#277 Coline, accouchement d’Elouenne en Juin 2011, dans l’Allier (03)

8 Mai

Je suit l’évènement Mon corps, mon bébé, mon accouchement – 1000 témoignages depuis le début, et je lis toujours chaque semaine les témoignages qui paraissent avec grand intérêt. Alors cette fois ci, je me lance, car je me rends compte combien c’est important de témoigner, pour peut être, permettre un changement vers un mieux.

Ma grossesse s’est plutôt bien passée dans l’ensemble, avec quelques désagréments « habituels » comme les nausées, mal de dos, etc…

Le lundi 6 juin 2011, je ressens les premières contractions, il est 17h. D’abord toutes les 10mn, puis après quelques heures toutes les 5mn. Avec mon homme on se met devant Mary Poppins, histoire de ne pas focaliser sur la douleur, de se détendre un peu. Je suis fébrile, je sens que bientôt, nous seront 4 !

Les deux heures de film se passent bien, les contractions sont toujours espacées de 5mn.

Vers 22h elles se rapprochent : je les ressens maintenant toutes les 3 minutes.

A 23h, on décide de partir pour la maternité. 30 minutes de routes à 50 à l’heure tant les contractions sont douloureuses…

Nous arrivons à la maternité vers 23h30 et sommes immédiatement pris en charge par une sage-femme (pose du monito et examen du col). Le bébé va bien, par contre, le col n’est pas ouvert….

Je prends un long bain chaud, mais les contractions ne me laissent plus en paix, j’ai si mal que l’eau ne me soulage plus. Il s’est écoulé environ deux heures depuis notre arrivée.

Vers 2h du matin, la sage femme examine à nouveau le col : toujours rien…

Elle m’explique qu’en fait, je fais du faux travail : les contractions sont bien là, et le col devrait normalement s’ouvrir, sauf que, ça bloque….

Vers 4h du matin, les contractions se sont arrêtées, et la sage femme me propose un produit (je ne me souviens plus le nom) qui apparemment permet de se détendre, et qui déclenche l’ouverture du col en le stimulant avec des contractions. Complètement perdue, j’accepte.

Après l’injection, je me sens drôle, comme « droguée »…je commence à somnoler, et à voir des images un peu « psychédéliques », la tête me tourne, je vomis, impossible de me détendre avec ce truc qui me fait perdre le sens de la réalité.

Vers 6h du matin, je suis épuisée, les hallucinations sont enfin parties et j’ai retrouvé « toute ma tête », pour la détente, par contre, c’est zéro…

Plus de contractions, pas de col ouvert, on me renvoi à la maison.

Mardi 7, à 14h, je ressens à nouveau les contractions, cette fois -ci elles sont intenses immédiatement, presque toutes les 3mn.

Je ne m’affole pas, et passe l’après midi et une partie de la soirée comme cela.

Quand les contractions deviennent plus rapprochées (toutes les 2minutes), on repart pour la maternité.

Le col n’est toujours pas ouvert. Ni à 23h, ni à 2h du matin, ni à 4h, ni à 5h… pourtant, la douleur est insupportable. Je suis complément épuisée, mon bébé aurait du naitre depuis longtemps !

La sage-femme me propose la péridurale (que je ne souhaitais pas), en me disant que vu mon état de faiblesse, elle a peur que je ne sois plus capable de pousser quand le col sera dilaté (ce qu’il ne s’est toujours pas décidé à faire d’ailleurs…)

Ne sachant pas quoi faire, ni à quoi m’attendre en ce qui concerne l’énergie nécessaire pour pousser mon bébé hors de mon ventre (c’est mon premier enfant), j’accepte.

La péridurale posée, les contractions deviennent plus indolore, on me tourne sur le coté pour faciliter la descente du bébé. Je dors un peu. Vers 7h du matin, la douleur est insupportable, surtout dans la région des reins. La péridurale est allée se ficher dans mon côté gauche, il n’y a plus que mes jambes que je ne ressens pas, tout le reste s’est réveillé !

La bonne nouvelle c’est que mon col s’est ouvert. Il faudra attendre encore jusqu’à 10h, pour que je ressente une envie irrépressible de pousser : me voici enfin prête.

Je pousse de toute mes forces, encore, et encore, et je tiens le plus longtemps possible.

Son papa est tout chamboulé, il me dit : « oh mon dieu, je vois sa tête ! »

9 minutes plus tard, à 10h09, mercredi 8 juin, je sens notre petite fille sortir, c’est le papa qui la rattrape et coupe le cordon. On la couvre avec une serviette et un bonnet, et on me la met contre moi.

Elle cherche le sein avec voracité, elle est en bonne santé, nous sommes très heureux !

Je suis assez contente de mon accouchement, car même si j’ai eu la péridurale, j’ai quand même le sentiment que j’ai « vraiment » accouché par moi-même, j’ai ressentis chaque contractions, j’ai ressenti mon bébé qui s’engageait puis l’atroce douleur qui déchire les entrailles lors du passage, et l’expulsion du placenta…

La seule partie de mon corps que je ne sentais pas, c’était mes jambes (toute une histoire pour les positionner dans les étriers !)

La mise en route de l’allaitement a été difficile, c’est un vrai parcours du combattant ! Que de douleurs et de pleurs les premières semaines, surtout le sein droit, je me crispe de douleur dès que je l’allaite. Finalement, au bout de quelques semaines, avec le sein droit tout va bien, avec le gauche je suis encore avec les bouts de seins, que j’abandonnerais définitivement quelques jours après.

Le discours des soignants sur l’allaitement est très contradictoire, je ne regrette pourtant pas de m’être accrochée, car au final, c’était 9 mois de bonheur, cet allaitement !

Le bémol, c’est aussi les défilé d’infirmières, pédiatres, internes, à longueur de journée… c’est usant…

Le quatrième jour, un interne rentre dans ma chambre, ma fille n’a pas dormi depuis 4 jours (elle crève de faim et attends la montée de lait), je suis donc vraiment épuisée -et seule-, il arrive donc avec sa mallette, l’ouvre, et me dit : je viens pour vacciner votre fille contre la coqueluche, la varicelle et blablabla…

Je refuse tout net : vacciner son enfant est un acte important, que je veux faire en conscience, avec un choix limité de vaccins (je refuse les vaccins pour les maladies infantiles, trop important à mon sens pour renforcer l’immunité).

Si je vaccine ma fille, je le ferai avec mon médecin traitant.

Il me dit que je suis une mère inconsciente, que si mon bébé meurt, ce sera entièrement ma faute…

Comme je reste inébranlable, il quitte la chambre, furieux…

Je me sens vidée après cette visite et complètement à plat psychologiquement.

Un tel discours dans la bouche d’un médecin, est tout à fait scandaleux, je l’ai d’ailleurs notifié à mon départ.

L’autre bémol, c’est l’injection de ce produit « hallucinogène », qui au final m’a fait perdre tous mes moyens, puis la pose de la péridurale, et enfin les antibiotiques perfusés pendant l’accouchement afin que mon bébé ne soit pas en contact avec mon streptocoque.

Au final, j’ai eu l’impression d’une surcharge de produits chimiques inutiles, et je me demande aujourd’hui encore ce que ma fille a absorbé de toutes ces substances.

Je suis convaincue qu’elles sont à l’origine de son comportement fébrile et extrêmement nerveux les premiers jours de sa vie (mais ce n’est qu’une intuition !)

En revanche, ce que j’ai appréciée, c’est qu’ils n’ont pas lavé mon bébé. Il était tout propre, et on m’a expliqué qu’à la naissance, la peau du bébé est recouverte d’une fine pellicule de graisse, qui est très bonne pour lui, et que si c’est possible, il faut laisser le temps à sa peau de l’absorber. je me souviens que mon bébé sentait vraiment bizarre, un peu comme une odeur de « vase », en fait, j’avais l’impression d’avoir un petit être « aquatique » contre moi.

J’avoue que j’ai été soulagée quand, le troisième jour, on l’a enfin lavée, même si je pense que cette phase était vraiment importante !

Pour mon prochain accouchement, je sais déjà que j’aimerais accoucher en maison de naissance (ici en Suisse, ou nous avons déménagé il y a peu, c’est assez répandu), sans tous ces produits, ni tous ces gens qui peuvent parfois être très culpabilisants, à un moment de notre vie ou nous sommes en état de grande fragilité.

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Une Réponse to “#277 Coline, accouchement d’Elouenne en Juin 2011, dans l’Allier (03)”

  1. Andro137 27 mai 2013 à 21 h 04 min #

    Bonjour,

    Le produit que vous décrivez, c’est du Nubain (Nalbuphine), c’est un dérivé morphinique. Il sert à calmer les contractions et la douleur, afin de pouvoir se reposer en attendant le vrai travail (et avoir la force nécessaire de supporter les contractions de travail et les efforts expulsifs au moment voulu). Effectivement, c’est un produit qui fait planer. Mais le but des soignants n’était pas de vous shooter mais de vous soulager 😉
    Concernant la péridurale, aucun produit injecté par voie péridurale n’arrive au bébé. De plus, vous dites « j’ai l’impression d’avoir accouché moi-même même si j’ai eu la péridurale ». La pose de péridurale n’est pas un échec, c’est un soin de confort, et peut parfois aider à supporter la durée du travail. Certes, elle ne doit pas être posée sans votre consentement, cependant, il existe certaines indications médicales pour lesquelles la pose de péridurale est fortement recommandé.
    Quant aux antibiotiques, c’est de la prévention, car une infection materno-foetale néonatale par strepto B peut être grave. Après en tant que professionnels (je suis actuellement étudiante sage-femme), notre responsabilité peut être très vite engagée en cas de soucis, et les procès se font de plus en plus nombreux, donc parfois, certains ne demandent pas toujours le consentement (pour les antibiotiques par exemple), mais je pense qu’il reste utile de toujours expliquer les produits que l’on vous donne, et visiblement, ça n’a pas toujours été le cas lors de votre accouchement. J’espère que vous en gardez un bon souvenir malgré tout.

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