Naissance de Violette et Eugénie – 2007 et 2009

26 Avr

Naissance de Violette 2007:

Jeudi 1 mars 2007, il est 5H08 je suis sortie de mon rêve, dans lequel quelque chose venait de heurter mon ventre, par une douleur au ventre puis une sensation d’être très mouillée (c’était la première fois que je perdais les eaux), je réveille Nicolas et vais prendre une douche. Les contractions démarrent tout de suite. Je les reconnais et suis ravie de savoir que le travail a vraiment commencé. Je reste sous la douche et m’accroupie entre les contractions. Parfois je m’impatiente lorsque la contraction n’arrive pas, j’aime la sensation qu’elle m’envahisse. 5H30 je suis toujours dans ma douche, Nicolas appelle Isabelle. Je sors de la douche et m’assoie sur un petit tabouret dans la salle de bain, Nicolas vient me voir et je sens que l’intensité des contractions est moindre, j’explique à Nicolas que je préfère rester toute seule, que je n’ai pas envie qu’il me touche. Il est un peu déçu de ne pouvoir m’aider mais bon c’est comme ça. Isabelle a du arriver un peu avant 6H. Je lui demande si elle veut m’ausculter, elle me répond que c’est plutôt pour moi que cela peut être intéressant de savoir. Oui c’est vrai j’ai envie de savoir ! Pendant ma douche, Nicolas avait installé le salon de mise au monde. Je m’assoie par terre et Isabelle m’ausculte le bébé est à droite et je suis à 6/7 cm. Isabelle me dit que c’est bien parti. Les contractions repartent de plus belle, après l’auscultation je me suis retournée et mise à genoux les coudes posés sur le canapé face à Nicolas qui y est assis. Il me semble qu’isabelle me propose de changer de positions mais je ne réponds pas, si l’idée me plait, le faire me semble difficilement réalisable. J’arrive à étendre une jambe pendant une pause puis reprend ma position, je tape du coude sur le canapé et je m’accroche aux hanches de Nicolas qui n’a que la peau sur les os… Je n’ai plus beaucoup de temps entre les contractions, Nicolas me masse la tête, Isabelle est derrière moi et s’occupe de faire des vibrations avec sa main dans le bas de mon dos. Isabelle m’a raconté que j’ai émis l’idée d’aller aux toilettes et aussi peut être que je n’en aurais pas le temps ce à quoi elle m’a répondu que c ‘était la tête de mon bébé que je sentais, je n’ai absolument aucun souvenir de cet échange…Je dis à Nicolas que les contractions sont presque jouissives, il rigole. Je suis contente je sens que j’y arrive. Au même moment une contraction me transporte, je me tends vers le plafond comme si je cherchais à y attraper quelque chose, j’appelle ma maman, je fais un cri genre le brame du cerf, je dis il faut que cela s’arrête. Et je sens au même moment la tête de mon bébé qui descend, une libération, j’y suis presque… J’essaie de pousser encore pour que cela aille plus vite mais je n’ai plus beaucoup de force et je sens qu’il faut que j’attende la prochaine contraction pour m’aider. Avant l’expulsion, Isabelle nous a demandé si nous voulions l’attraper mais ni Nicolas ni moi ne lui avons répondu, nous étions tous les deux sur une autre planète. La tête sort, puis il y a eu un temps d’attente qui m’a paru très long, je me sentais écartelé, et j’ai repoussé puis plus rien, j’étais vidé, notre bébé était né il est 6H30.
J’ai regardé Nicolas qui me regardait et nous nous sommes retourné pour découvrir ensemble notre bébé dans les bras d’Isabelle. Nicolas l’a enveloppé dans une serviette je me suis assise et l’ai pris dans mes bras. Quel calme et que de sérénité. Personne ne disait rien. J’ai regardé à plusieurs reprise entre les jambes de mon bébé mais le cordon me gênait et puis cela n’avait pas d’importance, j’ai réussi à voir quelques instants après et j’ai pu annoncer à Isabelle que ce bébé se prénommait Violette. Nous avons attendu que le cordon cesse de battre puis Nicolas l’a coupé ce qu’il n’avait pas fait pour les filles. Le placenta est sorti tout seul alors que j’avais un mauvais souvenir de cette délivrance à la maternité, là il a glissé tout naturellement. Je me suis installée sous une couette dans le canapé et j’ai mis Violette au sein.
Et nous sommes restés comme cela dans le silence, Nicolas et Isabelle remettant en place le salon dans la pénombre. Vers 7H30, Salomé s’est levée, est restée devant la porte vitrée du salon en nous regardant, a hésité puis s’est avancée, Violette était cachée sous la couette et elle ne pouvait la voir, elle est venue sous la couette et est restée contre moi. Elle m’a dit qu’elle avait entendu un bébé crier et avait pensé que c’était la radio. Elle était toute sereine comme nous tous. Agathe s’est levée plus tard et Nicolas l’a invitée à me rejoindre pour découvrir sa petite sœur mais elle lui a répondu qu’elle préférait déjeuner (sacrée Agathe !). Nicolas a fait déjeuner les filles, puis nous les avons habillés avec l’aide d’Isabelle et elles sont parties à l’école. Isabelle a du partir vers 8H30. Et voilà j’avais mon bébé. Quand Nicolas est revenu, nous m’avons transféré avec ma petite violette dans mon lit où j’ai passé toute la journée en peau à peau avec elle, un régal. Les jours suivants, je n’ai rien fait (ou presque…) j’ai pu me reposer, je n’ai pas senti la montée de lait (si douloureuse pour les filles), Violette, toujours collée à moi dans le lit, dans l’écharpe…Un vrai bonheur…
Isabelle est revenue le lendemain puis le lundi suivant, j’ai pu à ce moment lui raconter tous les doutes que je n’avais pu lui exprimer pendant neuf mois, elle m’a écouté attentivement et m’a comprise. Nous avons longuement échangé sur le sujet. Elle trouvait aussi que je ne lui parlais pas beaucoup, mais était convaincu de mon choix et de ma détermination pour y arriver. Et elle n’avait donc pas besoin d’en savoir plus. Quant à l’épisode du samedi fausse alerte, elle m’a expliqué qu’elle ne pouvait pas à ce moment là me dire si oui ou non mon bébé allait naître puisqu’elle ne le savait pas et que le travail aurait pu repartir. Voilà la boucle était bouclée et je n’aurais pu être bien si je n’avais pas eu ce précieux échange. Le mercredi, elle est revenue pour la dernière fois, c’était étrange.
Notre nouvelle vie à 5 commence…

Naissance d’Eugénie 2009:

Lundi J+5, je suis contente aujourd’hui j’aurais mon bébé dans les bras et je suis soulagée. Nous prenons notre petit dej avec les filles et leur expliquons ce qui va se passer pourquoi le bébé ne naitra pas à la maison mais que nous serons rapidement tous ensemble. Les filles sont sereines, cela nous aide. Nicolas les emmène à l’école et reviens en me disant que la maîtresse de Violette prendra chez elle les 3 filles ce soir si besoin. Une nouvelle qui me soulage encore plus, une chose de moins à organiser. Je mets deux trois trucs dans un sac et nous partons.
Arrivés à 9H00, une sage femme vient vers nous notre dossier à la main, elle a l’air soucieux. Elle nous demande ce que l’on veut. En fait sur notre dossier, il était indiqué que je ne voulais pas être déclenchée, donc elle se demandait comment elle allait nous faire changer d’avis. Nous avons tout de suite expliqué la situation, et le sourire de la sage femme d’accueil est revenu. Après un monito, une prise de sang, un test d’urine, et autre on nous installe dans une jolie salle lumineuse. Je demande même si c’est ici que le bébé va naître, on me répond oui, je suis étonnée ce n’est pas du tout le souvenir que j’ai d’une salle d’accouchement, les choses se présentent bien je trouve. Et quelques temps après la pétillante Anne sage femme de son état a fait son entrée. Très agréable, elle me demande où je souhaite m’installer sur le fauteuil, sur le lit j’opte pour le lit, je pourrais un peu dormir. Puis elle sort une affreuse blouse blanche, là je dis que je n’ai pas trop envie d’enfiler cela que je préfère rester en débardeur, elle m’explique que pour la perf c’est plus simple, je lui demande pourquoi les manches longues sont plus simples que pas de manches, elle dit « oui d’accord » et laisse tomber sa moche blouse. 11H pose de la perf et analyse de notre dossier, Anne: « Je vois que vous ne voulez pas d’antibio (streptocope A) », et j’ajoute : « et je ne veux pas non plus que l’on fasse de prélèvement gastrique sur mon bébé, qu’une prise de sang lui sera faite si il y a un doute sur son état de santé ». Elle se retourne et dit « bon d’accord ».Puis elle nous demande comment nous voyons cette naissance, comment je pense accoucher, je n’ai pas de réponse et elle ajoute : « parce que moi les accouchements acrobatiques, cela me va tout à fait. », je trouve cette phrase super chouette et suis de plus en plus ravie d’être là. La journée se passe, je ne trouve pas les contractions assez douloureuses et j’ai peur que même cela ne va pas aider mon bébé à venir au monde. Anne passe de temps en temps pour voir si nous allons bien et nous demande de quoi nous avez besoin.Il y a un poste dans la salle et nous avons mis radio classique, Nicolas a acheté la presse à scandale et on se rend compte qu’on ne sait plus qui sont les people d’aujourd’hui, on trouve quand même le temps long. Nous avons eu le temps d’expliquer notre désir de rentrer rapidement chez nous le lendemain, voir le jour même si je m’en sentais capable. Cela a paru difficile mais on ne nous pas dit non, donc on en a parlé dès que nous pouvions. Anne nous a dit que le jour même, ce n’était pas sûre mais qu’elle serait là le lendemain matin et qu’elle s’occuperait de nous pour que nous puissions sortir. Pas besoin de se battre, juste d’expliquer, d’argumenter, de discuter sereinement.
Pendant tout ce temps, j’ai aimé parlé par la pensée avec mon bébé, lui expliquer pourquoi on en était arrivé là et comme nous l’attendions.
Dans l’après midi, une aide soignante est venue nous demander de signer un papier pour autoriser les soins au bébé, je lui ai demandé ce qu’étaient ses soins, et où elle comptait les faire. Elle m’a dit qu’il y aurait un prélèvement du cordon, qu’il était possible de le faire sur moi et que le bébé ne me quitterai pas si je le désirais, Nicolas signe le papier.
A 16H Anne me demande ce que l’on fait, si l’on perce la poche ou pas, la question était est ce que l’on perce si on est à 6 cm de dilatation ou si l’on attend encore. Je lui ai demandé de me dire à combien on était et que l’on prendrait la décision ensuite. Elle m’ausculte, on est à 7 cm, on décide de percer, Anne me prévient qu’à partir de ce moment je vais avoir beaucoup plus mal. On y va quand même. Elle perce puis vide la poche ce qui n’a rien d’agréable, mais Anne s’excuse de me faire mal et nous explique mais cela lui permet de voir comment le bébé pousse et elle nous dit que le bébé à le dos postérieur et la tête mal placée. Elle m’explique qu’il faut que je prenne des positions ventre en avant pour aider mon bébé à mieux se placer. Je m’installe sur le ballon, et parle à mon bébé pour qu’il m’aide lui aussi. Je pousse pendant les contractions, cela me soulage et puis ensuite tout est assez flou. J’ai été prise d’un instinct primaire de cri animal, sentant mon bébé tentant de se frayer un chemin. J’ai bondi du ballon, je me suis mise debout et me suis jetée sur le lit, restant allongée sur le ventre quelques secondes priant Nicolas d’arrêter tout cela, que je n’y arriverais pas. Anne de sa voix pétillante et rassurante, m’a dit que tout allait bien que je ne devais pas paniquer que je savais le faire et que j’allais le faire que j’allais l’aider à venir au monde parce que je savais le faire. Je me suis mise à quatre pattes, et Anne m’a dit que le col n’était pas totalement effacé mais que je pouvais pousser sans attendre que c’était mieux pour le bébé. Alors j’ai poussé sentant chaque centimètre parcouru par mon bébé, c’était très intense comme si je lui tendais la main pour lui montrer la sortie. Je dus m’arrêter car sa petite tête n’en faisait vraiment qu’à sa tête et Anne essaya de la guider au mieux. J’ai supplié Anne que ce bébé sorte, elle me répondit qu’elle faisait au mieux pour moi et pour le bébé. Après quelques poussées, à 16H56, Anne posa à côté de moi cette petite fille. J’entends les premiers cris d’Eugénie avec radio classique en fond. Le cordon est trop court pour qu’elle vienne jusqu’à moi. Le cordon coupé nous sommes enfin réunis. Je suis exténuée et il me faut quelques minutes pour réaliser que mon bébé était né.
Puis nous sommes restées collées sous des draps chauds. J’ai beaucoup aimé que l’aide soignante créé un cocon de lange à Eugénie pour qu’elle se sente bien. Vers 19H30 je suis allée dans la chambre de naissance pour y passer la nuit et le lendemain à 11H30 après la visite de la pédiatre, nous sommes rentrés chez nous.

Depuis je suis sur un petit nuage, j’ai peur d’oublier ce si joli moment que je n’avais jamais imaginé.
Je suis très heureuse de l’avoir vécu.

Hélène maman de salomé 2001, Agathe 2003, Violette 2007 et Eugénie 2009

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