#267 Naissance de Maxence – Haute Savoie

26 Avr

J’ai 32 ans, je suis infirmière en psychiatrie.

Dans mon travail, la parole et l’écoute occupent une place beaucoup plus importante que les piqures et les médicaments.

Mon conjoint, lui est technicien.

Quel bonheur d’être enceinte après quelques années d’attente et de traitements

Pour nous, la FIV a marché tout de suite !

On est en mars 2012, bébé est attendu pour décembre.

Le courant passait mal avec mon gynéco, je voudrais changer. J’en parle donc à celui de la PMA.

« C’est le meilleur qui vous suit, ne changez pas ! »

Comme je lui fais confiance, je suis son conseil.

J’avais déjà des idées bien précises de ce que je voulais pour mon bébé : accouchement naturel donc sans péridurale, allaitement long ….

Je suis suivie par mon gynéco, avec qui je ne suis pas à l’aise. C’est un médecin avec qui on ne peut pas discuter, échanger.

Il n’expliquait rien du suivi, j’avais l’impression d’avoir un suivi standardisé, pas du tout personnalisé.

J’ai droit à des tv à chaque consultation, chaque examen est prescrit systématiquement.

A chaque rendez vous, il me demandait si c’était mon premier bébé alors qu’il m’avait suivi pendant 2 ans pour infertilité.

J’ai refusé de faire le O’Sullivan, je n’avais pas de signe d’appel d’un diabète gestationnel.

A partir du sixième mois, il a commencé à me parler de la péridurale et ce jusqu’à la dernière consultation. A chaque fois, je lui répétais avec plus de forces que je n’en voulais pas !

Pour lui, premier bébé, gros bébé il était impensable d’accoucher sans !

Après l’échographie de la 32 ième semaine, il nous annonce que bébé sera gros, 4 kg, que donc il faudra une péridurale et sûrement un déclenchement.

Je lui réponds fermement que je ne suis pas d’accord !

J’ai pris les cours d’accouchement avec les sages femmes de la maternité, tard, à partir du 8ième mois.

Je suis perdue. Ce n’est pas ce à quoi je m’attendais.. Je les trouve pauvres, je n’apprends rien, le discours de la sage femme sur l’allaitement ne me correspond pas.

Je lis le livre du Dr Thirion qui me correspond plus.

3 semaines avant le terme, pour ma dernière consultation, mon gynécologue me dit : « Alors, il joue les retardataires votre bébé ? »

Ben non, il attend d’être prêt c’est tout !

4 jours avant le terme, la sage femme m’appelle : » Alors ? Toujours à la maison ? ». Elle me dit que le gynéco me proposera sûrement un décollement de membranes puisque j’ai rdv avec lui le soir même. Illico, je cherche sur internet, je ne veux pas de ça, c’est hors de question !

20 heures, le gynéco a 2 heures de retard, tout le monde est fatigué, énervé.

Sur la table d’examens, je lui dis d’emblée et de manière agressive qu’il n’a pas intérêt à me faire un décollement de membranes !

L’ambiance est tendue.

Il nous redonne rdv pour le jour du terme. Jour où, d’après lui, il faudra déclencher puisque c’est un bébé fiv

Enervée par l’attitude de mon gynéco et de la pression qu’il nous met et pour la péri et pour le déclenchement, je demande à avoir un autre avis.

Nous voyons un de ses collègues, très sympathique et très à l’écoute

Une FIV ne justifie pas un déclenchement (je le savais), si l’écho et le monito sont bons, on peut attendre jusqu’à j +5 ou +6.

La péridurale reste un choix personnel.

Je ne fais plus du tout confiance à mon gynéco, et mets ouvertement en doute ses pratiques.

Le jour J, un vendredi, premier contrôle avec mon gynéco … Pour lui, il reste peu de liquide amniotique, mais on peut éventuellement attendre jusque lundi.

Le week end se passe dans l’attente et dans le stress.

Dimanche, deuxième contrôle, avec un autre gynéco. Bébé va bien, il reste largement assez de liquide pour attendre jusqu’à mardi. J’apprends par sa collègue que mon gynéco aime bien déclencher ! J’avais bien compris.

Lundi soir, la poche des eaux se fissure. Confiante, j’appelle la clinique pour savoir quoi faire.

On nous demande de venir avec nos petites affaires. C’est la fin de l’attente me dis je, bébé est proche !

L’accueil de la sage femme est glacial, mais celle qui nous a donné les cours vient nous soutenir, et sera là plus tôt demain matin pour voir le bébé.

On nous attribue une chambre, mon conjoint part chercher quelques affaires et vient passer la nuit avec moi sur un lit de camp.

Je dors à peine depuis 2 heures lorsque les premières contractions me réveillent.

Je les gère seule jusqu’à quatre heures du matin, elles sont très régulières, je veux savoir où j’en suis, j’ai besoin d’être rassurée…

Nous allons voir la sage femme, j’en suis à deux doigts, je peux retourner dans la chambre, à l’autre bout du service.

J’attends que la nuit passe tantôt debout, tantôt sur un fauteuil, je regarde tomber la neige dehors …

A 6 heures, j’ai droit à une perfusion d’antibiotiques, la poche des eaux s’est percée depuis 12 heures.

Plusieurs fois dans la matinée, nous irons voir les sages femmes, qui systématiquement après l’examen nous renverrons dans notre chambre, loin du « bloc accouchement ».

J’aurais eu besoin de soutien moral et physique, de conseils pour mieux supporter la douleur. Qu’on me propose d’autres positions que la station debout très fatigante.

Seuls, nous essayons de gérer le travail comme nous pouvons.

A 13 heures, je suis épuisée, je ne tiens plus je ne gère plus …

Je demande à ce qu’on me pose cette saleté de péridurale, j’ai besoin de souffler, de me reposer.

Ce n’était pas du tout mon choix de départ ..

On nous installe très rapidement en salle d’accouchement.

L’anesthésiste arrive très vite.

Puis on attend …

Je ne sens plus rien, je ne peux plus aider mon bébé à sortir, c’est nul une péridurale !

A 18 heures je sens que ça pousse, ça y est je vais enfin avoir mon bébé !!

La sage femme met un temps qui nous semble interminable pour arriver.

Je suis mise en position gynéco et je dois pousser en retenant ma respiration.

Pauvre périnée me dis je, entre la position qui n’est pas la meilleure pour le préserver et la façon de respirer, il va déguster !

Elle appelle mon gynéco pour l’informer que l’expulsion vient de commencer, pour une fois il n’est pas en retard …

Je ne veux pas lui donner mon bébé !

Il est désagréable, agressif, appuye sur mon ventre, puis très rapidement sort la ventouse.

Mon pauvre bébé, que de misères tu vis !

La dilatation complète du col s’est faite à 19h, Maxence est né à 19h24.

Je n’ai même pas poussé pendant ½ heure …

« Vous voulez le prendre ? » me dit la sage femme. Mais quelle question ? Evidement je veux le prendre ! Et le mettre au sein ! « Ah bon ? Déjà ? » me dit l’auxiliaire puer …

Puis on m’enlève Maxence pour la visite du pédiatre qui est pressé.

On m’enlève déjà mon bébé, c’est dur pour moi je l’ai à peine vu !

Le gros bébé annoncé fait à peine 3 kg …

En attendant, mon gynéco me recoud, et me dit : « Vous avez vu dans quel état vous avez fait naitre votre bébé ? »

D’après lui, le placenta est calcifié, on aurait dû déclencher la veille ou le jour même.

Je ne récupèrerais Maxence que pour sortir de la salle d’accouchement, le peau à peau de 2 heures vanté par la maternité n’aura pas lieu.

De retour en chambre, je ne touche pas au plateau repas, je garde enfin Maxence contre moi !

A minuit, une sage femme passe dans la chambre, et me propose de mettre Maxence quelques heures en pouponnière que je puisse me reposer un peu.

Epuisée j’accepte, de toute façon les lits d’hôpitaux ne sont pas prévus pour du co dodo.

A cinq heures, la même sage femme me ramène Maxence en m’annonçant lui avoir donné 5 ml de glucose à la pipette pour ne pas me réveiller.

Quelle andouille me dis je, mon allaitement est déjà mal parti !

Les deux jours suivants, Maxence dort la plupart du temps, il perd 10 % de son poids, et présente un ictère du nourrisson.

A la pesée du vendredi, je n’ai pas eu le temps de dire ouf que l’auxiliaire puer était en train de lui donner un complément au biberon !

En colère, je demande à voir la sage femme.. Elles sont en train de me faire foirer mon allaitement !

Celle-ci m’explique que si Maxence n’est pas complémenté il risque de mourir !

J’accepte à contre cœur qu’il soit complémenté mais PAS AU BIBERON !

J’appelle ma mère qui habite en Alsace pour qu’elle vienne nous sortir de là.

Mère depuis quelques jours, ma parole n’a aucun poids, aucune valeur.

L’après midi se passe dans le stress … On me colle un tire lait alors que la montée de lait n’a pas eu lieu, Maxence est à nouveau complémenté au biberon, on m’impose un peau à peau alors que je suis remplie d’angoisse et de tristesse …

Ma mère passe la nuit avec nous, Maxence est à nouveau complémenté mais à la pipette, bataille gagnée contre la sage femme de nuit !

La montée de lait a lieu !

Demain, nous sortirons de cette maternité !

A la maison, les premiers jours se passent bien, puis c’est la dégringolade.

Maxence pleure tout le temps, ne dort pas, passe ses après midi au sein, je suis seule avec lui toute la journée, je ne vois personne, je suis coincée je ne peux rien faire.

Il prend peu de poids, j’ai peur qu’il soit complémenté à nouveau.

Je prends contact avec une sage femme spécialisée en allaitement.

Maxence ne tète pas suffisamment, on essaye de l’aider.

Tire lait, compléments, relactation, rien n’y fait …

J’ai arrêté d’allaiter, Maxence avait 6 semaines.

En colère, j’ai fait un courrier à la maternité, entre un accouchement difficile et allaitement mal accompagné, j’avais des choses à dire.

La réponse m’a laissé sans voix.

Mon souhait était d’accoucher naturellement, il était donc normal qu’on me laisse dans l’intimité avec mon conjoint.

Bien sûr que la maternité encourage l’allaitement au sein, mais dans mon cas j’étais fatiguée et Maxence faible, donc il fallait le nourrir au biberon.

Difficile après toutes ces épreuves de se construire mère, je me définis comme une maman contrariée.

Je voulais accoucher naturellement, je me suis retrouvée dans un accouchement hyper médicalisé.

Je nourris mon fils au biberon alors que je voulais l’allaiter.

Le plus difficile à vivre, c’est de ne pas allaiter, un vrai travail de deuil.

On prévoit d’avoir d’autres enfants, mais ce sera dans d’autres conditions.

Plus de gynécologue, un autre accompagnement durant la grossesse plus humain.

Un plateau technique pour le moment de l’accouchement.

Un séjour en maternité très court, un accompagnement plus important à la maison.

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3 Réponses to “#267 Naissance de Maxence – Haute Savoie”

  1. Sonia APAGY 27 avril 2013 à 12 h 35 min #

    J’ai été très touchée par votre témoignage Claire! La réponse de votre maternité m’a laissé sans voix! Il faut beaucoup de temps pour se reconstruire après de tels moments, la naissance de vos futurs enfants pourront vous y aider, ce qui a été mon cas pour ma 3e grossesse. La naissance de mon dernier a pansé toutes mes blessures, j’y ai contribué, car j’ai tout contrôlé, et cette bataille je l’ai gagné! Petite anecdote: je n’ai pas été au dernier rdv de mon gynéco, car il m’avait décollé pour mon cadet: quel plaisir de « ENFIN » accoucher NATURELLEMENT sans l’intervention de l’homme! Courage et préparez bien vos futures grossesses, car elles VOUS appartiennent! Sonia.

    • Claire Arnaud Bientôt Trouboul 8 août 2013 à 13 h 21 min #

      Merci Sonia, je viens de voir votre commentaire.
      Je suis enceinte à nouveau, bébé est attendu en janvier 2014.
      Cette fois ci, je suis suivie que par des sages femmes (même pour les échographies) et je devrais accoucher en plateau technique.
      Je me donne cette fois ci les moyens d’avoir une naissance sereine et un allaitement réussi !
      Claire

Trackbacks/Pingbacks

  1. La naissance d’Albane, Haute Savoie | Mon corps, mon bébé, mon accouchement ! - 11 février 2014

    […] J’avais témoigné en début d’année pour la naissance de mon fils Maxence, né en décembre 2012. (https://moncorpsmonbebemonaccouchement.wordpress.com/2013/04/26/267-naissance-de-maxence-haute-savoie&#8230😉 […]

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