Maxime, en 2011, à Nîmes‏

10 Avr
Mon désir d’enfant est né tard, il fallait que je me sente installée dans la vie pour pouvoir porter la vie. Après mûre réflexion, une ré-assurance sur mes compétences de « gardienne-baby sitter »,  des informations recherchées sur une éventuelle transmission de ma surdité à un enfant et l’amour de mon mari, nous nous lançons dans cette aventure de la parentalité… ok, je suis prête, nous sommes le 01 août 2010.
Au mois de novembre 2010, j’apprends que ça y est, la vie commence à croître en moi. Nous sommes ravis et partageons cette nouvelle avec nos parents et amis proches.
La grossesse me transforme très vite, mon ventre grossit ; et plus je m’élargis, plus je m’ouvre au monde. Étant froide et distante avec les gens que je ne connais pas, je prends enfin plaisir à partager et communiquer.Ma grossesse se passe bien, hormis quelques nausées, pas la moindre contraction ni la moindre douleur, une prise de poids « maitrisée » jusqu’au 7ème mois.Je fais confiance aux pros et surtout à ma sage femme, à laquelle je ne rendrai jamais suffisamment hommage pour l’aide et le soutien qu’elle m’a apporté, pour traverser paisiblement le temps et apprendre à connaître mon enfant in utero. L’échographe n’était pas des plus sympas, un peu « bourrin », violent avec mon ventre qu’il maltraite pour vérifier les mesures. Jusqu’à l’écho des 5 mois, où je m’évanouis. Arrêt sur image, il comprend que ce n’est pas supportable et s’excuse. Il sera beaucoup plus doux les fois suivantes.

Entrant dans le huitième mois de grossesse, tout est prêt, nous attendons l’arrivée de notre fils, je suis en congé mater et profite de la vie. Je profite tant et si bien que je prends du poids de façon démesurée, la faute aux melons que je mange en quantité énorme ! Arrêt des jeux : le suivi à l’hôpital commence et les alertes sur ma santé. Bizarrement, j’écoute et fais de mon mieux pour suivre les instructions, mais rien ne m’inquiète : ni l’hypertension à l’effort, ni le poids…. Rien sauf le jour où je ne sens plus bouger cet enfant…. Je ne dis rien durant 12heures, puis confie à mon mari mon inquiétude, mon angoisse… Direction les urgences. je suis très bien accueillie, prise en charge rapidement, en chambre, le monito est en place, et… nous entendons battre le cœur de notre chenapan qui roupillait manifestement ! Ouf !
Je me suis excusée d’être venue pour rien… « Madame, vous ne viendrez jamais pour rien, nous faisons confiance à vos instincts de future maman »… Merci les sages femmes de votre confiance !

Neuvième mois, 24 kilos depuis le début de la grossesse. Il fait chaud,  je ne me suis jamais sentie aussi belle, calme, enchantée et paisible. La peur de l’accouchement  a disparu (pour moi, mon mari était lui en pleine angoisse!). Grâce à ma sage femme, je sais faire se déplacer mon bébé dans mon ventre, l’appeler, et mon mari aussi. Heureusement, il a beaucoup de place !
Mais mon col…  Ce col est toujours fermé, long, non mature… Bref, acupuncture, tisane, ménage (en douceur, car hypertension…), rien n’y fait, mon ange reste bien au chaud.

Du coup, nous avons le temps de préparer notre projet de naissance : je veux de la mobilité, une petite péridurale et certainement pas la position médicale d’accouchement, le peau à peau à la naissance. Pour l’allaitement, je ne sais toujours pas…je verrai quand il sera là, mais j’ai un a priori : ne suis je pas trop pudique?

Le 07 aout 2011, le col se modifie (ahhh!!!), j’ai dépassé le terme depuis 3 jours ! Les sages-femmes (dont un homme) me disent qu’il faut déclencher. Ok ! je n’ai pas de question, pas de peur, je me sens en sécurité et nous avons confiance. J’entre à l’hôpital (chambre double, avec la maman d’une petite Manon). J’ai peur d’accoucher la nuit, mon mari n’étant pas à mes cotés. Mais je sais que c’est pour demain!

Le 08 aout 2011, 7h45, après m’être douchée, mon col est inexistant (la nature a fait son travail…).Petite injection de je ne sais pas trop quoi en salle d’accouchement… Nous sommes si excités,! « Madame, ça va être un peu long, profitez de ces instants ». C’est parti, j’ai ma première contraction !
7h55 : « Bonjour, je suis Madame XX, vous êtes déjà perfusée? » -oui.. » -zut, quatre dames viennent d’arriver »…
9h : je demande à la SF s’il est possible que personne ne mette de masque : en raison de ma surdité, j’ai besoin de lire sur les lèvres de mes interlocuteurs…. Requête acceptée !
11h : je rigole avec mon mari, qui a du mal à ne pas regarder le monito (expirant dès qu’il annonce une contraction plus forte que la précédente). Je gère la douleur, tout va bien. Finalement, je ne bouge pas (perf oblige), mais je n’en ai pas envie…
A noter qu’à chaque TV, la personne se présentait et avait le sourire, malgré les nombreux accouchements en cours.

11:45, TV: « Mais Madame, je vous fais pipi dessus! », -« non Madame, c ‘est la poche des eaux » « -mais il y a beaucoup de liquide!!!!! »-« oui, et je n’ai pas enlevé ma main ! ».
La sage femme m’explique que je progresse bien, je suis à cinq, que les contractions vont être plus nombreuses et intenses. Pour la péridurale, j’attends encore….
Une femme hurlant dans le couloir me fait changer d’avis. A 7cm, on me pose la péri, peu dosée. Je sens tout mais je peux me « reposer » un peu ; Nous plaisantons toujours, les sages femmes viennent tour à tour et rient avec nous.
16h: dilatation complète, je ris un peu moins…Mais ça va. La sage femme m’explique que notre fils est haut, il faut le faire descendre et me propose que nous mettions en œuvre ce que nous avons appris avec l’haptonomie…
moment de calme et de tendresse à deux…
17h: Je sens que je dois pousser, je suis sur le côté et mon mari appelle la sage femme… Il est là, elle le voit et me dit qu’il faut y aller, que je fasse selon mes sensations…Ce que je fais. apparemment c »était une belle poussée, mais je veux me mettre en position « médicale », elle me laisse faire… et je pousse, m’agrippant au lit, m’arrêtant à peine pour la mise dans l’axe des épaules, il est là, sonné par cette naissance rapide, je ne le vois pas, mon mari suit les puéricultrices… On me fait signe que ça va, mais je ne l’ai pas « senti crier », j’ai peur… Ils sont enfin là mes deux hommes et tout va bien, le petit respire et me regarde…..

Le Choc, l’effet miroir, je reconnais en lui mes traits et ceux de son papa, je le vois tel que je le rêvais, je le sens se blottir contre moi…Le bonheur de ma vie, le sens de la vie…

L’ombre au tableau arrive : je le nommerai « la couturière », cet interne qui ne se présente pas, me dit qu »il n’a rien à foutre là » et qui sent le tabac…La couturière me dit que ça va faire mal, qu’il ne fera pas anesthésie, même si la déchirure est importante. Il coud durant 1h30. Ma douleur ne l’émeut pas, je lui tiendrai des propos désobligeants (présentez vous, je n’ai pas demandé à ce que ce soit vous..).
Il s’en suivra la peur de ne pas être bien recousue et 3 semaines couchée pour résorber les hématomes…

Sur l’allaitement, je n’étais pas renseignée, du fait de mon manque d’intérêt pour la question (j’ai un peu honte d’écrire ça..)…La sage femme m’a proposé de faire une tétée de bienvenue à mon petit ange, m’a aidée, m’a dit les positions… Essai validé : je me suis sentie « accomplie » par cet acte naturel et sain, en phase avec mon fils.
J’ai allaité mon fils durant 6 mois et demi, avec des hauts et des bas (la peur de ne pas avoir assez de lait, de faire trop de tétées, pas le bon timing…). 16 tétées par jour le premier mois n’ont pas eu raison de notre allaitement.
Les conseils de certains pédiatres non plus : j’allaite à la demande, c’est à dire A LA DEMANDE, pas à la demande toutes les 4 heures uniquement !!

Pour le soutien, le moral et l’aide, merci encore à ma sage femme d’avoir répondu à toutes mes questions, d’avoir su apaiser mes peurs de jeune maman et de m’avoir consolée après la visite chez le premier pédiatre (pas de tétine, ni 16 tétées, ni doudou… bref j’avais rien de bon…)

Je n’ai pas réussi à maintenir l’allaitement au delà de ma reprise de travail.
Pour mon second enfant, j’allaiterai aussi, en me posant moins de question et en me faisant confiance.

Hormis la couturière, je ne remercierai jamais assez l’équipe médicale de garde en cette journée du 08/08/2011, à Nîmes, qui a su nous mettre à l’aise, nous accompagner, nous aider et nous rassurer pour ce moment, qui bien que médicalisé, est magique pour nous.

La parentalité m’ a grandie, m’a ouverte et m’a fait découvrir une facette inconnue : je suis » mère », je protège et câline, je nourris et je berce, je rends autonome et j’aime, je touche et communique.
Merci à mon mari d’avoir eu plus confiance en mes capacités de mère que moi, merci à mon fils de sa confiance et  faire naitre en moi tant de joie et d’émotions.

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3 Réponses to “Maxime, en 2011, à Nîmes‏”

  1. Rangon 10 avril 2013 à 14 h 09 min #

    Bonjour. Je suis de la région de Nîmes et j’aimerais beaucoup savoir dans quel hôpital/clinique vous avez été si bien reçu!

    • Calhane 10 avril 2013 à 16 h 26 min #

      Bonjour ,
      nous sommes aller au Chu caremeau.
      Cordialement

      • Lise 10 avril 2013 à 22 h 08 min #

        Merci!!

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