#264 La naissance de S. – 2011

21 Avr

La naissance de S.

9 mars 2011 20h30 après le départ d’Aby au travail je ressens le besoin de tout nettoyer, de tout astiquer jusque tard dans la nuit. Je me dis que tout doit être propre pour quand il nous rejoindra.

23h La première contraction douloureuse mais je me dis que ce n’est rien juste un faux travail comme depuis les 3 dernières semaines. Toute la nuit et la journée du lendemain les contractions vont s’enchaîner doucement à un rythme non régulier. Je ressens le besoin de bouger, de me dépenser, de monter les escaliers c’est une sensation un peu étrange pour moi qui doit compter tous ses mouvements depuis bientôt un mois.

Dans l’après midi quand Abou S se réveille je lui dis que je pense que le bébé va bientôt nous rejoindre et qu’on devrait songer à aller à la maternité, mais comme je ne sais pas si on doit y aller ou pas, il me répond que «  j’ai cas me décider, c’est pas comme aller acheter du lait ».

Nous allons prier °asr à la mosquée de ****, j’ai tellement de difficultés à prier à genoux par terre que je sens que c’est la dernière fois que je viens toute seule. Une soeur doit m’aider à me relever tellement j’ai du mal. Je suis totalement grosse en même temps tu es si bas mon bébé. Ensuite nous allons faire les courses, nous passons au taxiphone j’attend dans la voiture et je sens mon ventre se contracter doucement, ensuite direction lidl puis la boucherie et après Abi a un rendez-vous médical. Nous sommes en retard, il y a des bouchons, nous mangeons des gâteaux dans la voiture, j’appelle Oncle T par rapport à la visite d’un appartement et je suis tellement ailleurs, je pense à ta venue que je raccroche sur un «  bisous, bisous  ! ». Nous nous garons loin, le cabinet est plus loin que prévu, nous sommes très en retard, nous marchons vite, je souffre, j’essaye de m’acrocher au rythme d’Abi, nous finissons par y arriver tant bien que mal, j’attend dans la salle d’attente, je souffre d’élancements très désagréables. Nous sortons, je peux à peine marcher, j’ai tellement mal, à la pharmacie je m’assois puis nous repartons mais je ne peux pas, j’ai tellement mal à chaque fois que je bouge alors j’attends Abi et la voiture à l’arrêt de tram. Je finis par monter dans celle-ci tant bien que mal, nous décidons alors d’aller à la clinique, Abi est tellement perturbé qu’il se trompe de direction, se perd et se trompe d’endroit où aller. Je descends devant la clinique et l’attends dans la hall.

Nous sonnons devant la salle de naissance, la sage-femme vient nous chercher, on me pose un monitoring allongé mais j’ai tellement mal et celui-ci s’éternise, nous sommes arrivés au moment du changement d’équipe et ils nous font attendre. Abi est pressé, il sonne, de temps en temps j’ai de grosses contractions, un beau pic sur le tracé, il re-sonne, on se chamaille. Finalement la nouvelle sage-femme vient s’occuper de moi et m’annonce que ta venu, bébé, n’est pas imminente. D’ailleurs pour elle, je ne suis même pas en travail. Je souffre, je fonds en larmes, je sais que tu vas venir, je ne veux pas qu’Abi parte travailler et ne soit pas là cette nuit, je pleure, je ne veux pas être seule à la maison, j’ai peur, je pleure, elle me propose un déclanchement dans la nuit, j’accepte je suis fatiguée moralement, je n’en veux pas mais j’accepte. Je prends le risque. Au moins je reste à l’hôpital, au moins je ne suis pas seule, enfin du moins je le croyais. La sage-femme me dit qu’elle viendra me chercher pour m’emmener en salle de naissance. Je reste seule avec Abi, on se dispute, je pleure, j’ai besoin de lui, je ne veux pas qu’il aille travailler, j’ai peur, j’ai mal, j’ai besoin de lui. Je reste seule, je pleure encore et encore, les urgences se succèdent, je suis seule dans la salle d’acceuil, je pleure, je marche autour du monitoring, je pleure encore et encore, j’arrache une feuille après l’autre de la table d’examen. Une femme entre chercher un appareil, je pleure toujours un tas de feuille mouillée sur les genoux, je parle à Allah encore et encore.

Finalement plus de deux heures plus tard la sage-femme revient pour me trouver une chambre, ça coince, le service est plein, j’ai pas de mutuelle, finalement elle me trouve une chambre tout au fond du bâtiment. On convient que je reste dans la chambre et qu’elle m’appelera dès qu’une salle de naissance se libérera. J’ai faim, elle ne veut pas me donner à manger, elle m’apporte juste un jus de raisin, il est 23h, j’ai faim très très faim, les gâteaux sont loins et le repas encore plus, mon ventre contracte, je sais que tu te prépares à venir, j’ai besoin de me nourrir mais non. Je rattrape mes prières, je suis seule, la chambre est froide, j’ai pas d’affaires du tout ni argent, ni téléphone, je parle à Allah et je marche, je marche, je marche, je marche, j’allume la télé il n’y a rien d’autre qu’un débat islamophobe et des émissions choquantes. Je suis seule, très seule alors je parle encore et encore à Allah. J’ai mal dans mon dos je sais que le bébé se prépare à venir, je vais chercher un ballon en salle de naissance, la sage-femme est débordée. Plus tard j’apprendrai que vous les bébés, avaient été 7 à venir cette nuit là. Elle me l’apporte dans ma chambre, me montre comment l’utiliser, je lui demande d’appeler mon mari, j’ai terriblement besoin de soutien, de quelqu’un à qui parler, j’ai peur, je suis seule terriblement seule. Il doit être entre minuit et une heure du matin, je marche, je fais du ballon, ça soulage mon dos, je regarde les minutes passer sur le décodeur, je suis seule, j’espère voir entrer mon mari, j’attend, j’attend, j’attend, je finis par claquer des dents, alors je decide de retourner en salle de naissance.

La sage-femme à enfin un peu de temps, elle me réexamine, et m’annonce que je suis bien en travail mais ça je le savais déjà, ça me soulage de l’apprendre quand même, je me dis que ces 24h dernières heures n’ont pas été vaines mais tout avance si lentement. Maintenant que le travail est confirmé je ne veux plus du déclenchement mais j’ai tellement peur d’être seule pour cette naissance que j’argumente de peur de pas l’avoir et d’être seule encore. La salle nature est libre, je passe un monitoring debout à déambuler, je ne souffre pas, je sais que le travail est utile, j’ai à peine mal, je marche, la sage-femme a oublié d’enclencher le tracé papier alors je bidouille la machine jusqu’à ce qu’elle trace ! J’attends mon mari, je suis seule, elle revient me poser la perfusion et me faire couler un bain. Je suis dans cette grande pièce au beau milieu, je n’ai pas mal, mais je ne suis pas là, j’ai tellement peur que quelqu’un rentre, je cherche une position dans la baignoire et j’attends. L’eau est chaude, c’est sans doute la première fois que j’ai une aussi grande baignoire pour moi, je ne suis pas dans mon accouchement, je suis préoccupée.

Il est 3h du matin quand mon mari vient enfin, il est fatigué, surpris de me voir là et me demande même ce que je fais. Il s’allonge sur le lit et essaye de se reposer, il est souvent dérangé. Je sors de la baignoire, je marche puis j’y retourne, j’ai perdu la notion du temps, la première contraction douloureuse me prend, je suis surprise par sa violence, je me crispe dans la baignoire et je gémis. Je suis surprise les contractions naturelles n’ont pas cette violence qui ne me lachera plus jusqu’à la fin. Quelques unes après je suis surprise, déstabilisée, je perd pied, ne supporte plus ma position, Abi vient me tenir compagnie et essayer de m’aider, il sonne, la sage-femme est occupée, elle ne donnera que comme conseil rapide « Aidez-là à respirer ». Moi je sais plus, je suis perdue, j’oublie comment on fait pour respirer, je me rend compte que la préparation ne sert à rien, Abi est déstabilisé, je souffre, j’ai besoin d’aide, j’ai besoin que quelqu’un m’aide, alors en desespoir de cause je demande la péridurale, j’apprend que c’est un homme l’anesthésiste, je veux refuser, j’ai mal, je veux de l’aide, la sage-femme est débordée et me dit « il y a une autre maman qui accouche, elle à besoin de moi ». J’ai mal et personne ne peut m’aider alors je demande cette cochonnerie de péridurale que je veux même pas. Je finis par sortir de la baignoire, Abi et la sage-femme m’aide à m’habiller, je m’accroupis sur une contraction, ça soulage en rien, je suis tellement pas dans la naissance de mon fils, je suis ailleurs. Je marche jusqu’à la salle d’à coté, je suis à 5 ou 6 cm je ne sais plus, elle me dit que le plus gros est fait, je serre la main d’Abi pendant l’examen, je lui dit que ça va me faire mal. Je ne peux pas rester coucher j’ai terriblement mal, j’ai la nausée, alors je m’assois puis je m’agenouille, j’ai mal, j’ai mal, la douleur est d’une violence inouïe jamais ressentie, la douleur est artificielle, j’ai mal à en hurler, d’ailleurs je finie par hurler, hurler et hurler, j’ai tellement mal. J’ai besoin de bouger mais il faut que j’attende l’anesthésite sur cette table qui d’ailleurs ne viens pas. Abi me parle de ma pudeur et de couverture je l’écoute à peine, je le suplie de me ramener à la maison, je souffre tellement, je finirai d’ailleurs par le mordre.

L’anesthésiste vient enfin à 5h et demi, Abi est prié d’aller prendre un café, je ne veux pourtant plus qu’il parte, j’ai peur qu’il ne revienne pas, je n’ai pas la force de m’opposer. L’anesthésiste entre, il est froid, de mauvaise humeur, et ne me calcule même pas, je fais le dos rond soutenue par la sage-femme que j’essaye de pas brutaliser. Je demande à l’anesthésiste d’attendre, je lui dit ou lui fait signe pas cette contraction, que j’ai mal, il s’en contre-fiche et me dit «  c’est maintenant ou jamais ». J’ai terriblement mal, la douleur me paraît tellement longue mais une contraction ne dure pas plus d’une minure, le temps me paraît suspendu. L’anesthésite parle à la sage-femme, elle le questionne sur son week-end en Allemagne dans quelques heures, je souffre terriblement et en même temps je peux suivre leur conversation. Après la pose je m’excuse auprès de la sage-femme si je lui ai fait mal.

Je me rallonge. Abi revient. La sage-femme me perce la poche des eaux et Abi et elle m’aide à m’allonger sur le coté droit. Je suis soulagée, étrangement c’est sans doute le moment dont je me souviens le moins. L’heure de fajr arrive, Abi prie dans la salle de naissance sur son manteau, je somnolle.

Il est 6h et demi, j’ai de nouveau des contractions dans mon dos, la sage-femme est rapellée, elle me dit qu’on va s’installer pour la naissance de bébé, elle m’explique comment faire. Elle me dit qu’elle va appeler mon docteur, je lui dis non que je veux pas mais elle l’appelle quand même parce que c’est la procédure. Je ne veux pas qu’elle soit là, je l’aime pas, j’espère qu’elle n’arrivera pas à temps. Je pense juste à ça dans ma tête. Elle m’aide à m’installer sur le dos, j’ai pas envie, je m’oppose pas, la naissance de mon fils m’a déjà échapée depuis tellement longtemps. Mon corps est anesthésié, je ressens rien, je trouve pas la force de vouloir autre chose, de demander à rester sur le côté. J’ai juste mal dans mon dos à chaque contraction, je me base la dessus pour aider bébé à naître, je m’applique, la sage-femme m’encourage, Abi pose sa main sur ma tête. J’ai envie de me redresser, j’essaye, j’y arrive pas. Le temps est suspendu et passe très vite je pousse 3 fois par contractions je m’applique. Je pose la main sur sa tête à l’intérieur de moi. Je remercie Allah. «  Merci mon Dieu, merci » Je croise le regard de la sage-femme, elle paraît surprise, je souris intérieurement, c’est pas la naissance que je voulais mais je suis bien quand même. J’ai senti sa petite tête, elle est proche, je gère comme je peux, je retire mon bandeau je veux sentir la main d’Abi sur ma tête.

Mais tout bascule à 6h45, elle entre, je la regarde entrer, je lui dis «  vous êtes rapide vous », je vois l’heure 6h45 moins d’un quart d’heure après . Je suis déçue, je ne veux pas qu’elle soit là. Elle s’approche, elle se met à côté de la sage-femme et m’appuie sur le ventre pendant une contraction, je pousse sa main, je veux pas, j’ai encore plus mal au dos, je veux pas alors elle me dit «  je vais le chercher à la ventouse alors, gardez le ventre dur au moins ». Je regarde mon mari, j’arrive plus à me concentrer sur sa naissance, je pense à sa menace. Elle chuchote à la sage-femme « épisio » celle-ci secoue la tête. Je ne suis plus bien dans ma tête, dans sa naissance, je le vois au plafond, je pense à lui, je pousse de toute mes forces, presque n’importe comment, je pense à lui, j’ai tellement peur qu’elle l’abime qu’elle lui fasse du mal, alors tant pis pour moi, je pousse, je force, je sens ma peau se déchirer, tant pis, je le vois au plafond (dans le reflet de la lampe ) alors je m’accroche. La sage-femme me dit que sa tête est sorti, elle me dit de pousser plus. Elle dégage ses épaules puis me propose de le prendre, je pose mes mains sur lui enfin, et je le prends. Je n’y pense même pas. Je le salue « Salam aleykoum S » Je suis bouleversée, il est tellement beau, tellement petit machAllah. Des mains lui mettent un bonnet avant que je puisse le poser sur moi. Je leur dis à tous les deux que je les aime tellement. Il est mouillé sur moi, je suis partie. Tellement fort et boulversant que je ne me souviens plus grand chose d’autre que quelques séquences d’images ou de phrases. Il est sur moi dans une serviette. Finalement S Yest né à 6h 51 un jumuah 5 Rabi al Thani au moment pile du chourouk.

Quand tout est fini elles ouvrent les volets et je vois le ciel teinté de rose et il est là sur moi tout chaud, tout beau machAllah. Je suis émue, c’est tellement irréel, j’ai pas l’impression d’avoir accouché mais le peu que j’ai resentie m’a plu que j’ai de suite envie de recommencer. Maintenant on est 3 et cette nuit à également été la naissance d’un papa, d’une maman et d’une famille.

Pensées

Quand on est hanté par un souvenir et que ce souvenir devient une obscession et que cette obscession nous empêche de dormir ou même tout simplement de vivre. Quand on est bloqué sur un evenement traumatisant et qu’on ne vie plus que le film de celui-ci encore et encore. Comment fait-on pour aller de l’avant ?

Comment est-ce que je dois faire pour accepter ce qui s’est passé pour pouvoir accepter de vivre d’autres évenements ?

Comment est ce que je dois faire pour ne plus revivre encore et encore ces moments, pour ne plus les laisser me contrôler et me dominer ?

Comment est-ce que je peux procéder pour me laisser aller, afin de ne plus être bloquée.

Actuellement ces moments m’envahissent dans ma vie quotidienne perturbant mon sommeil, ma famille, ma relation avec mon mari, avec mon petit garçon et avec moi-même. Le simple fait d’imaginer porter de nouveau la vie me met dans une peur et une colère panique.

Je me sens agressée, salie et souillée ainsi que volée et dépossédée.

Quand mon petit garçon est né je n’ai strictement rien sentie de sa venue au monde, il est arrivé dans un climat tendu. J’ai mis deux jours à me rendre compte que c’est mon petit bébé et qu’il allait rester avec nous et rentrer à la maison inchAllah. Il a fallu qu’il me regarde au fond des yeux pour que je puisse me rendre compte qu’il était né. Depuis ce jour j’ai tellement peur qu’on me vole et qu’on me prive d’autres moments avec mon fils que j’aime l’avoir à côté de moi, j’ai beaucoup de mal à le laisser avec quelqu’un de peur qu’on me vole un de ces moments inoubliables et non ratrapables. Je ne veux que personne d’autre que mon mari, ne le nourisse ou le change. J’ai tellement peur que je vais le voir chaque nuit et chaque nuit je pose ma main sur lui pour être sur qu’il est toujours avec moi. Je souffre beaucoup de cette rencontre ratée avec lui.

Quand je parle de la naissance de mon fils je pleure, les larmes coulent toutes seules. Elles coulent de plus en plus souvent, elles coulent un peu tout les soirs, jusqu’à m’empecher de dormir et jusqu’à m’empêcher de profiter des moments qui passent.

Ou sinon quand je parle de celle-ci je dis que tout s’est très bien passée parcequ’il a tellement rien à dire c’est tellement banal ocytocine, péridurale et voilà génial inoubliable.

J’aurais tellement aimé donner naissance à mon petit loup dans un lien calme et confortable. J’aurais aimé qu’il vienne dans un lieu où je n’aurais pas eu peur que quelqu’un rentre alors que j’étais mal a l’aise et nue. J’aurais tellement aimé un lieu où je puisse me laisser aller et rentrer dans ma douleur. J’aurais tellement aimé quelqu’un pour me conseiller et m’aider. J’aurais tellement aimé autre chose qu’une aiguille immense qui s’enfonce dans l’indifférence pour m’apaiser. J’aurais tellement aimé qu’il vienne dans l’intimité sans être brusqué ou manipulé. J’aurais tellement aimé un lieu confortable où me laisser aller à mettre mon enfant au monde.

Aujourd’hui je pleure encore et encore, possédée par la violence de ces neufs premiers mois dans mon ventre. Je pleure parce que j’aurais aimé que les réponses apportées à mes questions ne soient pas invasives et purement médicales.

Dès fois je me dis que ma fausse couche a été mille fois plus facile que cette naissance. J’ai perdu cette grossesse mais chez moi dans l’intimité de ma maison pouvant me laisser aller à ma douleur sans invasion.

J’ai peur de porter de nouveau la vie parce que déjà j’ai peur de porter de nouveau la mort mais avant de porter la mort j’ai portée la vie jusqu’au bout même si moi je suis un peu morte. Et puis j’ai tellement peur que tout recommence j’ai tellement peur que voulant protéger mon enfant je me fasse de nouveau avoir, que je n’arrive pas à nous protéger et à protéger ma fragilité. J’ai tellement peur qu’on apporte pas les bonnes réponses à mes questions, à mes interrogations. J’ai tellement peur de ne pas arriver à défendre mes points de vues. J’ai tellement peur qu’il aille mal et que je ne puisse pas le protéger sans rentrer dans le systéme. J’ai tellement peur d’être à nouveau manipulée par des gens menteur et arrogant. J’ai tellement peur d’être à nouveau violée, souillée et fouillée.

Il a tellement de gens qui ont posés leurs mains sur mon corps, tellement de gens qui ont souillée mon intimité que j’ai l’impression d’habiter un endroit public. Dès fois j’ai même envie de pleurer et de m’enfuir. Je me sens tellement salie que j’arrive plus à me laisser aller , sans cesse dans ma tête des scénes se rejouent. J’ai mal dans mon corps, j’ai mal dans mon dos et j’ose pas aller voir un osthéopathe tellement j’ai peur que celui-ci ne puisse rien faire pour ce nerf abimé. J’ai mal dans mon intimité et là non plus j’ai envie de hurler quand on me parle d’aller voir quelqu’un parce que j’ai déjà vue plusieurs personnes dont ce n’est pas la préoccupation et pour qui c’est même joli !

Je suis en colère et terriblement en colère parce que je sais qu’on aurait pu éviter tout ça si seulement j’avais su me défendre malgré ma fatigue et la solitude du moment. Si seulement j’avais pas accepter de peur qu’il ne soit pas à mes côtés au moment de sa venue au monde. Si seulement j’aurais su quoi faire pour me soulager. Si seulement elle n’était pas venue. Si seulement j’aurai eu le courage de trouver un autre médecin même a 4 semaines de la date. Enfaite dans toute l’histoire je me sens tout simplement coupable et je pleure à cause de ma faiblesse et de ma culpabilité.

Aujourd’hui je pleure de tout ce qui s’est passée mais je suis surtout coupable d’avoir été dans cet hôpital parce que j’avais mal. Mais j’aurais aimé que tout soit différent. Je crois même que je deteste la nuit où mon fils est né et je suis terrifiée que ces evenements se reproduisent pour un autre enfant.

J’aimerais aussi tellement dire pardon à mon petit garçon de ne pas lui avoir donné une meilleure arrivée sur terre, d’avoir abandonné et de ne pas l’avoir accompagné pour naître. J’ai au moins réussi à lui éviter d’être ventousée hamdoullilah.

Les conséquences :

J’ai souffert de cette accouchement tant physiquement que moralement. J’en suis sortie avec un périnée bien plus qu’abimé dont les douleurs ont mis neuf mois à disparaitre, rien que porter mon fils dans mes bras était douloureux. Mon dos à souffert de la péridurale dont la pose à été mal réalisée, j’ai souffert un an jusqu’à ce que j’aille voir une ostéopathe.

J’ai souffert d’avoir été remise en cause dans ma capacité à donner la vie, dans ma capacité à prendre des décisions en tant que mère. Mon séjour à la maternité à été assez affreux, je suis restée trois jours puis nous nous sommes littéralement enfuis, j’ai pris tout les prétextes pour sortir. Mon intimité, ma pudeur et mes convictions ont été bafouées. J’ai eu des examens post partum imposés et indélicats, une sage femme s’est même permise de sortir mon fils de mon lit alors que j’étais entrain de lui refuser … La gynéco m’a imposée un examen avant mon départ fourrant son doigt dans mon intimité comme un bourrin alors que j’avais une très grosse déchirure dont d’ailleurs elle a refusée de me donner le nombre de points.

Les sages femmes et auxiliaires ont donné à mon fils des vitamines sans m’en avoir informé ni demandé mon avis.

J’ai accouché dans une clinique ami des bébés et j’ai reçu tout et n’importe quoi comme conseils sur l’allaitement allant jusqu’à des critiques de mes vêtements sois disant pas pratique pour allaiter. Mes seins ont été pincés et mon fils a eu sa tête maintenu dedans … Heureusement qu’il y a eu une conseillère en lactation de garde ce week end là.

Je suis restée traumatisée de cette naissance et de ce séjour jusqu’à la naissance de mon deuxième fils dix huit mois plus tard dans une maison de naissance à l’étranger. Quand je repense à la naissance de mon fils ainé et à ce séjour j’ai un sentiment d’horreur qui m’anime.

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Une Réponse to “#264 La naissance de S. – 2011”

  1. Mélanie 22 avril 2013 à 3 h 31 min #

    J’aurais aimé avoir plus de détail sur votre deuxième accouchement. Vous donnez l’impression que c’était une belle expérience??? En fait, je l’espère pour vous…
    Je tiens à vous dire de ne pas trop vous en mettre sur les épaules par rapport à votre culpabilité. Les gens qui travaillent dans ces lieux devraient être là pour faire le mieux pour les femmes, on ne devrait pas devoir se méfier et tout remettre en question, mais malheureusement la réalité est bien loin de ça… Quand on est vulnérable comme lorsqu’on est en travail pour accoucher, on est mal positionnée pour se défendre… Vous avez le droit de vivre toute cette rage et cette colère, mais vous avez aussi le droit d’être heureuse, ne l’oubliez pas.
    Selon moi, une des solutions pour éviter des situations comme celle-là, c’est l’accompagnement!!!!
    Merci pour votre partage, c’est très généreux de votre part et j’espère que ça été libérateur…
    Mélanie

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