#280 Griselda – naissance bébé 2 en structure – 2002

6 Juin

Ma deuxième expérience a été en tout point différente. J’ai accouché avec 10 jours d’avance mais le branle bas de combat a débuté une semaine
avant. On dit qu’un deuxième accouchement est plus rapide qu’un premier…, je ne sais à partir de quand il faut compter? Dix sept jours
avant le terme donc je me dis qu’il faut sans doute être prudente car c’est un deuxième accouchement qui pourrait être rapide et bien que les
contractions que j’ai ne sont pas à hurler de douleurs elles sont bel et bien présentes, sans s’arrêter depuis plusieurs heures, jour et nuit
(m’empêchant de dormir), toutes les 2 à 5 minutes. Il faut faire venir mes parents pour s’occuper de notre fille âgée de deux ans et demi avant
de pouvoir partir à la maternité. On me branche un monitoring qui révèle que j’ai bien des contractions et même qu’elles dépassent en intensité
le graphique prévu alors on me dit qu’il n’y a aucun doute que je dois être en train d’accoucher et on s’étonne de mon calme face a de telles
contractions: on me garde donc! Mais après tout un après-midi la dilatation ne bouge pas, toujours 2 cm. Perplexe on fini par me laisser
rentrer chez moi en me faisant promettre de revenir dès que besoin.
Perplexe aussi que tous leur suppositoires de Spasfon ne change rien ni à la fréquence, ni à l’intensité de l’affaire. Un jour, deux jours, rien
ne change, toujours ces contractions qui ne passent pas sans autres signes. Puis elles semblent s’intensifier et sont toutes les deux
minutes alors nous retournons à la maternité rapidement pour ne pas se faire surprendre. Même scénario: grosses contractions au monitoring,
très régulières, pas d’amélioration avec Spasfon mais toujours dilatée à 2 cm. Après 5 heures dans le service on me laisse rentrer chez moi.
Puis rebelote, des contractions un peu plus intense encore. Même chose que les fois précédentes: tout le monde est persuadé que je suis un
accouchement imminent mais force est de constater que tout le monde se trompe. A ne pas hurler de douleurs, on se demande si je n’allais pas
faire parti de ce petit pourcentage d’accouchement où la femme n’en ressent pas les douleurs? Les services des sages-femmes s’enchainent, je
pense les avoir à peu près toute vue, sans que ne se profil mon bébé. Elles s’inquiètent de savoir si après tant de temps dans cet état je ne
serais pas épuisée au moment de la poussée mais les médecins accoucheurs ne veulent pas entendre d’un déclenchement car outre que je ne suis pas
à terme en plus nous sommes au mois de mai en pleins milieu de moultes jours fériés avec moins de personnel: me provoquer c’est prendre le
risque qu’une fois le processus enclenché d’autres accouchements arrivent spontanément et d’être alors débordé. Une sage femme prend sur
elle de me proposer un décollement: seul manœuvre qu’elle est autorisée à pratiquer, douloureux mais, me promet elle, dans moins d’une heure
j’accoucherais. Ainsi fut fait… c’est en effet un acte détestable… et qui n’a absolument pas été efficace! En suivant je suis allée me
promener, monter, descendre les escaliers, les cents pas dans les couloirs, rien à faire, contracter n’est pas accoucher!!! Je croise même
une médecin accoucheur qui m’interpelle en me disant « C’est vous l’accouchement imminent?! », à quoi je répond « En effet… depuis 5
jours!!! ». La nuit suivante en allant aux toilettes je croise une sage-femme qui, moqueuse, me dit « alors on prend racine??? ». Je lui
rétorque que pourtant ce n’est pas pour la qualité des repas puisque je n’y ais pas le droit (d’un coup que…), est ce qu’elle s’imaginait
vraiment que je le faisais exprès? Après avoir passé 48 heures d’affilées dans ce service, c’est le matin du 8 mai, l’auscultation ne
révèle aucune avancée, je leur demande donc ou de me laisser rentrer chez moi ou de me provoquer. On me laisse rentrer chez moi. Je demande
qu’on appelle mon mari car c’est le petit matin et je l’avais obligé la veille à aller dormir dans un vrai lit chez nous plutôt que dans le
fauteuil à mes côtés où de toute façon il ne pouvait pas m’aider. De peur qu’on change d’avis et qu’on m’oblige à encore rester là alors que
je n’accouchais pas tout de même, je prend ma valise et vais attendre mon mari à la porte d’entrée. Comme une sage-femme s’insurge de me voir
porter ma valise je lui demande « Qu’est ce que je risque, à votre avis? D’accoucher??? ». Ce jour là j’irais à la Foire Expo, j’épilerais les
jambes de ma Mère, je me ferais un brushing…, je ne m’économiserais pas. Mon mari, inquiet à l’idée de devoir lui même m’accoucher à la
maison, me demande régulièrement comment je me sens, ce à quoi je répond, « Bien, toujours des contractions toutes les 2 minutes mais je
fais abstractions puisque ça ne me fait pas accoucher pour autant! Je suis fatiguée mais on y peut rien… ». Le soir vers 20 heures, ma fille
me demande une histoire et en sautant sur mes genoux me cogne le ventre, en suivant les contractions s’intensifient. Mon mari le remarque et veut
m’emmener à la maternité mais je refuse: « Pour qu’ils me gardent encore 48 heures pour rien?! Ça fait une semaine qu’on joue à ça, j’en suis
lassée! ». Silencieux il continue de m’observer et voyant que je masque de moins en moins bien ma gène me supplie d’accepter qu’il appelle mes
parents, la maternité. J’accepte en lui disant qu’il leur précise bien que oui j’ai pris leur Spasfon (encore), que non ça ne change rien, mais
que ça fait une semaine qu’on m’en donne sans effet et que j’accouche pas quand même! Blasée, j’accepte tout de même d’aller prendre un bain
pour voir si ça me détend, me soulage. Au bout de quelques minutes dans mon bain, je sens comme un « plok » puis des douleurs telles un séisme qui
me coupent le souffle. Mon mari me trouve dans mon bain, tétanisée et incapable d’en sortir seule. Le temps qu’il m’aide à enfiler un vêtement
mes parents arrivent et on peut partir pour la maternité. Je pense que je vais accoucher ou bien mourir de douleur! Heureusement la maternité
est toute proche car même sortir de la voiture et mettre un pied devant l’autre est une épreuve: je ne suis plus qu’un ventre secoué d’une seule
et même contraction qui ne fait que fluctuer entre « je peux faire deux pas » et « je ne peux que m’agripper au tee-shirt de mon mari pour ne pas
tomber dans les pommes » mais je n’ai jamais pu crier, ça aurait été trop de souffle gaspillé au détriment de ma survie. On m’ausculte et bien que
le monitoring n’annonce pas plus de 40 sur 100 je serais à 6 cm de dilatation: cette fois on va y être. On me propose une péridurale que
j’accepte d’un regard suppliant. La sage-femme me propose avec l’aide de mon mari de m’emmener dans la salle en face qui est une
salle-d’accouchement pour effectuer la péridurale. On me prie de m’assoir sur la table de soin en faisant le dos rond pour que
l’anesthésiste puisse effectuer son tour de magie. Je me raccroche à cette idée que grâce à elle, dans quelques minutes je ne souffrirais
plus, sinon peut être que je pourrais mourir? Et dans un souffle je susurre à la sage femme ‘Il est là, je le sens… », j’avais le sentiment
d’être assise sur mon bébé. L’anesthésiste se dépêche de faire son travail, enchaine les doses d’antalgiques car elle comprend que c’est
nécessaire puis la sage-femme me demande de m’allonger mais je ne peux pas, la douleur est telle que je suis tétanisée sans répits. Elle
m’explique que si je reste assise mon bébé ne peut pas sortir. Je lui répond dans un souffle que je comprends ça mais que je ne peux pas
bouger, c’est donc elle et mon mari qui m’allonge telle une loque que je suis, je ne suis plus moi, juste un ventre qui accouche et à qui on ne
demande pas son avis. L’anesthésiste demande à la sage-femme pour combien de temps y’en a? Elle lui répond « y’en a pour tout de suite! »
puis elle s’adresse à moi: « je sais que c’est difficile mais je vous garantie que le meilleure moyen que la douleur s’arrête c’est que votre
bébé naisse alors ne retenez rien! ». J’ai répondu presqu’en pleurant ou en riant, je ne sais plus « Je vous assure que je ne suis pas capable de
retenir quoi que ce soit!!! » A la fin de ma phrase, mon fils naissait sans que j’ai eu le temps de pousser ou de l’aider d’aucune manière. Il
est arrivé si vite qu’il s’est fêler l’épaule. Le médecin accoucheur était à côté de la sage-femme mais il n’aurait pas eu le temps de
prendre sa place. La douleur incommensurable à disparue comme si elle n’avait jamais existé. Puis, bien que je n’avais pas froid je me suis
mise à trembler de la tête au pieds, le médecin m’a expliqué que je venais d’avoir une poussé d’adrénaline phénoménale pour surmonter cet
accouchement et que c’était due à toute la tension des muscles qui devaient à présent se relâcher. Alors qu’on finissait de s’occuper de
mon fils j’ai commencé à sentir les picotements dans les jambes due à la péridurale alors je me suis mise à rire, l’anesthésiste était
sincèrement navrée et ne cessait de s’excuser de n’avoir pas pu me soulager à temps mais ce n’était pas de sa faute car elle a été présente
dès que j’étais dans la salle d’accouchement. Au moins, cette fois, je n’ai pas sentie la délivrance! On m’a félicité car j’aurais montré
beaucoup de courage mais je ne sais pas vraiment en quoi car je n’ai que résisté à la tentation de perdre connaissance, agrippée à l’idée absurde
d’une péridurale salvatrice, certes je n’ai pas crié mais c’est seulement parce que je ne pouvais pas, je n’ai pas le sentiment d’avoir
maitrisé quoi que ce soit…Puis on m’a proposé de mettre mon fils en peau à peau car il avait froid, avait le teint un peu bleu car il avait
eu le cordon entouré autour du cou. Et là au bout de quelques minutes, miracle, je vois mon tout petit chercher à téter alors simplement je lui
présente mon sein… et il le prend… et il tête… le plus naturellement du monde… quelle émotion de voir ce petit être qui n’est
pas né depuis une demi heure qui sait déjà, d’instinct prendre mon sein… chaque tétée pendant le premier mois au moins j’en avais les
larmes aux yeux: avec sa sœur ça avait été si compliqué, je m’étais convaincue que mon sein n’était pas fait pour, que je n’étais pas faite
pour nourrir mon enfant au sein. Tout le temps où j’étais à la maternité, à chaque fois qu’une personne venait me demander si
l’allaitement ça allait, si j’avais besoin d’aide, je les expédiais d’un « ça va très bien, je m’en occupe! », en aucun cas je ne voulais qu’aucune
ne vienne perturber notre équilibre puisque l’ensemble d’entre elles 2 ans et demi plus tôt n’avait pas su m’aider de toute façon. J’ai refusé
de prendre une balance chez moi qui est plus anxiogène qu’autre chose car bébé un jour prends du poids et le lendemain en perds. Je lui ai
fais confiance: il a faim, il mange et le reste du temps il est tonique, je n’ai pas besoin d’en savoir plus. J’ai refusé aussi le tire lait déjà
expérimenté avec la première qui n’a rien résolue: du producteur au consommateur sinon c’est bib’ dans le bec et basta. A deux mois j’ai
commencer à remplacer une tétée par un bib de lait maternisé pour voir s’il s’y habituait au cas où j’avais besoin de le confier: pas de
soucis, il le prenait très bien. A quatre mois on a commencé la diversification, remplaçant petit à petit mon lait par la purée, la
compote… sans aucun problème. Je l’ai allaité jusqu’à ses cinq mois et demi et puis j’ai constaté qu’il était plus intéressé par ce qui était
autour de lui que mon sein. Mon fils a toujours montré beaucoup d’intérêt pour la nourriture, non en quantité mais c’est un épicurien
alors que sa sœur se nourrit parce que c’est nécessaire pour vivre et qu’elle est raisonnable.
Pour la petite histoire: mon fils est né le 8 mai à 23h, veille de jeudi de l’ascension…

On crois souvent que les parents font les enfants mais finalement n’est ce pas les enfants qui font les parents???

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