#272 Hélène, accouchement en Israël

1 Mai

Je m’appelle Hélène, j’ai 24 ans, j’habite à Tel Aviv en Israël et je suis maman d’une petite L. De 4 mois et Demi.
Je suis née en France, j’en suis partie à 20 ans pour diverses raisons et quand je lis certains autres témoignages je me dis encore une fois que j’ai bien fait de partir…
Ensuite j’ai vécu 3 ans en Italie, à Venise et c’est la bas que je rencontré mon amour, il était touriste et venait d’Israël…
4 mois après je quittais tout et partais le rejoindre dans son pays ! Nous sommes alors en novembre 2011.

Le 27 mars 2012 j’attends mes règles qui ne viendront pas !

Sur le site du consulat de France je trouve une liste de médecins obstétriciens francophones, 2 sont sur Tel Aviv, j’appelle le premier qui me donne rendezvous un mois après et quelques conseils (pas de bains chauds, pas de viandes et poisons crus, cure d’acide folique et j’apprends que j’aurais du en prendre 3 mois avant la conception, Mais je ne savais pas…).
Impatiente j’appelle le 2ème et il peut me voir plus tôt !
Nous allons donc ensemble à ce premier rendez-vous pour s’assurer que la grossesse est en route et qu’il n’y a pas de problème.
Le cabinet médical sent la cigarette ! Je trouve ça pas terrible pour un gynécologue obstétrique de fumer dans son cabinet… en plus il me tutoie sans ma permission et j’ai horreur de ça ! Bref, il me confirme que la grossesse a bien débuté dans l’utérus (mon ventre tirait beaucoup et j’avais peur d’une grossesse extra-utérine) et sinon il discute en hébreu avec mon compagnon, je ne comprends pas, je lui dit que je suis venue chez lui pour pouvoir comprendre, donc je lui demande de au moins parler anglais, car je trouve que la priorite c’est que moi je sache ce qu’il se passe. 15 minutes pour un premier entretien je trouve ça un peu expédié.
Nous décidons de ne pas le choisir pour le suivi de toute la grossesse.
Le 2ème médecin est bien mieux, il me parle en francais et traduit tout immediatement, pose des questions sur ma santé, mes antécédents familiaux et m’examine. Le rendez-vous dure plus d’une heure et est complet nous sommes contents mais il ne sera pas là pour le reste de la grossesse et transfert notre dossier à son remplacant qui ne parle que hébreu et anglais, donc j’abandonne ! Le suivi se FERA en anglais …!

Je n’ai pas d’assurance médicale là-bas, pas de visa donc je ne peux pas trouver de travail, tout arrive très vite, les visites et les examens sont hors de prix sans remboursement même rétroactif, je dois repartir tous les 3 mois pour renouveler le visa de touriste, l’assurance que je souscris sur place ne couvrira pas les dépenses car je suis déjà enceinte…très vite je n’ai plus un sou ! Et en plus nous devons déménager !
Lors des retours en France, je déclare ma grossesse, et récupère des vêtements pour bébé et autre linge à la croix rouge où ma tante est bénévole ! une sacrée dépense en moins !
La première prise de sang en France (également payante, 200€, miam!) révèle que je ne suis pas immunisée contre la toxoplasmose…

La grossesse en Israël est médicalisée de manière différente qu’en France. Les rendez-vous sont mensuels, mais pas de toucher vaginal, uniquement des échographies, mon col était surveillé de cette manière, prise de tension, on me m’a jamais pesée! Pas de pression de ce côté-là. Prises de sang tous les 2 ou 3 mois.
Par contre j’ai vraiment ressenti une volonté exagérée d’avoir un enfant parfait qui m’a beaucoup gênée. Un jour le medecin propose une amnio-synthèse (j’avais 23 ans!) apparement toutes la font! J’ai refusé bien sûr, il n’y avait aucune raison.
Il m’a même dit : « On ne veut pas d’enfant trisomique! » J’ai alors demandé qui était « on » et si c’était ce « on » qui allait s’occuper de mon enfant et l’éduquer ! il a donc compris ma position!
Nous sommes passé par des test génétiques de toute manière car nous sommes très mélangés, lui moitié irakien, moitié polonais, et moi moitié française, moitié italienne, au final notre fille a les fesses bleues ! C’est une tache mongoloide, indolore, résultant du sang mixe , je trouve ça très amusant !

Ma grossesse se passe très bien, j’ai pris presque 20 kilos et tout le monde m’a dit : « C’est bien ! c’est normal! » plutôt cool non !
J’ai juste eu 2-3 coups de blues du genre : « J’suis toute seule ici, j’comprends rien, j’ai pas d’argent, j’suis meme pas juiiiiiiive ! »… Vive les hormones!

Tout ça nous amène au 15 novembre 2012.
Jour mémorable car j’ai finalment eu mon visa et permis de travail… à 38 semaines ! Merci ça va me servir !
Cet après-midi du 15 novembre, je parlais avec mon père sur Skype chez moi, quand nous avons été interrompus par l’alarme…
Mon compagnon était au travail et m’avait prévenue la veille que ça pouvait arriver…
Gaza lancait des missiles sur Tel aviv.
J’ai rassuré mon père, coupé Skype, j’ai mis mes chaussures, j’ai entouré mon ventre avec la couette du lit et j’ai pris les oreillers pour mettre autour, et je suis allée me « protéger » entre les 2 murs en béton de la chambre, selon mon compagnon c’était l’endroit le plus sûr de la maison. Notre immeuble n’a pas de « safety room » la plus proche était dans l’école au bout de la rue. Mais était fermé car nous avons été pris par surprise.
J’ai entendu un boom.
J’avais pris mon téléphone, mon homme m’a appelée du refuge de l’immeuble où il travaille, il n’avait rien entendu…
J’ai rappelé mon père pour le rassurer. Mais c’était pas facile, le pauvre…
Je suis restée entre les murs dans la couette et les oreillers jusqu’à ce que mon homme revienne du travail, une heure après … heureusement j’avais pris une bouteille d’eau!
Nous avons pris les sacs préparés la veille en prévention d’une attaque et nous sommes partis chez ses parents, plus au Nord, hors de portée des missiles.
Mon ventre était dur comme de la pierre… à la radio dans la voiture ils communiquaient les villes en danger… »Tseva adom » (couleur rouge=alerte) Jérusalem, Ein ghedi… des villes normalement hors de portée des missiles de Gaza…
Nous sommes restés tout le temps du conflit chez ses parents et j’avais des contractions tous les soirs depuis l’alarme, c’est pour ça que mon ventre était dur, nous sommes allés à l’hopital, le bébé allait bien et j’étais ouverte à 2 cm!
Bonne nouvelle! A part que je ne voulais pas accoucher pendant le conflit. Alors je parlais à mon bébé, je lui disais de pas encore sortir parce qu’il faisait pas beau dehors…
Le conflit n’a heureusement duré qu’une semaine, il y avait eu beaucoup de morts en tout et je parlais à mon homme que ce n’était pas comme ça que j’avais imaginé la fin de ma grossesse, dans la terreur (car lui en plus, retournait travailler à Tel aviv tous les jours …) et que je n’avais pas l’intention de faire grandir un enfant dans cette atmosphère… nous n’avons toujours pas résolu ce problème.
Nous sommes rentrés chez nous et je me suis dépêchée de finir les préparatifs car j’avais des « séances de contractions » tous les soirs… !
A ce moment-là de la grossesse, nous avons rendez-vous une fois par semaine pour une heure de monitoring, prise de tension, température et analyse d’urine.

J’arrive à 40 semaines le dimanche 2 decembre.
Nous allons à l’hopital pour le contrôle de routine, j’ai des belles contractions environ 3-4 par heure, monitoring et examens, et c’est lors d’un toucher vaginal très douloureux que je prononce ma premiere phrase en hébreu :  » aiiiie, eh oh doucement ! Je viens pas dans ton cul avec un balai! »  (pardon pour la vulgarité de la traduction…)
Ce fameux docteur me fait saigner, tellement il m’examine avec délicatesse. Alors que je n’avait pas perdu une goutte de sang de toute la grossesse… ils me disent que c’est parce que j’ai eu une contraction au moment du toucher…
Ils ne veulent pas que je rentre chez moi et veulent me contrôler dans l’après-midi, nous avons 3 heures à tuer sans pouvoir sortir de la maternité…nous allons en bas acheter ce qu’il nous manque pour le bébé, nous mangeons au snack, et retournons attendre sur ces sièges beaucoup trop dur pour se reposer un peu.
Ce fut une journée épuisante par l’attente et le manque de confort.
Toujours ouverte à 2 cm, ils nous laissent repartir à 17 h. Nous sommes là-bas depuis 10 h ….
Arrivés à la maison je m’écroule sur le canapé et je dors enfin !
Une heure après seulement je suis réveillée par une contraction très différente, courte mais plus douloureuse.
Je mange un morceau de pain et je me rend compte que les contractions reviennent toutes les 5-7 minutes !
Mon homme commence à légèrement flipper !
On décide de retourner à l’hopital. Je prends juste une douche avec l’aide de mon homme.
Tout est prêt, en route, je lui dit de ne griller aucun feu rouge et de ne pas rouler trop vite…

Nous arrivons à l’hopital et retrouvons les mêmes personnes dans la salle d’attente !
Mes contractions sont toutes les 3 minutes, je suis surexcitée, je dis à mon homme que j’ai un peu peur et que s’il veut m’aider il doit me sourire pendant les contractions!
Les autres femmes nous sourient aussi.
Examens de routine les mêmes que j’ai fait déjà 2 fois dans la journée !
Il est 20 h, je ne souhaite pas la péridurale alors il ne peuvent pas encore me donner de chambre… Retour dans la salle d’attente, les autres femmes me disent que je suis « folle » pour celles qui ont déjà accouché ou  » courageuse » pour les primipares ! il y la Guerre aux info à la télé.
Mon homme trouve que c’est scandaleux que je doive passer le travail sur les sièges de l’accueuil avec mes sacs et à 23 h nous avons une chambre !
Je fais une douche chaude qui m’aide un peu, il y a une physio ball et je n’en comprends pas l’utilité… je n’ai pas pu faire de préparation à l’accouchement alors je découvre ce qui me soulage ou pas au moment.
Personne ne vient ni me voir ni me conseiller, je dis bien personne, pendant des heures.
Sachant que je ne veux pas de péridurale, ils m’ont simplement laissée me débrouiller…
Mon homme court après les docteurs et les sages-femme dans les couloir, malheureusement 36 autres femmes accouchent cette nuit-là !
Je cède la physio ball à une autre maman.
Ca devient dur de tenir le coup, j’ai sommeil, j’ai faim , je m’épuise et la dilatation n’avance pas beaucoup, j’ai peur de ne plus avoir de force pour pousser au moment venu si ca n’avance pas plus vite.
Je cède et demande la péridurale à 5 h du matin. Mon homme essaye de me dissuader car nous avions parlé que c’était important pour moi d’accoucher sans.
Je lui énumère toutes les raisons et il va demander à ce qu’on m’administre l’anesthésiant.
L’anesthésiste arrive 2 heures plus tard !!!!
Heureusement j’ai fait des progrès et la dilatation est à 5 cm !
Je ne sens absolument pas l’aiguille et l’effet est immediat. Un terrible froid m’envahit, ma machoire claque, je ne peux pas parler et, épuisée, je m’endors. Et mon homme aussi.
Je me réveille peu de temps après pour les examens, 3 hommes docteurs très beaux se questionnent sur mon compte en hébreu, je leur dis que je parle anglais, francais et italien et que j’aimerais pouvoir savoir ce quils disent. Surprise, un des 3 parle francais ! Ils se demandent si je vais pouvoir accoucher normalement car suite à un accident j’ai déjà eu 3 sutures au vagin. Je suis dilatée à 8 , les eaux se sont rompues après un toucher, ou peut être le docteur les a percées, je ne sais pas…
Je suis completement stone.

Apparemment, j’ai donne mon accord pour faire entrer ma belle-mère en salle de travail, je devrais vraiment être gravement droguée ! Heureusement elle s’en va vite…! elle est gentille mais c’est pas le moment !
Vers 10 h du matin le docteur francophone revient me voir, j’apprécie son côte protecteur, il me fait toucher le crâne de ma fille qui descend doucement à l’intérieur! J’en profite pour lui poser les dernières questions sur l’accouchement qui arrive bientôt et il me dit que pour l’aider je peux pousser doucement.

Et voila Ruth, la sage femme russe énorme, genre athlète de l’époque des stéroïdes en dose de cheval. Elle ne parle pas un mot d’anglais….
Une femme forte. Elle prend ma jambe droite et pose mon pied sur sa poitrine en poussant mon genou vers moi, mon homme à ma jambe gauche essaye de faire pareil !
Il me traduit que à chaque contraction je dois pousser de toutes mes forces. Je ne les sens pas alors il regarde le monitoring et me donne l’ordre.
Ruth prend mon bras et le pose sur ma jambe qu’elle tient dans la même position et elle …. s’en va !
Mon homme surprit la rappelle en criant mais ne veut pas me laisser alors il me prévient de la contraction et je pousse et ce 5 fois avant que quelqu’un revienne.
(après coup j’aurai aimé que bébé naisse pendant qu’on était que tous les deux !)
Ruth revient avec un docteur tout petit et tout jeune qui zozote et parle avec un fort accent américain.
Il m’explique qu’il doit faire un environnement stérile alors il emballe mes jambes s’assoie devant, met la lumière entre mes jambes et met ses gants et là j’ai entendu un bruit… comme du tissu qu’on déchire en tirant….une épisiotomie faite en deux fois sans prévenir… Mon homme a crié … J’ai poussé et il m’a posé ma fille sur le ventre !
J’étais glacée et elle si chaude que j’ai hésité à la toucher un quart de seconde. Mais je l’ai prise j’ai dit « bonjour mon amour, bonjour mon amour, bonjour mon amour ! » J’étais tellement surprise ! Je l’ai hissée vers ma poitrine Elle m’a regardée dans les yeux et a arrêté de pleurer alors mon homme s’est inquiété et la sage-femme a un peu secoué ma fille qui s’est remise à pleurer. Je savais que ça ne servait à rien. Mais mon homme était inquiet et seule moi pouvait comprendre qu’elle avait arrêté de pleurer car je lui souriais et je la regardais dans les yeux…
Le docteur a coupé le cordon avant même de dire qu’on voulait le faire, d’ailleurs je voulais attendre un peu pour le faire… pas eu le temps de le dire…
Elle a commencé à téter mais la sage-femme la prise apparemment il fallait d’abord la peser… Sauf qu’après la pesée sans que je le vois, elle me l’a emmaillotée à la russe vraiment, dans un drap vert, et je n’ai pas pu faire du peau à peau, je l’ai eu 5 minutes.
Elle est partie avec mon homme.
Je suis restée seule à me faire recoudre, ensuite une femme horrible m’a lavée…
Elle a pris une carafe d’eau en plastique remplie au robinet et je me l’a jetée sur le sexe. Elle m’a lavée comme on lave un quai de gare.

Elle m’a fait changer de lit. Mais j’avais encore l’effet de la péridurale et elle ne m’a même pas aidée. Ca m’a pris 5 minutes de changer de lit avec les jambes molles incontrôlables c’était horrible. Elle me regardait me traîner sans rien faire.
Je suis restée 2 heures en observation après l’accouchement dans une autre salle avec une autre femme derrière un rideau qui était avec sa famille.
Mes beaux-parents sont venus auprès de moi, mon beau-père m’a réchauffé les mains car je grelotais.
J’ai appelé mon père pour lui annoncer la nouvelle, on a pleuré.
On m’a amenée dans la chambre sur un lit à roulettes et l’homme qui m’a transférée prenait de l’élan et montait sur les roues comme on fait sur les caddies au supermarché. En fait ça m’a fait rire…!
J’ai accouché à 10 h48 ma fille m’a rejoint dans la chambre à 16 h …. c’était trop long après tous ces mois où l’on sent le moindre coup de pied…
Elle a tout de suite bien mangé, même si mes seins me faisaient très mal j’ai persévéré.
Les trois premières semaines d’allaitement, j’avais les larmes aux yeux tellement j’avais mal. Mais aujourd’hui elle a 4 mois et demi et on continue ça ne fait plus mal du tout.
Nous sommes sorties 2 jours après l’accouchement, sans que personne ne regarde les point de suture de l’épisiotomie.
Je suis très surprise de lire comment se passent les séjours post partum dans les hôpitaux français…
Je n’ai pas pu m’assoir pendant 5 semaines à cause de l’épisiotomie, mais mon homme me dit qu’il pense quelle n’aurait pas pu sortir sans.
Je le crois car je n’ai rien vu mais lui oui.
D’ailleurs il a été formidable lui qui est un peu chochotte la plupart du temps ! Il a été incroyablement fort même si maintenant il mange les steaks bien cuits..!
Pardon pour l’humour noir!

Après l’accouchement j’étais ravie, ce n’est que quelques mois après que j’ai commencé à regretter d’avoir pris la péridurale, même si ça n’a été que pour un tiers du temps et que si j’avais eu une meilleure journée la veille j’aurai peut-être réussis à m’en passer.
Pour le prochain, je saurai quoi faire, comment calmer la douleurs, là, j’étais trop seule et je ne savais rien.

Quand j’ai le blues, je pense que j’ai été faible, moins forte que toutes les femmes depuis le début de l’humanité.
Mon homme fait de son mieux pour que je réussisse à être fière de moi, mais il ne me comprend pas du tout, car la plupart des femmes cherchent à ne pas souffrir…
Mais je n’ai rien senti alors que je voulais être active, la sortir moi-même, etc…je n’arrive pas à être fière de moi et me persuade que les autres femmes sont plus fortes que moi. Toujours même quand c’est faux, je me voile la face….
J’avais pensé à accoucher chez moi mais mon homme avait peur et mon père est orphelin car sa mère est morte en faisait une hémorragie de la délivrance, alors j’ai renoncé.
Je suis consciente que, en général, on en demande beaucoup. Mais ce sont les hormones qui font ça, de plus nous sommes chouchoutées pendant 9 mois, on oublie vite que c’est la santé du bébé qui est prioritaire pour le milieu hospitalier et que parfois le corps de la femme est un obstacle à la sécurité vitale de l’enfant.
C’est pour ça qu’on se sent malmenées je pense.
J’ai trouvé le corps médical, la plupart du temps patient face à nous, femmes hystériques en souffrance aux idees parfois farfelues !

Merci de m’avoir lue, ça m’a fait beaucoup de bien de tout raconter et dire ce que je pense !
Ma fille est magnifique. Elle sourit et rigole tout le temps je suis très fière d’elle !

___ ___

Ajout (janvier 2014) :

Un an après avoir écrit ce témoignage, je me rends compte à quel point j’étais encore dans l’erreur. Je voudrais ré-écrire la fin, qui me fait honte. Non, les femmes n’ont pas des idées farfelues parce qu’elles sont pleines d’hormones, elles ont des souhaits sur un moment qui est très important dans leur vie et c’est bien normal. C’est plus que légitime. En fait je n’ai pas trouvé le corps médical patient, avec du recul je me rends compte qu’ils n’ont même pas eu envie une seconde d’être patients. Si je me suis sentie malmenée c’est que je l’ai été. Ma tristesse s’est un petit peu transformée en colère, en rage et je m’instruis aujourd’hui pour ne plus jamais devoir remettre mon corps, mon bébé, mon destin, entre les mains de gens qui n’en ont rien à faire, pour qui nous sommes parfois que des utérus à vider. J’ai peur pour les femmes, car on ne pense pas avant d’accoucher qu’il va falloir en fait s’informer soi-même sur tout, car c’est bien rare qu’on nous propose des alternatives et que ce qui est plus facile pour eux n’est pas le mieux pour nous. Ne laissez rien au hasard. Merci de me donner l’opportunité de m’exprimer encore une fois!

2 Réponses to “#272 Hélène, accouchement en Israël”

  1. Helene 11 janvier 2014 à 22 h 22 min #

    Un an apres avoir ecris ce temoignage, je me rend compte a quel point jetais encore dans lerreur. Je voudrais reecrire la fin, qui me fait honte. Non les femmes nont pas des idees farfelues parce quelles sont pleines dhormones, elles ont des souhaits sur un moment qui est tres important dans leur vie et cest bien normal. Cest plus que legitime. En fait je nai pas trouve le corps medical patient, avec du recul je me rends compte quils nont meme pas eu envie une seconde detre patient. Si je me suis sentie malmenee cest que je lai ete. Ma tristesse cest un petit peu transformee en colere, en rage et je minstruit aujourdhui pour ne plus jamais devoir remettre mon corps, mon bebe, mon destin entre les mains de gens qui nen nont rien a faire, pour qui nous sommes parfois que des uterus a vider. Jai peur pour les femmes, car on ne pense pas avant daccoucher quil va falloir en fait sinformer soi meme sur tout , car cest bien rare quon nous propose des alternatives et que ce qui est plus facile pour eux nest pas le mieux pour nous.ne laissez rien au hasard. Merci de me donner lopportunite de mexprimer encore une fois!

  2. Lucile 2 septembre 2014 à 0 h 39 min #

    Salut Hélène

    Je ne sais par quel hasard je suis tombée sur ton récit (sûrement parce que je suis a 38SA et que je n’arrive pas a dormir à cause de contractions) mais il m’a rappelé un peu ce que j’ai vécu pour mon 1er accouchement.
    Je voulais accoucher sans péridurale. Contrairement a toi, je suis tombée sur une SF qui a compris ma démarche le jour J et qui m’a super bien accompagnée. J’ai tenu le coup jusqu’à ce qu’on mon col arrive a 7cm et là, épuisée, paniquée surtout, j’ai craqué et j’ai demandé la péridurale.
    La SF a essayé de m’en dissuader mais je n’entendais plus rien, mon cerveau comme mon corps étaient tout entiers envahis par la douleur.
    Résultat j’ai eu la péridurale et le travail s’est tout bonnement arrêté alors que mon col était à 9. Je ne sentais plus rien, ça a failli finir en césarienne et par miracle j’ai tout de même réussi a sortir ma fille (après episio et spatules)
    Comme toi, je m’en suis voulue d’avoir craqué car ma fille a commencé a présenter des signes de faiblesse au moment ou le travail s’arrêtait… Et ensuite, alors qu’on allait m’emmener en salle d’op pour la césa je me disais que ma fille n était pas née que j étais déjà une mauvaise mère…
    Je l’ai mal vécu pendant assez longtemps… Et puis j’ai accepté. C’était mon 1er enfant, et je crois que j’ai eu peur. A un moment donné toute rationalité nous quitte face a la douleur et j’ai eu l’impression que ça n’allait jamais finir, que cette douleur et cette fatigue allaient avoir raison de moi.

    J’accouche bientôt de mon 2ème enfant et je n’ai rien planifié. Je préfère ne pas être déçue mais je pense comme toi que je serai mieux préparée à ces sensations.

    Je te souhaite beaucoup de bonheur avec ta petite L. Au vu des événements actuels j’espère que tu as trouvé ton havre de paix face à toute cette violence.

    Bien à toi

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