#249 Maëva, en 2011

21 Mar

On est le 30 août 2011, et il est 16h. J’attends pour voir le gynéco qui va m’accoucher. On a convenu d’un rendez vous à 2 semaines du terme, parce que bébé est plutôt gros, et peut être qu’il va me déclencher. Je souffre. Mon ventre est énorme, j’ai les pattes énormes et douloureuses, je commence à être à bout, surtout avec la chaleur qui est revenue.

Pendant ce rendez vous, il m’annonce qu’il va déclencher l’accouchement. Mais mon col n’est pas favorable. D’ailleurs, il m’a fait mal en auscultant, il a forcé pour passer un doigt. Mais « il n’a pas le choix, c’est comme ça ». Je suis à 1 doigt, le col est long et dur. Mais il veut quand même me déclencher. Demain matin, 9h.

Je rentre donc chez moi, les derniers préparatifs sont faits. On s’endort. Enfin, en réalité, je dors peu, j’ai des contractions à cause de son toucher vaginal. Pourtant, le lendemain matin, je me lève, le sourire aux lèvres. Aujourd’hui, je vais rencontrer mon fils ! Mon chéri et moi, on est excités comme des puces.

A 9h pétantes, on est à la maternité, et on est reçus par une sage femme, qui m’installe pour le monitoring d’usage. Pendant une heure, on papote, excités à l’idée de bientôt découvrir le visage de notre fils. Je demande à me tourner sur le côté, je souffre vraiment avec le poids de mon ventre, couchée sur le dos.

A 10h, la sage femme vient me revoir pour poser le gel destiné à dilater le col. Je suis toujours à 1, le col n’est toujours pas favorable. Soit. Elle pose le gel et s’en va. Pas très aimable la dame. Pas méchante, mais froide comme un roc. A peine a-t-elle passé la porte que les contractions commencent. Rapidement, je demande à être débranchée du monito pour aller marcher. Je ne supporte plus d’être allongée. Je marche, aidée par mon chéri. Je descends les escaliers, on va dehors, doucement, avec beaucoup de pauses. J’ai mal. Je pensais pas que je pouvais avoir aussi mal. Vers 11h30, on remonte, elle va me refaire un toucher vaginal, un monito, et me servir à manger. Le col n’a pas bougé d’un centimètre. Bébé va bien, mais sur le monito, je ne distingue pas ou peu les contractions. Peut être que je suis nulle, et je ne sais pas lire. Je ne sais pas. En tous cas, j’ai mal.

Finalement, je n’ai pas mangé. Je n’ai pas faim. J’ai trop mal. Je bois énormément, on m’a apporté des bouteilles d’eau. Mon chéri mange mon repas, et il s’ennuie. Il ne sait pas quoi faire pour m’aider, et ça dure. Longtemps. La journée sera rythmée par les douleurs et les touchers vaginaux. On me reposera même un gel. Et finalement, on me donne une chambre pour la nuit. Mon homme est obligé de partir à 21h, me laissant seule avec ma douleur, ma chambre double vide, ma fatigue et mon fils qui ne veut pas sortir. Visite du gynéco avant que je me couche, il me dit de sonner si les douleurs changent ou si je perds les eaux, mais il ajoute avec un petit rire sardonique « mais je n’y crois pas ahaha ». Merci. Ça m’encourage ça…

Je n’ai quasiment pas dormi de la nuit. Des contractions toutes les deux minutes m’ont tenue éveillée et la douche que j’ai prise ne les a calmées que quelques minutes. Mon ventre a changé de forme. A nouveau, il me gène. Bébé est remonté. Il n’est pas l’heure de sortir. Il est bien là…

A 6h, on vient me réveiller alors que je viens de m’endormir, température, tension, monito et enfin petit dej. Je n’ai encore rien avalé, si ce n’est de l’eau. A 8h, le gynéco passe. Me fait un toucher vaginal toujours aussi douloureux. J’ai gagné 1/2cm. C’est déjà ça de pris ! Repose de gel. Mon homme arrive à ce moment là, et c’est reparti. J’ai mal. Je ne me rappelle pas des heures, de ce que j’ai fait, de ce que j’ai dit. J’étais seule dans ma douleur. Ah si, j’ai entendu vaguement la sage femme du matin dire à une autre que je gérais la douleur.

A un moment, elles me cherchent pour un toucher vaginal, mais je ne me manifeste pas. J’attends un peu avant. Toute manière, ça changera rien. Vu comment bébé est placé, je suis certaine que ça n’a pas changé. Et j’avais raison. Le midi, je mange peu à nouveau. Après le repas une nouvelle sage femme arrive. Elle me repose un gel, et c’est la première à le faire sans me faire mal. Je lui ai dit que j’avais mal quand on me touchait. Elle m’a dit que tout irait bien, qu’elle ferait attention. Je n’ai pas eu mal. Je retourne marcher avec mon chéri, j’essaie de faire redescendre bébé en bougeant du bassin, en faisant des aller et retour dans les escaliers. Mais il ne veut pas. Je suis fatiguée.

A 17h, la sage femme vient me voir, elle m’annonce qu’on va me poser une perf, que ça fera encore plus mal, mais que ça avancera enfin. On percera également la poche des eaux. Je fond en larmes. Je veux pas avoir plus mal que ça. Je ne peux pas avoir plus mal que ça ! Je pleure pour avoir la péridurale. Alors que je ne la voulais pas. En plus, j’ai froid. Tout le monde a chaud, et je demande à éteindre le ventilo de la salle de naissance. Je crois que j’ai de la fièvre. Oui, 38,5°. Du coup, la péri est en suspens, on me fait des analyses. On attend les résultats du labo pendant qu’on me prépare. On me nettoie pour me poser une sonde urinaire. Autour de moi, ça parle césarienne, mais ils attendent les résultats. Au fond de moi, je sais que j’aurais une césarienne. On me nettoie et on me pose une sonde urinaire . En fait, ils ont déjà décidé. On me rase le pubis. Cette fois c’est sûr, je vais descendre au bloc. Je n’ai pas peur. J’ai juste mal. Paradoxalement, c’est moi qui rassure mon amoureux qui est près de moi et qui me tient la main.

Les résultats n’arrivent pas. Je ne sais pas quelle heure il est, mais il est l’heure de descendre au bloc.

Le bloc est froid, mais la gentille sage femme est là, et une infirmière aussi. Elles sont aux petits soins avec moi. J’ai laissé le papa devant l’ascenseur, il n’a pas le droit de venir. Je sais qu’il s’inquiète. Moi aussi, je commence à avoir un peu peur. Elles me rassurent, l’anesthésiste arrive rapidement et me pose la rachi. L’infirmière m’aide à garder le dos rond. L’anesthésiste est adorable. On me couche, et l’anesthésiste me demande de lui décrire ce que je ressens, de bouger les orteils, la jambe, mais rien. On peut commencer. Il est resté toute l’intervention près de moi, à m’expliquer ce que faisait le gynéco. Gynéco qui faisait des ‘blagues’ pour le moins douteuses sur mon poids, celui de mon bébé, le poids plume de mon homme. Bref, je n’ai pas apprécié ces remarques, comme si je n’étais qu’un (gros) ventre posé sur une table. Comme si le champ stérile m’isolait de ses paroles… Puis j’ai senti une pression sur mon ventre et une sensation de délivrance, une bouffée d’oxygène, un poids en moins sur mes poumons, et j’ai entendu le son le plus beau que j’ai jamais entendu. Le cri de mon fils. Il a été nettoyé pendant ce qui me semble être une éternité, puis la sage femme me l’a apporté pour que je l’embrasse, que je l’admire, qu’il était beau ! Et elle a été le présenter à son papa. Puis, le temps que je sois recousue, elle l’a laissé en couveuse, à portée de mes yeux pour que je me repaisse de la vision de son petit visage.

Aloys est donc né par césarienne à 18h46 le 1er septembre 2011, après 37 dures heures de ‘faux travail’. Un beau bébé de 4kg460 et 54cm, quand on m’annonçait un gros, mais petit bébé. J’en suis sortie tellement épuisée que j’avais peur de mourir en dormant les deux nuits qui ont suivi, tellement je respirais faiblement.

J’ai été ignorée pendant ces longues heures. Je ne voyais quelqu’un que pour les touchers vaginaux. On n’a pas essayé de soulager ma douleur, qui était pourtant manifestement soulageable, puisque c’était du faux travail. On m’a fait tellement de touchers vaginaux que j’en ai fait une infection urinaire qui a conduit à ma césarienne (on ne l’a su que le lendemain après midi!), puisque je suis déjà très sensible à ce niveau là.

J’ai très mal vécu cette césarienne et ce déclenchement en général. Sachant que mon bassin était assez large pour laisser passer un gros bébé, j’aurais préféré qu’on me laisse rentrer chez moi le premier soir, puisque ça ne marchait manifestement pas. J’ai eu du mal à m’en remettre moralement, bien que physiquement, je n’ai pas du tout souffert des suites de l’opération (mis à part une rétroversion de l’utérus que je n’ai appris qu’en retombant enceinte, je n’ai pas eu de douleur ou de problème!)

J’attends mon second enfant pour juillet, j’accoucherai au même endroit, avec un autre médecin, et cette fois-ci je me ferai entendre…. !

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Je vous joins une photo de la première fois que papa tient son bébé dans les bras, avec émotion (même si on ne le voit pas…!) pendant que j’étais en train de me faire recoudre au bloc.
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Une Réponse to “#249 Maëva, en 2011”

  1. Mama'nonyme et Ses Merveilles 25 mars 2013 à 22 h 24 min #

    Quel courage !
    On ne peut pas dire que tu as eu l’accouchement de rêve, mais tu y a fait face avec bravoure, je te félicite ma doudou ❤

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