#273 Marjorie, en avril 2006 dans le 59

4 Mai
Ma grossesse s’est très bien déroulée, pas de signe de complications à l’horizon.
J’ai une hygiène de vie plutôt saine, ne fume pas, mange équilibré, pas de problème de santé et à l’époque je faisais du sport, bref : maman et bébé se portent à  merveille!
La veille de l’accouchement je sens comme de légers spasmes dans le ventre, comme j’étais impatiente d’accoucher et que je ne savais pas vraiment à quoi ça ressemble une contraction (primipare), je fonce à la maternité .
Là, on m’ausculte, me met dans une chambre avec perfusion+tensiomètre+monitoring, allongée sur le lit, j’attends. Des sages-femmes viennent m’ausculter régulièrement mais rien ne se passe. Je devais être à 2 cm je crois, bébé va bien. Je pense donc rentrer chez moi, à l’époque j’habitais à 10 minutes de l’hôpital. Surprise ont me garde en observation, par la suite je me demande si je n’ai pas servi de cobaye aux sages-femmes stagiaire car l’Hôpital  accueille de jeunes étudiants.
Enfin après avoir passé une nuit  avec le monitoring (donc presque pas dormi), je vois une sage-femme au petit matin (m’avait-on oubliée ?) qui me dit que le cœur de bébé va bien, mais par précaution ils vont me faire une échographie. A l’échographie bébé va bien mais elle décide  d’appeler une collègue toujours par précaution, que de précautions !? Celle-ci arrive, regarde l’écho, elles discutent entre elles et moi on ne me dit rien : Bonjour l’angoisse… Elles appellent une autre collègue et à 3 elles décident de déclencher l’accouchement car peut-être que j’ai perdu un peu de liquide amniotique sans m’en rendre compte. Je ne suis pas vraiment convaincue mais comme c’est décidé. A aucun moment on me demande si je suis d’accord pour un déclenchement (à 8 jours du terme estimé), comme j’avais confiance et que j’étais surtout complètement naïve, je me suis laissée guider.
 
A midi, on me pose une « languette »(on m’explique que c’est une espèce de tampon plat) pour déclencher l’accouchement. A 15h les vraies contractions arrivent, là je réalise qu’en fait c’est ça une contraction, c’est comme des douleurs très fortes d’une gastro ! Bref je douille a fond car les contractions liées à un déclenchement sont plus douloureuses et surtout je suis allongée avec une perfusion et donc impossible de me lever ! Toute l’après-midi j’ai super dégusté, personne ne m’a proposé un ballon, de prendre une douche, ni même de marcher pour me soulager. Juste plusieurs touchers vaginaux par différentes stagiaires ou autres sages-femmes. Puis vers 19 h, on m’annonce que le col est ouvert de 7 cm et que je peux me lever pour rejoindre la salle d’accouchement juste en face. Je me lève enfin et là agréable surprise: les contractions sont vraiment beaucoup plus supportables, je réalise que j’ai souffert tout ce temps alors qu’il suffisait que je marche.
Je suis verte, au point de même me demander si  je vais vraiment la  prendre cette péridurale (alors que je n’attendais que ça toute l’après-midi!!). 
 
Arrivée en salle d’accouchement, je m’assois sur le bord de la table car l’anesthésiste va arriver. Une jeune sage-femme  me rassure et se met devant moi, elle me fait poser délicatement ma tête entre sa poitrine pour que je fasse le dos rond, l’anesthésiste s’y reprend à 3 fois!
La péri posée, le monitoring réinstallé, le tensiomètre et la perf toujours là :  je m’allonge sur le dos, on m’attache (car sous péri on ne sent plus le bas de son corps) les jambes dans les étriers en position gynécologique. Après quelques minutes je ne sens plus RIEN. On me dit: « poussez à la contraction », et là je suis comme une idiote à me demander c’est quand la contraction?? Alors je pousse quand on me le dit car eux (environ 4 ou 5 personnes) peuvent voir sur leur écran (toujours grâce à ce bon vieux monito) quand est-ce que la contraction arrive.
Mais imaginez devoir serrer une pomme dans votre main le plus fort possible lorsque vous ne sentez plus votre main, et bien je vous garantis que vous ne la serrerez jamais aussi fort que sans l’anesthésie.
Résultat de la péri : l’accouchement est ralenti, comme bébé est trop long à sortir, il est en souffrance fœtale.
Madame on coupe: épisiotomie, forceps.
 Quelle frustration d’avoir souffert des contractions toute la journée pour, au final, ne pas sentir son enfant naître. 
Mon conjoint est resté prés de moi du début à la fin, un soutien  indispensable dans un moment pareil. Il a eu le « droit » de couper le cordon, sinon il est resté spectateur de la naissance de notre fille, tout comme moi!
Céleste est née un soir d’avril 2006 à 22h12,  24h après mon arrivée à l’hôpital. 
 
On me délivre enfin du monitoring et on me pose bébé sur le ventre, un instant hors du temps.
Elle pleure, je lui parle : silence… elle me regarde avec ces yeux noirs, droit dans les miens, je suis hypnotisée, c’est le coup de foudre.
Pas le temps de savourer cet instant trop court, on me la prend pour les soins: bébé hurle dans la pièce à côté, je me retiens de pleurer, les 10 minutes les plus longues de ma vie.
Pendant ce temps on me recoud, la sage-femme se pique le doigt. On me demande donc une prise de sang pour le test du SIDA. On me la fait immédiatement mais 5 ans après j’attends toujours le résultat de la prise de sang de la sage-femme? Elle ce n’est pas grave si elle me le refile??? 
 
On me rend enfin Céleste, avec du collyre orange plein les yeux, inconsolable. Je lui parle, la rassure comme je peux. Puis c’est la première tétée un peu maladroite mais tellement nécessaire pour réparer toutes ces blessures. Je ne le sais pas encore mais c’est le début d’une belle  histoire d’allaitement long ( 3ans1/2), peut-être nous fallait-il au moins se temps là pour nous en remettre?
 
 
 Les suites de couches:
–  je n’ai pas su marcher, m’asseoir normalement pendant au moins 15 jours tellement l’épisiotomie me faisait souffrir, une boucherie!
– 1 mois après l’accouchement, je me suis fait retirer  les fils qui ne s’étaient pas résorbés (a l’intérieur du vagin, coincés dans la chair) je vous laisse imaginer la partie de plaisir et ce malgré la petite toilette d’eau fraîche après chaque pipi, séchage avec serviette propre en tapotant doucement…
– jusqu’à 2 mois après l’accouchement, rapports sexuels impossible car mal+++ à cause de l’épisiotomie, une vraie mutilation, j’aurais préféré une déchirure!
-A cela s’ajoutent de fortes douleurs dans le bas du dos liées à la péridurale et la position gynécologique, j’ai mal tout le temps (assise, debout, couchée). Seul un Ostéopathe diplômé m’a soulagée 2 mois après l’accouchement. 7 ans après, j’ai toujours mal au sacrum lorsque je fais des efforts répétés et continue de me faire suivre par un ostéo.
 
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Une Réponse to “#273 Marjorie, en avril 2006 dans le 59”

  1. Andro137 28 mai 2013 à 15 h 07 min #

    Bonjour,

    Concernant l’accident d’exposition au sang (AES), vous ne risquez rien…la sage-femme s’est piquée avec une aiguille pleine de votre sang. Le risque est pour elle d’attraper le SIDA ou l’hépatite C, si vous êtes porteuse. Il n’y a pas de risque pour vous, l’aiguille en question est désinfectée ou changée après la piqure. C’est pour cette raison que vous n’avez aucun résultat concernant la sage-femme (qui elle doit faire des examens pendant 3 ou 6 mois après l’accident…c’est pas une partie de plaisir les AES)

    Cordialement,

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