Griselda – naissance 1er bébé en structure – 2000

6 Juin

Pour mon premier enfant, il y a treize ans et demi, j’ai eu un accouchement très calme… grâce à la péridurale! Quinze jours avant le
terme, cela faisait bien une journée entière que je percevais des contractions tout à fait gérables. Dans la soirée ça s’est intensifié et
rapproché, forte des conseils donnés aux cours d’accouchements, j’ai noté sur une feuille l’heure de chaque contraction durant toute la
programmation TV du soir. Après 3 heures de contractions toutes les 2 à 5 minutes j’ai proposé à mon conjoint de m’emmener à la maternité pour
contrôle. Après examen on m’a dit que j’avais commencé à dilater mais étant le tout début, il n’était pas encore possible d’affirmer que ça ne
serait pas un faux départ. On m’a alors proposé de me garder la nuit en observation. J’ai renvoyé mon conjoint à la maison pensant que si
c’était une fausse alerte, il devrait aller travailler le lendemain et qu’il n’était pas utile qu’il fasse une nuit blanche, il reviendrait me
chercher le lendemain matin avant d’aller embaucher sauf si le travail se confirmait en quel cas il reviendrait assister à l’accouchement, ou
du moins pour être présent lors de la naissance de sa fille car il ne savait pas encore s’il souhaitait être présent au moment M. Une heure
plus tard les contractions devenaient nettement plus douloureuses: on m’a proposé un suppositoire de spasfon pour voir si ça soulageait les
douleurs mais il a été inefficace, signe, parait il que nous étions bien face au travail de l’accouchement. Le matin même j’avais eu un cours de
préparation où la sage-femme nous expliquait l’importance de s’entrainer chaque jour à la respiration qui nous permettrait de mieux supporter les
douleurs parce que « les contractions, ouch’, vous verrez, ça fait mal… » et il faudrait que cette respiration soit acquise au calme pour
pouvoir la mettre en application en temps voulu… Je confirme, les contractions ça fait mal et n’ayant pas eu le temps de m’entrainer à
cette respiration je n’ai pas réussis à garder ma concentration pour l’appliquer efficacement. Une heure plus tard après maintes grimaces
j’acceptais très volontiers la péridurale proposée et la magie de cette technique m’aurait presque donné envie de demander l’anesthésiste
(femme) en mariage!!! Je percevais les contractions, les mouvement de mon bébé, j’avais une sorte de télécommande qui me permettais de gérer
moi même le moment où j’estimais nécessaire d’en avoir encore un peu et j’ai pu me reposer le restant de la nuit en attendant que le travail se
fasse.
Au petit matin, Marie, une jeune femme très douce, m’a dit que ça serait pour dans la matinée, elle a donc appelé mon conjoint pour l’avertir de
poser sa journée au travail. Puis elle m’a proposé de faire un essai de poussée pour voir si je savais comment faire. Je me suis bien concentrée
sur ce qu’elle m’expliquait, j’ai donné tout ce que j’avais d’énergie en me disant que je faisais si bien, si fort, qu’elle allait me dire « oh,
c’est incroyable, votre bébé est déjà né!!! »… pure fantasme! Quand j’ai repris mon souffle toute contente de moi elle m’a souris gentiment
et m’a dit « Ouiiiii, c’est super mais… il va falloir pousser dix fois plus fort! ».
Nous avons encore attendus pour que mon bébé descende bien et puis à un moment alors que nous plaisantions l’instant d’avant, elle m’a dit qu’on
allait procéder à l’accouchement, j’ai répondu calmement « ah bon, d’accord » et il a fallut y aller, … mais vraiment y aller! Poussée
après poussée, je me demandais comment il était possible de sortir ce bébé. Même avec la péridurale je sentais les contractions et aussi que
mon bébé était engagé et m’appuyait sur mon derrière (lieu assez peu confortable pour l’une comme pour l’autre) mais je ne sentais pas de
douleur pour autant, c’était bluffant. Épuisée, je me suis dit que j’allais encore essayer une fois mais que si ça ne suffisait pas à
sortir mon bébé de là, je demanderais qu’elle me fasse une épisiotomie pour m’aider. J’ai puisé je ne sais pas où une énergie que je ne pensais
pas détenir et que de ma vie je n’ai jamais déployée et ma fille est enfin née. Émotions, soulagement, elle était sur mon ventre, enfin et
puis pendant qu’une autre jeune femme s’occupait de mon bébé juste à côté de nous Marie a procédé à la délivrance (le placenta, tout ça…)
et avec la péridurale qui avait fini son effet ce fut le plus douloureux mais rapide et puis elle m’a dit « OK, je vais vous recoudre à présent
car j’ai fait une petite épisio’! »… J’aurais eu l’air maligne si je l’avais demandé alors qu’elle l’avait faite sans que je ne m’en rende
compte! … C’était un bel accouchement.
L’allaitement au sein par contre… J’avais dit que je souhaitais tenter cette aventure mais que j’ignorais comment faire. On m’avait assurer
qu’on viendrait m’aider pour la première mise au sein. Je savais que l’instinct de succions était assez forte dans les deux premières heures
après l’accouchement. J’attendais donc docilement que l’experte vienne me guider. Les différentes sages femmes et autre personnel s’étaient
bien présentées une ou deux fois dans ma chambre mais en coup de vent car elles étaient très affairées ailleurs. Quatre heures plus tard,
l’une d’elles me demande comment s’est passée la mise au sein et elle était surprise que je ne l’avait pas faite jusque là. On m’avait dit
qu’on viendrait me guider et bien que ma fille s’était réveillée une fois ou deux, elle n’avait pas crier alors je n’avais pas osé les
déranger pensant qu’elles avaient plus urgent à faire. Nous tentons donc mais avec assez peu de succé: ma fille dors, ça ne l’interesse pas et en
plus mon mamelon ne ressors pas du tout. Les jours suivants n’ont été que successions d’ordres et contre-ordres, concernant l’allaitement: ma
fille, se réveillait, réclamait, et quelque soit la position, je lui mettais mon seins dans la bouche mais ne semblait pas avoir compris ce
qu’il fallait en faire et hurlait de plus bel secouant sa tête frénétiquement. Ce n’était déjà pas un gros poids à la naissance mais
alors elle a encore perdu 400gr sans que personne ne me donne de remède miracle pour que ça fonctionne et les « Mais enfin c’est pas comme ça
qu’il faut faire! C’est ainsi… » ne faisait qu’accroitre mon sentiment d’incapacité à nourrir ma fille. On m’a donné un bout de sein en
silicone pour pallier au mieux qui était si plat qu’il semblait même rentrer, comme s’il ne voulait pas… mais ça ne changeait rien, ma
fille ne reconnaissait pas plus cet embout artificiel comme nourricier. On a fini par lui donner un biberon de lait maternisé pour qu’au moins
elle reprenne des forces pour être plus d’attaque à la prochaine tétée… en vain. On a dit qu’il fallait vérifier que j’avais bien du
lait dans mon sein alors qu’il fallait peser ma fille avant et après la tétée mais avec une balance à l’ancienne dans la chambre il fallait
attendre qu’une personne ait le temps de venir faire cette pesée, 15, 20minutes plus tard, ma fille s’était rendormie d’épuisement, ne voyant
rien venir et quand j’essayais alors de lui donner le sein (en vain), on me disait qu’il ne fallait pas sans l’avoir peser… Ce fut une
expérience désastreuse. Le troisième jour quand on m’a demandé si l’allaitement se passait bien, j’ai éclaté en sanglot car je me sentais
coupable de ne pas y arriver mais surtout j’étais folle d’inquiétude pour ma fille qui ne pesait plus que 2.400kg pour 52cm et là j’ai eu
droit à un sourire goguenard « oh un baby-blues! ». Je me suis énervée en lui répondant que tout n’était pas affaire d’hormones et que montrer son
desaroi par des larmes quand on est inquiet pour son tout petit n’est pas nécessairement signe de dépression due à l’accouchement et qualifier
mon sentiment de baby blues c’était comme dénigrer mon droit légitime à m’inquiéter pour ma fille! Elle est repartie comme elle est venue. Puis
une dame d’un certain âge est venue me voir, je me souviens qu’elle avait un bleu turquoise sur les paupières qui lui donnait un style un
peu particulier… surtout pour son âge. Avec douceur et compréhension elle m’a proposé de rester avec moi jusqu’à temps que mon bébé se
réveille et qu’alors je la mettrais au sein pour qu’elle puisse voir et essayer de comprendre qu’est ce qui n’allait pas. Enfin quelqu’un qui ne
me balançait pas à la figure LA méthode, la seule l’unique, l’inverse de ces collègues… Elle a attendue avec moi près de 40mn’ avant que ma
fille se réveille. Je la mets donc au sein de la façon où je me sens le plus à mon aise et obtient le même résultat: elle a beau avoir le téton
en silicone jusqu’au fond du gosier elle continue de hurler en secouant rageusement la tête comme si elle continuait de chercher mon sein. La
dame observe en silence puis très solennellement me dit ainsi « Je vais vous faire une révélation importante: les enfants naissent pour
enquiquiner leurs parents, félicitations, la votre commence tout de suite! ». Cette phrase qui peut paraitre au lecteur très choquante était
finalement une jolie façon de désamorcer le problème avec humour, … et justesse aussi et surtout, sans doute, de me déculpabiliser, si ma fille
ne trouvait pas mon sein ce n’était peut être pas de MA faute car je sais aujourd’hui que dès le premier souffle de son enfant une Mère est
naturellement empreinte de culpabilité pour tout et n’importe quoi. Puis elle m’a simplement proposé d’essayer de tirer mon lait pour déjà voir
si j’en avais car avec cette petite obstinée à snober mon sein ça n’aura peut être pas favorisé la montée de lait, si besoin tirer le lait en
facilitera peut être ma lactation, que la petite trouvera plus facilement et ainsi de suite. Le verdict du tire-lait était favorable:
j’étais bien une productrice! Conseil était de donner ce lait récolté dès le prochain réveil de ma fille puis de lui proposer mon seins dans
la foulée. Ces conseils ont porté leur fruits autant que possible car en effet après avoir bu mon lait au biberon je ne l’avais jamais vu si
vigoureuse à mon sein. Il ne fait aucun doute que le plus grand talent de cette dame était le temps qu’elle m’a accordé et sa bienveillance à
mon égard, je me sentais comprise et soutenue. J’ai allaité au sein ma fille durant 5 semaines, le biberon a pris le relais avec peu de succés,
l’alimentation variée à la petite cuillère aura finalement été l’idéale pour elle dès 2 mois. Je suis toujours restée avec cette question en
suspend: aurait elle mieux accepté le sein et même ensuite le biberon si elle avait été mise au sein dans les deux premières heures ou bien était
ce impossible dès le départ car elle n’a de toute façon jamais apprécié même le biberon???

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