accouchements physiologiques, la chance d’être soutenue par un papa merveilleux.

Bonne lecture !

Morgane K. (L****** 56)

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